Aujourd’hui – … Forêts urbaines

Forêts urbaines

Une forêt de 400 m de long au dessus de la Tamise …

 

Garden Bridge London (Crédit Arup)Garden bridge London - coupeGarden Bridge – London (Crédit Arup)

Le district londonien de Westminster city a donné son accord à la construction du pont végétalisé, Garden Bridge, projet de l’architecte Thomas Heatherwick, assisté des ingénieurs du bureau d’études Arup et  du  paysagiste Dan Pearson. L’ouvrage, long de 400 mètres, enjambera la Tamise sous le couvert d’une bande de forêt. Les arbres et plantes ont été choisis pour leur particulière résistance à cet environnement ; la profondeur et la nature des sols étudiés pour permettre la bonne croissance des racines et donc la stabilité des végétaux, renforcée par les ancrages et supports nécessaires ; un système d’irrigation a été étudié avec attention et intégré dès la conception. Ce qui sera peut-être l’icône de Londres au XXIe siècle doit être financé à hauteur de 175 millions de livres et devrait être ouvert au public en 2018 : http://www.gardenbridgetrust.org/assets/prospectus.pdf


Comment transformer un seul arbre en toute une forêt :

 

Miroir aux cerisiers japonais© Shigetomo Mizuno – Mirrors café par Bandesign (Gifu, Japon)

A Gifu, l’agence Bandesign a imaginé Mirrors, un café dont la façade en miroirs crée un mirage de forêt de cerisiers. Extérieur et intérieur jouent sur les sensations visuelles liées aux arbres implantées sur la parcelle et en bordure de voirie.

Les deux pavillons qui composent le café conçu par l’agence japonaise Bandesign forment un angle dont les façades sont revêtues de miroirs étincelants. Face à ces miroirs, une rangée de cerisiers, bordant la voirie et un canal, crée un motif qui se démultiplie par réfraction. Au printemps, lors de la floraison des cerisiers, l’impression d’être au cœur de la nature est accentuée par l’éclat immaculé du gravier blanc disposé au sol au pied du bâtiment. A l’intérieur du café, l’enchevêtrement visible des poutres de bois sombre au plafond fait naître la sensation d’être assis sous des branchages. Les murs sont peints dans les tons de la végétation : rouge comme les fleurs des 3 camélias présents sur la parcelle qui fleurissent un peu avant les cerisiers et vert comme le feuillage.

Source : « Mirrors café in Gifu by Bandesign » – Urdesign – 26/11/2014 – Article en anglais, remarqué par Le moniteur : http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/insolite/26765564-japon-miroirs-aux-cerisiers-pour-un-cafe


Potagers et vergers envahissent murs et toits des métropoles.

Frame, la brasserie de l’hôtel Pullman (Paris-15e), dispose depuis peu, sur son toit, d’un potager quasi bio de 600 m2, utilisable en direct par le restaurant. Le maitre d’œuvre en a été l’entreprise Topager spécialisée dans l’implantation de potagers urbains et refuges de biodiversité en ville en particulier sur les toits (et avec garantie décennale), comme à AgroParisTech où se déploie un potager scientifique. http://topager.com

Topager-20-5© Topager (tous droits réservés).

Au Canada, à Montréal exactement, Les Fermes Lufa ont construit en 2011 un prototype de ferme urbaine de 3000m2. Une ferme originale car le fondateur, Mohammed Hage, a eu l’idée de bâtir une immense serre pour abriter un jardin potager sur le toit d’un édifice à bureaux du quartier Ahuntsic-Cartierville. Récupération de l’eau pluviale, ainsi que récupération des eaux d’irrigation à 100% et méthodes de culture hydroponiques  sont à la base du projet avec une lutte contre maladies et ravageurs exclusivement biologique. La première unité est capable de subvenir à l’alimentation de 2 000 personnes. Une deuxième ferme a été inaugurée en 2013 à Laval (Canada). Site de l’entreprise : https://montreal.lufa.com/fr/ et un reportage sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=m-8LQgOTC94.

Lufa_Farms_First_Greenhouse_ConstructionLocal, frais, responsable, c’est le slogan des Fermes Lufa (ici, la première ferme en construction).

Aux USA, c’est Gotham greens qui a conçu deux serres, implantées sur les toits de deux immeubles new-yorkais, offrant plus de 3000 m² de surface agricole et produisant 300 tonnes de légumes frais en plein Brooklyn. Quant aux architectes de Spark, ils ont proposé à l’état de Singapour, qui importe 90% de sa nourriture, une résidence pour personnes retraitées  âgées, la Home Farm, qui serait aussi une exploitation agricole intensive. L’immeuble à toitures maraîchères et façades aménagées pour la culture hydroponique disposerait ainsi de 7500 m², complétés par 5800 m² en pleine-terre  au rez-de-chaussée, de surfaces de production de fruits et légumes (soit près de 36 tonnes par mois) et il serait susceptible d’offrir un emploi à temps partiel à près de 300 personnes. Site de l’agence : http://www.sparkarchitects.com/work/homefarm#1

Spark-HomeFarmProjet Spark : Home Farm.

A la une, un projet pour la ville de Beyrouth (Liban) : Beirut Wonder Forest.  http://www.archileb.com/article.php?id=503

Dernier point positif, les végétaux ont un impact très positif en matière d’isolation thermique et phonique des bâtiments, de plus, l’air vicié et chaud évacué en hiver peut chauffer d’éventuelles serres.

 

Mon beau sapin, roi des fôrets

SAPIN : Arbre conifère résineux de la famille des Pinacées et du genre des Abies, à tronc droit et élevé, à écorce grisâtre et écailleuse, à branches plongeantes, à aiguilles persistantes, dont le fruit est un cône dressé et dont on rencontre de nombreuses variétés en moyenne montagne. L’espèce la plus répandue en Europe occidentale est le sapin blanc, appelé aussi sapin pectiné ou sapin des Vosges (Abies alba).

Le sapin de Noël a pendant longtemps été non pas un sapin mais un épicéa, l’épicea commun (Picea alba), aujourd’hui celui-ci est concurrencé par le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana) moins parfumé, mais plus résistant à la chaleur des logements.

Sapin vosgien

Sapin vosgien.

Abies alba - ThoméPicea abies - Thomé

Abies alba & Picea abies – Planches Thomé.

Les arbres sont divisés en deux grandes catégories : les feuillus et les conifères. Le terme conifère vient du latin : conus signifiant cône et fere signifiant qui porte ; les conifères sont littéralement des porteurs de cônes, référence au mode de fructification de tout ce groupe d’arbres. Leurs graines sont principalement portées par des écailles regroupées en cônes (ou strobyles) qui ne sont pas de vrais fruits au sens botanique du terme. Leurs feuilles sont en majorité persistantes et se présentent sous forme d’écailles ou d’aiguilles pouvant avoir toutes les nuances de vert et aller jusqu’au jaune et au bleu. Leurs ports sont plutôt réguliers et souvent coniques.

Les conifères se divisent en FAMILLES subdivisées en / Genres / dont voici les principales :

  1. ARAUCARIACÉES / Araucaria & Agathis / persistants, aux écailles ± larges, piquantes et aux gros cônes.
  2. CUPRESSACÉES / Calocedrus, Chamaecyparis, Cupressus, XCupressocyparis, Juniperus, Microbiota, Platycladus, Thuja, Thujopsis / persistants, aux petites feuilles en écailles, en général sans bourgeons résineux, cônes < 5 cm ou petites « baies ».
  3. GINKGOACÉES / Ginkgo biloba / groupe fossile avec un seul survivant, caduc.
    Mary Emily Eaton, Ginkgo biloba (arbre aux écus)

    Ginkgo biloba (arbre aux écus), planche botanique de Mary Emily Eaton (illustratrice anglaise ayant travaillé pour le New York Botanical Garden de 1911 à 1932).

