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A l’ombre des palmiers

Palmier : plante monocotylédone arborescente des régions chaudes intertropicales. Les monocotylédones regroupent principalement ce que l’on nomme couramment les herbes, les palmiers sont donc des herbes géantes et non pas des arbres. Ils sont reconnaissables à leur  stipe, qui ressemble à un tronc, mais est en réalité une tige (remplie de moelle ou de fibres, mais sans bois ou cambium) non ramifiée,  surmonté d’un houppier de palmes (leurs feuilles) en forme de plume (pennées) ou en forme d’éventail (palmées). Ce caractère herbacé ne freine pas leur croissance, certains atteignant 60 m de haut ou 1 m de diamètre de stipe. Quelques uns ne prennent pas un port arborescent, mais adoptent un aspect d’arbustes ou de lianes.

Famille : Arecaceae (arécacées) ou Palmae (palmacées)
Genres :  200 genres dont Areca, Bismarckia, Borassus, Brahea, Butia, Calamus, Chamaerops, Cocos, Copernicia, Corypha, Elaeis, Euterpe, Hyphaene, Jubaea, Latania, Mauritia, Metroxylon, Parajubaea, Phoenix, Raphia, Rhapis, Roystonea, Sabal, Salacca, Syagrus, Trachycarpus, Trithrinax, Washingtonia.
Espèces : 2 500 espèces

Arecaceae 1


Étymologie et origines

Le palmier tire son nom de sa feuille, nommée palme, terme provenant du latin palma signifiant à proprement paume, creux de la main, et par ressemblance, feuille de palmier. Parmi la famille des palmiers on trouve : les arec, cocotier, dattier, doum, latanier, palmiste, raphia, ronier, rotang, sagoutier. Le jour des palmes est, dans le calendrier liturgique chrétien, le jour des Rameaux. La palme est aussi l’emblème de la victoire : d’où disputer la palme, obtenir les palmes académiques ou la Palme d’or à Cannes.

Plantes à la fois primitives (vieilles de 80 millions d’années) et évoluées, les palmiers ont besoin d’un minimum de chaleur , mais ils s’adaptent à des conditions d’humidité extrêmes, de la forte pluviosité équatoriale à l’aridité désertique et peuvent supporter des altitudes élevées. Ils sont présents dans la zone intertropicale des quatre continents, Amérique, Afrique, Asie et Océanie (hors de ces latitudes, seulement 2 espèces, Chamaerops humilis et Phoenix theophrasti, sont spontanées  en Europe).

En France, c’est à Hyères sur la Côte d’Azur que les premières tentatives d’acclimatation de palmiers ont eu lieu à partir de 1850, par des horticulteurs du crû, pour approvisionner les grands propriétaires hivernants sur la Côte et passionnés de plantes exotiques.


Le palmier hors du jardin …

Les palmiers sont avec les graminées les plantes les plus utiles des pays tropicaux : dans le palmier, tout est bon, des pousses (cœurs de palmier) et fruits (noix de coco ou dattes) que l’on consomme, aux stipes dont on fait des planches, en passant par les feuilles pour la couverture des maisons.

A table :

Cœur de palmier issu surtout des jeunes pousses d’Euterpe, lait et noix de coco issus des fruits des Cocos, dattes provenant des Phoenix, sucre (le gur indien) extrait de la sève des Arenga et Caryota, vin de palme fabriqué à partir de la sève de l’Elaeis guineense, des Borassus (donnant le toddy indien) et des Raphia , sagou des Papous ou sabudana des Indiens (fécule extraite de la moelle du stipe du Metroxylon sagu), huile de coprah (extraite de l’amande de la noix de coco à la base de la Végétaline), huile de palme (tirée de la pulpe des fruits de l’Elaeis) et huile de palmiste (extraite des graines des fruits de l’Elaeis), tourteau de  coprah (restes  de l’amande de la noix de coco après extraction de l’huile) pour l’alimentation du bétail.

Tassili peinture rupestre - palmier-dattierTassili, peinture rupestre, récolte de dattes

Dans l’armoire à pharmacie :

La noix d’arec (fruit de l’Areca catechu, aussi appelée noix de bétel) se prépare avec les feuilles du Piper betle pour donner le bétel aux effets stimulants, coupe-faim et légèrement grisants ; le sang-dragon (résine extraite du Dracaena draco) calme la douleur et les saignements et favorise la cicatrisation ; l’huile tchotcho traditionnellement fabriquée en Guyane à partir de l’amande de l’Awara est reconnue pour ces vertus anti inflammatoires ; les baies de Serenoa, petit palmier originaire de Floride, sont utilisés par l’industrie pharmaceutique pour lutter contre l’adénome prostatique.

Palmiers Awara, Dracaena draco, sang-dragon, Serenoa repensPalmiers Awara, Dracaena draco, sang-dragon, Serenoa repens

Dans la trousse de toilette :

L’huile de palme se saponifie avec de la soude caustique, elle est présente dans un grand nombre de savons (par exemple Palmolive, à l’origine huile de palme et huile d’olive), elle a ainsi fait au XIXe s. la fortune de la famille Lever (groupe Unilever aujourd’hui). L’huile de coco ou huile de coprah, fabriquée à partir de l’albumen séché de la noix de coco, est à la base du monoï. Les cachous sont des  sucs astringents, de couleur sombre, issus pour certains de la  décoction des fruits de l’Areca catechu ; leurs usages sont multiples, en médecine (entre autres contre les diarhées), en cosmétique (dentifrice) et en teinturerie.

Areca catechu mixAreca catechu

Dans la maison :

L’huile de palme distillée produit de la glycérine ; la cire de palmier ou cire de carnauba est récoltée sur les feuilles de Copernicia prunifera et remplace la cire d’abeille dans tous ses usages, elle participe aussi à la wax des surfers, sert en cosmétique et dans l’industrie alimentaire ; le sang-dragon (sert de pigment dans la préparation de vernis et d’encres) ; plusieurs fibres textiles sont issues des palmiers,  le coir ou  fibre de coco entoure la noix de coco, le raphia est produit à partir des feuilles des Raphias, proches de celles des  Borassus ou rônier, le rotin utilisé en vannerie provient des stipes longs et fins des Calamus et  Daemonorops, l’ivoire végétal ou tagua est tiré des graines des Phytelephas ; pratiquement tous les palmiers sont utilisés comme matériau de construction, leur stipe donnant un bois (au sens commun et non pas botanique) façonnable en plancher et cloisons et leurs palmes faisant des couverture de toiture bon marché.

Phoenix dactylifera


Le palmier au jardin …

Utilisations paysagères :

Le palmier est assurément une des plantes qui évoque le mieux les régions chaudes, en planter un dans son jardin lui apporte un exotisme  dépaysant ; ils s’acclimatent très bien dans les jardins bretons où ils sont présents depuis un siècle et plus. Leur taille parfois trop imposante peut poser problème dans les espaces de petite taille, à cela une solution, les palmiers nains, qui ont toutes les vertus des grands palmiers : feuillage persistant, port architecturé, forme très graphique … et leur taille se situe entre 3 et 5 m à l’âge adulte.

Entretien :

Les palmiers n’ont pas besoin d’être taillés, mais cette opération peut se révéler utile pour des raisons principalement esthétiques, quand on ne souhaite pas conserver les palmes sèches le long du stipe. Cette taille peut être travaillée « en marguerite » (conseillée seulement dans les régions les plus chaudes), on coupe de nombreuses palmes encore vertes en plus des palmes sèches, pour ne garder qu’une touffe en forme de marguerite. La taille « en ananas » fréquente sur la Côte d’azur, préserve la base des feuilles coupées d’où une excroissance en forme d’ananas ; cet  » ananas » assure une protection du cœur, très utile en climat frais.

Parasites et maladies :

Entre autres insectes ravageurs de palmiers : Paysandisia archon (papillon ravageur du palmier) originaire d’Argentine, Phragmatobia fuliginosa (écaille cramoisie) et Rhynchophorus ferrugineus (charançon rouge des palmiers). Ce dernier met actuellement en péril les palmiers de la Côte d’azur où l’association « Sauvons nos palmiers » se mobilise contre lui : lutte biologique et phytosanitaire auxquelles s’adjoint depuis le début de l’été 2014, la lutte par micro-ingestion (ou endothérapie) d’un insecticide très concentré (Revive  = émamectine benzoate), réservé à des applicateurs agréés.


Quelques palmiers nains

Brahea dulcis

 Palmier, originaire d’Amérique centrale, à croissance lente, au stipe mince, mesurant jusqu’à 6 m de hauteur. Ses feuilles palmées, de couleur gris vert, atteignent presque 2 m de long. Les inflorescences hermaphrodites portent de nombreuses petites fleurs blanches, les fruits sont jaunes. Ce Brahea a la particularité assez rare de supporter une ombre partielle et résiste au froid jusqu’à – 8 ° C.

Brahea dulcis mix

Butia archeri

Les Butia sont des petits palmiers américains, à feuilles pennées d’un vert souvent bleuté, les palmes arquées sont disposées irrégulièrement. Butia archeri possède un stipe ne dépassant pas 1 mètre de haut, souvent incliné. Feuilles pennées d’1 mètre de long, vert argenté, très recourbées, avec des pétioles courts et sans épines. Résistance : – 10/- 12°C.

Butia archeri mix

Butia capitata ou Palmier à vin ou palmier à laque ou palmier abricot

L’un des plus hauts des Butia, il culmine à une hauteur de 5-6 m. Longues palmes pennées vert gris à vert bleu qui décrivent un arc de cercle presque jusqu’au sol. Fleurs estivales suivis de fruits comestibles crus, en gelée, ou macérés dans l’alcool.

Butia capitata mix

Butia eriospatha ou Butia laineux

Haut de 5-6 m, il porte de longues palmes ( de 2 m). L’inflorescence hermaphrodite est accompagnée de poils laineux, à la différence du Butia capitata qui en est dépourvu.

Butia yatay ou Butia argentin

Il atteint 8 m de haut, ses palmes bleutées sont plus courtes, régulières et recourbées que celles de Butia capitata. Les inflorescences hermaphrodites sont suivies de fruits ovoïdes de  quelques centimètres, comestibles à saveur acide.

Chamaerops humilis ou Palmier nain ou palmier faux-doum

Ce palmier ressemble au doum égyptien (Hyphaene thebaica), originaire d’Afrique tropicale, qui possède des stipes ramifiés, mais ce n’est pas le cas de Chamaerops humilis, qui est une plante cespiteuse (qui forme sur un seul pied, dès sa base, une touffe compacte de plusieurs tiges, ici plusieurs stipes). C’est un palmier originaire des bords de la Méditerranée, de petite taille, au port en boule, le stipe dépasse rarement 5 m de haut pour 4 m de large, à feuilles vertes en éventail de 90 cm de diamètre, épineux. Plante le plus souvent dioïque (sujets à fleurs mâles et sujets à fleurs femelles séparés), l’inflorescence (un spadice) n’est suivie de fruits colorés (mais non comestibles) que sur les pieds femelles. Rustique jusqu’à -15°C en sol bien drainé.

Chamaerops humilis var.   arborescens (ou elata) possède un stipe unique ne drageonnant pas et atteint 6 m de haut, la variété cerifera (ou argentea) a un feuillage gris bleuté et est plus petite et plus résistante, quant à la variété Vulcano, elle est très intéressante au jardin, car elle a un port très compact et elle est sans épine.

Chamaerops humilis mix

• Livistona australis, L. chinensis &  L. nitida

Palmiers asiatiques ou australiens, à croissance très lente (5 m en 100 ans), assez fragiles, leurs grandes feuilles en éventail ne supportent pas des températures inférieures à -3/-5°C (défoliation au delà, mais la plupart des stipes repart en végétation au printemps suivant si le gel n’a pas été inférieur à -8°C … ).

Livistona chinensis

• Nannorrhops ritchiana ‘ Silver ‘ ou Palmier Mazari

Palmier à petit développement, Nannorrhops ritchianaSilver ‘ n’atteint qu’une hauteur de 3 m. Son feuillage costapalmé est vert bleu à argenté s’agrémente d’une floraison blanche en fin de printemps suivie de fruits bruns. D’origine iranienne, il est rustique jusqu’à – 10°C.

Nannorrhops ritchiana Silver

Phoenix roebelinii ou Dattier du Mékong

C’est un palmier asiatique de toute petite taille, les sujets les plus âgés atteignent à peine 2-3 m, à port arqué. Le stipe fin possède des marques caractéristiques, reliques des anciens pétioles. Les feuilles pennées, longues d’1 m, sont souples et d’un beau vert brillant. Les inflorescences de petites fleurs  crème donnent ensuite des fruits presque noirs. Sa rusticité atteint – 5 ° C, il résiste à la fois aux excès comme aux manques d’eau et supporte la mi-ombre. Idéal en intérieur, acclimatable en extérieur sur le littoral.

Phoenix roebelenii mix

Rhapis excelsa

Ce palmier asiatique se différencie de la majorité, car il ressemble beaucoup à un bambou. C’est un palmier cespiteux (ou rhizomateux), aux stipes minces (2/3 cm de diamètre pour 5 m de haut), recouverts de fibres, poussant  en touffe et pouvant former un bosquet. La feuille épaisse, palmée, est profondément divisée en une dizaine de folioles, et dessine comme une étoile, au vert foncé lustré. Les minuscules fleurs estivales sont crème et suivies sur les sujets femelles (espèce dioïque) de petites baies. Peu exigeant que ce soit en lumière ou en humidité, il ne supporte pas le froid au delà de – 3°C, mais supporte facilement d’être placé en intérieur. Il existe de nombreux hybrides (croisements avec Rhapis humilis), aux feuilles diversement colorées et panachées, dont ‘Zuikonishiki’ strié de vert et de crème.

Rhapis excelsa

• Sabal minor

Ce palmier américain nain ,de croissance lente, a un stipe solitaire souterrain ou aérien, toujours très court (3 m de haut au plus). Ses feuilles costapalmées, d’un vert soutenu, sont fragiles au vent. Fructification en petites baies noires. Très résistant au froid ( jusqu’à – 20 ° C).

Sabal minor mix

Trachycarpus princeps

Les Trachycarpus sont des palmiers dïoïques (sujets à fleurs mâles et sujets à fleurs femelles séparés) d’origine asiatique principalement issus d’Inde, Népal et Chine, très résistants et de croissance rapide. Le stipe est recouvert d’une couche de fibres entrelacées, un crin marron. Trachycarpus princeps possède un stipe pouvant atteindre 8 m, plutôt fin, ses feuilles palmées vertes ont un revers blanc neige cireux. Les inflorescences sont assez courtes et ramifiées, elles produisent sur les sujets femelles des baies bleu noir.

Trachycarpus princeps

Trachycarpus wagnerianus

Ce palmier atteint adulte 5 à 8 m de haut. Il se différencie des autres Trachycarpus par des feuilles plus coriaces, très élégantes, d’un vert profond bordées de blanc. Les fleurs sont jaune vif. Les plants femelles produisent des fruits violacés, contenant une graine noire à maturité.

Trachycarpus wagnerianus mix

 


 Quelques grands palmiers

Bismarckia nobilis ou Latanier blanc

Bismarckia nobilis, la seule espèce du genre, est endémique à Madagascar, ce palmier est remarquable entre autres par son port régulier et majestueux. Son stipe, gris et lisse, atteint 25 m de haut,  ses feuilles costapalmées au plissage impeccable , grandes de  3 mètres de diamètre, sont, si le climat est assez sec, d’un gris bleuté ciré spectaculaire. Rustique seulement jusqu’à – 1 ° C, zone 10, à réserver aux zones à climat méditerranéen très abritées.

Pour ce qui est des zones climatiques, un tableau très utile sur : http://palmiers.bretagne.free.fr/Rusticite_fichiers/Rusticite.htm

Bismarckia nobilis mix

Brahea calcarea ou nitida

Ce palmier mexicain aime le soleil et atteint les 12 m de haut. Les feuilles palmées sont vert brillant sur le dessus et glauques au dessous. Les fleurs hermaphrodites sont jaunes, regroupées en longues inflorescences qui émergent à l’aisselle des feuilles.

Brahea nitida mix

• Brahea edulis ou Palmier de Guadalupe

Palmier, au robuste stipe marron, mesurant 12 m de haut, ses feuilles palmées de couleur vert clair dessus, glauque dessous, le différencient peu de Brahea calcarea, qui a un port moins compact.

Brahea edulis mix

Jubaea chilensis ou Cocotier du Chili

Ce palmier, originaire du Chili, est le plus gros des palmiers, il atteint une hauteur de 25 m pour une largeur de 5 m, son stipe peut mesurer jusqu’à 3-4 m de diamètre, mais il est de croissance très lente. Les longues palmes  (jusqu’à 5 m de long), pennées et vert foncé,  forment une couronne dense. Il ne fleurit qu’au bout de 50 ans, l’inflorescence (mesurant 1,50 m) porte des fleurs orangées suivies de noix de coco jaune vif.  Rustique jusqu’à – 12°C, il a besoin de beaucoup de soleil et n’aime que les sols bien drainés.

Jubaea chilensis mix

Parajubaea torallyi torallyi

C’est un palmier bolivien, adapté aux vallées sèches des Andes où il est présent jusqu’à 3000 m d’altitude, résistant au froid jusqu’à -7°C. De croissance rapide, il atteindre 14 m de haut.  Ses feuilles coriaces, fortement découpées, sont longues (5 m de long), donnant au feuillage un aspect fin. Le stipe robuste d’un brun grisé, large à la base,  possède une forme conique. Ses fruits ressemblants à des noix sont comestibles. Apprécie les sols riches.

Parajubaea torallyi

Phoenix canariensis ou Dattier des Canaries

L’espèce est originaire des Canaries et a été importée en 1864 à Nice, où sa silhouette graphique est devenue emblématique : c’est l’une des deux espèces de palmiers présents le long de la Promenade des Anglais. Le stipe solitaire peut atteindre 20 m de haut et les feuilles 5 m de long. Les palmes pennées sont vertes, étroites, rigides et épineuses. L’inflorescence est suivie de petits fruits orangés ou rouges, comestibles, mais sans intérêt ; c’est à partir de sa sève qu’on produit un sirop ou miel de palmier. Très résistant à la pollution et à la sécheresse, quand au froid il souffre à partir de – 5 °C.  à Nice.

Phoenix canariensis mix

Phoenix dactylifera ou Palmier-dattier

Grand palmier de 15 à 30 m de haut, ses feuilles (4-7 m de long), pennées et d’un vert glauque, sont finement divisées. L’espèce est dioïque, les pieds femelles donnent (seulement en climat suffisamment ensoleillé et chaud) des baies, les dattes (ce qu’on appelle le noyau est en fait la graine), groupées en régimes. Rustique jusqu’à – 10°C, il a besoin d’un sol riche et bien drainé. P. sylvestris ou dattier indien est identique, mais en plus petit. C’est un des deux types de palmiers présents le long de la Promenade des Anglais à Nice.

