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A l’ombre des palmiers

Palmier : plante monocotylédone arborescente des régions chaudes intertropicales. Les monocotylédones regroupent principalement ce que l’on nomme couramment les herbes, les palmiers sont donc des herbes géantes et non pas des arbres. Ils sont reconnaissables à leur  stipe, qui ressemble à un tronc, mais est en réalité une tige (remplie de moelle ou de fibres, mais sans bois ou cambium) non ramifiée,  surmonté d’un houppier de palmes (leurs feuilles) en forme de plume (pennées) ou en forme d’éventail (palmées). Ce caractère herbacé ne freine pas leur croissance, certains atteignant 60 m de haut ou 1 m de diamètre de stipe. Quelques uns ne prennent pas un port arborescent, mais adoptent un aspect d’arbustes ou de lianes.

Famille : Arecaceae (arécacées) ou Palmae (palmacées)
Genres :  200 genres dont Areca, Bismarckia, Borassus, Brahea, Butia, Calamus, Chamaerops, Cocos, Copernicia, Corypha, Elaeis, Euterpe, Hyphaene, Jubaea, Latania, Mauritia, Metroxylon, Parajubaea, Phoenix, Raphia, Rhapis, Roystonea, Sabal, Salacca, Syagrus, Trachycarpus, Trithrinax, Washingtonia.
Espèces : 2 500 espèces

Arecaceae 1


Étymologie et origines

Le palmier tire son nom de sa feuille, nommée palme, terme provenant du latin palma signifiant à proprement paume, creux de la main, et par ressemblance, feuille de palmier. Parmi la famille des palmiers on trouve : les arec, cocotier, dattier, doum, latanier, palmiste, raphia, ronier, rotang, sagoutier. Le jour des palmes est, dans le calendrier liturgique chrétien, le jour des Rameaux. La palme est aussi l’emblème de la victoire : d’où disputer la palme, obtenir les palmes académiques ou la Palme d’or à Cannes.

Plantes à la fois primitives (vieilles de 80 millions d’années) et évoluées, les palmiers ont besoin d’un minimum de chaleur , mais ils s’adaptent à des conditions d’humidité extrêmes, de la forte pluviosité équatoriale à l’aridité désertique et peuvent supporter des altitudes élevées. Ils sont présents dans la zone intertropicale des quatre continents, Amérique, Afrique, Asie et Océanie (hors de ces latitudes, seulement 2 espèces, Chamaerops humilis et Phoenix theophrasti, sont spontanées  en Europe).

En France, c’est à Hyères sur la Côte d’Azur que les premières tentatives d’acclimatation de palmiers ont eu lieu à partir de 1850, par des horticulteurs du crû, pour approvisionner les grands propriétaires hivernants sur la Côte et passionnés de plantes exotiques.


Le palmier hors du jardin …

Les palmiers sont avec les graminées les plantes les plus utiles des pays tropicaux : dans le palmier, tout est bon, des pousses (cœurs de palmier) et fruits (noix de coco ou dattes) que l’on consomme, aux stipes dont on fait des planches, en passant par les feuilles pour la couverture des maisons.

A table :

Cœur de palmier issu surtout des jeunes pousses d’Euterpe, lait et noix de coco issus des fruits des Cocos, dattes provenant des Phoenix, sucre (le gur indien) extrait de la sève des Arenga et Caryota, vin de palme fabriqué à partir de la sève de l’Elaeis guineense, des Borassus (donnant le toddy indien) et des Raphia , sagou des Papous ou sabudana des Indiens (fécule extraite de la moelle du stipe du Metroxylon sagu), huile de coprah (extraite de l’amande de la noix de coco à la base de la Végétaline), huile de palme (tirée de la pulpe des fruits de l’Elaeis) et huile de palmiste (extraite des graines des fruits de l’Elaeis), tourteau de  coprah (restes  de l’amande de la noix de coco après extraction de l’huile) pour l’alimentation du bétail.

Tassili peinture rupestre - palmier-dattierTassili, peinture rupestre, récolte de dattes

Dans l’armoire à pharmacie :

La noix d’arec (fruit de l’Areca catechu, aussi appelée noix de bétel) se prépare avec les feuilles du Piper betle pour donner le bétel aux effets stimulants, coupe-faim et légèrement grisants ; le sang-dragon (résine extraite du Dracaena draco) calme la douleur et les saignements et favorise la cicatrisation ; l’huile tchotcho traditionnellement fabriquée en Guyane à partir de l’amande de l’Awara est reconnue pour ces vertus anti inflammatoires ; les baies de Serenoa, petit palmier originaire de Floride, sont utilisés par l’industrie pharmaceutique pour lutter contre l’adénome prostatique.

