… l’espace clos du jardin

Qu’est ce qu’un jardin exactement? La définition du Littré en fait  un espace clos d’ordinaire, planté de végétaux utiles ou d’agrément.

L’étymologie le relie à un radical indo-européen signifiant« enclore », ce qui le rattache essentiellement à la notion de clôture, le jardin est tout d’abord un lieu fermé, protégé et donc protecteur. La nature n’y est pas laissée à elle-même, elle y est apprivoisée, humanisée, et même quand on n’y cultive que des plantes utiles, c’est avec beaucoup plus de soin que dans les champs et prés ; le jardinage, ce n’est pas l’agriculture. Leurs jardins, depuis les premiers temps, au Néolithique, les hommes les ont voulus  très près de leur habitation, à l’entour – surtout à la campagne – ou au milieu, comme les atriums des villes antiques, mais aussi les riads actuels du Maghreb, pour mieux les surveiller, pour mieux s’y protéger, pour mieux en profiter.

Atrium de villa gallo-romaine - Vaison la Romaine

Vestiges de l’atrium d’une villa gallo-romaine – Vaison la Romaine

Riad - Kasbah Tizimi - Erfoud

Riad – Kasbah Tizimi – Erfoud

Au moyen-âge, deux termes coexistaient pour signifier « jardin » : le savant « hortus » et dès le XIIIe siècle le plus populaire « jardin ».
Les deux termes ont en fait une origine commune par deux voies différentes.
En effet, les termes latins « hortus » (=jardin), « chors/chortis » évoluant en bas-latin vers « curtis » (=cour de ferme), et les termes français contenant « horti- », comme horticole, horticulture, hortensia et hortillonnages (1 ), et aussi « cour », « chœur », « cohorte »  et « exhorter »  sont de même radical issu de l’indo-européen « g’herdъ » (=enclore).
De cette racine sont aussi issus le grec ancien « χόρτος »  (se lit khórtos = ronde, enceinte, lieu entouré de haie), et le germanique  « gards » (= maison), d’où l’allemand « Garten » (=jardin),
et ses équivalents en islandais  « gort », en lituanien « gardas », en anglais « garden » et « yard », mais aussi notre français « jardin » proche de l’espagnol  « jardin », du  portugais « jardim », de l’italien « giardino ». L‘ancien slave « grad » (=ville), Le roumain « gard » (=clôture), le tchèque « hrad » (=château), le russe « gorod » (=ville), le sanscrit « गृह »  (se lit grha = maison), sont également issus de cette même racine .

Plan de l'abbaye de St Gall, 816-830, St Gall, StiftsbibliothekPlan de l’abbaye de St Gall (816-830, Suisse, St Gall, Stiftsbibliothek) un des documents les plus anciens sur les espaces verts  monastiques au Moyen-âge : le cloitre, le jardin médicinal ( hortus medicus, herbularius ou erbarium), le  jardin vivrier (hortus conclusus) et le cimetière. Le site officiel en anglais ou en allemand : http://www.stgallplan.org/en/index_plan.html.

Abbaye de Daoulas - Finistère

Hortus conclusus – Abbaye de Daoulas – Finistère. Pour en savoir plus sur ce jardin : http://www.cdp29.fr/fr/presentation-daoulas

Jardin medieval de Dignac (Charente)

Jardin médiéval de Dignac (Charente). Pour en savoir plus sur ce jardin : http://dignac.pagesperso-orange.fr/


(1 )  A Amiens, les maraichers ont longtemps gardé la dénomination médiévale d’hortillons  et  les jardins consacrés à la culture maraîchère celui d’hortillonnages, toujours en usage aujourd’hui ; un site leur est consacré : http://www.hortillonnages-amiens.fr/.

Vous avez dit « Mauvaises herbes » ?

Vous  entretenez vous-même votre jardin, mais le désherbage n’est pas ce que vous préférez … Les désherbants chimiques facilitent grandement le travail, mais ils polluent votre sol et les eaux souterraines sont contaminées, ils peuvent aussi toucher et abimer pelouse et plantes proches de la zone traitée (*) .  Vous cherchez des solutions plus naturelles …

Les alternatives :
– arracher à la main, bien sûr!

Ce sera plus facile si vous arrachez les jeunes plants à leur apparition, ils sont moins enracinés et ils n’ont pas eu le temps de proliférer en se ressemant ou en drageonnant. Désherber quand la terre est humide simplifie l’opération. Des griffes, couteaux et gouges (contre les longues racines pivotantes) aideront votre travail.

– sarcler et biner autour de vos plantes.

Choisir les jours ensoleillés et le matin qui permettra de faire « griller » les indésirables abandonnées sur le sol. Le binage présente en plus l’avantage d’améliorer la qualité de la terre et son humidification. Les bons outils sont : sarcloirs, binettes, scarificateurs manuels et serfouettes.

– utiliser un outillage mécanique.

Si vous avez une surface importante, ces engins vous permettront de désherber plus vite et avec moins de fatigue : scarificateur, motobineuse, motoculteur, et – réservée aux grands espaces – houe rotative attelée à un tracteur.

– vous offrir un désherbeur thermique.

Ces outils ont pour but de provoquer un « coup de chaud », un violent choc thermique qui entraine, à partir de 70°C, l’éclatement des cellules végétales et une dénaturation des protéines, d’où l’affaissement rapide de la plante, suivi en 2 – 3 jours de son dessèchement . Trois types de désherbeurs coexistent : le désherbage thermique à flamme directe (un brûleur alimenté par du gaz), le désherbage thermique à infrarouge (alimenté par du gaz ou électrique) et le désherbage thermique à l’eau chaude ou à la vapeur, c’est le procédé le plus utilisé par les professionnels. L’efficacité des désherbeurs proposés au grand public est liée à plusieurs facteurs : agir le plus tôt possible (au stade plantule dans l’idéal), sur des plantes sèches (l’humidité ralentirait l’action), et ne rester que quelques secondes seulement sur la plante. Le désherbage thermique peut être utilisé sur toutes surfaces exceptées celles qui craignent la chaleur comme les revêtements synthétiques, les paillages, etc. Ils sont cependant plus particulièrement adaptés à des surfaces dures, petites ou moyennes.