Palmiers

Phoenix reclinata ou Palmier du Sénégal

Ce palmier à stipes multiples forme une touffe très décorative, à la couronne évasée. Sa rusticité est réduite (- 3 ° C), ce qui impose de le planter en pleine terre en France seulement sur la Côte d’Azur, en situation très abritée et en sol léger, pauvre et frais.

Phoenix reclinata-mix

Syagrus Santa Catarina

Originaire des montagnes de Santa Catarina au Brésil, où il atteint jusqu’à 15 m de haut, c’est un palmier parmi les plus résistants de ce genre, il serait rustique jusqu’à -9°C. Son stipe droit et élancé est composé d’anneaux lisses (il se débarrasse tout seul de ses feuilles sèches) de couleur grise. Il  est couronné de longues feuilles pennées et dressées, lui donnant une allure de cocotier très exotique. Apprécie les sols acides.

Syagrus romanzoffiana Santa Catarina

• Trachycarpus fortunei ou Palmier de Chine ou palmier à chanvre

Trachycarpus fortunei atteint une hauteur de 20 m pour une largeur de 5 m. Le stipe est protégé par des fibres formant un feutre, d’où son nom de palmier à chanvre. Les feuilles robustes sont palmées (en forme d’éventail) et vert sombre. Les grandes panicules estivales formées de petites fleurs jaunes sont suivies de baies bleu-noir. Il apprécie les sols riches, acides, à la mi-ombre ou au soleil (l’idéal : le pied à l’ombre et la tête au soleil), il ne craint pas le gel. C’est un des rares palmiers à pouvoir se plaire avec une exposition au nord.

Brest Stangalar - Trachycarpus fortuneiOLYMPUS DIGITAL CAMERA

Trachycarpus fortunei – Brest Stangalar 2014/07 & St Brieuc 2013/01 – PW/Pan

• Washingtonia robusta ou palmier du Mexique

Palmier originaire du sud des USA, élégant avec un stipe solitaire fin et une couronne bien ronde,  il est de croissance rapide et atteint 20-25 m de haut pour les sujets âgés. Les feuilles en palmes sont portées par de longs pétioles (1,5 m) présentant des crochets très acérés sur leurs bords. Ce palmier est monoïque. Les fleurs produisent de petits fruits ronds et sombres. Sa culture en pleine terre doit être réservée aux régions méditerranéennes et côtières ensoleillées, où il résiste jusqu’à – 8°C. Washingtonia filifera, ou palmier à jupon ou palmier de Californie, est rustique jusqu’à – 12°C, à la différence de W. robusta, il garde longtemps ses feuilles sèches qui forment un jupon sur le stipe.

Washingtonia robusta


Un peu de botanique …

Les palmiers sont soit des espèces monoïques (chaque sujet porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles ou des fleurs hermaphrodites) ou des espèces dioïques (sujets à fleurs mâles et sujets à fleurs femelles séparés). Les fleurs hermaphrodites ou unisexuées, sont généralement sessiles et à périanthe décomposé en 3 sépales, généralement 3 pétales, 3 ou un multiple de 3 étamines, 3 carpelles ou plus, un ovule dans chaque loge, ces fleurs sont groupées en inflorescence déterminée (avec un axe principal terminé par une fleur). Le fruit est une drupe, souvent fibreuse ou rarement une baie.

 

Auprès de mon arbre

 

Les arbres remarquables

Un arbre remarquable est un arbre qui par son port, sa taille, sa situation géographique ou son âge suscite un intérêt particulier.

Chêne pédonculé Hénanbihen

Une association, A.R.B.R.E.S, se consacrent entièrement à ces arbres remarquables : http://www.arbres.org/actualite.html.

Isolé sur une grande pelouse ou intégré dans un massif, tout arbre a un impact conséquent sur l’aménagement de l’espace. Il lui faut du temps et une place adaptée à sa taille pour exprimer toutes ses qualités et devenir votre arbre remarquable. Son feuillage, sa floraison, son écorce, son port font son charme et celui du jardin et de ce fait il doit être choisi de manière très réfléchie, voici quelques idées pour bien le faire.


Quelques exemples d’arbres caducs

♥ pour petit espace ♥ pour espace moyen ♥ pour grand espace

  • Acer conspicuum ‘Red Flamingo’ (Erable à peau de serpent)

Les Acer forment un genre appartenant à la famille des Sapindacées. Parmi eux, de nombreux arbres très décoratifs, souvent de taille moyenne, pouvant donc être plantés dans de petits jardins. L’Acer conspicuum ‘Red Flamingo’ a un charme particulier : son feuillage rose panaché de vert au printemps, devient vert éclaboussé de crème en été, puis vert et orangé à l’automne et en hiver ses rameaux rouge veiné de blanc sont très attractifs.

H x L=4 x 4 m. Arbre caduc.

Acer conspicuum 'Red Flamingo'

Acer griseum (Erable à écorce de papier)

L’Acer griseum est un arbre aux intérêts multiples et changeants au fil des saisons : il cumule un feuillage très gracieux d’un vert lumineux prenant des teintes rouges orangées en automne avec un port léger et arrondi et une écorce brun cannelle s’exfoliant avec l’âge mise en valeur l’hiver sur le bois nu.

H x L=10 x 10m. Arbre caduc.

Acer griseum - Stangalar à Brest - Juillet 2014


Acer japonicum et acer palmatum (Erable japonais)

Les Acer japonicum sont de petits arbres très proches des Acer palmatum avec lesquels ils s’hybrident facilement pour offrir une multitudes de cultivars, recherchés pour les couleurs rares que prend leur feuillage au printemps et/ou en automne. Certaines variétés sont également remarquables par leurs fleurs et/ou leurs fruits, les samares. Les érables  apprécient en majorité les endroits mi-ombragés, mais certains se plaisent au soleil. Tous affectionnent les sols acides et sont caducs.

La plupart sont parfaits pour de petits jardins, mais quelque uns  peuvent atteindre plus de 10 m.

Kerdalo - Acer Bloodgood, A. AtropurpureumAcer palmatum ‘Bloodgood’ &  A. palmatum ‘Atropurpureum’ – Jardins de Kerdalo (22) – Août 2015

L’Acer japonicum ‘Aconitifolium’ au port évasé, avec des grands rameaux souples, atteint 4 m. Il jouit d’un feuillage très découpé, vert tendre au printemps, puis vert soutenu en été, qui vire en automne à l’orange, puis rouge vif-cramoisi et même brun, s’il est bien exposé au soleil. Ses inflorescences colorées sont très décoratives. Il ne craint que le calcaire.

Acer japonicum 'Aconitifolium'

L’Acer japonicum ‘Green cascad’ a reçu une « Recommandation Courson mai 2002 » pour ses qualités nombreuses : un port élancé et retombant telle une cascade, un remarquable feuillage découpé, jaune à vert tendre au printemps, vert pomme en été,  jaune-orange à rouge cramoisi en automne. Il atteint adulte une hauteur de 3 m.

Acer-japonicum-Green-cascade

L’Acer japonicum ‘Shaina’ possède un port étalé, une taille réduite (2 m × 2,5 m), il a des feuilles rosé-pourpre au printemps, qui prennent des reflets brun-violacé en été, puis virent au rouge vif en automne qui supportent bien le soleil.

Acer japonicum Shaina

L’Acer japonicum ‘Vitifolium’ atteint 5 à 7 m de haut, il possède une très large feuille vert tendre au printemps, vert foncé en été et une coloration rouge cramoisi en automne,  il se plait au soleil et résiste bien à la sécheresse .

 Acer vitifolium


  • Albizia julibrissin (Arbre de soie ou arbre à soie)

Ce petit arbre au port étalé possède de longues feuilles découpées d’un beau vert profond évoquant la fougère et une floraison remarquable, à partir de juin. Les fleurs plumeuses sont le plus souvent roses et donnent des gousses en automne. Adapté au climat océanique, il tolère aussi bien la sécheresse que les embruns et les sols salés et ne craint que les gels sévères (rustique jusqu’à -6 °C). Sa croissance est assez lente (2 m de haut à 4-5 ans).

H x L= 6 x 5 m (jusqu’à 12 x 10 m exceptionnellement). Caduc.

Albizia julibrissin


  • Catalpa bignonioides (Arbre aux haricots)

Le genre Catalpa appartient à la famille des Bignoniacées et compte une dizaine d’espèces provenant d’Amérique du Nord et d’Asie. Les Catalpa bignonioides sont des arbres à croissance rapide allant de 3 m (Catalpa bignonioides ‘Nana’) à 15 m de hauteur (Catalpa x erubescens ‘Purpurea’) selon les variétés, avec un port arrondi ou plus étalé. Leurs grandes feuilles en forme de cœur en font un arbre d’ombrage très élégant. Ils fleurissent en été en grandes grappes spectaculaires de fleurs blanches tachées de pourpre et de jaune suivies en automne de  longues gousses (20 cm et plus de long) longtemps pendantes. Le catalpa est ainsi très ornemental du printemps à l’automne.

H x L= de 3 à 15 m selon les cultivars. Caduc.

Catalpa bignonioides


Cedrela sinensis ‘Flamingo’

Sa forme érigée souvent irrégulière et ses couleurs changeantes en font un arbre magnifique. Les feuilles aux longs folioles ovales, passent du rose saumon au printemps, au jaune et vert brillant en été, puis à l’automne, se colorent de jaune orangé. Son écorce crevassée le rend intéressant en toute saison. La floraison estivale en grappes blanches n’apparait que sur les vieux sujets.

H x L = 15 x 5m. Caduc.

Cedrela sinensis


  • Cercidiphyllum japonicum (Arbre caramel)

Cet arbre originaire du Japon a des feuilles arrondies en forme de cœur, jeunes elles sont rose pourpré, puis elles prennent en été un ton vert à reflet bleuté, et deviennent jaunes, oranges et pourpres en automne. Elles ont alors un parfum de caramel ou de pain d’épice caractéristique. Les rameaux de l’année teintés de rouge et l’écorce, brun foncé, qui s’exfolie en lambeaux avec le temps sont tout aussi  décoratifs. Petites fleurs rouges sur les seuls sujets mâles, petits fruits sur les femelles uniquement. Eviter les sols trop secs ou trop calcaires.

♥ H = 8-10 m. Cercidiphyllum japonicum ‘Pendulum’ est plus petit (4-5 m), il bénéficie aussi d’un port pleureur original.

Cercidiphyllum japonicum


  • Cercis canadensis  Forest Pansy(Arbre de Judée)

C’est un petit arbre au port étalé et gracieux. Sa floraison printanière, de couleur rouge, a lieu avant l’apparition des feuilles. Le feuillage est spectaculaire : en forme de cœur, d’un rouge pourpre foncé au printemps il prend des tons contrastés de vert, d’orange  et de rose vif à l’automne.

H x L = 3/5 m x 2/3 m. Caduc. Il existe aussi un cercis pleureur et nain (2 m adulte) : Cercis canadensis ‘Ruby Falls’.

Cercis canadensis


  • Chitalpa taschkentensis

Né du croisement entre le Catalpa bignonioides et le Chilopsis linearis, ce petit arbre, à croissance rapide, peut être conduit sur tige ou former une cépée pour un port buissonnant. Les feuilles linéaires sont vert olive.  Les fleurs en trompette rose sont nombreuses dès la fin du printemps et une grande partie de l’été et il refleurit, s’il a eu assez de chaleur, de l’automne aux gelées. Le feuillage automnal se pare de pourpre.

H x L=7-8 x 3-4m. Caduc.

Chitalpa taschkentensis


  • Cladrastis theraustos (Virgilier)

Le virgilier, originaire de Californie, est un arbre très rustique, mais aux rameaux cassants. Sa floraison estivale, en longues grappes pendantes de fleurs blanches au parfum vanillé, rappelle celle des glycines auquel il est apparenté. Les fleurs sont suivies par des gousses brunes. Les feuilles, vert tendre au printemps, virent au jaune orangé en automne.

H x L = 5-8 x 5-8 m. Arbre caduc.

Cladrastis theraustos


 • Cornus controversa ‘Variegata’ (Cornouiller discuté panaché)

Un port pyramidal et des rameaux étagés dont les feuilles panachées claires et lumineuses font merveille au jardin. Une discrète floraison estivale en cymes aplaties de petites fleurs étoilées blanches précède une fructification de petites baies bleu-noir et une belle coloration automnale.

H x L = 7 x 5 m. Caduc.

Cornus controversa variegata - JdP Nantes 2015


Cornus controversa ‘Pagoda’ (Cornouiller discuté ‘pagode’)

Un port particulièrement étagé caractérise ce grand cornouiller, par ailleurs très florifère.

H x L = 10 x 10m. Caduc.

Cornus controversa ‘Pagoda’ - Le Grand Launay 2015


 • Cornus florida ‘Eddie’s White Wonder’

Une floraison généreuse de fleurs blanc pur en mai-juin est suivie de petits fruits rouges. Le feuillage automnal est remarquable par la vivacité de ses rouges flamboyants.

H x L = 6 x 5m. Caduc.

Cornus florida ‘Eddie’s White Wonder’


Davidia involucrata (Arbre aux mouchoirs)

Arbre de la famille des Nyssacées, il possède naturellement une cime arrondie, mais peut aussi être conduit en cépée. Ses grandes feuilles en forme de cœur à revers clair pouvant faire penser à celles d’un tilleul et une curieuse floraison comparée à des mouchoirs blancs au mois de mai  suivie par des fruits violets en forme de petites poires en font un arbre remarqué.

H = 8/15 m. Arbre caduc.

Davidia involucrata


  • Ginkgo biloba (arbre aux 40 écus)

Dernier représentant de l’archaïque famille des Ginkgoacées (190 millions d’années),  ce grand arbre (sauf ‘Mariken’) est décoratif par ses feuilles d’une forme lobée en éventail très originale et les superbes teintes dorées de son feuillage automnal. Très facile à cultiver, le ginkgo présente une résistance exceptionnelle au temps, aux parasites et à la pollution. Il existe des sujets mâles et d’autres femelles dont les ‘fruits’ – à l’odeur forte – peuvent être gênants, c’est pourquoi les cultivars commercialisés sont généralement mâles : ‘Autumn Gold’ est doré dès août, ‘Latifolia’ a des feuilles plus larges, ‘Mariken’ est une version très naine tout à fait adaptée à de très petits jardins, ‘Pendula’ a un port retombant.

H x L = 15 x 10m ( ‘Mariken’ = 2.5 x 2.5 m). Caduc.

Ginkgo biloba


  • Gleditsia triacanthos (févier d’Amérique)

C’est un arbre étalé au port léger, rustique et facile, au feuillage composé élégant. Son appartenance aux Fabacées  (ex Légumineuses) explique qu’il produise de grandes et grosses  gousses acajou sombre, très décoratives à la pulpe sucrée. Il porte aussi le plus souvent de longues épines comme ‘Elegantissima’, qui est le plus petit et compact et ‘Emerald Cascade’ qui a un port pleureur, mais ‘Rubylace’, ‘Sunburst’ et ‘Skyline’ aux  feuillages colorés (respectivement rouge puis vert, jaune puis vert clair, vert puis doré), n’ont pas d’épines (… mais pas de gousses , non plus); ‘Shademaster’ possède un beau feuillage sombre,  peu d’épines et peu de gousses.

H x L=5-10 x 4-8 m. Caduc.

Gleditsia triacanthos Sunburst


  • Halesia carolina et monticola

Le genre Halesia appartient à la famille des Styracacées, il compte 5 espèces originaires du sud-est de l’Amérique du Nord qui apprécient toutes une atmosphère humide et ombragée. Sur Halesia carolina, des grappes de fleurs blanches en clochettes éclosent en mai avant les feuilles. Le feuillage vert foncé en été prend en automne des couleurs jaunes. L’écorce squameuse brun pâle se détache par plaques et rend l’arbre attractif même en hiver.

H x L = 8 x 10 m.  Caduc.


Halesia carolina et monticola


  • Heptacodium miconioides

De la famille des Caprifoliacées, ce petit arbre  chinois a une longue et élégante floraison parfumée, avec de nombreuses fleurs étoilées blanches puis roses, et enfin rouges de la fin de l’été aux gelées. Son écorce remarquable, lisse d’un brun orangé, s’exfoliant, le rend aussi intéressant en hiver. Il pousse partout (sauf en terre trop calcaire),  supporte le vent, le soleil comme l’ombre douce.

H x L = 4 x 4 m. Caduc.

Heptacodium miconioides


  • Jacaranda mimosifolia (Flamboyant bleu)

Le genre Jacaranda appartient à la famille des Bignoniacées et comprend environ 50 espèces originaires d’Amérique du Sud. Les feuilles composées ont l’aspect d’une fronde de fougère. De mai à juillet, l’arbre se couvre de panicules de fleurs mauves (il existe aussi une variété à fleurs blanches), suivies de fruits en cosse plate beige. La rusticité, de l’ordre de -5 à -7 °C, l’autorise dans la plupart des jardins bretons et du littoral océanique … s’ils sont assez grands pour accueillir cet arbre d’envergure.

H x L= 15-20 x 12 m. Caduc.

Jacaranda mimosifolia


  • Kalopanax septemlobus maximowiczii

Grand arbre d’origine asiatique, de la famille des Araliacées (comme les lierres et l’aralia – ou Fatsia japonica – ) de croissance lente, il a un port colonnaire s’élargissant ensuite, intéressant par ses grandes feuilles lobées (entre celles de l’érable et du maronnier) qui prennent une belle couleur automnale dorée, une floraison de fin d’été en panicules d’un beau crème, suivie de baies bleutées présentes jusqu’en décembre. Présence d’épines (si elles sont gênantes, préférer la variété magnificus qui n’en a pas ou peu). Les jeunes feuilles sont comestibles après cuisson. Assez rare en Europe, c’est pourtant une plante très rustique et peu exigeante.

H = 15-30 m. Caduc.

Kalopanax septemlobus maximowiczii mix


  • Koelreuteria paniculata (savonnier)

Petit arbre d’origine asiatique, de la famille des Sapindacées (famille des plantes à saponine ou ‘savon’), son port est largement étalé, avec des branches tortueuses, l’écorce brune à fines fissures orangées est décorative,  l’élégant feuillage est composé, la floraison estivale en panicules jaune vif est suivie d’une fructification intéressante de capsules en forme de vessies ou lampions verts, puis roux et cuivrés.  Le feuillage automnal est plein de nuances de doré à roux. Très rustique, de croissance lente, il demande peu d’entretien.

H = 6-10 m. Caduc.