Palmiers Awara, Dracaena draco, sang-dragon, Serenoa repensPalmiers Awara, Dracaena draco, sang-dragon, Serenoa repens

Dans la trousse de toilette :

L’huile de palme se saponifie avec de la soude caustique, elle est présente dans un grand nombre de savons (par exemple Palmolive, à l’origine huile de palme et huile d’olive), elle a ainsi fait au XIXe s. la fortune de la famille Lever (groupe Unilever aujourd’hui). L’huile de coco ou huile de coprah, fabriquée à partir de l’albumen séché de la noix de coco, est à la base du monoï. Les cachous sont des  sucs astringents, de couleur sombre, issus pour certains de la  décoction des fruits de l’Areca catechu ; leurs usages sont multiples, en médecine (entre autres contre les diarhées), en cosmétique (dentifrice) et en teinturerie.

Areca catechu mixAreca catechu

Dans la maison :

L’huile de palme distillée produit de la glycérine ; la cire de palmier ou cire de carnauba est récoltée sur les feuilles de Copernicia prunifera et remplace la cire d’abeille dans tous ses usages, elle participe aussi à la wax des surfers, sert en cosmétique et dans l’industrie alimentaire ; le sang-dragon (sert de pigment dans la préparation de vernis et d’encres) ; plusieurs fibres textiles sont issues des palmiers,  le coir ou  fibre de coco entoure la noix de coco, le raphia est produit à partir des feuilles des Raphias, proches de celles des  Borassus ou rônier, le rotin utilisé en vannerie provient des stipes longs et fins des Calamus et  Daemonorops, l’ivoire végétal ou tagua est tiré des graines des Phytelephas ; pratiquement tous les palmiers sont utilisés comme matériau de construction, leur stipe donnant un bois (au sens commun et non pas botanique) façonnable en plancher et cloisons et leurs palmes faisant des couverture de toiture bon marché.

Phoenix dactylifera


Le palmier au jardin …

Utilisations paysagères :

Le palmier est assurément une des plantes qui évoque le mieux les régions chaudes, en planter un dans son jardin lui apporte un exotisme  dépaysant ; ils s’acclimatent très bien dans les jardins bretons où ils sont présents depuis un siècle et plus. Leur taille parfois trop imposante peut poser problème dans les espaces de petite taille, à cela une solution, les palmiers nains, qui ont toutes les vertus des grands palmiers : feuillage persistant, port architecturé, forme très graphique … et leur taille se situe entre 3 et 5 m à l’âge adulte.

Entretien :

Les palmiers n’ont pas besoin d’être taillés, mais cette opération peut se révéler utile pour des raisons principalement esthétiques, quand on ne souhaite pas conserver les palmes sèches le long du stipe. Cette taille peut être travaillée « en marguerite » (conseillée seulement dans les régions les plus chaudes), on coupe de nombreuses palmes encore vertes en plus des palmes sèches, pour ne garder qu’une touffe en forme de marguerite. La taille « en ananas » fréquente sur la Côte d’azur, préserve la base des feuilles coupées d’où une excroissance en forme d’ananas ; cet  » ananas » assure une protection du cœur, très utile en climat frais.

Parasites et maladies :

Entre autres insectes ravageurs de palmiers : Paysandisia archon (papillon ravageur du palmier) originaire d’Argentine, Phragmatobia fuliginosa (écaille cramoisie) et Rhynchophorus ferrugineus (charançon rouge des palmiers). Ce dernier met actuellement en péril les palmiers de la Côte d’azur où l’association « Sauvons nos palmiers » se mobilise contre lui : lutte biologique et phytosanitaire auxquelles s’adjoint depuis le début de l’été 2014, la lutte par micro-ingestion (ou endothérapie) d’un insecticide très concentré (Revive  = émamectine benzoate), réservé à des applicateurs agréés.


Quelques palmiers nains

Brahea dulcis

 Palmier, originaire d’Amérique centrale, à croissance lente, au stipe mince, mesurant jusqu’à 6 m de hauteur. Ses feuilles palmées, de couleur gris vert, atteignent presque 2 m de long. Les inflorescences hermaphrodites portent de nombreuses petites fleurs blanches, les fruits sont jaunes. Ce Brahea a la particularité assez rare de supporter une ombre partielle et résiste au froid jusqu’à – 8 ° C.