  4. PINACÉES / Abies, Cedrus, Larix, Picea, Pinus, Pseudotsuga, Tsuga / tous persistants sauf Larix et Pseudolarix ; aux aiguilles ± longues (1 à 25 cm) à disposition variable, cônes ligneux moyens à gros (5-50 cm).
    Larix decidua - Thomé

    Larix decidua (mélèze), planche botanique de Otto Wilhelm Thomé (botaniste et illustrateur allemand, auteur de la célèbre Flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse en texte et en image pour l’école et la maison,  1ère édition de 1885 en 4 tomes avec 571 planches illustrées, 2ème édition de 1903 augmentée de 8 tomes  en collaboration avec Walter Migula).
  5. TAXACÉES / Taxus, Torreya / aiguilles persistantes en 2 rangées (3 à 6 cm), graine unique renfermée dans une arille (cupule charnue).
  6. TAXODIACÉES / Athrotaxis, Cryptomeria, Cunninghamia, Glyptostrobus, Metasequoïa, Sciadopitys, Sequoïa, Sequoïadendron,  Taxodium /  2 groupes : à écailles en alène &  à aiguilles plates en arête de poisson ; cône ligneux 1,5 à 8 cm ; quelques très grands arbres*.

* Les liens renvoient à des photographies de l’article ‘Couleurs de Décembre‘, consacré aux conifères : pour voir l’article entier, http://jardinsdepan.fr/blog/couleurs-de-decembre-2/


 

Famille : Pinacées
Genre : Abies
Espèces : 46 espèces, dont Abies alba (le sapin blanc).

Le sapin blanc, ou Abies alba, est un conifère résineux périalpin, qui croît entre  400 et 1800 m d’altitude. Haut de 50 m, à port conique étroit, son tronc est cylindrique à écorce crevassée et sombre, il a  des rameaux lisses d’un gris argent aux bourgeons bruns. Ses aiguilles persistantes de 15 à 30 mm de long sont isolées et opposées.  Il fleurit d’avril à mai, c’est une espèce monoïque (c’est à dire qu’un seul plant porte des fleurs femelles et des fleurs mâles ; c’est le contraire de dioïque, plant qui ne porte que des fleurs d’un seul genre, femelle ou mâle). Ses cônes de 10 à 15 cm sont érigés (comme tous les sapins ) et jaunes.

Le sapin de Nordmann est une espèce très proche du sapin blanc : ses aiguilles plates, d’un vert foncé brillant, avec deux lignes claires en face inférieure, ne diffèrent de celles du sapin blanc que par une longueur un peu supérieure (2 à 3,5 cm) et leur extrémité tronquée, ainsi que par ses cônes cylindriques, brun-rougeâtre, légèrement plus gros (4 à 5 cm de diamètre) et plus arrondis. Ses graines ailées sont également un peu plus grosses.

Famille : Pinacées
Genre : Picea
Espèces : une cinquantaine selon certains, mais probablement seulement 16-18 espèces , dont Picea abies (épicéa commun).

L’épicéa est un conifère résineux d’une hauteur moyenne de 50 m, à port conique souvent étroit. Les aiguilles sont disposées tout autour du rameau de couleur orangé, les aiguilles sont d’un vert plus ou moins bleuté selon les espèces. La fleur de couleur rose est suivie par un cône pendant, ce caractère permet de différencier les Picea des Abies dont les cônes sont dressés (avec certaines exceptions car il existe des cultivars de Picea décoratifs aux cônes érigés). Une autre clé de détermination entre le genre Picea et le genre Abies consiste à arracher une aiguille d’un rameau : la présence d’un lambeau d’écorce à sa base indique un Picea, alors qu’une marque ronde sur le rameau désigne un Abies. 


Le sapin de Noël

Mon beau sapin,
Roi des forêts
Que j’aime ta verdure.
Quand par l’hiver
Bois et guérêts
Sont dépouillés
De leurs attraits
Mon beau sapin,
Roi des forêts
Tu gardes ta parure.

Toi que Noël
Planta chez nous
Au saint anniversaire
Joli sapin,
Comme ils sont doux
Et tes bonbons
Et tes joujoux
Toi que Noël
Planta chez nous
Par les mains de ma mère

Mon beau sapin,
Tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage
De la foi qui ne ment jamais
De la constance et de la paix
Mon beau sapin,
Tes verts sommets
M’offrent la douce image.

Tomi Ungerer - llustration pour la chanson Mon beau sapin

Tomi Ungerer, Sans titre, illustration pour la chanson « O Tannenbaum », Das große Liederbuch, 1975. Lavis d’encres de couleur et rehauts de crayons de couleur gras sur papier calque 35,5 x 28 cm. Extrait du livret édité par Les Musées de la ville de Strasbourg ouvrable et téléchargeable : UNGERER_LIVRET_VISITE.pdf

Dans la plupart des mythologies, entre autres européennes et amérindiennes, les arbres sont associés à des forces divines. Ils mettent en communication les différentes parties du monde, permettant, comme les racines profondément ancrées dans les profondeurs du sol, de passer de la surface de la Terre à ses entrailles, aussi bien que de s’élever vers les espaces aériens, comme les branches qui se tendent vers le ciel et la lumière. Ils sont le lien entre les divinités chtoniennes et  les divinités ouraniennes. Dans l’Antiquité gréco-latine et au Moyen-âge, les arbres symbolisent en plus le cycle des saisons, celui de la vie humaine et le renouveau. Les arbres au feuillage persistant sont  particulièrement associés à l’idée de vie éternelle, dans nombre de religions polythéistes, où ils étaient anciennement décorés et liés à des rites centrés sur l’idée du temps qui passe.

Ce thème se retrouve dans le calendrier,  le solstice d’hiver y est un temps très fort.
Pour les Romains, il marquait la fin des Saturnales, dédiées à Saturne, un dieu fort inquiétant (comme le chantait Georges Brassens) qui préside aux choses du temps et ainsi à la germination des graines enfouies, mais aussi un père cruel dévoreur de ses propres enfants.

Fresque de Pompéi - Saturne

Fresque de Pompéi, 1er siècle av.JC – ‘Saturne’.

Jusqu’au IIIe siècle, un culte était rendu à Mithra, à cette même date du 25 décembre, pour commémorer sa naissance divine, Natalis Invicti (naissance du soleil invaincu). Apparu sous l’aspect d’un nouveau-né, jaillissant du rocher,  fils d’Anahid, sa mère toujours vierge, il fait regagner les jours sur les nuits.
En  Scandinavie, fin décembre, les fêtes de Yule célébraient le retour de la terre vers le soleil, et  un sapin devant la maison était décoré de torches et rubans. Julenisse était un lutin nain protecteur, vivant dans les greniers, invisible de tous sauf des chats.
Les Celtes célébraient le Nouvel An autour du 1er novembre (Samhain ou Samonios) par des fêtes fortement associées à la mort,  le solstice d’hiver était associé, lui, à la renaissance, du soleil, de la nature, d’un nouveau cycle. Le 24 décembre était un enfantement, et si le chêne était l’arbre druidique par excellence, c’est l’épicéa qui représentait cette (re)naissance.

Carte postale - God Yul

Carte postale – ‘God Yul’.