Koelreuteria paniculata mix


  • Liquidambar styraciflua (copalme d’Amérique)

Cet arbre de la famille des Hamamélidacées possède un port élancé s’arrondissant avec l’âge, s’il atteint 45 m de haut dans son habitat naturel, il dépasse rarement les 20 m en culture et il existe des cultivars de dimensions réduites adaptés à de petits jardins. Les feuilles d’un vert brillant, finement dentées, présentent 5 ou 7 lobes et ressemblent à celles des érables,  mais leur disposition est alterne (l’érable a des feuilles opposées), elles dégagent une odeur de térébenthine et prennent en automne des couleurs flamboyantes. Très rustique, il ne demande que peu d’entretien.

H x L= de 4 à 20 m selon les cultivars. Caduc. ‘Albomarginata’ ne dépasse pas 8 m et a des feuilles vert gris marginées de crème devenant rouge rosé à l’automne, ‘Golden Sun’ (4 par 2 m à 10 ans) a un feuillage jaune au printemps, vert en été et pourpre à jaune en automne, ‘Rotundiloba’ (4 par 2 m à 10 ans) a des feuilles à lobes arrondis, vert foncé vernissé, puis orangé à bordeaux en automne, ‘Slender Silhouette’ a un port colonnaire de 10 m de haut pour 1 à 2 m de diamètre, ‘Stella’ a des feuilles étoilées, ‘Thea’ devient pourpre violacé à l’automne ; Liquidambar orientalis, originaire de Turquie, est un arbre de plus petite taille, tout aussi coloré à l’automne.

Liquidambar styraciflua

Liquidambar styraciflua Albomarginata, Rotondiloba, StellaLiquidambar styraciflua Albomarginata, Rotondiloba, Stella.


  • Liriodendron tulipifera (Tulipier de Virginie)

 Grand arbre majestueux, à croissance rapide, de la famille des Magnoliacées, le tulipier de Virginie est originaire de l’est des États-Unis. Le long tronc droit porte une couronne étroite s’étalant avec l’âge. Les feuilles d’un vert clair aux lobes caractéristiques et les grosses fleurs en coupe jaune et parfumée sont également originaux. En automne, le feuillage prend une magnifique teinte dorée.

H x L = 25 x 15 m.  A réserver aux espaces assez grands, sauf à choisir certains cultivars de dimensions réduites ( ‘Fastigiatum’, syn. ‘Arnold’ au port colonnaire et ‘Aureomarginatum’ aux feuilles marginées d’or pour jardins de taille moyenne et ‘Edward Gursztyn’ variété naine ne dépassant pas 2 m à 10 ans). Caduc.

Liriodendron tulipifera - Nantes JdP 2015


  • Metasequoia glyptostroboïdes ‘Gold Rush’ (Cyprès chinois des marais)

Ce Metasequoia est un grand arbre qui présente un feuillage très fin d’un jaune doré lumineux prenant de très belles colorations automnales et un port conique et étroit qui en font un arbre de choix.

H x L = 15 x 5m. Arbre caduc.

Metasequoia glyptostroboides Gold Rush


  • Paulownia tomentosa (Arbre impérial)

Le genre Paulownia appartient à la famille des Scrophulariacées et comprend 17 espèces d’arbres caducs originaires du sud et de l’est de l’Asie. Cet arbre, de croissance rapide, a une large cime arrondie et de grandes feuilles en forme de cœur virant au jaune à l’automne. Les branches sombres et tortueuses s’ornent dès l’automne des boutons floraux présents tout l’hiver mais craignant le gel (ce qui en fait un arbre à installer dans un espace suffisamment abrité). La floraison précède, fin avril-début mai, la feuillaison ; les fleurs, rappelant celles des digitales, violet clair et parfumées, forment des grappes dressées de 25 cm. Les fruits, de grosses capsules de couleur beige, persistent tout l’hiver.

H x L = 10-15 x 10-15m. Arbre caduc.

Paulownia tomentosa


  • Sophora japonica

De la famille des Fabacées, le Sophora est originaire de Chine, c’est un grand arbre au port arrondi et irrégulier, qui s’élargit en vieillissant, sa croissance est assez rapide. Son feuillage composé léger rappelle celui du robinier faux-acacia, mais il est sans épines, sa floraison en panicule crème de fleurs odorantes est suivie par une fructification en chapelet de gousses. Exige le plein soleil, il ne fleurit que s’il a eu assez chaud ; il supporte le calcaire, mais pas les sols acides.

H x L = 20-25 x 10 m. Sophora japonica ‘Dot’ est un cultivar nain (3 x 3 m) au feuillage crispé et ramure tortueuse originaux ;  Sophora japonica ‘Pendula’ a un élégant port pleureur et une taille modeste (7 x 4 m). Caduc.

Sophora japonica


  • Tetradium daniellii (arbre à miel)

Ce petit arbre de la famille des Rutacées (comme les agrumes), est originaire des montagnes chinoises où son usage médicinal est réputé, très rustique, à croissance rapide (mais vie assez courte). Un feuillage aromatique vernissé à revers velouté, une floraison odorante et mellifère en panicules crème et des petits fruits rouges décoratifs en font un bel arbre d’ombrage …

H x L=12 x 4 m. Caduc.

Tetradium daniellii(21/09/2013, Kew Gardens, London © Davis Landscape Architecture, London, UK – http://www.davisla.com)


En choix supplémentaire, 4 formes d’arbres sont possibles (pour les espèces qui supportent la taille) :

Les baliveaux et cépées, branchus depuis la base, n’ont jamais subi de taille et présentent la forme naturelle de l’arbre.
Les demi-tiges et tiges,  ont subi des tailles de formation qui ont supprimé les branches basses, leur forme est à entretenir durant les premières années de végétation de l’arbre.
Les plateaux correspondent à des tiges de minimum 2 m de haut, dont le houppier a supporté une taille supplémentaire permettant de le réduire.
Les rideaux sont obtenus à partir d’une taille de formation donnant des écrans étroits, très utiles en cas de manque de place.

Le Roman de la rose

Rosier : Arbrisseau sauvage ou cultivé, dont les tiges sarmenteuses et épineuses portent des feuilles dentées et des fleurs estivales odorantes, les roses, colorées de diverses nuances du blanc pur au pourpre foncé, ainsi  que de tous les jaunes. L‘espèce type de Rosa cinnamomea porte une fleur à calice ovale ou arrondi, corolle de cinq pétales roses, avec de nombreuses étamines ; les variétés ou cultivars se caractérisent avant tout par la multiplication de leurs pétales imbriqués. Les types de rosiers sont nombreux : rosier sauvage, des jardins, géant, nain, grimpant, couvre-sol, remontant ; rosier du Bengale, d’Iran, de Damas, de Syrie, de Provins … et d’ailleurs.

Famille : Rosacées
Genre : Rosa
Espèces : Le genre Rosa est décrit pour la première fois par Linné dans Species Plantarum, publié à Stockholm en 1753. L’espèce type décrite est Rosa cinnamomea L. On compte de 100 à 200 espèces  de rosiers sauvages ou botaniques (dont l’églantier) s’hybridant facilement ; les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde. Une espèce botanique est une plante qui provient du milieu naturel sans intervention humaine. Un cultivar est une plante obtenue en culture, généralement par sélection.


Floraison : de mai aux gelées
Port : divers (grimpant, rampant, buissons, etc..)
Hauteur : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Diamètre : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Sol : riche, profond, pas trop acide
Besoin en eau : modéré (arrosage en été si très sec)
Exposition : soleil à ombre légère
Rusticité : très rustique.

Rosa alba L. 2Rosa alpina 2Illustration_Rosa_canina1 Illustration_Rosa_pimpinellifolia0Rosa gallica L. 2Rosa centifolia muscosa


Étymologie et origines

Le mot rosier est attesté depuis 1165. Le mot rose, qui le précède en français, daté de 1140, est emprunté au latin rosa, rosae qui désignait aussi bien la fleur que le rosier. Ce terme est apparenté au grec ancien rhodon et au persan rose ou warda. La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent du nom de la plante elle-même. Rosarium, subst. masc., synonyme de roseraie, subst. fém., désigne un endroit réservé à la culture des rosiers.  Rosiériste, subst. masc., désigne un horticulteur spécialisé dans la culture des rosiers. Un spécialiste des roses est un rhodologue. La couleur rose et tous les termes qui s’y rattachent font référence à la couleur de la fleur, couleur rouge clair, à l’origine (1165). Des qualités particulières sont associées au rose : de la bibliothèque rose au téléphone rose ... Une rosette est une décoration dont la forme évoque celle d’une rose, elle peut être prestigieuse, portée à la boutonnière par les dignitaires de certains ordres civils ou militaires. Les rosières, jeunes filles vertueuses, doivent ce nom à la couronne de fleurs qu’on leur remettait. Rosée, par contre, n’est pas apparenté, il dérive du latin ros, roris, à relier au grec drosos issu d’une autre racine indo-européenne. La rose n’est pas que botanique : rose des sables, rose des vents et rosaces en attestent. Le mot rose fait partie de plusieurs expressions : frais comme une rose, envoyer quelqu’un sur les roses, sentir la rose – ou pas -, découvrir le pot aux roses, histoire à l’eau de rose, perdre sa rose, voir la vie en rose.  Plusieurs proverbes évoquent la rose, comme : Il n’est point de si belle rose qui ne devienne gratte-cul – Il n’y a pas de roses sans épines – Le chardon gagne à fréquenter la rose. Et n’oublions pas que si les petits garçons naissent dans les choux, les petites filles naissent dans les roses …

Les garçons naissent dans les choux

Les rosiers sont originaires des régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord : Europe, pourtour méditerranéen et Extrême-Orient principalement, mais aussi Amérique du nord. Des fossiles ont été datés d’environ 40 millions d’années. Les rosiers botaniques connaissent aujourd’hui un succès nouveau auprès des amateurs de roses.
La culture des roses est attestée en Chine et en Perse depuis 5 000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze. C’est 20 rosiers que Pline l’Ancien décrit  dans son Histoire naturelle : la rose d’Alabande semble être Rosa x alba (ci-dessous 1) et celle de Campanie Rosa x alba semiplena (2), la rose de Tachys Rosa damascena (3), la rose rouge de Muet une variété de Rosa gallica, comme la rose de Pangée, la rose de Proeneste Rosa gallica versicolor (4), la rose de Spinolea Rosa pimpinellifolia myriacantha  (5) et celle d’automne Rosa sempervirens (6). A Rome, on fait sécher les pétales de Rosa gallica officinalis pour en décorer et parfumer les habitations et on en tire une essence de rose si utilisée, qu’il faut l’ importer en quantité des rives méridionales de l’Empire.
Roses antiques mix (1)Au Moyen Âge, la rose est associée au Paradis et à la Vierge (Rose mystique), tous les couvents en cultivaient pour le culte, mais aussi pour la pharmacopée ; au VIIIe siècle, Charlemagne, dans le Capitulaire De Villis, cite les rosiers parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle, Albert le Grand décrit 4 rosiers cultivés alors, Rosa arvensis, Rosa canina (ou églantier), Rosa rubiginosa  et Rosa x alba. Les croisés y ajoutent les rosiers galliques issus de Rosa gallica officinalis, rapportée d’Orient et qui est depuis lors cultivée à Provins, d’où son nom de rose de Provins (c’est en Angleterre la rose rouge des Lancastre), puis les rosiers de Damas précoces, Rosa damascena (hybrides de Rosa gallica x Rosa phoenicia) et tardifs, Rosa damascena semperflorens (hybrides de Rosa qallica x Rosa moschata).

Fin XVIe siècle, une rose jaune, Rosa foetida (ci-dessous 1) est importée de Perse en Europe, et les conquistadors trouvent en Amérique du Nord Rosa virginania (2), Rosa carolina (3) et Rosa setigera. Au XVlle siècle, une mutation spontanée ou une hybridation naturelle de Rosa gallica fait apparaître les roses à cent feuilles, Rosa centifolia (4), dont une autre mutation, stérile, donne au XVIIIe siècle les rosiers mousseux, Rosa × centifolia forma muscosa (5). Fin XVIII, on ne connait en Europe et sur le pourtour méditerranéen qu’une trentaine d’espèces. En 1781,  en Europe, arrive la Rosa chinensis ‘Old blush’ (6), puis sa forme rouge ‘Bengal rose’, qui ne sont pas des rosiers  botaniques, mais des plantes cultivées et sélectionnées depuis longtemps en Chine, à partir de Rosa chinensis ou d’hybrides comme Rosa x odorata (Rosa chinensis x Rosa odorata nothovar gigantea), ces rosiers sont très parfumés et fortement remontants. En 1824, les européens découvrent une Rosa chinensis jaune ‘Park’s Yellow Tea-scented China’.

Roses anciennes mixLa duchesse de Portland obtient les premiers croisements entre rosiers européens et rosier de Chine rouge : les rosiers Portland sont nés. En Louisiane, le croisement d’un rosier musqué et d’un rosier de Chine donné par Louis Claude Noisette est à l’origine des rosiers Noisette (‘Blush Noisette’, ‘Madame Alfred Carrière’). Et à La Réunion le croisement du Rosa chinensis ‘Old blush’ et d’une rose de Damas tardive ‘Quatre Saisons’ signe l’arrivée des rosiers Bourbon, ‘Zéphirine Drouhin’ et ‘Souvenir de la Malmaison’. Les rosiers Thé sont des hybrides de Rosa x odorata et de ces rosiers Bourbon ou Noisette : ‘Adam’, obtenu en 1833, serait le premier. A la Malmaison, Joséphine de Beauharnais rassemble, dans sa roseraie, jusqu’en 1814, plus de 242 cultivars dont 167 roses galliques, des moschata, des damascena, mais aussi des chinensis et quelques nouvelles espèces.   Parmi ces roses anciennes, sont encore cultivées des roses galliquesRosa gallica surtout ‘Officinalis’ et ‘Cardinal de Richelieu’ (ci-dessous 1) – , des roses à cent feuillesRosa centifolia dont ‘Pompon de Meaux’ rose et ‘Pompon de Bourgogne’ rouge (2) – , des rosiers de DamasRosa damascena dont rose de Puteaux et rose de Recht (3) – , des rosiers mousseuxRosa × centifolia forma muscosa comme ‘Salet’ ou ‘Mousseline’ – , quelques rosiers de Portland comme ‘Duchesse de Portland’ (4) et ‘Jacques Cartier’, quelques roses Bourbon, ‘Louise Odier’ et ‘Souvenir de la Malmaison’ (5), des Noisettes et Thé-Noisette, surtout ‘Gloire de Dijon’, ‘Rêve d’or’ et ‘Madame Alfred Carrière’ (6), des rosiers blancs (Rosa x alba, dont la rose d’York, Rosa alba semiplena, ‘Cuisse de nymphe émue’ et ‘Pompon blanc parfait’).

Roses anciennes mix
 Quelques rosiers ‘Thé’ historiques : ‘Devoniensis’ (de Forster en 1838 à grandes fleurs doubles blanches teintées de rose ou de jaune), ‘Catherine Mermet’ (ci-dessous 1) (de Guillot en 1869, buisson à grosses fleurs pleines, rose carné), ‘Marie van Houtte’ (de Ducher en 1871, à fleurs très doubles, jaune-ivoire), ‘Archiduc Joseph’ (2) (obtenu par Gilbert Nabonnand en 1872 d’un semis de ‘Mme Lombard’, buisson vigoureux à fleurs rose pourpré avec le centre rose carné), ‘Général Schablikine’ (de Nabonnand en 1878, à floraison massive de fleurs carmin), ‘Papa Gontier’ (de Nabonnand en 1883 aux fleurs roses semi-doubles), ‘Souvenir de Mme Léonie Viennot’ ( de Bernaix en 1898, aux fleurs très doubles, cuivrées), ‘Souvenir de Gilbert Nabonnand’ (3) (créé par Clément Nabonnand en 1920, aux fleurs doubles parfumées passant du jaune au carmin).
 En 1837 apparaissent des Hybrides perpétuels ou remontants dont ‘La Reine’ (4), le rosiériste lyonnais Jean Liabaud en créent de nombreux. Les pépiniéristes français n’avaient que 25 espèces au catalogue de 1791, celui de 1829 en présente 2562. 1858, la première Exposition nationale de roses a lieu en Angleterre. Il faut en moyenne 6 à 8 ans pour créer une rose.
1867 marque le début des roses modernes, Jean-Baptiste Guillot crée ‘La France’(5) le premier buisson à grandes fleurs ou hybride de Thé (issu d’Hybride remontant et de rosier Thé), au port moins grimpant que les rosiers Thé historiques. Les Thé-Polyantha, hybrides de rosiers Thé et de Poliantha, sont des buissons à petites fleurs odorantes et remontantes. Dans le même temps, Rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au XVIIIe, est hybridé pour créer les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les Floribunda. 1886, la Société française des roses est fondée à Lyon ( et sa revue, Les Amis des roses). Ellen Willmott (1858-1934), en Angleterre, Jules Gravereaux (1844-1916), en France, se passionnent pour ces plantes.

 Au XXe siècle, les créations de Delbard, de Meilland (‘Madame Meilland’ dénommé ‘Peace’ en anglais et ‘Gloria Dei’ en allemand (6)), de Griffith Buck sont surtout des rosiers buissons à grandes fleurs. Puis David Austin, en croisant les galliques et les Damas avec des roses modernes crée les roses anglaises. Les rosiers cultivés, à fleurs dites doubles ou pleines, sont issus des croisements de seulement une douzaine d’espèces (et leurs variétés et formes dérivées). Les rosiéristes modernes cherchent à exploiter la diversité du genre Rosa pour introduire dans leurs obtentions des gènes particuliers, par exemple de résistance au froid ou à certaines maladies.

Roses thé mix

 Histoires de roses

Rose décadente

« C’est fini des belles grosses roses bourgeoises, bien portantes, à la façon de la baronne Prévost (ci-dessous 1) . Aujourd’hui, l’horticulture cherche la rose alanguie, aux feuilles floches et tombantes. Dans ce genre est exposée une merveille : la rose appelée Madame Cornelissen (2) , une rose à l’enroulement lâche, au tuyautage desserré, au contournement mourant, une rose où il y a dans le dessin comme l’évanouissement d’une syncope, une rose névrosée, la rose décadente des vieux siècles. «  Goncourt, Journal, 1887, p. 679.

Rosier Baronne PrévostRosa Mme Cornelissen - Bourbon Cornelissen


L’Haÿ-les-Roses

Jules Gravereaux, ancien vendeur au Bon Marché, grâce à un héritage, achète en 1892 une propriété à L’Haÿ, dont il fait avec le paysagiste Édouard André le premier jardin français dédié aux roses. En 1910 le village est rebaptisé L’Haÿ-les-Roses.