Brahea dulcis mix

Butia archeri

Les Butia sont des petits palmiers américains, à feuilles pennées d’un vert souvent bleuté, les palmes arquées sont disposées irrégulièrement. Butia archeri possède un stipe ne dépassant pas 1 mètre de haut, souvent incliné. Feuilles pennées d’1 mètre de long, vert argenté, très recourbées, avec des pétioles courts et sans épines. Résistance : – 10/- 12°C.

Butia archeri mix

Butia capitata ou Palmier à vin ou palmier à laque ou palmier abricot

L’un des plus hauts des Butia, il culmine à une hauteur de 5-6 m. Longues palmes pennées vert gris à vert bleu qui décrivent un arc de cercle presque jusqu’au sol. Fleurs estivales suivis de fruits comestibles crus, en gelée, ou macérés dans l’alcool.

Butia capitata mix

Butia eriospatha ou Butia laineux

Haut de 5-6 m, il porte de longues palmes ( de 2 m). L’inflorescence hermaphrodite est accompagnée de poils laineux, à la différence du Butia capitata qui en est dépourvu.

Butia yatay ou Butia argentin

Il atteint 8 m de haut, ses palmes bleutées sont plus courtes, régulières et recourbées que celles de Butia capitata. Les inflorescences hermaphrodites sont suivies de fruits ovoïdes de  quelques centimètres, comestibles à saveur acide.

Chamaerops humilis ou Palmier nain ou palmier faux-doum

Ce palmier ressemble au doum égyptien (Hyphaene thebaica), originaire d’Afrique tropicale, qui possède des stipes ramifiés, mais ce n’est pas le cas de Chamaerops humilis, qui est une plante cespiteuse (qui forme sur un seul pied, dès sa base, une touffe compacte de plusieurs tiges, ici plusieurs stipes). C’est un palmier originaire des bords de la Méditerranée, de petite taille, au port en boule, le stipe dépasse rarement 5 m de haut pour 4 m de large, à feuilles vertes en éventail de 90 cm de diamètre, épineux. Plante le plus souvent dioïque (sujets à fleurs mâles et sujets à fleurs femelles séparés), l’inflorescence (un spadice) n’est suivie de fruits colorés (mais non comestibles) que sur les pieds femelles. Rustique jusqu’à -15°C en sol bien drainé.

Chamaerops humilis var.   arborescens (ou elata) possède un stipe unique ne drageonnant pas et atteint 6 m de haut, la variété cerifera (ou argentea) a un feuillage gris bleuté et est plus petite et plus résistante, quant à la variété Vulcano, elle est très intéressante au jardin, car elle a un port très compact et elle est sans épine.

Chamaerops humilis mix

• Livistona australis, L. chinensis &  L. nitida

Palmiers asiatiques ou australiens, à croissance très lente (5 m en 100 ans), assez fragiles, leurs grandes feuilles en éventail ne supportent pas des températures inférieures à -3/-5°C (défoliation au delà, mais la plupart des stipes repart en végétation au printemps suivant si le gel n’a pas été inférieur à -8°C … ).

Livistona chinensis

• Nannorrhops ritchiana ‘ Silver ‘ ou Palmier Mazari

Palmier à petit développement, Nannorrhops ritchianaSilver ‘ n’atteint qu’une hauteur de 3 m. Son feuillage costapalmé est vert bleu à argenté s’agrémente d’une floraison blanche en fin de printemps suivie de fruits bruns. D’origine iranienne, il est rustique jusqu’à – 10°C.

Nannorrhops ritchiana Silver

Phoenix roebelinii ou Dattier du Mékong

C’est un palmier asiatique de toute petite taille, les sujets les plus âgés atteignent à peine 2-3 m, à port arqué. Le stipe fin possède des marques caractéristiques, reliques des anciens pétioles. Les feuilles pennées, longues d’1 m, sont souples et d’un beau vert brillant. Les inflorescences de petites fleurs  crème donnent ensuite des fruits presque noirs. Sa rusticité atteint – 5 ° C, il résiste à la fois aux excès comme aux manques d’eau et supporte la mi-ombre. Idéal en intérieur, acclimatable en extérieur sur le littoral.