– utiliser les remèdes de grand-mère.

L’eau de cuisson encore chaude (celle des pommes de terre est particulièrement utile), le gros sel, le vinaigre et le bicarbonate de soude, saupoudrés sans excès (pour ne pas stériliser les sols), sur les « mauvaises herbes », qui altèrent la netteté de votre gazon ou se sont installées dans vos allées, terrasses et au pied de vos murs, sont de vieilles solutions naturelles, économiques et souvent bien assez efficaces !
Contre les mousses et les algues, un moyen plus naturel que le sulfate de fer, en particulier dans les pelouses, consiste à modifier le Ph du sol en épandant sur le gazon de la chaux ou plus économique encore des cendres de bois.

– priver de lumière la végétation en place pour désherber totalement un espace.

Des bâches noires, des cartons ou de vieux revêtements de sol seront posés sur la surface à traiter, ils étoufferont les plantes à détruire, et au bout de quelques semaines vous pourrez semer ou planter sur un sol prêt à cela.

– soigner votre pelouse.

Les gazons bien entretenus sont plus solides et touffus, les mauvaises herbes ont moins de place pour se développer. Pour cela nourrissez-les avec des engrais (naturels) adaptés, pensez à les scarifier à l’automne et au printemps, cela aérera le sol, soignez ensuite le ramassage des résidus (le feutrage composé de déchets de tonte, mousses et feuilles mortes). Il est recommandé de scarifier deux fois par an, pas plus.

– planter des vivaces couvre-sol.

En recouvrant le sol, les plantes couvre-sol gêneront la germination spontanées des plantes indésirables et égayeront vos massifs. Plus la végétation est dense, moins il y a de travail …

– pailler vos massifs.

Les différents paillages (BRF, copeaux de bois, paillettes de chanvre, lin, éclats d’ardoise, brique concassée, etc) sont de très bons moyens de limiter la germination des « mauvaises graines » et également de maintenir l’humidité du sol ; les paillis végétaux protègent aussi du froid et du chaud en faisant écran aux changements de température, les couches de feuilles mortes que vous avez ramasser (si elles sont saines) peuvent ainsi servir à réchauffer les plantes fragiles pendant l’hiver. Pensez aussi à en faire du compost qui servira au printemps.
Profitez de vos promenades en bord de mer pour ramasser des algues, c’est un paillage gratuit, nourrissant pour vos plantes dont on dit qu’il favorise aussi la bonne santé en renforçant leur immunité.

– enfin ne pas oublier que ce qu’on nommait « mauvaises herbes » et qu’on préfère aujourd’hui appeler « adventices », ce sont avant tout des plantes sauvages qui ne nuisent pas aux « bonnes plantes», si elles ne sont pas trop proches.

La nature des mauvaises herbes permet de deviner les qualités de votre terre.

Plantes indicatrices de sols acides (sableux ou humifères) : bruyère, digitale, fougère aigle, genêt, mousse, oseille, pâquerette, prêle, giroflée, véronique.

Bellis perennis (paquerette)                                         Digitalis purpurea (digitale)

Bellis perennis (pâquerette) & Digitalis purpurea (digitale).

Equisetum arvense (prêle des champs)                                   Erysimum (=Cheiranthus) cheiri  (giroflée des murailles)

Equisetum arvense (prêle des champs) & Erysimum (=Cheiranthus) cheiri (giroflée des murailles).

Rumex arifolius (oseille)                             Veronica arvensis

Rumex arifolius (oseille) & Veronica arvensis (véronique).

Plantes des sols calcaires : bleuet, campanule,  coquelicot, chicorée, sauge.

Campanula rotundifolia (campanule à feuilles rondes) & Erythraea  centaurium (centaurée)                           Cichorium intybus (chicorée sauvage)

Campanula rotundifolia (campanule à feuilles rondes) & Cichorium intybus (chicorée sauvage).

Delphinium consolida (pied d'alouette) & Centaurea cyanus (bleuet)                                    Paver rhoeas (coquelicot)

Centaurea cyanus (bleuet) & Papaver rhoeas (coquelicot).

  Salvia pratensis (sauge des prés)                                Salvia sylvestris (sauge sauvage)

Sauges : Salvia pratensis (sauge des prés) & Salvia sylvestris (sauge sauvage).

Plantes des sols argileux : chardon, liseron, plantain, renoncule, pissenlit.

Carduus crispus (chardon crépu)                      Cirsium arvense (chardon des champs)

Chardons : Carduus crispus (chardon crépu), Cirsium arvense (chardon des champs).

Convolvulus arvensis (liseron des champs)                                 Plantago lanceolata

Convolvulus arvensis (liseron des champs), & Plantago lanceolata (plantain).

Ranunculus bulbosus (renoncule)                                  Pissenlit officinal (Famille des composées) Plante herbacée vivace

Ranunculus bulbosus (renoncule), & Taraxacum officinalis (pissenlit).