Gravereaux Jules - 1899-Roseraie de l'Haÿ

Lyon, capitale de la rose …

Les rosiéristes lyonnais sont nombreux : Emile Plantier crée en 1835 Eugénie Desgaches , c’est à François Lacharme, son successeur, qu’on doit Madame Récamier ou Coquette de Lyon, Jean Beluze est célèbre pour Souvenir de la Malmaison de 1843, Antoine Nérard se distingue en 1846 avec Géant des batailles. Des dynasties de rosiéristes s’établissent. Les Guillot compte 6 générations : Jean-Baptiste fils invente en 1849 la greffe en écusson sur le collet de l’églantier et la célèbre rose la France, mais aussi Pâquerette et Mignonnette. Les  Ducher, Pernet et Pernet-Ducher sont très productifs : Claude Ducher crée près de 80 rosiers dont Gloire de Lyon et Marie van Houtte et, à sa mort, sa veuve obtient le fameux Cécile Brunner ; de son côté Jean Pernet crée Merveille de Lyon, son fils Joseph, qui a épousé Marie Ducher, fonde la maison Pernet-Ducher et invente Mme Caroline Testout (1890), Soleil d’or (13 ans de recherche) Mme Edouard Herriot. La dynastie Meilland débute avec Antoine, se poursuit avec Francis : la Rouge Meilland de 1949 est la première rose brevetée en France et en Europe (la loi du 11 juin 1970 protège chaque création par un certificat d’obtention végétale ; parmi ses grands succès, Mme Antoine Meilland aussi appelée Peace, Papa Meilland  et Pierre de Ronsard. D’autres créateurs encore sont lyonnais : Alexandre Bernaix, Joseph Bonnaire (Souvenir de Victor Hugo en 1885), César-Antoine Chambard, Jean-Baptiste Croibier, Frédéric Damaizin, Francis Dubreuil  (Perle d’or, 1884), Antoine Levet, Jean Liabaud, Joseph Schwartz (Mme Alfred Carrière, 1871, et Reine Victoria, 1872), la Veuve Schwartz (Mme Ernest Calvat, 1888) et aujourd’hui Pierre Reuter, Jean-Pierre Guillot et Dominique Massad, Jean-Jacques Gaujard, François Dorieux, Robert Lapierre, Fabien Ducher, Aveline Gaujard, Philippe et Richard Laperrière

Rose Cecil Brunner

Un rosier ancien conduit en grimpant, un polyantha de Chine,  aux toutes petites  fleurs rose tendre : Rosa x ‘Cécile Brunner Climbing’.

Fresque des roses, Champagne-au-Mont-d'OrFresque des roses à Champagne-au-Mont-d’Or, réalisée par CitéCréation, inaugurée le 21 mai 2015 : un hommage à la dynastie de rosiéristes lyonnais, les Laperrière.


Attention, toutes les roses ne sont pas fleurs de rosier …

Bois de rose utilisé en marqueterie = Dalbergia (Fabacée) Bois de rose utilisé en parfumerie = Aniba rosaeodora (Lauracée) – Laurier-rose = Nerium oleander (Apocynacée) – Rose trémière = Alcea rosea (Malvacée) Rose d’Inde = Tagete erecta (Astéracée)Rose de Cayenne & Rose de Chine = Hibiscus rosa-sinensis (Malvacée) Rose de GueldreViburnum opulus (Adoxacée) Rose de Jéricho = Anastatica hierochuntica (Cruciféracée) Rose de Junon = Lilium candidum (Liliacée) Rose de Noël = Helleborus niger (Renonculacée) – Rose des Alpes = Rhododendron ferrugineum (Ericacée)Rose des eaux = Nymphaea alba (Nymphéacée) Rose du JaponCamélia japonica (Théacée) …


La rose hors du jardin …

 

Pompei FresqueFresque de Pompéi

Rose d'orRose en or reçue par le comte de Neuchâtel  du pape Jean XXII en 1330, œuvre de Minucchio, orfèvre siennois actif à Avignon (Trésor de la Cathédrale de Bâle).


La rose est source d’inspirations artistiques diverses

Chartres - Rosace transept nordChartres rosace ext  cHARTRES
Ruysch - Nature morte,1716ruysch - 1716
RedoutéRedouté - 1828
Fantin-Latour - Vase de roses, 1895Fantin-Latour - 1895

Odin Blanche - bouquet de rosesOdin-deb. xx s
Renoir - Roseraie à Wargemont, 1879Renoir - 1879
Rosace Broche Art décoDIAMANTARTDECO
La rose pourpre du CaireWoody Allen - 1985
Le nom de la roseJJ ANNAUD-1986

Les roses blanches - PartitionRosa-Rosalie-Rose-rOSELINE-Rosie-rOZENN 
La rose est l’un des meubles les plus utilisés en héraldique, après la fleur de lys. Le dessin stylisé s’ inspire de l’églantine à cinq pétales, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, de couleur différente ou non.

Yorkshire roseLancashire roseTudor roseYork:blanche  Lancastre:rouge  Tudor:bicolore

Montréal armoiriesDans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, dite au naturel. La rose est emblème national en Angleterre, en Roumanie et aux USA.

                                                                    Montreal/Québec

Entre autres roses : la guerre des Deux-Roses désigne une série de guerres civiles opposant la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York, pour le trône d’ Angleterre, de 1455 à 1485 (mort de Richard III, dernier Plantagenêt, et avènement d’Henri VII, premier Tudor). La Rose-Croix est une société hermétiste plus ou moins légendaire dont se sont réclamés  de nombreux mouvements à la recherche de perfection spirituelle. La Rose blanche est le nom d’un groupe de résistants allemands face au nazisme, arrêté par la Gestapo en février 1943 et dont tous les membres ont été exécutés.

Le Roman de la Rose est un poème allégorique du XIIIes., en deux parties, dont la première fut composée par Guillaume de Lorris et la seconde par Jean de Meung. Mignonne, allons voir si la rose est une ode dédiée à Cassandre par Ronsard en 1545 : Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ... Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin est un poème de Malherbe (Consolation à M. du Périer). Et Diderot rappelait que De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier.  Umberto Eco a écrit, en 1980, Le Nom de la rose, qui est aussi bien un roman policier qu’un exposé de philosophie médiévale.

Le temps aux plus belles choses se plait à faire un affront, et saura faner vos roses comme il a ridé mon front. 
  Pierre Corneille
Rose rose, rose blanche,             
Rose thé,
J’ai cueilli la rose en branche
Au soleil de l’été
Rose blanche, rose rose,
Rose d’or,
J’ai cueilli la rose éclose
Et son parfum m’endort.

   Robert Desnos, Chantefleurs, 1944-1945

Le Chevalier à la Rose est une œuvre lyrique, en trois actes de Richard Strauss, créée à Dresde le 26 janvier 1911. Vive la rose et le lilas chante l’amour volage, depuis le XVIIIe, tandis que l‘amoureuse d’À la claire fontaine regrette le temps passé : je voudrais que la rose fût encore au rosier.

  Je regarde une rose et je suis apaisé.  
  Victor Hugo
Ah! quand refleuriront les roses de septembre! 
 Paul Verlaine
" la rose est une figure symbolique tellement chargée de significations qu'elle finit par n'en avoir plus aucune ou presque " Umberto Eco
Hardy Francoise - Mon amie la rose
 les roses ont de multiples usages : medecine, parfumerie, cuisine ...
confiture de rose - eau de rose - essence de rose - loukoum - pommade rosat - sorbet  à la rose
http://www.jardinsdefrance.org/les-roses-et-la-production-dhuile-essentielle-pour-la-parfumerie/

La rose au jardin …

Utilisations paysagères :

pour massif et plate-bande, ainsi que fleurs coupées :
  • buisson à grandes fleurs solitaires et doubles, de 0.60 à 1.50 m
    (hybrides de thé)
  • buisson à grandes fleurs en bouquets, de 1 à 1.20 m (Grandifloras)

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Champagne au Mont d’or, Eclat de Haute Bretagne, Fanny Ardant, Prince jardinier, Elle, Henri Salvador – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Adagio,  Catherine Laborde, Evelyne Dheliat, Arthur Rimbaud, Rosa del Camino de Santiago, Sheila’s parfum – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF pourpreRosiers buissons à grandes fleurs : Perception, Line Renaud,  Vélasquez, Monique Laperrière, Nuit d’Orient, Purple dream – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF jauneRosiers buissons à grandes fleurs : Summertime, Florida, Frénésie, Marilyn Monroe, Amber Flush,  Joyeux anniversaire – Thabor Rennes – 2015

  • buisson à petites fleurs groupées simples ou doubles , de 0.30 à 0.60 m (Polyanthas)
  • buisson à fleurs moyennes réunies en grappes (Floribundas)

Roses BFG blanc-roseRosiers buissons à fleurs groupées : Iceberg, Petit Trianon, Palais impérial de Compiègne, Cocarde, Marie Curie, Mokarosa – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG jaune-rougeRosiers buissons à fleurs groupées : Alix de Vergy,  Rose de Limoux, Jean Cocteau, Etna, Chacock, Coluche – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG rouge-bleuRosiers buissons à fleurs groupées : Pretty kiss, Betty Boop, Mona Lisa, Lavender Dream, Pacific Dream, Blue Eden – Thabor Rennes – 2015

  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean-Pierre Foucault PAYUn rosier paysager : Jean-Pierre Foucault – Thabor Rennes – 2015

pour haie libre ou taillée :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rock'n roseRosier arbustif Rock’n roseThabor à Rennes – 2015

  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier botanique, rosier sauvage, à l’origine de tous les autres
en sujet isolé :
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m
  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier anglais, de 0.80 à 1.50 m, généralement remontant et parfumé2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sir Lancelot - AnglaisUne rose anglaise : Sir Lancelot – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier tige, buisson greffé en tête sur une tige d’églantier à 100-110 cm ou à 70-80 cm, d’où une hauteur adulte de 1.60-1.70 ou 1.20-1.50 m
  • rosier pleureur, variété retombante (à moyenne ou petite fleur) greffée en tête sur une tige d’églantier à 1.40-2.00 m
palissé contre un mur ou grimpant sur arceau, tonnelle, pergola :
  • rosier grimpant (climb en anglais), de 2 à 6 m, doit être palissé, remontant ou non
    2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Amadeus SXRosier grimpant ou sarmenteux : Amadeus – Thabor à Rennes – 2015
    2015-06-17 Rennes - Thabor Roseraie (10)Rosiers grimpants palissés – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier liane, jusqu’à 8 m de hauteur et largeur, aiguillons crochus lui permettant de s’agripper seul, rarement remontant

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Lady Gay (1)Rosier liane : Lady Gay (Hauteur, 6 m, non remontant)  – Thabor à Rennes – 2015

pour talus :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier couvre-sol ou tapissant, couvrant, plus large que haut, 60 cm de haut, branches horizontales et souples s’étalant sur un diamètre jusqu’à 2 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Pink flash

Rosier couvre-sol Pink flash Thabor à Rennes – 2015

en rocaille, bordure et pot :
  • rosier buisson miniature de 25 à 40 cm

Des fleurs de toutes les couleurs :

Les rosiers non remontants, cas de tous les rosiers botaniques, ne fleurissent qu’une fois l’an, au printemps ou en été. S’ils sont remontants, ils peuvent étaler leur floraison sur 8 mois de début mai aux gelées. Les variétés et cultivars, très nombreux, offrent tous les tons du blanc au rouge sombre,  ainsi que tous les jaunes, et des lilas à violet, presque bleu, seule couleur absente en réalité (les roses bleues sont plutôt mauves ou violettes, Rosa Blue Eden ci-dessous) …

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Blue Eden

… sans oublier la curieuse rose verte (Rosa chinensis Viridiflora) ci-dessous.

Rosa 'Viridifolia'

Des  fleurs de toutes les formes :

Simple (à 5 pétales) ou double (multiple de 5 pétales),  plate (pétales plus larges que longs, superposés, d’où l’aspect feuilleté de la fleur, ex. ‘Wodan’), en coupe (pétales extérieurs très grands, concaves en bas et retournés vers l’extérieur dans leur partie supérieure, ex. ‘Line Renaud’, étamines visibles des  mi-doubles, ex. ‘Emera’ ), réflexe ( pétales plats, tuyautés à leur extrémité, retombant de façon irrégulière, roses très doubles à l’allure un peu ébouriffée), globuleuse (presque sphérique, pétales extérieurs longs et concaves, ex. le grimpant ‘Raubritter’), à quartier (très doubles et comme divisées en plusieurs secteurs dans lesquels les pétales sont serrés dans le même sens, ex. ‘Jacques Cartier’), imbriquée (très nombreux pétales, retroussés vers l’extérieur, se chevauchent comme des tuiles, ex. ‘Salet’ et ‘Cuisse de nymphe émue’), turbinée (bouton conique, pétales de même taille répartis régulièrement, ex. tous les hybrides de thé), fimbriée (pétales finement entaillés sur le bord extérieur, ex. ‘Evelyne’), à fleur de pivoine (très doubles, ex. ‘Academia’ ) et à fleur verte (pétales atrophiés, seuls les sépales sont marqués, Rosa chinensis Viridiflora).

Roses différentes formesPlanches de Jules Gravereaux

Les roses peuvent aussi être choisies pour leur parfum :

  • la senteur musquée provient des étamines, contrairement aux autres notes qui émanent des pétales : ‘Dames de Chenonceaux’ rose nuancée, ‘The Generous Gardener’ rose pâle
  • la fragance caractéristique des roses anciennes, en particulier des roses Bourbon : ‘Bolchoï’, ‘Brother Cadfael’, ‘Gertrude Jekyll’, ‘Harlow Carr’, ‘Madame Isaac Pereire’, ‘Salet’, tous roses, ‘Violette parfumée’, mauve
  • le parfum de thé : ‘Gloire de Dijon’ saumon,  ‘Golden Celebration’ jaune, ‘Pegasus’ saumon, ‘Port Sunlight’ abricot
  • celui de la myrrhe : ‘Belle Amour’ rose, ‘Claire Austin’ blanc, ‘Scepter’d Isle’, ‘Spirit of Freedom’, roses tous deux, ‘Strawberry Hill’ orange brûlée
  • les notes fruitées sont nombreuses : anis (‘Paul Ricard’), banane (‘Summer Song’), clou de girofle (‘Marie Curie’, ‘Wild Edric’), citron/framboise (‘Jubilee Celebration’), fruits acidulés (‘Abraham Darby’), goyave et vin doux (‘Jude the Obscure’), pêche/abricot (‘Evelyn’), poire, raisin et agrumes (‘Lady Emma Hamilton’) etc.

Associations :

On peut associer les rosiers à des vivaces en particulier des lavande, nepeta et cinéraire, dont les feuillage gris bleuté s’associent harmonieusement.


Soins

Plantation : de novembre à mars en racines nues, toute l’année en container. Creuser une fosse du double de la motte, ameublissez-la en profondeur, apportez de l’humus et un engrais organique.
Entretien : un apport annuel, en fin d’hiver, d’engrais organique contenant de la magnésie favorise la mise à fleur. Suppression des fleurs fanées, taille (
juste après la floraison pour les variétés non remontantes, en fin d’hiver pour les remontantes), désherbage et griffage au pied. Pas de paillis d’écorces de pin, mais des paillis blancs. De nombreux sites exposent quand et comment tailler les différents types de rosier, en voici deux bien explicites (mais vous pouvez aussi faire appel à un spécialiste … ) :

Reproduction : bouturage de rameaux aoûtés en fin d’été et greffage sur porte-greffe adapté au terrain (pour  sol calcaire, Rosa canina, froebelli ou laxa, en sol plutôt acide Rosa multiflora)

Maladies et parasites :
– chlorose (jaunissement des feuilles, seules les nervures restent vertes) : traitement anti-chlorose à base de fer.Chlorose– puceron : traitement préventif ou curatif naturel en pulvérisant des décoctions de tanaisie ou du purin d’ortie dilué. Favoriser les prédateurs naturels  (larves de coccinelles, syrphes, chrysopes) : une coccinelle dévore 150 pucerons par jour. En cas d’absolue nécessité, il existe des Pucerons– cochenille :  insecticides systémiques.nettoyer – surtout les faces inférieures des feuilles – en pulvérisant de l’eau savonneuse ou alcoolisée, éventuellement additionnée d’huile végétale qui enrobe et asphyxie les œufs et les larves. En cas de nécessité, il existe des insecticides.Cochenille– mégachile (feuilles découpées par des sortes d’abeilles solitaires) : n’affecte généralement ni la croissance ni la floraison, inutile de traiter.Mégachile acarien : pulvériser de l’huile minérale parafinique, huile végétale, eau froide autour de 5°C, installer des acariens prédateurs. Acariens– thrips : bassinage et désherbage perturbant le cycle du ravageur,  plaques bleues engluées pour attraper les thrips, pulvérisation d’une solution de kaolinite et installation de prédateurs (punaises, acariens  Amblysei). En cas de nécessité, il existe des insecticides.Thrips fumagine (sorte de suie noire) : champignon se développant sur le miellat secrété par des pucerons et cochenilles, pulvériser une solution de savon noir.
– autres maladies cryptogamiques possibles :  de gauche à droite et de haut en bas 
—> blanc ou oïdium (utiliser une décoction de prêle),
botrytis (inutile de traiter, éviter simplement la contamination), rouille, taches noires du rosier dû au Marsonia, mildiou. Certaines sont bénignes (oïdium, botrytis), d’autres plus redoutables et difficiles à éliminer nécessitent le recours à des fongicides, dont les traitements à base de cuivre et de soufre. Éliminer tous les débris végétaux, sources de contamination, désinfecter les outils, aérer les plantations.
OidiumBotrytisRouilleTaches noiresMildiou


Un peu de botanique …

Les rosiers sont des plantes ligneuses qui peuvent vivre plusieurs dizaines d’années : l’églantier de Hildesheim en Allemagne aurait plus de 700 ans. Les rosiers ont des feuilles caduques (parfois persistantes), opposées,  composées imparipennées, présentant le plus souvent de sept à dix folioles au limbe elliptique acuminé, au bord denté; elles sont munies de stipules à la base du pétiole. Les  fleurs simples, sont actinomorphes, de symétrie pentamère en général. À maturité, le réceptacle floral se transforme en faux-fruit charnu, le cynorrhodon, plus ou moins arrondi, en général de couleur rouge, parfois plus sombre (Rosa pimpinellifolia). Il contient de nombreux akènes, fruits secs indéhiscents contenant une seule graine issus de la transformation des carpelles.