Phoenix roebelenii mix

Rhapis excelsa

Ce palmier asiatique se différencie de la majorité, car il ressemble beaucoup à un bambou. C’est un palmier cespiteux (ou rhizomateux), aux stipes minces (2/3 cm de diamètre pour 5 m de haut), recouverts de fibres, poussant  en touffe et pouvant former un bosquet. La feuille épaisse, palmée, est profondément divisée en une dizaine de folioles, et dessine comme une étoile, au vert foncé lustré. Les minuscules fleurs estivales sont crème et suivies sur les sujets femelles (espèce dioïque) de petites baies. Peu exigeant que ce soit en lumière ou en humidité, il ne supporte pas le froid au delà de – 3°C, mais supporte facilement d’être placé en intérieur. Il existe de nombreux hybrides (croisements avec Rhapis humilis), aux feuilles diversement colorées et panachées, dont ‘Zuikonishiki’ strié de vert et de crème.

Rhapis excelsa

• Sabal minor

Ce palmier américain nain ,de croissance lente, a un stipe solitaire souterrain ou aérien, toujours très court (3 m de haut au plus). Ses feuilles costapalmées, d’un vert soutenu, sont fragiles au vent. Fructification en petites baies noires. Très résistant au froid ( jusqu’à – 20 ° C).

Sabal minor mix

Trachycarpus princeps

Les Trachycarpus sont des palmiers dïoïques (sujets à fleurs mâles et sujets à fleurs femelles séparés) d’origine asiatique principalement issus d’Inde, Népal et Chine, très résistants et de croissance rapide. Le stipe est recouvert d’une couche de fibres entrelacées, un crin marron. Trachycarpus princeps possède un stipe pouvant atteindre 8 m, plutôt fin, ses feuilles palmées vertes ont un revers blanc neige cireux. Les inflorescences sont assez courtes et ramifiées, elles produisent sur les sujets femelles des baies bleu noir.

Trachycarpus princeps

Trachycarpus wagnerianus

Ce palmier atteint adulte 5 à 8 m de haut. Il se différencie des autres Trachycarpus par des feuilles plus coriaces, très élégantes, d’un vert profond bordées de blanc. Les fleurs sont jaune vif. Les plants femelles produisent des fruits violacés, contenant une graine noire à maturité.

Trachycarpus wagnerianus mix

 


 Quelques grands palmiers

Bismarckia nobilis ou Latanier blanc

Bismarckia nobilis, la seule espèce du genre, est endémique à Madagascar, ce palmier est remarquable entre autres par son port régulier et majestueux. Son stipe, gris et lisse, atteint 25 m de haut,  ses feuilles costapalmées au plissage impeccable , grandes de  3 mètres de diamètre, sont, si le climat est assez sec, d’un gris bleuté ciré spectaculaire. Rustique seulement jusqu’à – 1 ° C, zone 10, à réserver aux zones à climat méditerranéen très abritées.

Pour ce qui est des zones climatiques, un tableau très utile sur : http://palmiers.bretagne.free.fr/Rusticite_fichiers/Rusticite.htm

Bismarckia nobilis mix

Brahea calcarea ou nitida

Ce palmier mexicain aime le soleil et atteint les 12 m de haut. Les feuilles palmées sont vert brillant sur le dessus et glauques au dessous. Les fleurs hermaphrodites sont jaunes, regroupées en longues inflorescences qui émergent à l’aisselle des feuilles.

Brahea nitida mix

• Brahea edulis ou Palmier de Guadalupe

Palmier, au robuste stipe marron, mesurant 12 m de haut, ses feuilles palmées de couleur vert clair dessus, glauque dessous, le différencient peu de Brahea calcarea, qui a un port moins compact.

Brahea edulis mix

Jubaea chilensis ou Cocotier du Chili

Ce palmier, originaire du Chili, est le plus gros des palmiers, il atteint une hauteur de 25 m pour une largeur de 5 m, son stipe peut mesurer jusqu’à 3-4 m de diamètre, mais il est de croissance très lente. Les longues palmes  (jusqu’à 5 m de long), pennées et vert foncé,  forment une couronne dense. Il ne fleurit qu’au bout de 50 ans, l’inflorescence (mesurant 1,50 m) porte des fleurs orangées suivies de noix de coco jaune vif.  Rustique jusqu’à – 12°C, il a besoin de beaucoup de soleil et n’aime que les sols bien drainés.