Certaines adventices sont très utiles pour améliorer les sols (humus équilibré et enrichi) : le lamier rouge, le mouron blanc et d’autres nitrophiles (= qui aiment l’azote) absorbent l’azote en trop dans un terrain ; la  giroflée des murailles ou ravenelle (annuelle de la famille des Brassicacées) prélève dans le sous-sol de la potasse, que les autres végétaux ne savent pas utiliser, et la libère en se décomposant. D’autres plantes sauvages sont très décoratives et pas bien différentes de celles qui se trouvent en jardinerie (achillée, campanule, coucou, coquelicot, digitale, mauve, etc.), ou intéressantes gustativement (soupe d’ortie, d’oseille, salade de pissenlit avec ou sans lardons, etc. ), plusieurs « grands chefs » mettent actuellement les plantes sauvages à l’honneur dans leurs plats. Toutes ces plantes rejetées de nos jardins sont en fait indispensables à la pharmacopée (c’est la « phytothérapie », tisanes de menthe sauvage, serpolet, etc.) Et en leur laissant une petite place dans votre jardin, vous y favorisez l’équilibre naturel.

(*) Il existe, depuis 2010, des désherbants portant l’étiquette éco-responsable : Naturen® de Fertiligène et Finalsan® de Neudorff. Le premier n’est guère plus que du vinaigre blanc (vendu plus cher). Le second s’affiche naturel et biodégradable et il est bien à base d’acide pélargonique (un extrait de géranium), mais il contient aussi une matière d’origine chimique, l’hydrazide maléique ; il est donc plus écologique que d’autres, mais pas totalement. 

Aujourd’hui – Novembre

Architecture écologique et végétaux, un couple de plus en plus affiché :

http://www.lemoniteur.fr/150-performance-energetique/article/actualite/26451099-une-ecole-coiffee-d-un-turban-vegetal-pour-affronter-le-climat-equatorial

En fait, l’idée n’est pas si neuve  … mais elle reste toujours aussi intéressante :

Village viking - Iles FéroéReconstitution d’un habitat viking – Iles Féroé

Camille Muller - A ParisJardin créé par Camille Muller – Éco-jardin expérimental : la maison sous la forêt à  Paris. http://camillemuller.com/ecologie/

Prieuré de St-Benoît- du-Sault, Gilles Clément laisse la nature se développer selon son bon vouloir.

Gilles Clément laisse la nature s’exprimer au Prieuré de St-Benoît- du-Sault. http://www.gillesclement.com/

Le dahlia bleu, le dahlia noir … et les autres

Dahlia : Plante à racines tubéreuses, rondes ou ovales, à longues tiges droites cassantes, à grandes feuilles découpées, à belles fleurs radiées, groupées en capitules, de toutes les couleurs, sauf le bleu pur …

Famille : Astéracées
Genre : Dahlia
Espèces : 42 espèces (dont Dahlia pinnata) et plus de 57 000 cultivars,  hybrides de Dahlia × hortensis ou Dahlia × cultorum.

Espèces apparentées : marguerite, chrysanthème,  tournesol, zinnia.


Floraison : juin-novembre
Hauteur : de 0,20 m pour les plus petits à 1,50 m pour les plus hauts
Sol : profond, riche et frais
Besoin en eau : important en été
Exposition : soleil
Rusticité : gélif à partir de – 5°C

Dessins botaniques de dahlias
Dessins botaniques de dahlias

Etymologie,  origines et usages

Son nom lui a été donné en hommage à Anders Dahl, un botaniste suédois qui fut l’élève de Linné.
Originaire du Mexique (dont il est la fleur nationale depuis 1963), d’Amérique centrale et Colombie, il a été cultivé par les Aztèques qui l’appelaient Cocoxochitl (traduisible par ‘canne d’eau’). En 1789, le dahlia fut acclimaté en Europe par l’abbé Cavanilles , directeur du Jardin Royal de Madrid, qui y obtint la première floraison européenne. Il fut introduit en France en 1802, par le docteur Thibaud, en tant que légume.
Les tubercules de dahlia se cuisinent comme ceux des pommes  de terre, mais sont un peu fibreux et gluants avec un goût d’artichaut en plus âcre. Leur richesse en insuline les a fait conseiller aux diabétiques, cependant les Français leur ont finalement préféré la pomme de terre pour ses qualités gustatives . Le dahlia est ainsi vite passé de ‘plante potagère’ à  ‘plante ornementale’, hybridée dès 1806.

Le dahlia hors du jardin …

Dahlias (1875) - Paul Cézanne
Dahlias (1875) – PAUL CEZANNE

Et tu trônes, idole insensible à l’encens. − Ainsi le dahlia, roi vêtu de splendeur, Élève sans orgueil sa tête sans odeur, Irritant au milieu des jasmins agaçants!        Verlaine, Poèmes saturniens,1866, p. 81.

The Blue Dahlia (Le Dahlia Bleu) est un film policier américain réalisé par George Marshall et sorti en 1946. L’affaire du Dahlia noir fait référence à un meurtre non élucidé de 1947, celui d’Elizabeth Ann Short, surnommée le Dahlia noir, décédée à Los Angeles à l’âge de 22 ans. Ce crime a inspiré un roman Le Dahlia noir de James Ellroy (1987), ainsi qu’un film The Black Dahlia de Brian De Palma (2006).

L'affiche du film de Georges Marschall, 'le Dahlia bleu', la couverture du livre de James Ellroy et l'affiche du film de Brian de Palma nommés tous deux 'Le dahlia noir'
L’affiche du film de Georges Marschall, ‘le Dahlia bleu’, la couverture du livre de James Ellroy et l’affiche du film de Brian de Palma nommés tous deux ‘Le dahlia noir’

Le dahlia au jardin

Utilisations paysagères : en grand groupe multicolore ou installés en petites touches assorties, mélangés à des vivaces ou des annuelles, en potée et jardinières.