Selon la classification phyllogénétique (fondée sur l’étude de la molécule d’ADN), le genre Rosa fait partie du clade angiospermes, du clade dicotylédones vraies (car il possède 3 ouvertures au niveau du grain de pollen), du clade rosidées, de l‘ordre des rosales, de la famille des rosacées (sous-famille des Rosoïdeae et tribu des Roseae, dont il est l’unique genre).

Il existe 4 sous-genres : Plathyrhodon, Hesperhodos, Hulthemia (ces 3 groupes ne comptent que 4 espèces à eux tous) et Eurosa. Ce dernier est lui-même subdivisé en onze sections :

  • Caninae : 26 espèces, d’origine eurasienne ; dont R. canina ou églantier, R. rubiginosa ; tous roses
  • Carolinae : 7 espèces originaires d’Amérique du Nord ; R. carolina, R. nitida, R. palustris, R. virginiana, petits buissons aux fleurs pourpres
  • Cinnamomeae : 46 espèces, Eurasie et Amérique ; rosiers cannelle, R. acicularis ou rosier arctique, R. arkansana et R. blanda originaires d’Amérique, R. majalis ou rose de mai, R. nutkana ou rosier de Nootka, R. pendulina ou rose des Alpes et R. rugosa
  • Gallicanae : 4 espèces européennes ; rosiers galliques, R. centifolia
  • Pimpinellifoliae : 12 espèces, eurasiennes ; rosiers pimprenelle, R. foetida, R. hugonis, Rosa omeiensis = sericea, dont la rose n’a que 4 pétales  ; dont  rosiers jaunes
  • Gymnocarpae : 3 espèces originaires d’Amérique du Nord ou d’Asie
  • Synstylae : 23 espèces, Eurasie et Amérique ; R. arvensis, R. moschata
  • et les sections originaires de Chine, Banksianae (2 espèces ; dont R. normalis ; hauts de 3 à 6 m, blanc ou jaune), Bracteatae (2 espèces), Chinenses (3 espèces ; dont R. chinensis ou indica ; remontants), et Laevigatae (1 seule espèce, asiatique, mais introduite et naturalisée aux USA dès le XVIIIe siècle, d’où son nom de ‘rosier des Cherokees’).

Les cultivars les plus réputés

Critères internationaux de reconnaissance

  • BGF = buisson à grandes fleurs (Hybrides de thé & Grandifloras)
  • BFG = buisson à fleurs groupées (Polyanthas & Floribundas)
  • PAY = paysage
  • CS = couvre-sol
  • MIN = miniature
  • SX = sarmenteux

Sociétés et récompenses

La Fédération mondiale des sociétés de roses http://worldrose.org/index.asp a établi le « Old Rose Hall of Fame », une liste de 11 rosiers anciens reconnus comme d’importance historique :

  • Rosa × chinensis ‘Old Blush’, 1752 en Europe
  • Rosa chinensis ‘Mutabilis’
  • Rosa gallica officinalis
  • Rosa mundi ou R. gallica officinalis versicolor
  • ‘Cécile Brunner’, 1881
  • ‘Charles de Mills’, avant 1790
  • ‘Gloire de Dijon’, 1853
  • ‘Gruss an Teplitz’ 1897
  • ‘Madame Alfred Carrière’, 1879
  • ‘Madame Hardy’, 1832
  • ‘Souvenir de la Malmaison’, 1843

Rosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an TeplitzRosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an Teplitz.

Elle est également responsable du « Rose Hall of Fame » qui regroupe les roses les plus réussies :

Rose Hall of Fame

Le Grand Prix de la Rose a lieu en France : http://www.snhf.org/agenda/concours-et-distinctions/103-grand-prix-de-la-rose-snhf.html : 1e édition (2008-2009) – 2e édition (2010) – 3e édition (2011) – 4e édition (2012) – 5e édition (2013) – 6e édition (2014)

 Manuel complet de l'amateur de roses ... - Pierre Boitard  https://books.google.fr/books?id=jTfS2JBu3TkC&lpg=PA321&ots=8zCOkTTbu4&dq=rosa%20brownii&hl=fr&pg=PP13#v=onepage&q=rosa%20brownii&f=false
 Sociétés des roses  http://www.societefrancaisedesroses.asso.fr/

http://www.rnrs.org.uk/

http://www.rose.org/

http://www.rosesanciennesenfrance.org/index.htm

 Sites http://nature.jardin.free.fr/arbuste/Le_monde_des_Roses.htm

http://amidesroses.eklablog.com/accueil-a37811206

Mon beau sapin, roi des fôrets

SAPIN : Arbre conifère résineux de la famille des Pinacées et du genre des Abies, à tronc droit et élevé, à écorce grisâtre et écailleuse, à branches plongeantes, à aiguilles persistantes, dont le fruit est un cône dressé et dont on rencontre de nombreuses variétés en moyenne montagne. L’espèce la plus répandue en Europe occidentale est le sapin blanc, appelé aussi sapin pectiné ou sapin des Vosges (Abies alba).

Le sapin de Noël a pendant longtemps été non pas un sapin mais un épicéa, l’épicea commun (Picea alba), aujourd’hui celui-ci est concurrencé par le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana) moins parfumé, mais plus résistant à la chaleur des logements.

Sapin vosgien

Sapin vosgien.

Abies alba - ThoméPicea abies - Thomé

Abies alba & Picea abies – Planches Thomé.

Les arbres sont divisés en deux grandes catégories : les feuillus et les conifères. Le terme conifère vient du latin : conus signifiant cône et fere signifiant qui porte ; les conifères sont littéralement des porteurs de cônes, référence au mode de fructification de tout ce groupe d’arbres. Leurs graines sont principalement portées par des écailles regroupées en cônes (ou strobyles) qui ne sont pas de vrais fruits au sens botanique du terme. Leurs feuilles sont en majorité persistantes et se présentent sous forme d’écailles ou d’aiguilles pouvant avoir toutes les nuances de vert et aller jusqu’au jaune et au bleu. Leurs ports sont plutôt réguliers et souvent coniques.

Les conifères se divisent en FAMILLES subdivisées en / Genres / dont voici les principales :

  1. ARAUCARIACÉES / Araucaria & Agathis / persistants, aux écailles ± larges, piquantes et aux gros cônes.
  2. CUPRESSACÉES / Calocedrus, Chamaecyparis, Cupressus, XCupressocyparis, Juniperus, Microbiota, Platycladus, Thuja, Thujopsis / persistants, aux petites feuilles en écailles, en général sans bourgeons résineux, cônes < 5 cm ou petites « baies ».
  3. GINKGOACÉES / Ginkgo biloba / groupe fossile avec un seul survivant, caduc.
    Mary Emily Eaton, Ginkgo biloba (arbre aux écus)

    Ginkgo biloba (arbre aux écus), planche botanique de Mary Emily Eaton (illustratrice anglaise ayant travaillé pour le New York Botanical Garden de 1911 à 1932).

  4. PINACÉES / Abies, Cedrus, Larix, Picea, Pinus, Pseudotsuga, Tsuga / tous persistants sauf Larix et Pseudolarix ; aux aiguilles ± longues (1 à 25 cm) à disposition variable, cônes ligneux moyens à gros (5-50 cm).
    Larix decidua - Thomé

    Larix decidua (mélèze), planche botanique de Otto Wilhelm Thomé (botaniste et illustrateur allemand, auteur de la célèbre Flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse en texte et en image pour l’école et la maison,  1ère édition de 1885 en 4 tomes avec 571 planches illustrées, 2ème édition de 1903 augmentée de 8 tomes  en collaboration avec Walter Migula).
  5. TAXACÉES / Taxus, Torreya / aiguilles persistantes en 2 rangées (3 à 6 cm), graine unique renfermée dans une arille (cupule charnue).
  6. TAXODIACÉES / Athrotaxis, Cryptomeria, Cunninghamia, Glyptostrobus, Metasequoïa, Sciadopitys, Sequoïa, Sequoïadendron,  Taxodium /  2 groupes : à écailles en alène &  à aiguilles plates en arête de poisson ; cône ligneux 1,5 à 8 cm ; quelques très grands arbres*.

* Les liens renvoient à des photographies de l’article ‘Couleurs de Décembre‘, consacré aux conifères : pour voir l’article entier, http://jardinsdepan.fr/blog/couleurs-de-decembre-2/


 

Famille : Pinacées
Genre : Abies
Espèces : 46 espèces, dont Abies alba (le sapin blanc).

Le sapin blanc, ou Abies alba, est un conifère résineux périalpin, qui croît entre  400 et 1800 m d’altitude. Haut de 50 m, à port conique étroit, son tronc est cylindrique à écorce crevassée et sombre, il a  des rameaux lisses d’un gris argent aux bourgeons bruns. Ses aiguilles persistantes de 15 à 30 mm de long sont isolées et opposées.  Il fleurit d’avril à mai, c’est une espèce monoïque (c’est à dire qu’un seul plant porte des fleurs femelles et des fleurs mâles ; c’est le contraire de dioïque, plant qui ne porte que des fleurs d’un seul genre, femelle ou mâle). Ses cônes de 10 à 15 cm sont érigés (comme tous les sapins ) et jaunes.

Le sapin de Nordmann est une espèce très proche du sapin blanc : ses aiguilles plates, d’un vert foncé brillant, avec deux lignes claires en face inférieure, ne diffèrent de celles du sapin blanc que par une longueur un peu supérieure (2 à 3,5 cm) et leur extrémité tronquée, ainsi que par ses cônes cylindriques, brun-rougeâtre, légèrement plus gros (4 à 5 cm de diamètre) et plus arrondis. Ses graines ailées sont également un peu plus grosses.

Famille : Pinacées
Genre : Picea
Espèces : une cinquantaine selon certains, mais probablement seulement 16-18 espèces , dont Picea abies (épicéa commun).

L’épicéa est un conifère résineux d’une hauteur moyenne de 50 m, à port conique souvent étroit. Les aiguilles sont disposées tout autour du rameau de couleur orangé, les aiguilles sont d’un vert plus ou moins bleuté selon les espèces. La fleur de couleur rose est suivie par un cône pendant, ce caractère permet de différencier les Picea des Abies dont les cônes sont dressés (avec certaines exceptions car il existe des cultivars de Picea décoratifs aux cônes érigés). Une autre clé de détermination entre le genre Picea et le genre Abies consiste à arracher une aiguille d’un rameau : la présence d’un lambeau d’écorce à sa base indique un Picea, alors qu’une marque ronde sur le rameau désigne un Abies. 


Le sapin de Noël

Mon beau sapin,
Roi des forêts
Que j’aime ta verdure.
Quand par l’hiver
Bois et guérêts
Sont dépouillés
De leurs attraits
Mon beau sapin,
Roi des forêts
Tu gardes ta parure.

Toi que Noël
Planta chez nous
Au saint anniversaire
Joli sapin,
Comme ils sont doux
Et tes bonbons
Et tes joujoux
Toi que Noël
Planta chez nous
Par les mains de ma mère

Mon beau sapin,
Tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage
De la foi qui ne ment jamais
De la constance et de la paix
Mon beau sapin,
Tes verts sommets
M’offrent la douce image.

Tomi Ungerer - llustration pour la chanson Mon beau sapin

Tomi Ungerer, Sans titre, illustration pour la chanson « O Tannenbaum », Das große Liederbuch, 1975. Lavis d’encres de couleur et rehauts de crayons de couleur gras sur papier calque 35,5 x 28 cm. Extrait du livret édité par Les Musées de la ville de Strasbourg ouvrable et téléchargeable : UNGERER_LIVRET_VISITE.pdf

Dans la plupart des mythologies, entre autres européennes et amérindiennes, les arbres sont associés à des forces divines. Ils mettent en communication les différentes parties du monde, permettant, comme les racines profondément ancrées dans les profondeurs du sol, de passer de la surface de la Terre à ses entrailles, aussi bien que de s’élever vers les espaces aériens, comme les branches qui se tendent vers le ciel et la lumière. Ils sont le lien entre les divinités chtoniennes et  les divinités ouraniennes. Dans l’Antiquité gréco-latine et au Moyen-âge, les arbres symbolisent en plus le cycle des saisons, celui de la vie humaine et le renouveau. Les arbres au feuillage persistant sont  particulièrement associés à l’idée de vie éternelle, dans nombre de religions polythéistes, où ils étaient anciennement décorés et liés à des rites centrés sur l’idée du temps qui passe.

Ce thème se retrouve dans le calendrier,  le solstice d’hiver y est un temps très fort.
Pour les Romains, il marquait la fin des Saturnales, dédiées à Saturne, un dieu fort inquiétant (comme le chantait Georges Brassens) qui préside aux choses du temps et ainsi à la germination des graines enfouies, mais aussi un père cruel dévoreur de ses propres enfants.

Fresque de Pompéi - Saturne

Fresque de Pompéi, 1er siècle av.JC – ‘Saturne’.

Jusqu’au IIIe siècle, un culte était rendu à Mithra, à cette même date du 25 décembre, pour commémorer sa naissance divine, Natalis Invicti (naissance du soleil invaincu). Apparu sous l’aspect d’un nouveau-né, jaillissant du rocher,  fils d’Anahid, sa mère toujours vierge, il fait regagner les jours sur les nuits.
En  Scandinavie, fin décembre, les fêtes de Yule célébraient le retour de la terre vers le soleil, et  un sapin devant la maison était décoré de torches et rubans. Julenisse était un lutin nain protecteur, vivant dans les greniers, invisible de tous sauf des chats.
Les Celtes célébraient le Nouvel An autour du 1er novembre (Samhain ou Samonios) par des fêtes fortement associées à la mort,  le solstice d’hiver était associé, lui, à la renaissance, du soleil, de la nature, d’un nouveau cycle. Le 24 décembre était un enfantement, et si le chêne était l’arbre druidique par excellence, c’est l’épicéa qui représentait cette (re)naissance.

Carte postale - God Yul

Carte postale – ‘God Yul’.

C’est au IVe siècle, que l’institution chrétienne choisit à son tour cette date du 25 décembre pour la Nativité et Saint Colomban serait le premier chrétien à avoir fait un sapin de Noël. Le moine irlandais, responsable de l’évangélisation des royaumes mérovingiens, a fondé en 590 le monastère de Luxeuil au pied des Vosges. Là, il aurait, au soir de Noël, emmené quelques moines au sommet de la montagne ; à un vieux sapin, objet de culte païen, les religieux auraient accroché leurs lanternes attirant ainsi les  gens du lieu, à qui le saint aurait conté la naissance de Jésus, en convertissant un grand nombre.  Il faut attendre plusieurs siècles, pour retrouver traces d’un sapin de Noël et c’est du Nord scandinave que la tradition s’en répandrait, par l’Allemagne, où elle s’impose au cours du XVIIe siècle. A moins qu’elle ne vienne d’Alsace,  les actes de la ville de Sélestat faisant mention, en 1546, de l’autorisation de couper des arbres verts pour Noël. Dans un texte sur les us et coutumes strasbourgeoises, de 1605, il est noté qu’on y élève, dans les maisons, des sapins garnis de pommes et sucreries. Strasbourg organise un marché de Noël, le ‘Christkindelsmärik’, depuis 1570 et la place Kléber accueille toujours le sapin géant de Noël.

Sapin de la Place Kléber à Strasbourg

 Le traditionnel sapin de la Place Kléber à Strasbourg.

Quoiqu’il en soit, les familles protestantes adoptent rapidement le sapin, tandis que les catholiques lui préfèrent la crèche. En 1738, l’épouse de Louis XV, la reine Marie Leszczynska, fille de Stanislas, ancien roi de Pologne, devenu duc de Lorraine, aurait installé le premier sapin de Noël au château de Versailles, initiant son adoption par l’aristocratie européenne au cours du XVIIIe siècle.

Nattier - Marie Leczinska

Jean-Marc Nattier, Marie Leczynska, reine de France, lisant la Bible, 1748.

La guerre de 1870 a entrainé l’expatriation de nombreux alsaciens, qui diffusent ainsi leur tradition des sapins de Noël richement décorés dans les milieux plus modestes. En 1858, un souffleur de verre de Goetzenbruck eut l’idée de remplacer les pommes absentes cette année-là par des fruits de verre ; le village de Meisenthal, entre Alsace et Lorraine, déjà réputé pour ses verres optiques, s’est alors fait une spécialité se souffler les boules de Noël appelées à un beau succès de part le monde. Dès les XVII-XVIIIe siècles, les colons néerlandais et allemands nouvellement installés en Amérique du nord y ont exporté l’usage du sapin de Noël décoré, ainsi que la légende de Saint Nicolas

Boules de Noël

L’actuelle ligne traditionnelle des Verreries Meisenthal. http://ciav-meisenthal.fr/

Nicolas, évêque de Myre de 300 à 345, aurait ressuscité trois petits enfants, tués et découpés en morceaux par un méchant charcutier qui les avait placés au saloir. Devenu Saint et le protecteur des écoliers, il est fêté chaque 6 décembre en Europe du Nord et de l’Est, où la coutume veut qu’un personnage à la longue barbe blanche, portant cape et chasuble, coiffé de la mitre et tenant la crosse épiscopale, aille dans chaque maison offrir friandises et jouets aux enfants sages. Au XVIe siècle, la légende s’enrichit du personnage du père Fouettard (le boucher de la légende pour certains) punissant les enfants désobéissants.

Psautier cistercien, XIIIe, St Nicolas et les trois enfants

Psautier cistercien, XIIIe – ‘St Nicolas et les trois enfants’.

Anonyme, Heures de Marguerite d'Orléans, XVe - St Nicolas

Anonyme, Heures de Marguerite d’Orléans, XVe – ‘St Nicolas’.

Jean Bourdichon, Grandes heures d'Anne de Bretagne, XVIe - Miracle des trois enfants

Jean Bourdichon, Grandes heures d’Anne de Bretagne, XVIe – ‘Miracle des trois enfants’.

Image d'Epinal, Saint Nicolas

Image d’Epinal, ‘Saint Nicolas’.

L’histoire traverse l’Atlantique  avec les immigrés hollandais ; un 24 décembre 1822, Clément Clarke Moore,  pasteur new-yorkais, écrit pour ses enfants, A visit of St Nicholas,  publié l’année suivante. St Nicolas n’y visite plus les enfants le 6 mais le 24 décembre, et la fête des enfants finit par se confondre avec la célébration de Noël. En 1860, Thomas Nast, illustrateur du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, représente un Santa Claus qui tient autant du lutin scandinave que de l’évêque de Myre. Vêtu d’un costume de drap rouge, ceinturé et orné de fourrure blanche, botté, Santa Claus a acquis ses caractéristiques actuelles : petit bonhomme rondouillard et jovial, à la grosse barbe blanche, il habite au pôle Nord et se déplace dans un traineau volant tiré par huit rennes, quand il ne descend pas par les cheminées, pour aller déposer des cadeaux au pied des sapins illuminés. Ce nouveau Père Noël s’impose peu à peu dans la littérature et les illustrations américaines, entre autres grâce aux publicités de Coca Cola qui diffusent largement le mythe, avant que celui-ci ne franchisse de nouveau l’Atlantique, envahissant, au cours du XXe siècle, le continent européen qui ne reconnut plus son vieux Saint Nicolas …

Thomas Nast - Santa

Thomas Nast – ‘Santa’, Harper’s Illustrated Weekly, 1860.