Jubaea chilensis mix

Parajubaea torallyi torallyi

C’est un palmier bolivien, adapté aux vallées sèches des Andes où il est présent jusqu’à 3000 m d’altitude, résistant au froid jusqu’à -7°C. De croissance rapide, il atteindre 14 m de haut.  Ses feuilles coriaces, fortement découpées, sont longues (5 m de long), donnant au feuillage un aspect fin. Le stipe robuste d’un brun grisé, large à la base,  possède une forme conique. Ses fruits ressemblants à des noix sont comestibles. Apprécie les sols riches.

Parajubaea torallyi

Phoenix canariensis ou Dattier des Canaries

L’espèce est originaire des Canaries et a été importée en 1864 à Nice, où sa silhouette graphique est devenue emblématique : c’est l’une des deux espèces de palmiers présents le long de la Promenade des Anglais. Le stipe solitaire peut atteindre 20 m de haut et les feuilles 5 m de long. Les palmes pennées sont vertes, étroites, rigides et épineuses. L’inflorescence est suivie de petits fruits orangés ou rouges, comestibles, mais sans intérêt ; c’est à partir de sa sève qu’on produit un sirop ou miel de palmier. Très résistant à la pollution et à la sécheresse, quand au froid il souffre à partir de – 5 °C.  à Nice.

Phoenix canariensis mix

Phoenix dactylifera ou Palmier-dattier

Grand palmier de 15 à 30 m de haut, ses feuilles (4-7 m de long), pennées et d’un vert glauque, sont finement divisées. L’espèce est dioïque, les pieds femelles donnent (seulement en climat suffisamment ensoleillé et chaud) des baies, les dattes (ce qu’on appelle le noyau est en fait la graine), groupées en régimes. Rustique jusqu’à – 10°C, il a besoin d’un sol riche et bien drainé. P. sylvestris ou dattier indien est identique, mais en plus petit. C’est un des deux types de palmiers présents le long de la Promenade des Anglais à Nice.

Palmiers

Phoenix reclinata ou Palmier du Sénégal

Ce palmier à stipes multiples forme une touffe très décorative, à la couronne évasée. Sa rusticité est réduite (- 3 ° C), ce qui impose de le planter en pleine terre en France seulement sur la Côte d’Azur, en situation très abritée et en sol léger, pauvre et frais.

Phoenix reclinata-mix

Syagrus Santa Catarina

Originaire des montagnes de Santa Catarina au Brésil, où il atteint jusqu’à 15 m de haut, c’est un palmier parmi les plus résistants de ce genre, il serait rustique jusqu’à -9°C. Son stipe droit et élancé est composé d’anneaux lisses (il se débarrasse tout seul de ses feuilles sèches) de couleur grise. Il  est couronné de longues feuilles pennées et dressées, lui donnant une allure de cocotier très exotique. Apprécie les sols acides.

Syagrus romanzoffiana Santa Catarina

• Trachycarpus fortunei ou Palmier de Chine ou palmier à chanvre

Trachycarpus fortunei atteint une hauteur de 20 m pour une largeur de 5 m. Le stipe est protégé par des fibres formant un feutre, d’où son nom de palmier à chanvre. Les feuilles robustes sont palmées (en forme d’éventail) et vert sombre. Les grandes panicules estivales formées de petites fleurs jaunes sont suivies de baies bleu-noir. Il apprécie les sols riches, acides, à la mi-ombre ou au soleil (l’idéal : le pied à l’ombre et la tête au soleil), il ne craint pas le gel. C’est un des rares palmiers à pouvoir se plaire avec une exposition au nord.

Brest Stangalar - Trachycarpus fortuneiOLYMPUS DIGITAL CAMERA

Trachycarpus fortunei – Brest Stangalar 2014/07 & St Brieuc 2013/01 – PW/Pan

• Washingtonia robusta ou palmier du Mexique

Palmier originaire du sud des USA, élégant avec un stipe solitaire fin et une couronne bien ronde,  il est de croissance rapide et atteint 20-25 m de haut pour les sujets âgés. Les feuilles en palmes sont portées par de longs pétioles (1,5 m) présentant des crochets très acérés sur leurs bords. Ce palmier est monoïque. Les fleurs produisent de petits fruits ronds et sombres. Sa culture en pleine terre doit être réservée aux régions méditerranéennes et côtières ensoleillées, où il résiste jusqu’à – 8°C. Washingtonia filifera, ou palmier à jupon ou palmier de Californie, est rustique jusqu’à – 12°C, à la différence de W. robusta, il garde longtemps ses feuilles sèches qui forment un jupon sur le stipe.