C’est au IVe siècle, que l’institution chrétienne choisit à son tour cette date du 25 décembre pour la Nativité et Saint Colomban serait le premier chrétien à avoir fait un sapin de Noël. Le moine irlandais, responsable de l’évangélisation des royaumes mérovingiens, a fondé en 590 le monastère de Luxeuil au pied des Vosges. Là, il aurait, au soir de Noël, emmené quelques moines au sommet de la montagne ; à un vieux sapin, objet de culte païen, les religieux auraient accroché leurs lanternes attirant ainsi les  gens du lieu, à qui le saint aurait conté la naissance de Jésus, en convertissant un grand nombre.  Il faut attendre plusieurs siècles, pour retrouver traces d’un sapin de Noël et c’est du Nord scandinave que la tradition s’en répandrait, par l’Allemagne, où elle s’impose au cours du XVIIe siècle. A moins qu’elle ne vienne d’Alsace,  les actes de la ville de Sélestat faisant mention, en 1546, de l’autorisation de couper des arbres verts pour Noël. Dans un texte sur les us et coutumes strasbourgeoises, de 1605, il est noté qu’on y élève, dans les maisons, des sapins garnis de pommes et sucreries. Strasbourg organise un marché de Noël, le ‘Christkindelsmärik’, depuis 1570 et la place Kléber accueille toujours le sapin géant de Noël.

Sapin de la Place Kléber à Strasbourg

 Le traditionnel sapin de la Place Kléber à Strasbourg.

Quoiqu’il en soit, les familles protestantes adoptent rapidement le sapin, tandis que les catholiques lui préfèrent la crèche. En 1738, l’épouse de Louis XV, la reine Marie Leszczynska, fille de Stanislas, ancien roi de Pologne, devenu duc de Lorraine, aurait installé le premier sapin de Noël au château de Versailles, initiant son adoption par l’aristocratie européenne au cours du XVIIIe siècle.

Nattier - Marie Leczinska

Jean-Marc Nattier, Marie Leczynska, reine de France, lisant la Bible, 1748.

La guerre de 1870 a entrainé l’expatriation de nombreux alsaciens, qui diffusent ainsi leur tradition des sapins de Noël richement décorés dans les milieux plus modestes. En 1858, un souffleur de verre de Goetzenbruck eut l’idée de remplacer les pommes absentes cette année-là par des fruits de verre ; le village de Meisenthal, entre Alsace et Lorraine, déjà réputé pour ses verres optiques, s’est alors fait une spécialité se souffler les boules de Noël appelées à un beau succès de part le monde. Dès les XVII-XVIIIe siècles, les colons néerlandais et allemands nouvellement installés en Amérique du nord y ont exporté l’usage du sapin de Noël décoré, ainsi que la légende de Saint Nicolas

Boules de Noël

L’actuelle ligne traditionnelle des Verreries Meisenthal. http://ciav-meisenthal.fr/

Nicolas, évêque de Myre de 300 à 345, aurait ressuscité trois petits enfants, tués et découpés en morceaux par un méchant charcutier qui les avait placés au saloir. Devenu Saint et le protecteur des écoliers, il est fêté chaque 6 décembre en Europe du Nord et de l’Est, où la coutume veut qu’un personnage à la longue barbe blanche, portant cape et chasuble, coiffé de la mitre et tenant la crosse épiscopale, aille dans chaque maison offrir friandises et jouets aux enfants sages. Au XVIe siècle, la légende s’enrichit du personnage du père Fouettard (le boucher de la légende pour certains) punissant les enfants désobéissants.

Psautier cistercien, XIIIe, St Nicolas et les trois enfants

Psautier cistercien, XIIIe – ‘St Nicolas et les trois enfants’.

Anonyme, Heures de Marguerite d'Orléans, XVe - St Nicolas

Anonyme, Heures de Marguerite d’Orléans, XVe – ‘St Nicolas’.

Jean Bourdichon, Grandes heures d'Anne de Bretagne, XVIe - Miracle des trois enfants

Jean Bourdichon, Grandes heures d’Anne de Bretagne, XVIe – ‘Miracle des trois enfants’.

Image d'Epinal, Saint Nicolas

Image d’Epinal, ‘Saint Nicolas’.

L’histoire traverse l’Atlantique  avec les immigrés hollandais ; un 24 décembre 1822, Clément Clarke Moore,  pasteur new-yorkais, écrit pour ses enfants, A visit of St Nicholas,  publié l’année suivante. St Nicolas n’y visite plus les enfants le 6 mais le 24 décembre, et la fête des enfants finit par se confondre avec la célébration de Noël. En 1860, Thomas Nast, illustrateur du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, représente un Santa Claus qui tient autant du lutin scandinave que de l’évêque de Myre. Vêtu d’un costume de drap rouge, ceinturé et orné de fourrure blanche, botté, Santa Claus a acquis ses caractéristiques actuelles : petit bonhomme rondouillard et jovial, à la grosse barbe blanche, il habite au pôle Nord et se déplace dans un traineau volant tiré par huit rennes, quand il ne descend pas par les cheminées, pour aller déposer des cadeaux au pied des sapins illuminés. Ce nouveau Père Noël s’impose peu à peu dans la littérature et les illustrations américaines, entre autres grâce aux publicités de Coca Cola qui diffusent largement le mythe, avant que celui-ci ne franchisse de nouveau l’Atlantique, envahissant, au cours du XXe siècle, le continent européen qui ne reconnut plus son vieux Saint Nicolas …

Thomas Nast - Santa

Thomas Nast – ‘Santa’, Harper’s Illustrated Weekly, 1860.

Norman Rockwell - TSEP de 1939-12-16 - Santa at the Map

Norman Rockwell – Couverture de The Saturday Evening Post du 16 décembre 1939 – ‘Santa at the Map’.

CocaCola-SantaClaus

Coca Cola – ‘Santa Claus’.

St Nicolas fut si peu reconnu dans le Père Noël que l’Église catholique le rejeta violemment, donnant lieu à un fait divers relaté dans le journal France-Soir du 24 décembre 1951 :

DEVANT LES ENFANTS DES PATRONAGES
LE PÈRE NOËL A ÉTÉ BRÛLÉ SUR LE PARVIS DE LA
CATHÉDRALE DE DIJON
Dijon, 24 décembre (dép. France-Soir.)

« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie.
Dimanche à trois heures de l’après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d’innocents une faute dont s’étaient rendus coupable ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.
À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel :
Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le mensonge, 250 enfants, groupés devant la porte principale de la cathédrale de Dijon, ont brûlé le Père Noël.
Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard.
Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur.
L’exécution du Père Noël sur le parvis de la cathédrale a été diversement appréciée par la population et a provoqué de vifs commentaires même chez les catholiques.
D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues par ses organisateurs. L’affaire partage la ville en deux camps.
Dijon attend la résurrection du Père Noël, assassiné hier sur le parvis de la cathédrale. Il ressuscitera ce soir, à dix-huit heures, à l’Hôtel de Ville. Un communiqué officiel a annoncé, en effet, qu’il convoquait, comme chaque année, les enfants de Dijon place de la Libération et qu’il leur parlerait du haut des toits de l’Hôtel de Ville où il circulera sous les feux des projecteurs.
Le chanoine Kir, député-maire de Dijon, se serait abstenu de prendre parti dans cette délicate affaire. »

Pour ceux que l’anthropologie intéresse, voici un lien vous permettant de lire ou télécharger l’étude de Claude Lévi Strauss, suite à ce  fait divers, Le Père Noël supplicié, éditée par les Temps Modernes en 1952 et consacrée au mythique personnage qui vivrait au Pôle Nord …

http://classiques.uqac.ca/classiques/levi_strauss_claude/pere_noel_supplicie/pere_noel_supplicie.html.

Joyeuses fêtes de Noël !