Plantation : planter les tubercules en avril à une profondeur de 3-10 cm, espacés de 80-120 cm (mais pour les dahlias nains 35 cm suffisent) dans une terre enrichie (fumure, engrais).
Entretien : pailler sur sol frais (pour maintenir la fraîcheur) ; supprimer les fleurs fanées pour favoriser la floraison et pincer les boutons latéraux  pour obtenir des fleurs plus grosses. Tuteurer les grands sujets. 
Juste après la première gelée, déterrer les tubercules, tailler les tiges à 15 cm, stocker en caisse dans un local, frais et aéré, hors gel. Dans les jardins à hiver clément, et en terre bien drainée, laisser les souches en place, éventuellement protégées par un paillis.
Pour une floraison hâtive, mettre en végétation les tubercules (stockés durant l’hiver) dès fin mars , en les installant en pot placé à bonne température (10-12°). Dès que les pousses sortent de terre, placer les pots à la lumière. Planter en avril.
Diviser tous les 2 ou 3 ans pour maintenir une belle végétation.
Maladies et prédateurs : botrytis, charbon du dahlia, oïdium (traiter au soufre), virus de la mosaïque du dahlia ou DaMV (maladie la plus grave, il faut détruire le plant atteint) ; puceron noir (savon noir dilué), acarien, noctuelle, perce-oreilles (s’attaquent aux fleurs sans nuire à la santé des plantes) ; limaces, mulots et lapins  raffolent des tubercules et/ou du feuillage.
Multiplication : semis (en mars, en terrine, à chaud ), division des tubercules (au printemps quand des bourgeons sont repérables,  en garder 2-3 par éclat).


Quelques cultivars

(sigles officiels des formes de fleur)

Grands dahlias balles (Ba), doubles anciens (Bd) et pompons (Bp) : fleurs en grosses boules aux pétales (ligules) tuyautés formant nid d’abeille. Les dahlias pompons durent très longtemps en bouquet. Ils sont plutôt hauts mais savent se passer de tuteurs. Ligules particulièrement nombreuses, courtes, larges et arrondies à leur extrémité, turbinées dans le sens concave, donnant à l’inflorescence sphérique un aspect plus ou moins alvéolé. Epaisseur optimale : au moins 3/4 du diamètre. ‘Balle’ = diamètre supérieur à 5 cm. ‘Double ancien’ = centre ouvert possible. ‘Pompon’ = diamètre inférieur à 5 cm.
‘Artaban’ : jaune indien pointé de rose, 1,10 m
‘Eveline’
: blanc et mauve, 1,10 m
‘Golden sceptre’
: petits pompons jaunes, 80 cm – fleur de 6 cm
‘Mme Frissart’ : dahlia ancien, blanc et rouge, 1 m
–  ‘Radja’
: grenat noir, 1,10 m
‘Roi des pompons jaunes’
jaune uni, 1 m

Artaban, Evelyne, Golden sceptre, Mme Frissart, Radjah, Roi des pompons jaunes
Dahlias balle ou pompon ‘Artaban’, ‘Evelyne’, ‘Golden sceptre’, ‘Mme Frissart’, ‘Radjah,’ ‘Roi des pompons jaunes’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Grands dahlias cactus (C), dentelles (Clc),  et semi-cactus (SC)  à grosses fleurs (18-20 cm) aux pétales fins et pointus ou déchiquetés pour les ‘dentelles’. Issus de l’étoile du diable, espèce à pétales rouges et enroulés, introduite à la fin du XIXe siècle. Inflorescences pleines aux ligules pointues, turbinées dans le sens convexe de manière à présenter la face supérieure de la ligule. Epaisseur idéale : 1/2 à 3/4 du diamètre. Particularité dentelle’ = ligules laciniées. Particularité ‘semi-cactus’ = formes intermédiaires entre cactus et décoratifs.
‘Alfred grille’ : rose vif, cœur jaune, 1,20 m
‘Broadway’ : jaune au centre et rouge à l’extérieur, 1,10 m
‘Chantal’ : saumon marbré de rouge, 1 m
‘Chat Noir’ : pourpre noir, 1 m
‘Cortès’ : orange, 1,30 m
‘Emmaüs’® : dahlia dentelle, jaune aux extrémités oranges, 1,30 m
‘Frigoulet’ : rouge foncé avec pointes blanches, 1,10 m
‘Kenora Macob’ : pétale grenat presque noir, fourchu, 1,20 m
‘Le Magnifique’ : pétale fourchu, orange pointe jaune, 1,20 m
‘Oiseau de feu’ : carmin à cœur jaune, 1,10  m – fleur de 20 cm
‘Tsuki Yori No Shisha’ : fleur ébouriffée, blanc pur, 1,10 m
‘Urchin’ : pétale particulièrement effilé, rose framboise, 1 m