Washingtonia robusta


Un peu de botanique …

Les palmiers sont soit des espèces monoïques (chaque sujet porte à la fois des fleurs mâles et des fleurs femelles ou des fleurs hermaphrodites) ou des espèces dioïques (sujets à fleurs mâles et sujets à fleurs femelles séparés). Les fleurs hermaphrodites ou unisexuées, sont généralement sessiles et à périanthe décomposé en 3 sépales, généralement 3 pétales, 3 ou un multiple de 3 étamines, 3 carpelles ou plus, un ovule dans chaque loge, ces fleurs sont groupées en inflorescence déterminée (avec un axe principal terminé par une fleur). Le fruit est une drupe, souvent fibreuse ou rarement une baie.

 

Le Roman de la rose

Rosier : Arbrisseau sauvage ou cultivé, dont les tiges sarmenteuses et épineuses portent des feuilles dentées et des fleurs estivales odorantes, les roses, colorées de diverses nuances du blanc pur au pourpre foncé, ainsi  que de tous les jaunes. L‘espèce type de Rosa cinnamomea porte une fleur à calice ovale ou arrondi, corolle de cinq pétales roses, avec de nombreuses étamines ; les variétés ou cultivars se caractérisent avant tout par la multiplication de leurs pétales imbriqués. Les types de rosiers sont nombreux : rosier sauvage, des jardins, géant, nain, grimpant, couvre-sol, remontant ; rosier du Bengale, d’Iran, de Damas, de Syrie, de Provins … et d’ailleurs.

Famille : Rosacées
Genre : Rosa
Espèces : Le genre Rosa est décrit pour la première fois par Linné dans Species Plantarum, publié à Stockholm en 1753. L’espèce type décrite est Rosa cinnamomea L. On compte de 100 à 200 espèces  de rosiers sauvages ou botaniques (dont l’églantier) s’hybridant facilement ; les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde. Une espèce botanique est une plante qui provient du milieu naturel sans intervention humaine. Un cultivar est une plante obtenue en culture, généralement par sélection.


Floraison : de mai aux gelées
Port : divers (grimpant, rampant, buissons, etc..)
Hauteur : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Diamètre : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Sol : riche, profond, pas trop acide
Besoin en eau : modéré (arrosage en été si très sec)
Exposition : soleil à ombre légère
Rusticité : très rustique.

Rosa alba L. 2Rosa alpina 2Illustration_Rosa_canina1 Illustration_Rosa_pimpinellifolia0Rosa gallica L. 2Rosa centifolia muscosa


Étymologie et origines

Le mot rosier est attesté depuis 1165. Le mot rose, qui le précède en français, daté de 1140, est emprunté au latin rosa, rosae qui désignait aussi bien la fleur que le rosier. Ce terme est apparenté au grec ancien rhodon et au persan rose ou warda. La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent du nom de la plante elle-même. Rosarium, subst. masc., synonyme de roseraie, subst. fém., désigne un endroit réservé à la culture des rosiers.  Rosiériste, subst. masc., désigne un horticulteur spécialisé dans la culture des rosiers. Un spécialiste des roses est un rhodologue. La couleur rose et tous les termes qui s’y rattachent font référence à la couleur de la fleur, couleur rouge clair, à l’origine (1165). Des qualités particulières sont associées au rose : de la bibliothèque rose au téléphone rose ... Une rosette est une décoration dont la forme évoque celle d’une rose, elle peut être prestigieuse, portée à la boutonnière par les dignitaires de certains ordres civils ou militaires. Les rosières, jeunes filles vertueuses, doivent ce nom à la couronne de fleurs qu’on leur remettait. Rosée, par contre, n’est pas apparenté, il dérive du latin ros, roris, à relier au grec drosos issu d’une autre racine indo-européenne. La rose n’est pas que botanique : rose des sables, rose des vents et rosaces en attestent. Le mot rose fait partie de plusieurs expressions : frais comme une rose, envoyer quelqu’un sur les roses, sentir la rose – ou pas -, découvrir le pot aux roses, histoire à l’eau de rose, perdre sa rose, voir la vie en rose.  Plusieurs proverbes évoquent la rose, comme : Il n’est point de si belle rose qui ne devienne gratte-cul – Il n’y a pas de roses sans épines – Le chardon gagne à fréquenter la rose. Et n’oublions pas que si les petits garçons naissent dans les choux, les petites filles naissent dans les roses …