Norman Rockwell - TSEP de 1939-12-16 - Santa at the Map

Norman Rockwell – Couverture de The Saturday Evening Post du 16 décembre 1939 – ‘Santa at the Map’.

CocaCola-SantaClaus

Coca Cola – ‘Santa Claus’.

St Nicolas fut si peu reconnu dans le Père Noël que l’Église catholique le rejeta violemment, donnant lieu à un fait divers relaté dans le journal France-Soir du 24 décembre 1951 :

DEVANT LES ENFANTS DES PATRONAGES
LE PÈRE NOËL A ÉTÉ BRÛLÉ SUR LE PARVIS DE LA
CATHÉDRALE DE DIJON
Dijon, 24 décembre (dép. France-Soir.)

« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie.
Dimanche à trois heures de l’après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d’innocents une faute dont s’étaient rendus coupable ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.
À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel :
Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le mensonge, 250 enfants, groupés devant la porte principale de la cathédrale de Dijon, ont brûlé le Père Noël.
Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard.
Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur.
L’exécution du Père Noël sur le parvis de la cathédrale a été diversement appréciée par la population et a provoqué de vifs commentaires même chez les catholiques.
D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues par ses organisateurs. L’affaire partage la ville en deux camps.
Dijon attend la résurrection du Père Noël, assassiné hier sur le parvis de la cathédrale. Il ressuscitera ce soir, à dix-huit heures, à l’Hôtel de Ville. Un communiqué officiel a annoncé, en effet, qu’il convoquait, comme chaque année, les enfants de Dijon place de la Libération et qu’il leur parlerait du haut des toits de l’Hôtel de Ville où il circulera sous les feux des projecteurs.
Le chanoine Kir, député-maire de Dijon, se serait abstenu de prendre parti dans cette délicate affaire. »

Pour ceux que l’anthropologie intéresse, voici un lien vous permettant de lire ou télécharger l’étude de Claude Lévi Strauss, suite à ce  fait divers, Le Père Noël supplicié, éditée par les Temps Modernes en 1952 et consacrée au mythique personnage qui vivrait au Pôle Nord …

http://classiques.uqac.ca/classiques/levi_strauss_claude/pere_noel_supplicie/pere_noel_supplicie.html.

Joyeuses fêtes de Noël !

Vous avez dit « Mauvaises herbes » ? … la suite …

 

L’emblème floral de la France est composé de trois fleurs, ce sont trois fleurs des champs, aux couleurs du drapeau national : le bleuet, la marguerite et le coquelicot. Les voici associées à d’autres plantes sauvages qui risquent de s’installer dans votre jardin et peuvent y mériter une petite place pour la beauté toute simple de leurs fleurs (et d’autres qualités, gustatives ou médicinales,  éventuellement) :

– le bleuet  ou centaurée (Centaurea montana) : une vivace aux fleurs bleues dont les vertus sont digestives et diurétiques. Il représentait symboliquement les troupes françaises pendant la guerre de 1914-1918, alors que les Anglais associaient le coquelicot à leurs soldats et les Allemands le myosotis.

Centaurea montana - Flore Bonnier   Centaurea montana – Flore Bonnier

– la camomille romaine (Chamaemelum nobile) et allemande (Matricaria chamomilla) : des annuelles qui se resèment et donnent des fleurs ressemblant à de petites marguerites, qui ont plusieurs usages, tisane aromatique et calmante, soin des cheveux blonds, etc.

Chamaemelum nobile - Flore BonnierMatricaria chamomilla

Chamaemelum nobile & Matricaria chamomilla – Flore Bonnier

la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia) : une vivace basse tapissante, à fleurs en clochette, bleutées.

Campanula rotundifolia - Flore Bonnier   Campanula rotundifolia – Flore Bonnier

– les chardons (Carduus nutans & Cirsium arvense) : vivaces un peu agressives avec leurs piquants, mais leurs fleurs violacées ne manquent pas de charme. Apparentés de très près aux artichauts.

Carduus nutans - Flore Bonnier Cirsium arvense - Flore Bonnier

Carduus nutans & Cirsium arvense – Flore Bonnier

– la chélidoine (Chelidonium majus) : plante vivace aux fleurs jaunes, son latex jaune-orangé passe pour éliminer les verrues (toxique en usage interne).

Chelidonium majus - Flore Bonnier  Chelidonium majus – Bonnier

la digitale (Digitalis purpurea) :  une bisannuelle aux grappes de fleurs colorées en clochette.  La plante contient de la digitaline, utilisée comme tonicardiaque, mais toxique à certaines doses, elle était autrefois considérée comme magique. Les gants de Notre-Dame symbolise l’inconstance.
Digitalis purpurea - Flore BonnierDigitalis purpurea – Bonnier

– la giroflée (Erysimum cheiri) : une bisannuelle aux grappes de fleurs de jaune à rouge violacée qui éclosent tôt, dès le printemps, attirant les insectes pollinisateurs. Ne pas consommer (légèrement toxique), la plante est utilisée en parfumerie.

Erysimum cheiri - Flore Bonnier   Erysimum cheiri – Bonnier

– la marguerite (Leucanthemum vulgare) : une vivace assez haute aux fleurs estivales, en capitule caractéristique. Les feuilles jeunes se consomment en salade ; les fleurs séchées préparées en infusion sont calmantes, digestives et astringentes.

Leucanthemum vulgare - Flore Bonnier  Leucanthemum vulgare – Bonnier

– la mauve musquée (Malva moschata): une vivace gracieuse qui fleurit blanc ou rose en été, ses fleurs sont comestibles.

Malva moschata - Flore Bonnier   Malva moschata – Flore Bonnier

– le myosotis des champs (Myosotis arvensis = Myosotis intermedia) : plante bisannuelle (parfois annuelle) à petites fleurs, se resemant facilement et donnant au printemps de jolis tapis bleus. Il représente symboliquement le souvenir, d’où son surnom français Ne m’oublie pas, qui est son nom en allemand (Vergissmeinnicht), et aussi en anglais (forget-me-not).

Myosotis arvensis ou intermedia - Flore BonnierMyosotis intermedia – Bonnier

l’onagre : une grande bisannuelle aux fleurs jaunes, dont la racine est comestible, tout comme les feuilles au goût légèrement piquant ; la plante est utilisée en cosmétique et comme calmant de la toux et sédatif.

Oenothera biennis (onagre) - Flore Thomé   Oenothera biennis – Flore Thomé

l’oxalide (Oxalis acetosella): un bulbe vivace aux feuilles en trèfle, aux petites fleurs blanches. Très aigre, à manger tel quel ou utile pour réaliser des limonades sans citron.

Oxalis acetosella - Flore Thomé   Oxalis acetosella – Flore Thomé

la pâquerette (Bellis perennis) : une petite vivace aux fleurs printanières ressemblant à de petites marguerites. Fleurs et feuilles sont utilisées en infusion pour lutter contre l’hypertension et l’artériosclérose. Elle s’effeuille comme la marguerite.

Bellis perennis - Flore Bonnier Bellis perennis – Bonnier

– le pavot (Papaver rhoeas) : une annuelle bien connue, à la fragile corolle rouge vif, sujet apprécié des peintres impressionnistes. Sa fleur contient, comme tous les pavots, des alcaloïdes aux pouvoirs narcotiques, d’où son utilisation en tisane favorisant le sommeil. Il est aussi employé contre la toux et pour parfumer pains et pâtisseries, en particulier en Lorraine. Il symbolise la consolation.

Papaver rhoeas - Köhler–s Medizinal Pflanzen   Papaver rhoeas – Köhler’s Pflanzen

– la pensée sauvage (Viola tricolor) et la violette (Viola odorata) : deux petites plantes (annuelles ou vivaces selon le climat) aux allures délicates, qui se resèment facilement et fleurissent jaune et/ou violet au début du printemps. Les pensées ont quatre pétales vers le haut et un vers le bas, alors que les violettes ont deux pétales vers le haut et trois vers le bas. Leurs fleurs comestibles ont un goût très légèrement sucré, plus prononcé chez la violette . A utiliser en tisane pour diminuer la fièvre, calmer les nerfs et la toux et  en pommade pour améliorer acné, eczéma et peau sèche. Symbole de modestie, fleur emblème de Toulouse et de Parme (en Italie), la violette est aussi réputée en parfumerie qu’en confiserie, c’était d’ailleurs le parfum de glace préféré de l’impératrice Sissi.

Viola odorata - Planche BonnierViola tricolor - Planche BonnierViola odorata & Viola tricolor– Planche Bonnier

– la renoncule (Ranunculus bulbosus) : c’est le bouton d’or, plante bulbeuse tapissante aux fleurs jaune vif et brillant. Il peut irriter la gorge et les intestins.

Ranunculus bulbosus - Flore Bonnier   Ranunculus bulbosus – Bonnier

– la sauge officinale et sauge des prés :  deux plantes, annuelle ou vivace selon le climat, à  fleur labiée bleu à pourpre. Herbes aromatiques condimentaires et médicinales elles sont utilisées depuis l’Antiquité, entre autres comme antiseptique, contre l’asthme et les verrues. Les petites graines de l’espèce Salvia hispanica (le chia mexicain) sont aussi nutritives et peuvent être associées à des céréales (boulgour).

Salvia officinalis - Flore BonnierSalvia pratensis - Flore Bonnier

Salvia officinalis & S. pratensis – Flore Bonnier

– le trèfle blanc (Trifolium repens) : vivace aux feuilles trilobées typiques et aux inflorescences blanches, parfois rosées, au parfum et goût agréable. Excellent fourrage pour l’élevage et engrais vert pour les jardins.

Trifolium repens - Planche Thomé  Trifolium repens – Planche Thomé

  la valériane (Valeriana officinalis) : une plante vivace aux couronnes de fleurs blanches ou roses qui s’installent souvent dans les joints creux des murs. Appelée herbe aux chats de part son attrait sur ces félins qu’elle rendrait euphoriques, elle a au contraire une action calmante et sédative sur les humains.

Valeriana officinalis - Flore Thomé   Valeriana officinalis – Flore Thomé

– la véronique des champs (Veronica arvensis) :  petite vivace persistante,  grêle, rampante et velue, aux petites fleurs bleues, qui s’installe dans les moindres fissures. L’espèce V. officinalis était au Moyen-âge utilisée  en application sur les plaies des lépreux.

Veronica arvensisVeronica officinalis - Flore Bonnier

Veronica arvensis & V. officinalis – Flore Bonnier


 Moins élégantes, mais très utiles, voici quelques autres sauvageonnes à consommer sans modération :

— la cardamine (Cardamine pratensis) : plante annuelle, ressemblant au cresson en plus piquant (récolter les jeunes feuilles et rosettes de mars à mai, à consommer cru pour garder la vitamine C, ou en soupes).

Cardamine pratensis - Flore Thomé   Cardamine pratensis – Flore Thomé

– le chénopode blanc (Chenopodium album) : de la famille des épinards, il est savoureux et nutritif ( cueillir les jeunes feuilles et tiges de mai à juin ; feuilles à consommer crues ou cuites ; les jeunes tiges ressemblent à des asperges). Se resème très (trop ?) facilement.

Chenopodium album - Flore Bonnier Chenopodium album – Bonnier

– la moutarde des champs ou sénevé (Sinapsis arvensis) : plante annuelle velue aux fleurs jaunes. Ses feuilles jeunes peuvent être consommées et ses graines moulues donner une moutarde.

Sinapis arvensis - Flore Bonnier Sinapis arvensis – Flore Bonnier

la grande ortie (Urtica dioica, vivace de 0,50-1 m) et l’ortie brûlante (Urtica urens, annuelle de moins de 50 cm) font partie des plantes médicinales les plus utiles. Riches en protéines, fer et vitamines, elles sont, entre autres, utilisées contre l’asthénie et l’anémie. Leurs feuilles se consomment cuites. Leurs fibres servent depuis longtemps à fabriquer tissus et cordes. Au jardin, le purin d’ortie est un engrais vert et agit aussi comme pesticide. Un seul inconvénient : leurs poils urticants …

Urtica dioica - Flore BonnierUrtica urens - Flore Bonnier

Urtica dioica & U. urens – Flore Bonnier

– le pissenlit (Taraxacum officinalis) : plante vivace à la fleur jaune  et aux graines ailées (akène) bien connues. Ses feuilles se mangent en salade.

Taraxacum officinalis - Planche Thomé   Taraxacum officinalis – Planche Thomé

– le pourpier (Portulaca oleracea) : petite annuelle rampante aux feuilles grasses. Elle produit des omega-3, vitamine E et minéraux et contient, comme l’épinard et le chénopode, de l’acide oxalique.

Portulaca oleracea - Planche Thomé   Portulaca oleracea – Planche Thomé

→ La peinture à la Une : Claude MonetLes coquelicots, 1873 – Paris, Musée d’Orsay.


Regroupement par famille botanique des plantes citées ci-dessus
 Amaranthacées
Chenopodium album (Chénopode blanc)
Astéracées
Bellis perennis (pâquerette)
Chamaemelum nobile (camomille romaine)
Carduus nutans (chardon)
Centaurea montana (bleuet)
Cirsium arvense (chardon des champs)
Erysimum cheiri (giroflée)
Leucanthemum vulgare (marguerite)
Matricaria chamomilla (camomille allemande)
Taraxacum officinalis (pissenlit)
Boraginacées
Myosotis arvensis (myosotis)
Brassicacées (ex. crucifères)
Cardamine pratensis (cardamine)
Sinapsis arvensis (moutarde des champs, sénevé)
Fabacées
Trifolium repens (trèfle blanc)
Labiacées
Salvia officinalis (sauge officinale)
Salvia pratensis (sauge des prés)
Malvacées
Malva moschata (mauve)
Onagracées
Oenothera biennis (onagre)
Oxalidacées
Oxalis acetosella (oxalide)
Papavéracées
Chelidonium majus (chélidoine)
Papaver rhoeas (coquelicot)
Portulacacées
Portulaca oleracea  (pourpier)
Ranunculacées
Ranunculus bulbosus (renoncule bouton d’or)
Sphenocleacées
Campanula rotundifolia (campanule)
 Scrophulariacées
Digitalis purpurea (digitale)
Veronica arvensis (véronique des champs)
Veronica officinalis (véronique officinale)
Urticacées
Urtica dioique (grande ortie)
Urtica urens (ortie brulante)
Valérianacées
Valeriana officinalis (valériane)
Violacées
Viola odorata (violette)
Viola tricolor (pensée)

 

La dame aux camélias

Camélia : Arbuste ornemental, classé dans les plantes de terre de bruyère, à feuilles persistantes d’un vert foncé et luisant, remarquable par la beauté de ses fleurs le plus souvent blanches, roses ou rouges. Différentes espèces et variétés donnent des floraisons d’automne, d’hiver et/ou de printemps.

Famille : Théacées
Genre : Camellia
Espèces : entre 100 et 250 espèces  (dont les plus fréquentes en plantes ornementales sont Camellia japonica, Camellia sasanqua, Camellia sinensis) et une multitude de cultivars.

Une espèce botanique est une plante qui provient du milieu naturel sans intervention humaine. Un cultivar est une plante obtenue en culture, généralement par sélection.


Floraison : de début septembre à début juin
Port : dressé et parfois également étalé
Hauteur : jusqu’à 4-5 m en conditions idéales
Diamètre : jusqu’à 5 m
Sol : humifère, bien drainé, frais et acide (PH : 5,5 à 6,5)
Besoin en eau : important en été
Exposition : mi-ombragée voire ombragée (pour la plupart), soleil (pour les C. sasanqua)
Rusticité : jusqu’à – 15°C, mais les boutons et fleurs peuvent souffrir du gel dès – 2°C (pour la plupart).

Camellia japonica - dessin botanique Camellia sasanqua Camellia sinensis - Köhler s Medizinal Pflanzen

Camellia japonica, Camellia sasanqua, Camellia sinensis – planches botaniques anciennes.


Origines, étymologie  et usages

Originaire des régions côtières d’Asie orientale et méridionale (Japon, Corée, Chine, Taïwan, Indonésie … ), le Camellia est connu depuis le IVe siècle des Chinois qui l’appellent Cha. Au Japon, il est nommé Tsubaki (‘arbre aux feuilles luisantes’). Au XVIe siècle dans l’île de Honshu, à Higo (aujourd’hui Kumamoto), des samouraïs choisirent pour emblème les camélias locaux,  issus probablement de Camellia japonica croisés avec la sous-espèce rusticana. A cause du caractère insulaire du milieu, quelques types variétaux peu nombreux se dessinèrent : les Camellia Higo étaient nés, trapus et ramifiés, faciles à former en bonzaïs, aux fleurs simples (5 à 9 pétales) et rondes, de couleurs lumineuses, aux étamines nombreuses (200 minimum) et bien visibles formant une couronne centrale. Une liste officielle de 107 Higo a été établie en 1982.

Il a été introduit en Europe au Portugal et en Espagne, à partir du XVIe siècle. Il n’est décrit qu’en 1712 par Engelbert Kaempfer. Deux plants japonais (probablement des C. japonica et C. sasanqua ) ont été baptisés ‘Camellia’ par  Carl von Linné, en 1753, en hommage à Joseph Kamel (1661-1706), jésuite moravien et botaniste responsable de la découverte de la flore des Philippines.  C’est l’impératrice Joséphine de Beauharnais qui en a lancé la mode en France. La plante est introduite à Nantes en 1806 grâce à Abraham Ferdinand Favre qui l’acclimate en extérieur. Deux orthographes coexistent aujourd’hui : Camellia pour les botanistes et Camélia préféré par Alexandre Dumas dans son roman, La dame aux camélias,  et admis depuis par l’Académie française.

Le camélia connaît une vogue marquée toute la première moitié du XIXe siècle, fleur-phare des ’boutonnières’ d’alors, il s’installe comme plante ornementale indispensable dans la plupart des parcs et des jardins d’agrément … quand sa culture est possible (toute la moitié Ouest de la France bénéficie de bonnes conditions pour la culture du camélia, à la différence de l’Est au climat trop contrasté, et où la plantation est à réserver à des endroits bien abrités). Le camélia suscite nombre de collections et études comme celle de l’abbé Berlèse, un botaniste horticulteur italien, qui possédait une collection de plus de 300 espèces et cultivars et en a rédigé une iconographie. De nouvelles variétés peuvent être encore découvertes : le Camellia granthamiana ne l’a été qu’ en 1955. Les camélias ont la vie longue, certains pieds ont plus de 500 ans, voire 1000 ans .
D’abord cultivé à Angers et Nantes, la production française actuelle est surtout finistérienne.