Alfred Grille, Chat noir, Emmaüs, Le magnifique, Tsuki Yori No Shisha, Urchin
Dahlias cactus ou dentelle ‘Alfred Grille’, ‘Chat noir’, ‘Emmaüs’, ‘Le magnifique’, ‘Tsuki Yori No Shisha’, ‘Urchin’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Grands dahlias décoratifs (D) à grosses fleurs ( 18-20 cm ) aux fleurs amples, aux pétales arrondis, plus ou moins larges, sans disque central visible. Décoratif strict (Ds) : inflorescences pleines, ligules plus ou moins larges, plates, légèrement concaves, convexes ou  ondulées, pas ou peu turbinées, souvent récurvées vers la tige. Epaisseur optimale : 3/4 du diamètre. Décoratifs hybrides (Dh) : ligules turbinées à leur extrémité seulement ou ondulées, bouclées, rubanées. Décoratifs laciniés (Dlc) : ligules laciniées ou fimbriées,  extrémité fourchue  formant 2 ou 3 pointes distinctes.
‘Albion’ : blanc pur, 1,10 m
‘Arabian Night’ : rouge presque noir, 1,10 m
‘Aramis’ : bordeaux fonçé , 1,10  m – fleur de 20 cm
‘Bonesta‘ : blanc veiné mauve, 1 m
‘Carmen’ : pétale rose et blanc, cœur jaune, 0,90 m
‘Deuil du roi Albert’ : pourpre pointé blanc, 1,20 cm
‘Gerrie Hoek’ : rose dragée à cœur crème, 1,20 m
‘Grand Prix’ : jaune citron pointé de blanc, 1 m
‘Hulins Carnival’ :  rose tigré de pourpre, 1,20 m
‘Maxime’ : rouge borduré de jaune, 0,90 m
‘Pashmina’ : différentes nuances  d’orange, 1,40 m
‘Smokey’ : blanc strié et piqueté de violet, 1 m
‘Tartan’ : pétale grenat panaché de blanc, 1,20 m

Dahlia décoratif 'Albion', 'Bonesta', 'Hulins Carnaval', 'Maxime', 'Pashmina', 'Tartan'
Dahlias décoratifs ‘Albion’, ‘Bonesta’, ‘Hulins Carnaval’, ‘Maxime’, ‘Pashmina’, ‘Tartan’- Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias à grosse fleur simple : (S). Ces variétés sont très appréciées en fleur coupée. Leur structure légère leur confère beaucoup de grâce. Centre ouvert, avec une rangée de ligules régulièrement espacées et dans le même plan.
‘Bishop of Auckland’ : rouge très sombre presque noir, 0,90 m
‘Bishop of Dover’ : blanc rosé à cœur jaune, 0,90 m
‘Bishop of York’ : jaune d’or, 0,90 m
‘Classic poeme’ : saumon, 0,90m
‘Feuerrad’ : rouge vif à cœur jaune, 1 m
‘Knockout’ : jaune citron à cœur sombre, 0,90 m

Dahlias simples 'Bishop of Auckland', 'Bishop of Dover', 'Bishop of York', 'Classic Poème', 'Feuerrad', 'Knockout'
Dahlias simples ‘Bishop of Auckland’, ‘Bishop of Dover’, ‘Bishop of York’, ‘Classic Poème’, ‘Feuerrad’, ‘Knockout’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias anémones (AN) : fleur à cœur constitué de tubes allongés denses, entouré de pétales plats. Les fleurs tubulaires du disque central, surdimensionnées et plus ou moins colorées, forment une sorte de nid d’abeilles protubérant entouré d’un rang de ligules plates.
‘Blue Bayou’ : bleuté au cœur pourpre lilas, 1 m
‘Floorinoor’ : camaïeu de rose et jaune, 0,40 m
‘Honey’ : saumon à cœur jaune-ocre, 0,40 m
‘Papaye’ : fleurs doubles en pompons jaunes, 0,80 m
‘Purple Puff’ : rose foncé, 1 m
‘Soulman’ : rouge pourpre, 0,70 m
– ‘Take Off‘ : parme tendre à cœur clair, 1 m
Dahlias chrysanthèmes (Cr) : fleur évoquant le chrysanthème. Ligules pointues, turbinées dans le sens convexe, courbées latéralement de façon plus ou moins désordonnée, inflorescence d’aspect tournoyant.
‘Akita’ : rouge brun et rose , 1 m
‘Vancouver’ : pourpre à pointe blanche, 1 m
Dahlias collerettes (CO) : fleur simple à cœur ébouriffé et contrasté. Fleurs simples, présentant une rangée de pétaloïdes de couleur variable entourant le disque.
‘Alstergruss’ : orangé à cœur jaune, 40 cm
‘Lilian Alice’ : pourpre, blanc et cœur jaune, 90 cm
– ‘Starsister‘ : rouge, blanc et cœur jaune, 30 cm

Dahlia anémone 'Blue Bayou', Dahlia chrysanthème 'Vancouver', Dahlia collerette - 'Lilian Alice', Dahlia anémone demi-nain 'Papaye', Dahlia chrysanthème 'Akita', Dahlia collerette 'Starsister'
Dahlia anémone ‘Blue Bayou’, Dahlia chrysanthème ‘Vancouver’, Dahlia collerette – ‘Lilian Alice’, Dahlia anémone demi-nain ‘Papaye’, Dahlia chrysanthème ‘Akita’, Dahlia collerette ‘Starsister’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias honka   et divers (N) : fleur simple aux pétales longs et pincés.
– ‘Tahoma Moonshot‘ : floraison étoilée pourpre à cœur jaune, 1 m
Dahlias nénuphars (NY) : en coupe peu profonde par rapport aux autres dahlias. Inflorescences très régulières, en général moyennes, petites ou miniatures, moins épaisses que celles des décoratifs. Ligules allongées, légèrement concaves et incurvées. Epaisseur maximale : la 1/2 du diamètre.
– ‘Gerrie Hoek‘ : rose argenté, 1,10 m
Dahlias orchidée (O) : fleurs évoquant l’orchidée. Inflorescences creuses ou pleines, ligules longues,turbinées dans le sens concave de manière à présenter la face inférieure de la ligule.
‘Girafe’ : orange tâché de jaune, 0,90 m
– ‘Pink Girafe‘ : rose, tâché de blanc, 0,90 m
Dahlias pivoines (PE) : fleurs évoquant la pivoine. Inflorescences creuses présentant deux rangées de ligules au moins.
‘Bishop of Llandaff’ : pétale rouge brillant et cœur jaune ; feuille laciniée sombre, 1 m
– ‘Priceless Pink‘ : fleur semi-double à pétale rose vif et blanc, 50 cm