Couleurs de décembre

– 20 décembre 2014 –

Parc des Eaux minérales à St Brieuc

 

2014-12-20 Parc des Eaux min - Araucaria (1)2014-12-20 Parc des Eaux min - Araucaria (3'')Désespoir des singes (Araucaria aracana)


– 18 décembre 2014 –

Parc du Thabor à Rennes

Calocedrus decurrens-port

Cèdre blanc, cèdre à encens (Calocedrus decurrens)

Calocedrus decurrens-écailles

Cèdre blanc, cèdre à encens (Calocedrus decurrens)

Calocedrus decurrens 'Aureavariegata'-écailles2

Calocedrus decurrens ‘Aureavariegata’

2014-12-18 Thabor - Chamaecyparis nootkatensis 'Grayswood pilla'Cyprès de Nootka (Chamaecyparis nootkatensis) ‘Grayswood pillar’

2014-12-18 Thabor - Chamaecyparis nootkatensis 'Grayswood pillar'- feuillage

Cyprès de Nootka (Chamaecyparis nootkatensis) ‘Grayswood pillar’

Cupressus macrocarpa - port

Cyprès de Lambert, cyprès de Monterey (Cupressus macrocarpa)

Cupressus macrocarpa - cônes murs

Cyprès de Lambert, cyprès de Monterey (Cupressus macrocarpa) – cônes femelles

Cupressus macrocarpa - cônes mâles

Cyprès de Lambert, cyprès de Monterey (Cupressus macrocarpa) – cônes mâles

Thuja occidentalis - port

Thuya du Canada (Thuja occidentalis)

Thuja occidentalis - cônes femelles (gros jaune) & mâles (petit marron)

Thuya du Canada (Thuja occidentalis) – cônes femelles (gros jaune) & mâles (petit marron)

Abies cephalonica -portSapin de Céphalonie (Abies cephalonica)

Abies cephalonica -aiguillesSapin de Céphalonie (Abies cephalonica)

Picea pungens 'Koster' - aiguilles

Sapin de Céphalonie (Abies cephalonica)Abies concolor-portSapin du Colorado (Abies concolor)

Abies concolor-aiguilles&bourgeonsSapin du Colorado (Abies concolor)

Cedrus atlantica 'Glauca'-port2

Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) ‘Glauca’

Cedrus atlantica 'Glauca'-aiguilles

Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) ‘Glauca’

Larix kaempferi-portMélèze (Larix)

Picea pungens-port

Sapin bleu (Picea pungens) ‘Koster’

Picea pungens-aiguilles2

Sapin bleu (Picea pungens) ‘Koster’

Picea smithiana-cône

Sapin bleu (Picea pungens) ‘Koster’

Picea smithiana-portEpicéa pleureur de l’Himalaya (Picea smithiana)

Picea smithiana-aiguilleEpicéa pleureur de l’Himalaya (Picea smithiana)

Pinus nigra laricio - portPin laricio de Corse (Pinus nigra ssp. laricio)

Pinus nigra laricio - aiguilles & cones

Pin laricio de Corse (Pinus nigra ssp. laricio)

Pinus pinea - portPin parasol (Pinus pinea)

Pinus pinea - bourgeonPin parasol (Pinus pinea)

Pseudotsuga menziesii - port'

Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii)

Pseudotsuga menziesii-aiguilles&cônes

Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii)

Tsuga canadensis(gauche)&Pseudotsuga menziesii(droite)

Sapin du Canada, pruche (Tsuga canadensis)

Tsuga canadensis-cône

Sapin du Canada, pruche (Tsuga canadensis)

2014-12-18 Thabor - TopiairesIfs (Taxus baccata) formés en topiaires

2014-12-18 Thabor - Torreya grandis - port

Torreya grandis

2014-12-18 Thabor - Torreya grandis - écorce

Torreya grandis

2014-12-18 Thabor - Torreya grandis - feuillage

Torreya grandis

2014-12-18 Thabor - Sequoiadendron giganteum '

Sequoia géant (Sequoidendron giganteum)

Sequoiadendron giganteum (groupe de 3)Sequoia géant (Sequoidendron giganteum)

Sequoiadendron giganteum (groupe de 3) - écaillesSequoia géant (Sequoidendron giganteum)

Canard (3)

Vous avez dit « Mauvaises herbes » ? … la suite …

 

L’emblème floral de la France est composé de trois fleurs, ce sont trois fleurs des champs, aux couleurs du drapeau national : le bleuet, la marguerite et le coquelicot. Les voici associées à d’autres plantes sauvages qui risquent de s’installer dans votre jardin et peuvent y mériter une petite place pour la beauté toute simple de leurs fleurs (et d’autres qualités, gustatives ou médicinales,  éventuellement) :

– le bleuet  ou centaurée (Centaurea montana) : une vivace aux fleurs bleues dont les vertus sont digestives et diurétiques. Il représentait symboliquement les troupes françaises pendant la guerre de 1914-1918, alors que les Anglais associaient le coquelicot à leurs soldats et les Allemands le myosotis.

Centaurea montana - Flore Bonnier   Centaurea montana – Flore Bonnier

– la camomille romaine (Chamaemelum nobile) et allemande (Matricaria chamomilla) : des annuelles qui se resèment et donnent des fleurs ressemblant à de petites marguerites, qui ont plusieurs usages, tisane aromatique et calmante, soin des cheveux blonds, etc.

Chamaemelum nobile - Flore BonnierMatricaria chamomilla

Chamaemelum nobile & Matricaria chamomilla – Flore Bonnier

la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia) : une vivace basse tapissante, à fleurs en clochette, bleutées.

Campanula rotundifolia - Flore Bonnier   Campanula rotundifolia – Flore Bonnier

– les chardons (Carduus nutans & Cirsium arvense) : vivaces un peu agressives avec leurs piquants, mais leurs fleurs violacées ne manquent pas de charme. Apparentés de très près aux artichauts.

Carduus nutans - Flore Bonnier Cirsium arvense - Flore Bonnier

Carduus nutans & Cirsium arvense – Flore Bonnier

– la chélidoine (Chelidonium majus) : plante vivace aux fleurs jaunes, son latex jaune-orangé passe pour éliminer les verrues (toxique en usage interne).

Chelidonium majus - Flore Bonnier  Chelidonium majus – Bonnier

la digitale (Digitalis purpurea) :  une bisannuelle aux grappes de fleurs colorées en clochette.  La plante contient de la digitaline, utilisée comme tonicardiaque, mais toxique à certaines doses, elle était autrefois considérée comme magique. Les gants de Notre-Dame symbolise l’inconstance.
Digitalis purpurea - Flore BonnierDigitalis purpurea – Bonnier

– la giroflée (Erysimum cheiri) : une bisannuelle aux grappes de fleurs de jaune à rouge violacée qui éclosent tôt, dès le printemps, attirant les insectes pollinisateurs. Ne pas consommer (légèrement toxique), la plante est utilisée en parfumerie.

Erysimum cheiri - Flore Bonnier   Erysimum cheiri – Bonnier

– la marguerite (Leucanthemum vulgare) : une vivace assez haute aux fleurs estivales, en capitule caractéristique. Les feuilles jeunes se consomment en salade ; les fleurs séchées préparées en infusion sont calmantes, digestives et astringentes.

Leucanthemum vulgare - Flore Bonnier  Leucanthemum vulgare – Bonnier

– la mauve musquée (Malva moschata): une vivace gracieuse qui fleurit blanc ou rose en été, ses fleurs sont comestibles.