Les camélias ne sont pourtant pas tous cultivés pour l’attrait esthétique de leurs fleurs. Nombreux camélias sont destinés à la production d’huile : les espèces C. crapnelliana (haut de 10 m, feuille vert foncé, vernissée de 20 cm de long, fleur blanche de 11 cm de diamètre, fruit rond de 8-10 cm de diamètre), C. gigantocarpa, C. oleifera (7m, port dressé, feuille 11,5 x 5 cm, fleur blanche de 7 cm de diamètre, parfumée, graine riche en huile), C. sasanqua, C. yuhsienensis (arbuste de 3 m, feuille de 11x 5,5 cm, grappe de fleurs blanches de 9,5 cm de diamètre, très abondantes et fortement parfumées, 300 litres d’huile à l’hectare). Ces huiles sont riches en acides gras et participent aussi bien à des utilisations nutritionnelles, que cosmétiques ou encore à la production de biocarburants et matières premières chimiques.

hokusai le premier the

Le premier thé de l’annéeKatsushika Hokusai  (1760 – 1849)

La production la plus importante est bien sûr celle des thés, car les théiers sont en fait des Camellia sinensis var sinensis ou Camellia sinensis var assamica ou bien encore des Camellia irrawadiensis. Les plantations sont principalement chinoises et indiennes. La qualité de la récolte (le grade des thés noirs) dépend de la cueillette : un thé ‘flowery orange pekoe‘ correspond au prélèvement sur chaque rameau du bouton et de 2 jeunes feuilles, ‘orange pekoe’ bouton éclos et 2 feuilles , ‘pekoe’ feuilles moins fines, pekoe souchong‘ feuilles moins fines et feuilles basses, et en bas de l’échelle ‘souchong’ feuilles basses. Les boutons et feuilles du théier sont ensuite séchées et le plus souvent oxydées, c’est ainsi qu’on obtient le thé noir, sinon le thé reste du thé vert.  On parle, selon le degré d‘oxydation,  de thé vert, jaune, blanc,  bleu ou rouge. Les feuilles peuvent être roulées ou brisées : ‘Gunpowder’ ou ‘Broken Tea‘. Le ‘Flowering teaest fait de feuilles enroulées autour d’une ou plusieurs fleurs. La boisson, riche en théine (substance très proche de la caféine) est obtenue par infusion de ces feuilles et peut servir de remède. C’est, après l’eau, le liquide le plus bu au monde ; à l’origine d’un véritable cérémonial dans plusieurs pays orientaux, dont bien sûr le Japon, il est aussi essentiel au tea-time anglo-saxon. Aujourd’hui, les thés sont classés par crus comme les vins. En phytothérapie, le thé, stimulant la sécrétion d’adrénaline, soigne l’embonpoint et la fatigue.


Le camélia hors du jardin …

Comment ne pas évoquer Alexandre Dumas fils et son célèbre roman La Dame aux camélias ? Il lui fut inspiré par son amour malheureux pour la belle Marie Duplessis (née Alphonsine Plessis à Nonant-le-Pin en 1824 et décédée à 23 ans à Paris), courtisane adulée, Dumas fit son portrait littéraire sous le nom de Marguerite Gautier, lui-même étant l’Armand Duval du roman :

On n’avait jamais vu à Marguerite d’autres fleurs que des camélias. Aussi chez Madame Barjon, sa fleuriste, avait-on fini par la surnommer la Dame aux camélias, et ce surnom lui était resté. […]  
A. Dumas
Fils
, La Dame aux camélias,1848.

Marie Duplessis, par Édouard ViénotMarie Duplessis, portrait d’Édouard Viénot (1804-1872).

Les amoureux sont victimes des préjugés moraux et sociaux de l’époque, en la personne du père d’Armand qui fait tout pour éloigner la jeune fille de son fils. Celle-ci se sacrifie par amour et meurt seule, atteinte de tuberculose. Le succès du roman conduisit son auteur à en faire une pièce jouée en 1852, et, l’année suivante, Verdi s’en inspira pour écrire l’opéra La Traviata, où  Marie devient Violetta Valery. De nombreuses adaptations se sont succédées sur la scène et les écrans. En 1981, Mauro Bolognini réalisa un film nommé La Dame aux camélias, où il mit en scène Isabelle Huppert, non pour jouer Marguerite, mais bien Alphonsine Plessis,  et tenter de peindre la femme cachée derrière le personnage. En 2001, le film de Baz Luhrmann avec Nicole Kidman et Ewan McGregor, Moulin rouge, s’en inspire librement.
Alfons_Mucha_-_1896_-_La_Dame_aux_Camélias_-_Sarah_BernhardtAffiche d’Alfons Mucha (1860–1939) pour La Dame aux camélias jouée par Sarah Bernardt, 1896.

Camélia - série Fleurs d'Edo - Kitagawa Utamaro - vers 1803, MFA-Boston

Camélia,  série Fleurs d’EdoKitagawa Utamaro, vers 1803, MFA-Boston.


Le camélia au jardin …

Utilisations paysagères : en sujet isolé, massif, palissé, haie libre ou taillée et même couvre-sol pour quelques uns (Camellia hiemalis ‘Shôwa-no-sakae’ ) . Les camélias peuvent étaler leur floraison sur 8 mois de fin septembre à début juin : dans l’ordre chronologique, C. sasanqua, puis C. x vernalis, C. x hiemalis et C. japonica. Les variétés et cultivars, très nombreux, offrent tous les tons du blanc au rouge sombre, ainsi que quelques jaunes, plus ou moins crème (le premier  japonica jaune, ‘ Gwenneth Morey’ a été obtenu en Australie en 1965, suivi par d’autres comme C. ‘Jury’s Yellow’ ).
Associations : on peut associer les Camellia japonica et sasanqua, avec d’autres plantes de terre de bruyère comme les andromèdes, bruyères, érables japonais, hortensias, rhododendrons, ainsi que des cornouillers, viornes, kerria ; penser aussi aux bulbes et aux héllébores et pivoines arbustives ou non.

Plantation : creuser une fosse cubique de 60 cm d’arête minimum, placer des graviers au fond pour faciliter le drainage et planter (si possible à l’automne) dans une terre de jardin mélangée à du terreau et à de la terre de bruyère (1/3 chacun) sans enterrer le collet. Si votre terre est très calcaire, utiliser un feutre isolant et augmenter la proportion de terre de bruyère et terreau (jusqu’à 100% éventuellement). Penser en choisissant leurs emplacements que les camélias redoutent le froid intense, le vent desséchant et le soleil de midi. Pailler réduira les besoins en eau. Certains camélias supportent bien la culture en pot quand celle en pleine terre est impossible (le cultivar ‘Quintessence’ y est tout à fait adapté).
Entretien : apport de fertilisant adapté (*
). La taille est possible, si utile, pour former un jeune pied ou rajeunir un vieux sujet, mais tout à fait facultative, choisir alors la période qui suit immédiatement la floraison. Les camélias forment leurs boutons floraux durant la période printemps-été.

(*) Le site de la Société Bretonne du Camellia fait un point extrêmement précis sur les engrais et paillages adaptés aux différents camélias : http://camellia-sbc.com/index.php?numlien=22

Reproduction : semis, boutures semi-aoûtées en fin d’été et marcottes.
Maladies et parasites :
chlorose (jaunissement des feuilles, seules les nervures restent vertes) : traitement anti-chlorose à base de fer ou … de vieux clous et boites en fer enterrés à la base du camélia.
puceron, cochenille : traitement préventif (avant le débourrement des bourgeons) ou curatif à base d’huile blanche ou d’une préparation maison (pour 1 l d’eau :1 cuillère à café de savon noir + 1 cuillère à café d’huile de colza +1 cuillère à café d’alcool à 90°C)
, en dernier recours insecticides à base d’imidaclopride. Favoriser les prédateurs naturels  (coccinelles et petites guêpes du genre Metaphycus  et Diversinervus elegans).
otiorhynque (feuilles grignotées sur les bords) : les responsables sont les larves qui se nourrissent la nuit, elles ont un prédateur, le nématode, Heterorhabditis bacteriophora, à introduire dans l’eau d’arrosage. Bêcher au pied pour mettre à jour les larves appréciées des musaraignes. L’odeur du marc de café les fait fuir, à utiliser en paillage.
fumagine (sorte de suie noire) : champignon se développant sur le miellat secrété par des pucerons et cochenilles, pulvériser une solution de savon noir.
autres maladies cryptogamiques possibles :
Botrytis (feutrage gris), Ciborinia camelliae (responsable du Flower Blight), Glomerella cingulata, Monochaetia camelliae, Pestalozzia guepini (qui entraine une défoliation complète de la plante), Phytophtora, Sclerotinia cameliae (qui provoque le dessèchement des fleurs). Certaines sont bénignes et cèdent aux traitements à base de cuivre et de soufre, d’autres sont redoutables, difficiles à éliminer et nécessitent le recours à des fongicides de synthèse. Eliminer tous les débris végétaux, sources de contamination, désinfecter les outils.


Selon la classification phyllogénétique (fondée sur l’étude de la molécule d’ADN) APG III, le genre Camellia fait partie du clade angiospermes, du clade dicotylédones vraies (car il possède 3 ouvertures au niveau du grain de pollen), du clade astéridées, de l‘ordre des éricales, et de la famille des théacées . 

Les Camellia ont tous des feuilles alternes, lancéolées à elliptiques, aux bords légèrement dentés, vert moyen à foncé, lustrées.


Quelques cultivars

Critères internationaux de reconnaissance :
Taille des fleurs : fleur très petite < 6 cm , fleur petite 50 à 7,5 cm, fleur moyenne7,5 à 10 cm, fleur grande 10 cm à 13 cm, fleur très grande > 13 cm.
Parfum : o légèrement odorant ,  O très odorant.
Période de floraison : Pr précoce, Ms milieu de saison, T tardive.
Types de fleurs : simple, semi-double,  anémoniforme, péoniforme,  roséiforme, imbriquée.
Couleur (varie en fonction de la qualité de l’environnement) : Blanc , Rose , Rouge , Multicolore.
Rusticité : R* gélif, R** gel léger, R*** rustique (-18°C), R**** très rustique (-20° -25°C ).

Camellia 'Quintescence'Camélia à fleur simple ‘Quintessence’

Camellia 'Freedom bell'
Camélia à fleur semi-double en clochette ‘Freedom bell’

Camellia 'Mère Teresa' 2014-04-01Camélia à fleur anémoniforme ‘Mère Teresa’

Camelia 2013-04-02 - fleur
Camélia à fleur péoniforme ‘Anticipation’

Camellia 'Kerguelen'
Camélia à fleur imbriquée ‘Kerguelen’

CameliaMontage réalisé à partir des photos de la Société bretonne des caméllias.

Anticipation et Anticipation variegated : hybride de C. saluenensis x C. japonica ‘Leviathan’ de 1959, fleur grande, péoniforme, rouge foncé, unie ou panachée, mi-saison, florifère, croissance assez rapide, port dressé en colonne, peut faire des haies hautes.
Cinnamon Cindy : hybride de C. japonica ‘Ken’yotai’ x C. lutchuensis, obtenu en 1967 ; feuille vert clair, petite fleur semi-double blanche à blanc rosé ; hâtif à mi-saison, florifère, vigoureux, port en colonne, peut être palissé, convient bien pour faire des haies, parfum de cannelle.
Donation : un des premiers williamsii, hybride de C. saluenensis x C. japonica ‘Masayoshi’, obtenu avant 1941, grande fleur semi-double rose clair veinée, mi-saison à tardif, très florifère, longue floraison, rustique et vigoureux, dressé et buissonnant, supporte le soleil et la mi-ombre.
Kerguélen : sport de C. japonica ‘Nuccio’s Cameo’, très érigé et vigoureux, feuillage panaché tricolore , grandes fleurs imbriquées rose clair.
Madame Lourmand : semis de C. japonica, obtenu en France en 1910, feuillage sombre, grande fleur simple, blanc pur, ne « rouillant » pas facilement, hâtif à mi-saison, longue floraison, port trapu, dressé, large.
Mark Alan : semis de C. japonica, obtenu en 1957, grande fleur semi-double, pétales et pétaloïdes allongés et pointus, rouge vif, hâtif à mi-saison, florifère, port dressé, buissonnant, dense.
Night Rider : hybride de ‘Ruby Bells’ (C. saluenensis x C. japonica ‘Fuyajo’) x C. japonica ‘Kuro-tsubaki’, de 1980, fleurs petites, semi-doubles, pourpre très foncé, tardif, port dressé, petites feuilles, jeunes pousses rouge pourpre.
Okan : C. japonica de Higo, mutation de ‘Higo-yamato-nishiki’, obtenu avant la constitution de la liste officielle des Higo en 1982, feuillage foncé, fleur moyenne simple blanche à bordure rouge, environ 160 étamines en touffe évasée, mi-saison à tardif, croissance lente, port compact et étalé, quelques branches pleureuses, peut faire d’excellents bonsaïs.
Tulip Time : hybride de C. saluenensis x C. japonica de 1978, fleur moyenne simple rose clair, en forme de tulipe à pétales allongés et pointus, mi-saison, florifère, grande aptitude au palissage, vigoureux, pousse vite.


Quelques variétés botaniques de camélias

 

Camellia botaniquesDans l’ordre de droite à gauche et de haut en bas (montage réalisé principalement à partir des photos de la Société bretonne des caméllias) :
Ligne 1, Camellia japonica rusticana, C. reticulata, C. saluenensis, C. nitidissima,
L2, C. crapnelliana, C. oleifera, C. sasanqua, C. grijsii,
L3, C. maliflora, C. miyagii, C. yuhsienensis, C. granthamiana,
L4, C. yunnanensis, C. irrawadiensis, C. sinensis, C. crassipes,
L5, C. cuspidata, C. forrestii, C. fraterna, C. longicarpa,
L6, C. lutchuensis, C. transarisanensis, C. transnokoensis, C. tsaii .

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C. x hiemalis : probable hybride naturel de C. sasanqua x C. japonica, fleurit en hiver, fleur simple ou semi-double, blanche à rose vif pourpré, de 5 à 7 cm de diamètre, feuille elliptique de 7 cm par 4, cultivars généralement bas avec de longues pousses pouvant former des couvre-sol ou être palissés.

Camellia japonica var. japonica & rusticanaCamellia japonica
C. japonica : jusqu’à 10 m de haut, fleur de 5 à 7 pétales rouges, à étamines saillantes soudées à la base. Il présente une grande variabilité génétique, et a donné de nombreux cultivars, c’est le camélia le plus hybridé et répandu. Sans parfum, au XIXe siècle, plusieurs cultivars actuels ont acquis une senteur comme ‘Kramer’s Suprême’,  ‘Fragrant Star‘, ‘Fragrant Pink’ ou ‘Cinnamon Cindy’.

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C. reticulata : arbre jusqu’à 15 m, port érigé très souple, feuillage aéré, feuilles 11x 4 cm, fleurs roses, 10 cm de diamètre, hybridations anciennes. Emblème de la province chinoise du Yunnan.

C. saluenensis : arbuste jusqu’à 6 m, port érigé et dense, feuille vert foncé luisante, de 5,5 x 2,5 cm, fleurs blanches à rose vif, semi-tubulaires, jusqu’à 10 cm de diamètre, hybridations avec C. japonica (hybrides C. x williamsii”), C. cuspidata, C. hongkongensis, etc.

C. sasanqua, arbre de 5 à 10 m, port érigé buissonnant, feuilles jusqu’à 6 x 3 cm, fleurs simples, blanches, roses ou rouges, jusqu’à 7,5 cm de diamètre, parfumées, fleurit dès septembre, hybridation avec C. japonica (= C. x vernalis) et C. reticulata. C’est le camélia qui supporte le mieux chaleur et soleil et le plus précoce (camélia d’automne).

C. sinensis : arbuste/petit arbre 6-8 m, feuilles de 16 cm de long pour la variété assamica, et 12 cm pour la variété sinensis, fortement dentées, fleurs petites, 3,5 cm de diamètre, blanches, odorantes, 1 cultivar à fleurs roses et au feuillage foncé (‘Benibanacha’), plusieurs sélections (‘Kholkida’).

C. x vernalis : probable hybride naturel de C. sasanqua x C. japonica, fleurit jusqu’au début du printemps, fleur simple ou semi-double, blanche à blanc rosé, grandes feuilles, cultivars généralement dressés et pouvant former des haies.

C. transnokoensis : variété originaire de Taïwan, à port dressé souple, cultivars mesurant 1,20 m de haut pour 1 m de large à 10 ans ; végétation  dense, feuilles elliptiques jusqu’à 8 cm de long, vert sombre, fleurs petites simples, blanches et parfumées de décembre à mars.

C. tsaii : petite variété à port souple à pleureur, fleurs petites blanches en février-mars, peu rustique. Idéal en pot.



Sites internets :

Parcs et jardins de Nantes : http://www.jardins.nantes.fr/N/Plante/Collection/Camellia/Camellia.asp

Société Bretonne du Camellia : http://camellia-sbc.com

Camellias.pics : http://www.camellias.pics/index.php

Le dahlia bleu, le dahlia noir … et les autres

Dahlia : Plante à racines tubéreuses, rondes ou ovales, à longues tiges droites cassantes, à grandes feuilles découpées, à belles fleurs radiées, groupées en capitules, de toutes les couleurs, sauf le bleu pur …

Famille : Astéracées
Genre : Dahlia
Espèces : 42 espèces (dont Dahlia pinnata) et plus de 57 000 cultivars,  hybrides de Dahlia × hortensis ou Dahlia × cultorum.

Espèces apparentées : marguerite, chrysanthème,  tournesol, zinnia.


Floraison : juin-novembre
Hauteur : de 0,20 m pour les plus petits à 1,50 m pour les plus hauts
Sol : profond, riche et frais
Besoin en eau : important en été
Exposition : soleil
Rusticité : gélif à partir de – 5°C

Dessins botaniques de dahlias
Dessins botaniques de dahlias

Etymologie,  origines et usages

Son nom lui a été donné en hommage à Anders Dahl, un botaniste suédois qui fut l’élève de Linné.
Originaire du Mexique (dont il est la fleur nationale depuis 1963), d’Amérique centrale et Colombie, il a été cultivé par les Aztèques qui l’appelaient Cocoxochitl (traduisible par ‘canne d’eau’). En 1789, le dahlia fut acclimaté en Europe par l’abbé Cavanilles , directeur du Jardin Royal de Madrid, qui y obtint la première floraison européenne. Il fut introduit en France en 1802, par le docteur Thibaud, en tant que légume.
Les tubercules de dahlia se cuisinent comme ceux des pommes  de terre, mais sont un peu fibreux et gluants avec un goût d’artichaut en plus âcre. Leur richesse en insuline les a fait conseiller aux diabétiques, cependant les Français leur ont finalement préféré la pomme de terre pour ses qualités gustatives . Le dahlia est ainsi vite passé de ‘plante potagère’ à  ‘plante ornementale’, hybridée dès 1806.