Dahlia honka 'Tahoma Moonshot', Dahlia orchidée 'Giraffe', Dahlia pivoine 'Bishop of Landaff', Dahlia nénuphar 'Gerrie Hoek', Dahlia orchidée 'Pink Giraffe', Dahlia pivoine 'Priceless Pink'
Dahlia honka ‘Tahoma Moonshot’, Dahlia orchidée ‘Giraffe’, Dahlia pivoine ‘Bishop of Landaff’, Dahlia nénuphar ‘Gerrie Hoek’, Dahlia orchidée ‘Pink Giraffe’, Dahlia pivoine ‘Priceless Pink’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias géants à fleurs énormes de 35 cm de diamètre.
Dahlia imperialis : dahlia botanique arborescent originaire du Mexique à fleur simple parme à coeur jaune orangé, 2,50 m
‘Barbarossa’ : rouge écarlate, 1,30 m
‘Café au lait‘ : fleur double, entre rose et café au lait, 1,20 m
‘Emory Paul’ : fleur décorative rose striée rose foncé, 1,30 m
‘Eos’ : dahlia collerette, rouge à collerette jaune, 1,60 m
– ‘ Grand Prix‘ : fleur double blanche au coeur jaune, 1m
– ‘Gitts Perfection‘ : rose tendre, cœur jaune, 1,30 m
‘Hamari Gold’ : orangé uni, 1,10 m
– ‘Lady Darlene‘ : pétale recourbé vers le sol, jaune paille marqué de magenta, 0,80 m
– ‘Lady Liberty‘ : pétale recourbé vers le sol, blanc pur, 1,20 m
– ‘Lavender Perfection‘ : fleur double lavande, 0,90 m
– ‘Myrtle’s Folly‘ : fleur double, pêche teinté de fuchsia à pointe frisotante, 1,20 m
– ‘Otto’s Thrill‘ : fleur décorative régulière rose, 1,50 m
– ‘Striped Emory Paul‘ : fleur ébouriffée rose striée rose foncé, 1 m
‘Tartarus’ : fleur simple d’un grenat noir velouté, 1,60 m.

Dahlias imperialis & géants 'Café au lait', 'Eos', 'Grand prix', 'Lady Darlene', 'Tartarus'
Dahlias imperialis & géants ‘Café au lait’, ‘Eos’, ‘Grand prix’, ‘Lady Darlene’, ‘Tartarus’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias demi-nains – fleurs doubles, pompons, cactus et décoratifs
‘Berliner kleene’ : plusieurs nuances de rose, 55 cm
‘Bluesette’ : rose violacé,  50 cm
‘Border Princess’ : orange saumoné à pétales tuyautés, 60 cm
‘Gardaia’ : jaune vif, 70 cm
‘Park Princess’ : rose éclairé de crème, 70 cm
‘Playa Blanca’ : blanc pur, 70 cm
Dahlias demi-nains – fleurs simples, (disque central entouré d’un anneau de pétales arrondis ou pointus.)
‘Cory’ : rose très doux, 80 cm
‘Cupido’ : blanc à cocarde pourpre, 50 cm
– ‘Etoile des Neiges‘ : blanc pur, 60 cm
‘Mascara’ : pétale rond pourpre violacé et cœur jaune, 0,55 m
‘Nimbus’ : blanc à cocarde jaune citron, 50 cm

Dahlia demi-nain 'Bluesette', 'Gardaia', 'Park Princess', 'Cory', 'Cupido', 'Etoile des neiges'
Dahlia demi-nain ‘Bluesette’, ‘Gardaia’, ‘Park Princess’, ‘Cory’, ‘Cupido’, ‘Etoile des neiges’- Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias nains, miniatures et top-mix (hauteur de 30 à 45 cm), à fleurs simples.
–  ‘Amour’ : blanc bordé de rose, 35 cm
‘Aspen’ : blanc pur, 40 cm
– ‘Frivoleus Glow ‘ : fleur pompon ouvert, rouge, 30 cm
‘Margareth kleen’ : rose orangé, 40 cm
‘Sable d’or’ : jaune, 45 cm
‘Topmix’ : orange ou rouge, 30 cm
–  ‘Zodiac’ : violet vif, 40 cm
Dahlias ‘Gallery’ : dahlias décoratifs, compacts et florifères.
– ‘Art Déco‘ : pétale orange à revers carmin, 40 cm
– ‘Art Nouveau‘ : rose soutenu au coeur framboise, 45 cm
‘Cézanne’ : jaune lumineux, 40 cm
‘Singer’ : rouge vif, 40 cm
‘Sisley’ : rose lilas à reflets pourpres, 40 cm

Dahlia nain 'Amour', D. Gallery 'Art nouveau', 'Cézanne', D. nain 'Aspen', D. Gallery 'Art déco', 'Singer'
Dahlia nain ‘Amour’, D. Gallery ‘Art nouveau’, ‘Cézanne’, D. nain ‘Aspen’, D. Gallery ‘Art déco’, ‘Singer’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias à feuillage décoratif aux feuilles sombres, presque noires.
‘Bishop of Llandaff’ : fleur pivoine rouge brillant à cœur jaune et feuille laciniée sombre, 1 m
‘Candy Eyes’ : rose dragée à médiane foncée, 70 cm
‘Ellen Houston’ : semi double rouge orangé, 50 cm
– ‘Fascination’ : semi double, rose vif, 70 cm
– ‘Knockout’ :  jaune citron; 70 cm
‘Sunshine’ :  jaune orangé à centre rouge, 50 cm

… l’Eden !