Malva moschata - Flore Bonnier   Malva moschata – Flore Bonnier

– le myosotis des champs (Myosotis arvensis = Myosotis intermedia) : plante bisannuelle (parfois annuelle) à petites fleurs, se resemant facilement et donnant au printemps de jolis tapis bleus. Il représente symboliquement le souvenir, d’où son surnom français Ne m’oublie pas, qui est son nom en allemand (Vergissmeinnicht), et aussi en anglais (forget-me-not).

Myosotis arvensis ou intermedia - Flore BonnierMyosotis intermedia – Bonnier

l’onagre : une grande bisannuelle aux fleurs jaunes, dont la racine est comestible, tout comme les feuilles au goût légèrement piquant ; la plante est utilisée en cosmétique et comme calmant de la toux et sédatif.

Oenothera biennis (onagre) - Flore Thomé   Oenothera biennis – Flore Thomé

l’oxalide (Oxalis acetosella): un bulbe vivace aux feuilles en trèfle, aux petites fleurs blanches. Très aigre, à manger tel quel ou utile pour réaliser des limonades sans citron.

Oxalis acetosella - Flore Thomé   Oxalis acetosella – Flore Thomé

la pâquerette (Bellis perennis) : une petite vivace aux fleurs printanières ressemblant à de petites marguerites. Fleurs et feuilles sont utilisées en infusion pour lutter contre l’hypertension et l’artériosclérose. Elle s’effeuille comme la marguerite.

Bellis perennis - Flore Bonnier Bellis perennis – Bonnier

– le pavot (Papaver rhoeas) : une annuelle bien connue, à la fragile corolle rouge vif, sujet apprécié des peintres impressionnistes. Sa fleur contient, comme tous les pavots, des alcaloïdes aux pouvoirs narcotiques, d’où son utilisation en tisane favorisant le sommeil. Il est aussi employé contre la toux et pour parfumer pains et pâtisseries, en particulier en Lorraine. Il symbolise la consolation.

Papaver rhoeas - Köhler–s Medizinal Pflanzen   Papaver rhoeas – Köhler’s Pflanzen

– la pensée sauvage (Viola tricolor) et la violette (Viola odorata) : deux petites plantes (annuelles ou vivaces selon le climat) aux allures délicates, qui se resèment facilement et fleurissent jaune et/ou violet au début du printemps. Les pensées ont quatre pétales vers le haut et un vers le bas, alors que les violettes ont deux pétales vers le haut et trois vers le bas. Leurs fleurs comestibles ont un goût très légèrement sucré, plus prononcé chez la violette . A utiliser en tisane pour diminuer la fièvre, calmer les nerfs et la toux et  en pommade pour améliorer acné, eczéma et peau sèche. Symbole de modestie, fleur emblème de Toulouse et de Parme (en Italie), la violette est aussi réputée en parfumerie qu’en confiserie, c’était d’ailleurs le parfum de glace préféré de l’impératrice Sissi.

Viola odorata - Planche BonnierViola tricolor - Planche BonnierViola odorata & Viola tricolor– Planche Bonnier

– la renoncule (Ranunculus bulbosus) : c’est le bouton d’or, plante bulbeuse tapissante aux fleurs jaune vif et brillant. Il peut irriter la gorge et les intestins.

Ranunculus bulbosus - Flore Bonnier   Ranunculus bulbosus – Bonnier

– la sauge officinale et sauge des prés :  deux plantes, annuelle ou vivace selon le climat, à  fleur labiée bleu à pourpre. Herbes aromatiques condimentaires et médicinales elles sont utilisées depuis l’Antiquité, entre autres comme antiseptique, contre l’asthme et les verrues. Les petites graines de l’espèce Salvia hispanica (le chia mexicain) sont aussi nutritives et peuvent être associées à des céréales (boulgour).

Salvia officinalis - Flore BonnierSalvia pratensis - Flore Bonnier

Salvia officinalis & S. pratensis – Flore Bonnier

– le trèfle blanc (Trifolium repens) : vivace aux feuilles trilobées typiques et aux inflorescences blanches, parfois rosées, au parfum et goût agréable. Excellent fourrage pour l’élevage et engrais vert pour les jardins.

Trifolium repens - Planche Thomé  Trifolium repens – Planche Thomé

  la valériane (Valeriana officinalis) : une plante vivace aux couronnes de fleurs blanches ou roses qui s’installent souvent dans les joints creux des murs. Appelée herbe aux chats de part son attrait sur ces félins qu’elle rendrait euphoriques, elle a au contraire une action calmante et sédative sur les humains.

Valeriana officinalis - Flore Thomé   Valeriana officinalis – Flore Thomé

– la véronique des champs (Veronica arvensis) :  petite vivace persistante,  grêle, rampante et velue, aux petites fleurs bleues, qui s’installe dans les moindres fissures. L’espèce V. officinalis était au Moyen-âge utilisée  en application sur les plaies des lépreux.

Veronica arvensisVeronica officinalis - Flore Bonnier

Veronica arvensis & V. officinalis – Flore Bonnier


 Moins élégantes, mais très utiles, voici quelques autres sauvageonnes à consommer sans modération :

— la cardamine (Cardamine pratensis) : plante annuelle, ressemblant au cresson en plus piquant (récolter les jeunes feuilles et rosettes de mars à mai, à consommer cru pour garder la vitamine C, ou en soupes).

Cardamine pratensis - Flore Thomé   Cardamine pratensis – Flore Thomé

– le chénopode blanc (Chenopodium album) : de la famille des épinards, il est savoureux et nutritif ( cueillir les jeunes feuilles et tiges de mai à juin ; feuilles à consommer crues ou cuites ; les jeunes tiges ressemblent à des asperges). Se resème très (trop ?) facilement.

Chenopodium album - Flore Bonnier Chenopodium album – Bonnier

– la moutarde des champs ou sénevé (Sinapsis arvensis) : plante annuelle velue aux fleurs jaunes. Ses feuilles jeunes peuvent être consommées et ses graines moulues donner une moutarde.

Sinapis arvensis - Flore Bonnier Sinapis arvensis – Flore Bonnier

la grande ortie (Urtica dioica, vivace de 0,50-1 m) et l’ortie brûlante (Urtica urens, annuelle de moins de 50 cm) font partie des plantes médicinales les plus utiles. Riches en protéines, fer et vitamines, elles sont, entre autres, utilisées contre l’asthénie et l’anémie. Leurs feuilles se consomment cuites. Leurs fibres servent depuis longtemps à fabriquer tissus et cordes. Au jardin, le purin d’ortie est un engrais vert et agit aussi comme pesticide. Un seul inconvénient : leurs poils urticants …

Urtica dioica - Flore BonnierUrtica urens - Flore Bonnier

Urtica dioica & U. urens – Flore Bonnier

– le pissenlit (Taraxacum officinalis) : plante vivace à la fleur jaune  et aux graines ailées (akène) bien connues. Ses feuilles se mangent en salade.

Taraxacum officinalis - Planche Thomé   Taraxacum officinalis – Planche Thomé

– le pourpier (Portulaca oleracea) : petite annuelle rampante aux feuilles grasses. Elle produit des omega-3, vitamine E et minéraux et contient, comme l’épinard et le chénopode, de l’acide oxalique.

Portulaca oleracea - Planche Thomé   Portulaca oleracea – Planche Thomé

→ La peinture à la Une : Claude MonetLes coquelicots, 1873 – Paris, Musée d’Orsay.