Le dahlia hors du jardin …

Dahlias (1875) - Paul Cézanne
Dahlias (1875) – PAUL CEZANNE

Et tu trônes, idole insensible à l’encens. − Ainsi le dahlia, roi vêtu de splendeur, Élève sans orgueil sa tête sans odeur, Irritant au milieu des jasmins agaçants!        Verlaine, Poèmes saturniens,1866, p. 81.

The Blue Dahlia (Le Dahlia Bleu) est un film policier américain réalisé par George Marshall et sorti en 1946. L’affaire du Dahlia noir fait référence à un meurtre non élucidé de 1947, celui d’Elizabeth Ann Short, surnommée le Dahlia noir, décédée à Los Angeles à l’âge de 22 ans. Ce crime a inspiré un roman Le Dahlia noir de James Ellroy (1987), ainsi qu’un film The Black Dahlia de Brian De Palma (2006).

L'affiche du film de Georges Marschall, 'le Dahlia bleu', la couverture du livre de James Ellroy et l'affiche du film de Brian de Palma nommés tous deux 'Le dahlia noir'
L’affiche du film de Georges Marschall, ‘le Dahlia bleu’, la couverture du livre de James Ellroy et l’affiche du film de Brian de Palma nommés tous deux ‘Le dahlia noir’

Le dahlia au jardin

Utilisations paysagères : en grand groupe multicolore ou installés en petites touches assorties, mélangés à des vivaces ou des annuelles, en potée et jardinières.

Plantation : planter les tubercules en avril à une profondeur de 3-10 cm, espacés de 80-120 cm (mais pour les dahlias nains 35 cm suffisent) dans une terre enrichie (fumure, engrais).
Entretien : pailler sur sol frais (pour maintenir la fraîcheur) ; supprimer les fleurs fanées pour favoriser la floraison et pincer les boutons latéraux  pour obtenir des fleurs plus grosses. Tuteurer les grands sujets. 
Juste après la première gelée, déterrer les tubercules, tailler les tiges à 15 cm, stocker en caisse dans un local, frais et aéré, hors gel. Dans les jardins à hiver clément, et en terre bien drainée, laisser les souches en place, éventuellement protégées par un paillis.
Pour une floraison hâtive, mettre en végétation les tubercules (stockés durant l’hiver) dès fin mars , en les installant en pot placé à bonne température (10-12°). Dès que les pousses sortent de terre, placer les pots à la lumière. Planter en avril.
Diviser tous les 2 ou 3 ans pour maintenir une belle végétation.
Maladies et prédateurs : botrytis, charbon du dahlia, oïdium (traiter au soufre), virus de la mosaïque du dahlia ou DaMV (maladie la plus grave, il faut détruire le plant atteint) ; puceron noir (savon noir dilué), acarien, noctuelle, perce-oreilles (s’attaquent aux fleurs sans nuire à la santé des plantes) ; limaces, mulots et lapins  raffolent des tubercules et/ou du feuillage.
Multiplication : semis (en mars, en terrine, à chaud ), division des tubercules (au printemps quand des bourgeons sont repérables,  en garder 2-3 par éclat).


Quelques cultivars

(sigles officiels des formes de fleur)

Grands dahlias balles (Ba), doubles anciens (Bd) et pompons (Bp) : fleurs en grosses boules aux pétales (ligules) tuyautés formant nid d’abeille. Les dahlias pompons durent très longtemps en bouquet. Ils sont plutôt hauts mais savent se passer de tuteurs. Ligules particulièrement nombreuses, courtes, larges et arrondies à leur extrémité, turbinées dans le sens concave, donnant à l’inflorescence sphérique un aspect plus ou moins alvéolé. Epaisseur optimale : au moins 3/4 du diamètre. ‘Balle’ = diamètre supérieur à 5 cm. ‘Double ancien’ = centre ouvert possible. ‘Pompon’ = diamètre inférieur à 5 cm.
‘Artaban’ : jaune indien pointé de rose, 1,10 m
‘Eveline’
: blanc et mauve, 1,10 m
‘Golden sceptre’
: petits pompons jaunes, 80 cm – fleur de 6 cm
‘Mme Frissart’ : dahlia ancien, blanc et rouge, 1 m
–  ‘Radja’
: grenat noir, 1,10 m
‘Roi des pompons jaunes’
jaune uni, 1 m

Artaban, Evelyne, Golden sceptre, Mme Frissart, Radjah, Roi des pompons jaunes
Dahlias balle ou pompon ‘Artaban’, ‘Evelyne’, ‘Golden sceptre’, ‘Mme Frissart’, ‘Radjah,’ ‘Roi des pompons jaunes’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Grands dahlias cactus (C), dentelles (Clc),  et semi-cactus (SC)  à grosses fleurs (18-20 cm) aux pétales fins et pointus ou déchiquetés pour les ‘dentelles’. Issus de l’étoile du diable, espèce à pétales rouges et enroulés, introduite à la fin du XIXe siècle. Inflorescences pleines aux ligules pointues, turbinées dans le sens convexe de manière à présenter la face supérieure de la ligule. Epaisseur idéale : 1/2 à 3/4 du diamètre. Particularité dentelle’ = ligules laciniées. Particularité ‘semi-cactus’ = formes intermédiaires entre cactus et décoratifs.
‘Alfred grille’ : rose vif, cœur jaune, 1,20 m
‘Broadway’ : jaune au centre et rouge à l’extérieur, 1,10 m
‘Chantal’ : saumon marbré de rouge, 1 m
‘Chat Noir’ : pourpre noir, 1 m
‘Cortès’ : orange, 1,30 m
‘Emmaüs’® : dahlia dentelle, jaune aux extrémités oranges, 1,30 m
‘Frigoulet’ : rouge foncé avec pointes blanches, 1,10 m
‘Kenora Macob’ : pétale grenat presque noir, fourchu, 1,20 m
‘Le Magnifique’ : pétale fourchu, orange pointe jaune, 1,20 m
‘Oiseau de feu’ : carmin à cœur jaune, 1,10  m – fleur de 20 cm
‘Tsuki Yori No Shisha’ : fleur ébouriffée, blanc pur, 1,10 m
‘Urchin’ : pétale particulièrement effilé, rose framboise, 1 m

Alfred Grille, Chat noir, Emmaüs, Le magnifique, Tsuki Yori No Shisha, Urchin
Dahlias cactus ou dentelle ‘Alfred Grille’, ‘Chat noir’, ‘Emmaüs’, ‘Le magnifique’, ‘Tsuki Yori No Shisha’, ‘Urchin’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Grands dahlias décoratifs (D) à grosses fleurs ( 18-20 cm ) aux fleurs amples, aux pétales arrondis, plus ou moins larges, sans disque central visible. Décoratif strict (Ds) : inflorescences pleines, ligules plus ou moins larges, plates, légèrement concaves, convexes ou  ondulées, pas ou peu turbinées, souvent récurvées vers la tige. Epaisseur optimale : 3/4 du diamètre. Décoratifs hybrides (Dh) : ligules turbinées à leur extrémité seulement ou ondulées, bouclées, rubanées. Décoratifs laciniés (Dlc) : ligules laciniées ou fimbriées,  extrémité fourchue  formant 2 ou 3 pointes distinctes.
‘Albion’ : blanc pur, 1,10 m
‘Arabian Night’ : rouge presque noir, 1,10 m
‘Aramis’ : bordeaux fonçé , 1,10  m – fleur de 20 cm
‘Bonesta‘ : blanc veiné mauve, 1 m
‘Carmen’ : pétale rose et blanc, cœur jaune, 0,90 m
‘Deuil du roi Albert’ : pourpre pointé blanc, 1,20 cm
‘Gerrie Hoek’ : rose dragée à cœur crème, 1,20 m
‘Grand Prix’ : jaune citron pointé de blanc, 1 m
‘Hulins Carnival’ :  rose tigré de pourpre, 1,20 m
‘Maxime’ : rouge borduré de jaune, 0,90 m
‘Pashmina’ : différentes nuances  d’orange, 1,40 m
‘Smokey’ : blanc strié et piqueté de violet, 1 m
‘Tartan’ : pétale grenat panaché de blanc, 1,20 m

Dahlia décoratif 'Albion', 'Bonesta', 'Hulins Carnaval', 'Maxime', 'Pashmina', 'Tartan'
Dahlias décoratifs ‘Albion’, ‘Bonesta’, ‘Hulins Carnaval’, ‘Maxime’, ‘Pashmina’, ‘Tartan’- Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias à grosse fleur simple : (S). Ces variétés sont très appréciées en fleur coupée. Leur structure légère leur confère beaucoup de grâce. Centre ouvert, avec une rangée de ligules régulièrement espacées et dans le même plan.
‘Bishop of Auckland’ : rouge très sombre presque noir, 0,90 m
‘Bishop of Dover’ : blanc rosé à cœur jaune, 0,90 m
‘Bishop of York’ : jaune d’or, 0,90 m
‘Classic poeme’ : saumon, 0,90m
‘Feuerrad’ : rouge vif à cœur jaune, 1 m
‘Knockout’ : jaune citron à cœur sombre, 0,90 m

Dahlias simples 'Bishop of Auckland', 'Bishop of Dover', 'Bishop of York', 'Classic Poème', 'Feuerrad', 'Knockout'
Dahlias simples ‘Bishop of Auckland’, ‘Bishop of Dover’, ‘Bishop of York’, ‘Classic Poème’, ‘Feuerrad’, ‘Knockout’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias anémones (AN) : fleur à cœur constitué de tubes allongés denses, entouré de pétales plats. Les fleurs tubulaires du disque central, surdimensionnées et plus ou moins colorées, forment une sorte de nid d’abeilles protubérant entouré d’un rang de ligules plates.
‘Blue Bayou’ : bleuté au cœur pourpre lilas, 1 m
‘Floorinoor’ : camaïeu de rose et jaune, 0,40 m
‘Honey’ : saumon à cœur jaune-ocre, 0,40 m
‘Papaye’ : fleurs doubles en pompons jaunes, 0,80 m
‘Purple Puff’ : rose foncé, 1 m
‘Soulman’ : rouge pourpre, 0,70 m
– ‘Take Off‘ : parme tendre à cœur clair, 1 m
Dahlias chrysanthèmes (Cr) : fleur évoquant le chrysanthème. Ligules pointues, turbinées dans le sens convexe, courbées latéralement de façon plus ou moins désordonnée, inflorescence d’aspect tournoyant.
‘Akita’ : rouge brun et rose , 1 m
‘Vancouver’ : pourpre à pointe blanche, 1 m
Dahlias collerettes (CO) : fleur simple à cœur ébouriffé et contrasté. Fleurs simples, présentant une rangée de pétaloïdes de couleur variable entourant le disque.
‘Alstergruss’ : orangé à cœur jaune, 40 cm
‘Lilian Alice’ : pourpre, blanc et cœur jaune, 90 cm
– ‘Starsister‘ : rouge, blanc et cœur jaune, 30 cm

Dahlia anémone 'Blue Bayou', Dahlia chrysanthème 'Vancouver', Dahlia collerette - 'Lilian Alice', Dahlia anémone demi-nain 'Papaye', Dahlia chrysanthème 'Akita', Dahlia collerette 'Starsister'
Dahlia anémone ‘Blue Bayou’, Dahlia chrysanthème ‘Vancouver’, Dahlia collerette – ‘Lilian Alice’, Dahlia anémone demi-nain ‘Papaye’, Dahlia chrysanthème ‘Akita’, Dahlia collerette ‘Starsister’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias honka   et divers (N) : fleur simple aux pétales longs et pincés.
– ‘Tahoma Moonshot‘ : floraison étoilée pourpre à cœur jaune, 1 m
Dahlias nénuphars (NY) : en coupe peu profonde par rapport aux autres dahlias. Inflorescences très régulières, en général moyennes, petites ou miniatures, moins épaisses que celles des décoratifs. Ligules allongées, légèrement concaves et incurvées. Epaisseur maximale : la 1/2 du diamètre.
– ‘Gerrie Hoek‘ : rose argenté, 1,10 m
Dahlias orchidée (O) : fleurs évoquant l’orchidée. Inflorescences creuses ou pleines, ligules longues,turbinées dans le sens concave de manière à présenter la face inférieure de la ligule.
‘Girafe’ : orange tâché de jaune, 0,90 m
– ‘Pink Girafe‘ : rose, tâché de blanc, 0,90 m
Dahlias pivoines (PE) : fleurs évoquant la pivoine. Inflorescences creuses présentant deux rangées de ligules au moins.
‘Bishop of Llandaff’ : pétale rouge brillant et cœur jaune ; feuille laciniée sombre, 1 m
– ‘Priceless Pink‘ : fleur semi-double à pétale rose vif et blanc, 50 cm

Dahlia honka 'Tahoma Moonshot', Dahlia orchidée 'Giraffe', Dahlia pivoine 'Bishop of Landaff', Dahlia nénuphar 'Gerrie Hoek', Dahlia orchidée 'Pink Giraffe', Dahlia pivoine 'Priceless Pink'
Dahlia honka ‘Tahoma Moonshot’, Dahlia orchidée ‘Giraffe’, Dahlia pivoine ‘Bishop of Landaff’, Dahlia nénuphar ‘Gerrie Hoek’, Dahlia orchidée ‘Pink Giraffe’, Dahlia pivoine ‘Priceless Pink’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias géants à fleurs énormes de 35 cm de diamètre.
Dahlia imperialis : dahlia botanique arborescent originaire du Mexique à fleur simple parme à coeur jaune orangé, 2,50 m
‘Barbarossa’ : rouge écarlate, 1,30 m
‘Café au lait‘ : fleur double, entre rose et café au lait, 1,20 m
‘Emory Paul’ : fleur décorative rose striée rose foncé, 1,30 m
‘Eos’ : dahlia collerette, rouge à collerette jaune, 1,60 m
– ‘ Grand Prix‘ : fleur double blanche au coeur jaune, 1m
– ‘Gitts Perfection‘ : rose tendre, cœur jaune, 1,30 m
‘Hamari Gold’ : orangé uni, 1,10 m
– ‘Lady Darlene‘ : pétale recourbé vers le sol, jaune paille marqué de magenta, 0,80 m
– ‘Lady Liberty‘ : pétale recourbé vers le sol, blanc pur, 1,20 m
– ‘Lavender Perfection‘ : fleur double lavande, 0,90 m
– ‘Myrtle’s Folly‘ : fleur double, pêche teinté de fuchsia à pointe frisotante, 1,20 m
– ‘Otto’s Thrill‘ : fleur décorative régulière rose, 1,50 m
– ‘Striped Emory Paul‘ : fleur ébouriffée rose striée rose foncé, 1 m
‘Tartarus’ : fleur simple d’un grenat noir velouté, 1,60 m.

Dahlias imperialis & géants 'Café au lait', 'Eos', 'Grand prix', 'Lady Darlene', 'Tartarus'
Dahlias imperialis & géants ‘Café au lait’, ‘Eos’, ‘Grand prix’, ‘Lady Darlene’, ‘Tartarus’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias demi-nains – fleurs doubles, pompons, cactus et décoratifs
‘Berliner kleene’ : plusieurs nuances de rose, 55 cm
‘Bluesette’ : rose violacé,  50 cm
‘Border Princess’ : orange saumoné à pétales tuyautés, 60 cm
‘Gardaia’ : jaune vif, 70 cm
‘Park Princess’ : rose éclairé de crème, 70 cm
‘Playa Blanca’ : blanc pur, 70 cm
Dahlias demi-nains – fleurs simples, (disque central entouré d’un anneau de pétales arrondis ou pointus.)
‘Cory’ : rose très doux, 80 cm
‘Cupido’ : blanc à cocarde pourpre, 50 cm
– ‘Etoile des Neiges‘ : blanc pur, 60 cm
‘Mascara’ : pétale rond pourpre violacé et cœur jaune, 0,55 m
‘Nimbus’ : blanc à cocarde jaune citron, 50 cm

Dahlia demi-nain 'Bluesette', 'Gardaia', 'Park Princess', 'Cory', 'Cupido', 'Etoile des neiges'
Dahlia demi-nain ‘Bluesette’, ‘Gardaia’, ‘Park Princess’, ‘Cory’, ‘Cupido’, ‘Etoile des neiges’- Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias nains, miniatures et top-mix (hauteur de 30 à 45 cm), à fleurs simples.
–  ‘Amour’ : blanc bordé de rose, 35 cm
‘Aspen’ : blanc pur, 40 cm
– ‘Frivoleus Glow ‘ : fleur pompon ouvert, rouge, 30 cm
‘Margareth kleen’ : rose orangé, 40 cm
‘Sable d’or’ : jaune, 45 cm
‘Topmix’ : orange ou rouge, 30 cm
–  ‘Zodiac’ : violet vif, 40 cm
Dahlias ‘Gallery’ : dahlias décoratifs, compacts et florifères.
– ‘Art Déco‘ : pétale orange à revers carmin, 40 cm
– ‘Art Nouveau‘ : rose soutenu au coeur framboise, 45 cm
‘Cézanne’ : jaune lumineux, 40 cm
‘Singer’ : rouge vif, 40 cm
‘Sisley’ : rose lilas à reflets pourpres, 40 cm

Dahlia nain 'Amour', D. Gallery 'Art nouveau', 'Cézanne', D. nain 'Aspen', D. Gallery 'Art déco', 'Singer'
Dahlia nain ‘Amour’, D. Gallery ‘Art nouveau’, ‘Cézanne’, D. nain ‘Aspen’, D. Gallery ‘Art déco’, ‘Singer’ – Montage réalisé à partir des photos de différents catalogues : Ernest Turc, Jeanne de Laval, Promesse de fleurs.

Dahlias à feuillage décoratif aux feuilles sombres, presque noires.
‘Bishop of Llandaff’ : fleur pivoine rouge brillant à cœur jaune et feuille laciniée sombre, 1 m
‘Candy Eyes’ : rose dragée à médiane foncée, 70 cm
‘Ellen Houston’ : semi double rouge orangé, 50 cm
– ‘Fascination’ : semi double, rose vif, 70 cm
– ‘Knockout’ :  jaune citron; 70 cm
‘Sunshine’ :  jaune orangé à centre rouge, 50 cm