Au commencement, était le jardin …

Le premier lieu sur terre, pour beaucoup de monde, c’est un jardin, le jardin d’Eden, aussi nommé Paradis. La Bible, texte sacré et fondateur  des religions juive et chrétienne, et le Coran, texte essentiel de l’Islam, font tous deux mention de ce jardin originel. Il est décrit ainsi par la Bible dans la Genèse (Genèse, II, 8 – 16) :

Puis l’Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras. Le nom du premier est Pischon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or. L’or de ce pays est pur ; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx. Le nom du second fleuve est Guihon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Cush. Le nom du troisième est Hiddékel ; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate. L’Eternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder.

Les très riches heures du duc de Berry, l'EdenLes très riches heures du duc de Berry,  Le jardin d’Eden, 1411-1416, musée Condé à Chantilly.

Bosch - Le jardin des délices, panneau gauche du triptyque, 1503 ou 1504, Musée du Prado
Hieronymus Bosch – Le jardin des délices, panneau gauche du triptyque représentant l’Eden, 1503 ou 1504, Musée du Prado. (1)

Carte du paradis

Pierre Moullart-SansonCarte du Paradis terrestre selon Moyse, 1724, Paris – BNF, Cartes et Plans.(2)

Dans Le Livre de l’échelle de Mahomet (3) l’ange Gabriel fait visiter le septième ciel à Mahomet  :

Sache que tout ce qu’on dit qu’il n’y a qu’un Paradis est vrai en ceci que le Paradis n’est désigné que comme lieu de délices ; mais Dieu a réparti ces délices en un très grand nombre de formes et les donne aux siens selon les mérites de chacun. […] Dans la terre du Paradis, il y avait un très grand fleuve dont viennent tous les fleuves qui coulent dans notre monde. Ce fleuve, en effet, coule à travers la terre d’Egypte et s’appelle le Nil… Aussi longtemps que ce fleuve coule à travers le Paradis, il est tout entier de miel, mais lorsqu’il sort de cette région, il se transforme aussitôt en eau. Après ce fleuve j’en ai vu un autre très grand qui s’appelle Addehilla. En latin, il s’appelle l’Euphrate. Ce fleuve aussi longtemps qu’il coule à travers le Paradis est tout entier de lait, qui est si blanc que personne ne pourrait le dire, mais dès qu’il sort de cette région il se transforme en eau. Après ce fleuve, j’en ai vu encore un autre qui s’appelle Gayan, et en latin Gyon, qui, tant qu’il coule à travers le Paradis est tout entier de vin, mais en sortant de cette région se transforme aussitôt en eau. Après celui-là, j’en ai vu encore un autre très grand qui s’appelle Targa, et en latin Tigre. Ce fleuve est tout entier d’une eau plus transparente et plus savoureuse qu’un homme ne pourrait l’imaginer. Ces quatre fleuves sont répartis de la façon suivante : le fleuve de miel coule du côté l’orient, le fleuve de lait du côté de l’occident, le fleuve de vin du côté du midi, et du côté du septentrion, coule le fleuve d’eau.

Adam et Ève, miniature du Manafi al-Hayawan, Maragha, 1294-1299 (New York, Pierpont Morgan Library)

Adam et Ève, miniature du Manafi al-Hayawan, Maragha, 1294-1299 (New York, Pierpont Morgan Library).

Les Jardins du paradis - Miniature persane estraite de "Khâmesh de Nezâmi"

Miniature persane du Khâmesh de Nizâmi – Ecole de Chiraz, vers 1620. (4)

Dans le jardin d’Eden, coule toujours beaucoup d’eau, celle des  quatre fleuves (5) et de la source à leur origine ; cette eau arrose les arbres de toutes sortes qui poussent en abondance et abreuve les animaux apparus en nombre lors de la Création et encore pacifiques. Le premier lieu habité par le premier couple humain sur terre est donc un jardin, et un jardin qu’est-ce ? C’est un lieu enclos, un morceau de nature mieux protégé, mieux tenu ; ceci se nommait en iranien ancien (l’avestique) « pairi daēza » groupe de mots signifiant « enceinte noble » (6) à rapprocher de l’hébreu « פרדס » (qui se prononce «pardes») et qui donne au grec le mot « παράδεισος » (qui se prononce «paradisos») désignant un « parc clos où se trouvent des animaux sauvages » et au latin « paradisus » traduit par «parc enclos» ou «jardin délicieux». La langue française en a fait son « paradis ». L’origine étymologique du mot  est révélatrice :  un paradis ce n’est donc d’abord qu’un  jardin et tout jardin est un paradis – au sens de lieu idéal – et cela se comprend aisément, car quoi de plus attirant pour un homme du désert qu’un jardin et cela surtout parce l’eau y est présente et avec elle, la flore, la faune, la vie.

Partout autour de la Méditerranée, où les trois religions du Livre (juive, chrétienne et musulmane) coexistent, dans ces pays secs ou arides, l’eau est synonyme de plaisir et raffinement, ainsi que souvenir de l’Eden primitif. Le jardin monastisque, l’ « hortus conclusus » (7) aussi bien l’hortus vivrier que celui fleuri du cloître, est irrigué par une fontaine centrée d’où partent quatre allées en croix. Il est l’héritier direct de l’atrium de la cour à péristyle de la domus gréco-romaine ; il est aussi la reproduction de ce jardin d’Eden où le fleuve central se divise en quatre bras, ces fleuves nourriciers liés aux grandes civilisations antiques, le Nil, le Tigre et l’Euphrate. Plus modestes et discrètes, mais néanmoins toujours présentes dans l’« hortus delicarium » (8), sont les petites fontaines et autres viviers, témoignages de cette source primordiale du premier jardin, du premier paradis, celui d’Eden, celui du septième ciel.