Regroupement par famille botanique des plantes citées ci-dessus
 Amaranthacées
Chenopodium album (Chénopode blanc)
Astéracées
Bellis perennis (pâquerette)
Chamaemelum nobile (camomille romaine)
Carduus nutans (chardon)
Centaurea montana (bleuet)
Cirsium arvense (chardon des champs)
Erysimum cheiri (giroflée)
Leucanthemum vulgare (marguerite)
Matricaria chamomilla (camomille allemande)
Taraxacum officinalis (pissenlit)
Boraginacées
Myosotis arvensis (myosotis)
Brassicacées (ex. crucifères)
Cardamine pratensis (cardamine)
Sinapsis arvensis (moutarde des champs, sénevé)
Fabacées
Trifolium repens (trèfle blanc)
Labiacées
Salvia officinalis (sauge officinale)
Salvia pratensis (sauge des prés)
Malvacées
Malva moschata (mauve)
Onagracées
Oenothera biennis (onagre)
Oxalidacées
Oxalis acetosella (oxalide)
Papavéracées
Chelidonium majus (chélidoine)
Papaver rhoeas (coquelicot)
Portulacacées
Portulaca oleracea  (pourpier)
Ranunculacées
Ranunculus bulbosus (renoncule bouton d’or)
Sphenocleacées
Campanula rotundifolia (campanule)
 Scrophulariacées
Digitalis purpurea (digitale)
Veronica arvensis (véronique des champs)
Veronica officinalis (véronique officinale)
Urticacées
Urtica dioique (grande ortie)
Urtica urens (ortie brulante)
Valérianacées
Valeriana officinalis (valériane)
Violacées
Viola odorata (violette)
Viola tricolor (pensée)

 

La dame aux camélias

Camélia : Arbuste ornemental, classé dans les plantes de terre de bruyère, à feuilles persistantes d’un vert foncé et luisant, remarquable par la beauté de ses fleurs le plus souvent blanches, roses ou rouges. Différentes espèces et variétés donnent des floraisons d’automne, d’hiver et/ou de printemps.

Famille : Théacées
Genre : Camellia
Espèces : entre 100 et 250 espèces  (dont les plus fréquentes en plantes ornementales sont Camellia japonica, Camellia sasanqua, Camellia sinensis) et une multitude de cultivars.

Une espèce botanique est une plante qui provient du milieu naturel sans intervention humaine. Un cultivar est une plante obtenue en culture, généralement par sélection.


Floraison : de début septembre à début juin
Port : dressé et parfois également étalé
Hauteur : jusqu’à 4-5 m en conditions idéales
Diamètre : jusqu’à 5 m
Sol : humifère, bien drainé, frais et acide (PH : 5,5 à 6,5)
Besoin en eau : important en été
Exposition : mi-ombragée voire ombragée (pour la plupart), soleil (pour les C. sasanqua)
Rusticité : jusqu’à – 15°C, mais les boutons et fleurs peuvent souffrir du gel dès – 2°C (pour la plupart).

Camellia japonica - dessin botanique Camellia sasanqua Camellia sinensis - Köhler s Medizinal Pflanzen

Camellia japonica, Camellia sasanqua, Camellia sinensis – planches botaniques anciennes.


Origines, étymologie  et usages

Originaire des régions côtières d’Asie orientale et méridionale (Japon, Corée, Chine, Taïwan, Indonésie … ), le Camellia est connu depuis le IVe siècle des Chinois qui l’appellent Cha. Au Japon, il est nommé Tsubaki (‘arbre aux feuilles luisantes’). Au XVIe siècle dans l’île de Honshu, à Higo (aujourd’hui Kumamoto), des samouraïs choisirent pour emblème les camélias locaux,  issus probablement de Camellia japonica croisés avec la sous-espèce rusticana. A cause du caractère insulaire du milieu, quelques types variétaux peu nombreux se dessinèrent : les Camellia Higo étaient nés, trapus et ramifiés, faciles à former en bonzaïs, aux fleurs simples (5 à 9 pétales) et rondes, de couleurs lumineuses, aux étamines nombreuses (200 minimum) et bien visibles formant une couronne centrale. Une liste officielle de 107 Higo a été établie en 1982.

Il a été introduit en Europe au Portugal et en Espagne, à partir du XVIe siècle. Il n’est décrit qu’en 1712 par Engelbert Kaempfer. Deux plants japonais (probablement des C. japonica et C. sasanqua ) ont été baptisés ‘Camellia’ par  Carl von Linné, en 1753, en hommage à Joseph Kamel (1661-1706), jésuite moravien et botaniste responsable de la découverte de la flore des Philippines.  C’est l’impératrice Joséphine de Beauharnais qui en a lancé la mode en France. La plante est introduite à Nantes en 1806 grâce à Abraham Ferdinand Favre qui l’acclimate en extérieur. Deux orthographes coexistent aujourd’hui : Camellia pour les botanistes et Camélia préféré par Alexandre Dumas dans son roman, La dame aux camélias,  et admis depuis par l’Académie française.

Le camélia connaît une vogue marquée toute la première moitié du XIXe siècle, fleur-phare des ’boutonnières’ d’alors, il s’installe comme plante ornementale indispensable dans la plupart des parcs et des jardins d’agrément … quand sa culture est possible (toute la moitié Ouest de la France bénéficie de bonnes conditions pour la culture du camélia, à la différence de l’Est au climat trop contrasté, et où la plantation est à réserver à des endroits bien abrités). Le camélia suscite nombre de collections et études comme celle de l’abbé Berlèse, un botaniste horticulteur italien, qui possédait une collection de plus de 300 espèces et cultivars et en a rédigé une iconographie. De nouvelles variétés peuvent être encore découvertes : le Camellia granthamiana ne l’a été qu’ en 1955. Les camélias ont la vie longue, certains pieds ont plus de 500 ans, voire 1000 ans .
D’abord cultivé à Angers et Nantes, la production française actuelle est surtout finistérienne.

Les camélias ne sont pourtant pas tous cultivés pour l’attrait esthétique de leurs fleurs. Nombreux camélias sont destinés à la production d’huile : les espèces C. crapnelliana (haut de 10 m, feuille vert foncé, vernissée de 20 cm de long, fleur blanche de 11 cm de diamètre, fruit rond de 8-10 cm de diamètre), C. gigantocarpa, C. oleifera (7m, port dressé, feuille 11,5 x 5 cm, fleur blanche de 7 cm de diamètre, parfumée, graine riche en huile), C. sasanqua, C. yuhsienensis (arbuste de 3 m, feuille de 11x 5,5 cm, grappe de fleurs blanches de 9,5 cm de diamètre, très abondantes et fortement parfumées, 300 litres d’huile à l’hectare). Ces huiles sont riches en acides gras et participent aussi bien à des utilisations nutritionnelles, que cosmétiques ou encore à la production de biocarburants et matières premières chimiques.

hokusai le premier the

Le premier thé de l’annéeKatsushika Hokusai  (1760 – 1849)

La production la plus importante est bien sûr celle des thés, car les théiers sont en fait des Camellia sinensis var sinensis ou Camellia sinensis var assamica ou bien encore des Camellia irrawadiensis. Les plantations sont principalement chinoises et indiennes. La qualité de la récolte (le grade des thés noirs) dépend de la cueillette : un thé ‘flowery orange pekoe‘ correspond au prélèvement sur chaque rameau du bouton et de 2 jeunes feuilles, ‘orange pekoe’ bouton éclos et 2 feuilles , ‘pekoe’ feuilles moins fines, pekoe souchong‘ feuilles moins fines et feuilles basses, et en bas de l’échelle ‘souchong’ feuilles basses. Les boutons et feuilles du théier sont ensuite séchées et le plus souvent oxydées, c’est ainsi qu’on obtient le thé noir, sinon le thé reste du thé vert.  On parle, selon le degré d‘oxydation,  de thé vert, jaune, blanc,  bleu ou rouge. Les feuilles peuvent être roulées ou brisées : ‘Gunpowder’ ou ‘Broken Tea‘. Le ‘Flowering teaest fait de feuilles enroulées autour d’une ou plusieurs fleurs. La boisson, riche en théine (substance très proche de la caféine) est obtenue par infusion de ces feuilles et peut servir de remède. C’est, après l’eau, le liquide le plus bu au monde ; à l’origine d’un véritable cérémonial dans plusieurs pays orientaux, dont bien sûr le Japon, il est aussi essentiel au tea-time anglo-saxon. Aujourd’hui, les thés sont classés par crus comme les vins. En phytothérapie, le thé, stimulant la sécrétion d’adrénaline, soigne l’embonpoint et la fatigue.


Le camélia hors du jardin …

Comment ne pas évoquer Alexandre Dumas fils et son célèbre roman La Dame aux camélias ? Il lui fut inspiré par son amour malheureux pour la belle Marie Duplessis (née Alphonsine Plessis à Nonant-le-Pin en 1824 et décédée à 23 ans à Paris), courtisane adulée, Dumas fit son portrait littéraire sous le nom de Marguerite Gautier, lui-même étant l’Armand Duval du roman :

On n’avait jamais vu à Marguerite d’autres fleurs que des camélias. Aussi chez Madame Barjon, sa fleuriste, avait-on fini par la surnommer la Dame aux camélias, et ce surnom lui était resté. […]  
A. Dumas
Fils
, La Dame aux camélias,1848.

Marie Duplessis, par Édouard ViénotMarie Duplessis, portrait d’Édouard Viénot (1804-1872).

Les amoureux sont victimes des préjugés moraux et sociaux de l’époque, en la personne du père d’Armand qui fait tout pour éloigner la jeune fille de son fils. Celle-ci se sacrifie par amour et meurt seule, atteinte de tuberculose. Le succès du roman conduisit son auteur à en faire une pièce jouée en 1852, et, l’année suivante, Verdi s’en inspira pour écrire l’opéra La Traviata, où  Marie devient Violetta Valery. De nombreuses adaptations se sont succédées sur la scène et les écrans. En 1981, Mauro Bolognini réalisa un film nommé La Dame aux camélias, où il mit en scène Isabelle Huppert, non pour jouer Marguerite, mais bien Alphonsine Plessis,  et tenter de peindre la femme cachée derrière le personnage. En 2001, le film de Baz Luhrmann avec Nicole Kidman et Ewan McGregor, Moulin rouge, s’en inspire librement.
Alfons_Mucha_-_1896_-_La_Dame_aux_Camélias_-_Sarah_BernhardtAffiche d’Alfons Mucha (1860–1939) pour La Dame aux camélias jouée par Sarah Bernardt, 1896.

Camélia - série Fleurs d'Edo - Kitagawa Utamaro - vers 1803, MFA-Boston

Camélia,  série Fleurs d’EdoKitagawa Utamaro, vers 1803, MFA-Boston.


Le camélia au jardin …

Utilisations paysagères : en sujet isolé, massif, palissé, haie libre ou taillée et même couvre-sol pour quelques uns (Camellia hiemalis ‘Shôwa-no-sakae’ ) . Les camélias peuvent étaler leur floraison sur 8 mois de fin septembre à début juin : dans l’ordre chronologique, C. sasanqua, puis C. x vernalis, C. x hiemalis et C. japonica. Les variétés et cultivars, très nombreux, offrent tous les tons du blanc au rouge sombre, ainsi que quelques jaunes, plus ou moins crème (le premier  japonica jaune, ‘ Gwenneth Morey’ a été obtenu en Australie en 1965, suivi par d’autres comme C. ‘Jury’s Yellow’ ).
Associations : on peut associer les Camellia japonica et sasanqua, avec d’autres plantes de terre de bruyère comme les andromèdes, bruyères, érables japonais, hortensias, rhododendrons, ainsi que des cornouillers, viornes, kerria ; penser aussi aux bulbes et aux héllébores et pivoines arbustives ou non.

Plantation : creuser une fosse cubique de 60 cm d’arête minimum, placer des graviers au fond pour faciliter le drainage et planter (si possible à l’automne) dans une terre de jardin mélangée à du terreau et à de la terre de bruyère (1/3 chacun) sans enterrer le collet. Si votre terre est très calcaire, utiliser un feutre isolant et augmenter la proportion de terre de bruyère et terreau (jusqu’à 100% éventuellement). Penser en choisissant leurs emplacements que les camélias redoutent le froid intense, le vent desséchant et le soleil de midi. Pailler réduira les besoins en eau. Certains camélias supportent bien la culture en pot quand celle en pleine terre est impossible (le cultivar ‘Quintessence’ y est tout à fait adapté).
Entretien : apport de fertilisant adapté (*
). La taille est possible, si utile, pour former un jeune pied ou rajeunir un vieux sujet, mais tout à fait facultative, choisir alors la période qui suit immédiatement la floraison. Les camélias forment leurs boutons floraux durant la période printemps-été.

(*) Le site de la Société Bretonne du Camellia fait un point extrêmement précis sur les engrais et paillages adaptés aux différents camélias : http://camellia-sbc.com/index.php?numlien=22

Reproduction : semis, boutures semi-aoûtées en fin d’été et marcottes.
Maladies et parasites :
chlorose (jaunissement des feuilles, seules les nervures restent vertes) : traitement anti-chlorose à base de fer ou … de vieux clous et boites en fer enterrés à la base du camélia.
puceron, cochenille : traitement préventif (avant le débourrement des bourgeons) ou curatif à base d’huile blanche ou d’une préparation maison (pour 1 l d’eau :1 cuillère à café de savon noir + 1 cuillère à café d’huile de colza +1 cuillère à café d’alcool à 90°C)
, en dernier recours insecticides à base d’imidaclopride. Favoriser les prédateurs naturels  (coccinelles et petites guêpes du genre Metaphycus  et Diversinervus elegans).
otiorhynque (feuilles grignotées sur les bords) : les responsables sont les larves qui se nourrissent la nuit, elles ont un prédateur, le nématode, Heterorhabditis bacteriophora, à introduire dans l’eau d’arrosage. Bêcher au pied pour mettre à jour les larves appréciées des musaraignes. L’odeur du marc de café les fait fuir, à utiliser en paillage.
fumagine (sorte de suie noire) : champignon se développant sur le miellat secrété par des pucerons et cochenilles, pulvériser une solution de savon noir.
autres maladies cryptogamiques possibles :
Botrytis (feutrage gris), Ciborinia camelliae (responsable du Flower Blight), Glomerella cingulata, Monochaetia camelliae, Pestalozzia guepini (qui entraine une défoliation complète de la plante), Phytophtora, Sclerotinia cameliae (qui provoque le dessèchement des fleurs). Certaines sont bénignes et cèdent aux traitements à base de cuivre et de soufre, d’autres sont redoutables, difficiles à éliminer et nécessitent le recours à des fongicides de synthèse. Eliminer tous les débris végétaux, sources de contamination, désinfecter les outils.


Selon la classification phyllogénétique (fondée sur l’étude de la molécule d’ADN) APG III, le genre Camellia fait partie du clade angiospermes, du clade dicotylédones vraies (car il possède 3 ouvertures au niveau du grain de pollen), du clade astéridées, de l‘ordre des éricales, et de la famille des théacées . 

Les Camellia ont tous des feuilles alternes, lancéolées à elliptiques, aux bords légèrement dentés, vert moyen à foncé, lustrées.