Orto Botanico de Padoue, 1545

Gravure figurant l‘Orto Botanico de Padoue, premier jardin botanique universitaire, fondé en 1545 sur le plan classique de l’Hortus conclavus.

Maitre de Francfort - Paradiesgärtleins

Maitre de Francfort – Les jardins du Paradis, vers 1410. Un exemple d’Hortus deliciarum.



(1) Pour les amateurs éclairés, il faut lire l’ouvrage de l’historien Jean Delumeau, Une histoire du Paradis, I : « Le Jardin des délices », éd. Fayard, 1992 … et les deux autres tomes.

(2) Un lien vers Le site de la BNF et l’exposition Utopie où est présentée cette carte commentée : http://expositions.bnf.fr/utopie/grand/1_17.htm.

(3) Jamel Eddine Bencheikh a publié Le voyage nocturne de Mahomet, (Imprimerie Nationale, Paris 1988) composé à partir de diverses versions arabes, mais prenant aussi comme trame les textes latins et français.

 (4) Un des documentaire de la Collection Palettes, Les jardins du Paradis, est consacré à la miniature persane de l’école de Bagdad (XIVe siècle) à l’école Qadjar (XIXe siècle) ; film de Alain Jaubert , 1997 – France – 30 minutes – Betacam SP.

(5) Comme dans la Genèse, on retrouve dans les mythologies indiennes et chinoises, quatre fleuves originels issus d’une source commune, partant dans les quatre directions géographiques. Certains les ont aussi rapprochées des quatre éléments primordiaux : air, eau, terre et feu. Dans les mythes scandinaves, l’Asgard (littéralement : l’enceinte des dieux), lieu de séjour des Ases, est une plaine arrosée douce et éternellement verte. Les civilisations précolombiennes de Méso-amérique connaissent également de tels lieux (Tulan) où des hommes sont accueillis par le Dieu des eaux  dans un jardin luxuriant où courent des  eaux bienfaisantes.

(6) A rapprocher du mot sanscrit « paradêsha » très proche phonétiquement et signifiant « région suprême ».

(7) Se traduit par « jardin enclos », c’est le jardin utilitaire qui produit fruits, légumes , plantes aromatiques et médicinales. C’est aussi le carré central délimité par la promenade couverte du cloitre. Le terme est un pléonasme quand on connait l’étymologie du mot « jardin » qui se rattache à un radical indo-européen « g’herdъ » signifiant « enclore » …

(8) Le jardin médiéval consacré aux plaisirs des princes,  clercs et dames, littéralement « jardin des délices » , l’autre appellation du Paradis … encore . Les « préaux » y sont protégés de haies et animés de tonnelles, treillages et charmilles, créant de petites chambres vertes où « s’égayer ».

Couleurs d’octobre

LES DERNIÈRES FLEURS ESTIVALES SE MÊLENT AUX FLEURS D’AUTOMNE

Roses rouges
Roses rouges
Rose jaune
Rose jaune

'Une rose d'automne est plus qu'une autre exquise.' Théodore Agrippa d'Aubigné
‘Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise.’ Théodore Agrippa d’Aubigné
Aster novae-angliae
Aster novae-angliae
Bruyère d'été (Calluna) 'Winter chocolat'
Bruyère d’été (Calluna) ‘Winter chocolat’
Bruyère d'hiver (Erica carnea)
Bruyère d’hiver (Erica carnea)
Chrysanthème (Chrysantenum) & hortensia (Hydrangea quercifolia) 'Ruby Slippers'
Chrysanthème (Chrysantenum) & hortensia (Hydrangea quercifolia) ‘Ruby Slippers’
Chrysanthème (Chrysantenum)
Chrysanthème (Chrysantenum)
Cyclamen de Naples (Cyclamen hederifolium)
Cyclamen de Naples (Cyclamen hederifolium)
Dahlia ancien 'Madame Frissart'
Dahlia ancien ‘Madame Frissart’
Dahlia balle 'Winnie rose'
Dahlia balle ‘Winnie rose’
Dahlia demi-nain double jaune pâle
Dahlia demi-nain double jaune pâle
Dahlia 'Crazy love'
Dahlia ‘Crazy love’
Diascia et géranium
Diascia et géranium
Echinacea purpurea
Echinacea purpurea
Fuchsia 'Whiteknights Pearl'
Fuchsia ‘Whiteknights Pearl’
Fushia 'Royal velvet'
Fushia ‘Royal velvet’
Hortensia (Hydrangea macrophylla) blanc rosissant en automne
Hortensia (Hydrangea macrophylla) blanc rosissant en automne
Hortensia (Hydrangea macrophylla) rose
Hortensia (Hydrangea macrophylla) rose
Loropetalum chinense
Loropetalum chinense
Mahonia 'Winter sun'
Mahonia ‘Winter sun’
Penstémon 'Black bird'
Penstémon ‘Black bird’
Polygala myrtifolia
Polygala myrtifolia
Rudbeckia hirta
Rudbeckia hirta
Rose trémière (Alcea rosea) 'Nigra'
Rose trémière (Alcea rosea) ‘Nigra’

 

LES FEUILLAGES SE COLORENT ET SE PARENT DE BAIES OU DE FRUITS

Acer palmatum 'Orange dream'
Acer palmatum ‘Orange dream’
Betula alba ou pendula
Betula alba ou pendula
Cercis canadensis 'Forest pansy'
Cercis canadensis ‘Forest pansy’
Myrtillier américain (Vaccinium corymbosum)
Myrtillier américain (Vaccinium corymbosum)
Pernettya mucronata
Pernettya mucronata
Pommier (Malus) 'Golden'
Pommier (Malus) ‘Golden’