Quelques cultivars

Critères internationaux de reconnaissance :
Taille des fleurs : fleur très petite < 6 cm , fleur petite 50 à 7,5 cm, fleur moyenne7,5 à 10 cm, fleur grande 10 cm à 13 cm, fleur très grande > 13 cm.
Parfum : o légèrement odorant ,  O très odorant.
Période de floraison : Pr précoce, Ms milieu de saison, T tardive.
Types de fleurs : simple, semi-double,  anémoniforme, péoniforme,  roséiforme, imbriquée.
Couleur (varie en fonction de la qualité de l’environnement) : Blanc , Rose , Rouge , Multicolore.
Rusticité : R* gélif, R** gel léger, R*** rustique (-18°C), R**** très rustique (-20° -25°C ).

Camellia 'Quintescence'Camélia à fleur simple ‘Quintessence’

Camellia 'Freedom bell'
Camélia à fleur semi-double en clochette ‘Freedom bell’

Camellia 'Mère Teresa' 2014-04-01Camélia à fleur anémoniforme ‘Mère Teresa’

Camelia 2013-04-02 - fleur
Camélia à fleur péoniforme ‘Anticipation’

Camellia 'Kerguelen'
Camélia à fleur imbriquée ‘Kerguelen’

CameliaMontage réalisé à partir des photos de la Société bretonne des caméllias.

Anticipation et Anticipation variegated : hybride de C. saluenensis x C. japonica ‘Leviathan’ de 1959, fleur grande, péoniforme, rouge foncé, unie ou panachée, mi-saison, florifère, croissance assez rapide, port dressé en colonne, peut faire des haies hautes.
Cinnamon Cindy : hybride de C. japonica ‘Ken’yotai’ x C. lutchuensis, obtenu en 1967 ; feuille vert clair, petite fleur semi-double blanche à blanc rosé ; hâtif à mi-saison, florifère, vigoureux, port en colonne, peut être palissé, convient bien pour faire des haies, parfum de cannelle.
Donation : un des premiers williamsii, hybride de C. saluenensis x C. japonica ‘Masayoshi’, obtenu avant 1941, grande fleur semi-double rose clair veinée, mi-saison à tardif, très florifère, longue floraison, rustique et vigoureux, dressé et buissonnant, supporte le soleil et la mi-ombre.
Kerguélen : sport de C. japonica ‘Nuccio’s Cameo’, très érigé et vigoureux, feuillage panaché tricolore , grandes fleurs imbriquées rose clair.
Madame Lourmand : semis de C. japonica, obtenu en France en 1910, feuillage sombre, grande fleur simple, blanc pur, ne « rouillant » pas facilement, hâtif à mi-saison, longue floraison, port trapu, dressé, large.
Mark Alan : semis de C. japonica, obtenu en 1957, grande fleur semi-double, pétales et pétaloïdes allongés et pointus, rouge vif, hâtif à mi-saison, florifère, port dressé, buissonnant, dense.
Night Rider : hybride de ‘Ruby Bells’ (C. saluenensis x C. japonica ‘Fuyajo’) x C. japonica ‘Kuro-tsubaki’, de 1980, fleurs petites, semi-doubles, pourpre très foncé, tardif, port dressé, petites feuilles, jeunes pousses rouge pourpre.
Okan : C. japonica de Higo, mutation de ‘Higo-yamato-nishiki’, obtenu avant la constitution de la liste officielle des Higo en 1982, feuillage foncé, fleur moyenne simple blanche à bordure rouge, environ 160 étamines en touffe évasée, mi-saison à tardif, croissance lente, port compact et étalé, quelques branches pleureuses, peut faire d’excellents bonsaïs.
Tulip Time : hybride de C. saluenensis x C. japonica de 1978, fleur moyenne simple rose clair, en forme de tulipe à pétales allongés et pointus, mi-saison, florifère, grande aptitude au palissage, vigoureux, pousse vite.


Quelques variétés botaniques de camélias

 

Camellia botaniquesDans l’ordre de droite à gauche et de haut en bas (montage réalisé principalement à partir des photos de la Société bretonne des caméllias) :
Ligne 1, Camellia japonica rusticana, C. reticulata, C. saluenensis, C. nitidissima,
L2, C. crapnelliana, C. oleifera, C. sasanqua, C. grijsii,
L3, C. maliflora, C. miyagii, C. yuhsienensis, C. granthamiana,
L4, C. yunnanensis, C. irrawadiensis, C. sinensis, C. crassipes,
L5, C. cuspidata, C. forrestii, C. fraterna, C. longicarpa,
L6, C. lutchuensis, C. transarisanensis, C. transnokoensis, C. tsaii .

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C. x hiemalis : probable hybride naturel de C. sasanqua x C. japonica, fleurit en hiver, fleur simple ou semi-double, blanche à rose vif pourpré, de 5 à 7 cm de diamètre, feuille elliptique de 7 cm par 4, cultivars généralement bas avec de longues pousses pouvant former des couvre-sol ou être palissés.

Camellia japonica var. japonica & rusticanaCamellia japonica
C. japonica : jusqu’à 10 m de haut, fleur de 5 à 7 pétales rouges, à étamines saillantes soudées à la base. Il présente une grande variabilité génétique, et a donné de nombreux cultivars, c’est le camélia le plus hybridé et répandu. Sans parfum, au XIXe siècle, plusieurs cultivars actuels ont acquis une senteur comme ‘Kramer’s Suprême’,  ‘Fragrant Star‘, ‘Fragrant Pink’ ou ‘Cinnamon Cindy’.

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C. reticulata : arbre jusqu’à 15 m, port érigé très souple, feuillage aéré, feuilles 11x 4 cm, fleurs roses, 10 cm de diamètre, hybridations anciennes. Emblème de la province chinoise du Yunnan.

C. saluenensis : arbuste jusqu’à 6 m, port érigé et dense, feuille vert foncé luisante, de 5,5 x 2,5 cm, fleurs blanches à rose vif, semi-tubulaires, jusqu’à 10 cm de diamètre, hybridations avec C. japonica (hybrides C. x williamsii”), C. cuspidata, C. hongkongensis, etc.

C. sasanqua, arbre de 5 à 10 m, port érigé buissonnant, feuilles jusqu’à 6 x 3 cm, fleurs simples, blanches, roses ou rouges, jusqu’à 7,5 cm de diamètre, parfumées, fleurit dès septembre, hybridation avec C. japonica (= C. x vernalis) et C. reticulata. C’est le camélia qui supporte le mieux chaleur et soleil et le plus précoce (camélia d’automne).

C. sinensis : arbuste/petit arbre 6-8 m, feuilles de 16 cm de long pour la variété assamica, et 12 cm pour la variété sinensis, fortement dentées, fleurs petites, 3,5 cm de diamètre, blanches, odorantes, 1 cultivar à fleurs roses et au feuillage foncé (‘Benibanacha’), plusieurs sélections (‘Kholkida’).

C. x vernalis : probable hybride naturel de C. sasanqua x C. japonica, fleurit jusqu’au début du printemps, fleur simple ou semi-double, blanche à blanc rosé, grandes feuilles, cultivars généralement dressés et pouvant former des haies.

C. transnokoensis : variété originaire de Taïwan, à port dressé souple, cultivars mesurant 1,20 m de haut pour 1 m de large à 10 ans ; végétation  dense, feuilles elliptiques jusqu’à 8 cm de long, vert sombre, fleurs petites simples, blanches et parfumées de décembre à mars.

C. tsaii : petite variété à port souple à pleureur, fleurs petites blanches en février-mars, peu rustique. Idéal en pot.



Sites internets :

Parcs et jardins de Nantes : http://www.jardins.nantes.fr/N/Plante/Collection/Camellia/Camellia.asp

Société Bretonne du Camellia : http://camellia-sbc.com

Camellias.pics : http://www.camellias.pics/index.php