Les garçons naissent dans les choux

Les rosiers sont originaires des régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord : Europe, pourtour méditerranéen et Extrême-Orient principalement, mais aussi Amérique du nord. Des fossiles ont été datés d’environ 40 millions d’années. Les rosiers botaniques connaissent aujourd’hui un succès nouveau auprès des amateurs de roses.
La culture des roses est attestée en Chine et en Perse depuis 5 000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze. C’est 20 rosiers que Pline l’Ancien décrit  dans son Histoire naturelle : la rose d’Alabande semble être Rosa x alba (ci-dessous 1) et celle de Campanie Rosa x alba semiplena (2), la rose de Tachys Rosa damascena (3), la rose rouge de Muet une variété de Rosa gallica, comme la rose de Pangée, la rose de Proeneste Rosa gallica versicolor (4), la rose de Spinolea Rosa pimpinellifolia myriacantha  (5) et celle d’automne Rosa sempervirens (6). A Rome, on fait sécher les pétales de Rosa gallica officinalis pour en décorer et parfumer les habitations et on en tire une essence de rose si utilisée, qu’il faut l’ importer en quantité des rives méridionales de l’Empire.
Roses antiques mix (1)Au Moyen Âge, la rose est associée au Paradis et à la Vierge (Rose mystique), tous les couvents en cultivaient pour le culte, mais aussi pour la pharmacopée ; au VIIIe siècle, Charlemagne, dans le Capitulaire De Villis, cite les rosiers parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle, Albert le Grand décrit 4 rosiers cultivés alors, Rosa arvensis, Rosa canina (ou églantier), Rosa rubiginosa  et Rosa x alba. Les croisés y ajoutent les rosiers galliques issus de Rosa gallica officinalis, rapportée d’Orient et qui est depuis lors cultivée à Provins, d’où son nom de rose de Provins (c’est en Angleterre la rose rouge des Lancastre), puis les rosiers de Damas précoces, Rosa damascena (hybrides de Rosa gallica x Rosa phoenicia) et tardifs, Rosa damascena semperflorens (hybrides de Rosa qallica x Rosa moschata).

Fin XVIe siècle, une rose jaune, Rosa foetida (ci-dessous 1) est importée de Perse en Europe, et les conquistadors trouvent en Amérique du Nord Rosa virginania (2), Rosa carolina (3) et Rosa setigera. Au XVlle siècle, une mutation spontanée ou une hybridation naturelle de Rosa gallica fait apparaître les roses à cent feuilles, Rosa centifolia (4), dont une autre mutation, stérile, donne au XVIIIe siècle les rosiers mousseux, Rosa × centifolia forma muscosa (5). Fin XVIII, on ne connait en Europe et sur le pourtour méditerranéen qu’une trentaine d’espèces. En 1781,  en Europe, arrive la Rosa chinensis ‘Old blush’ (6), puis sa forme rouge ‘Bengal rose’, qui ne sont pas des rosiers  botaniques, mais des plantes cultivées et sélectionnées depuis longtemps en Chine, à partir de Rosa chinensis ou d’hybrides comme Rosa x odorata (Rosa chinensis x Rosa odorata nothovar gigantea), ces rosiers sont très parfumés et fortement remontants. En 1824, les européens découvrent une Rosa chinensis jaune ‘Park’s Yellow Tea-scented China’.

Roses anciennes mixLa duchesse de Portland obtient les premiers croisements entre rosiers européens et rosier de Chine rouge : les rosiers Portland sont nés. En Louisiane, le croisement d’un rosier musqué et d’un rosier de Chine donné par Louis Claude Noisette est à l’origine des rosiers Noisette (‘Blush Noisette’, ‘Madame Alfred Carrière’). Et à La Réunion le croisement du Rosa chinensis ‘Old blush’ et d’une rose de Damas tardive ‘Quatre Saisons’ signe l’arrivée des rosiers Bourbon, ‘Zéphirine Drouhin’ et ‘Souvenir de la Malmaison’. Les rosiers Thé sont des hybrides de Rosa x odorata et de ces rosiers Bourbon ou Noisette : ‘Adam’, obtenu en 1833, serait le premier. A la Malmaison, Joséphine de Beauharnais rassemble, dans sa roseraie, jusqu’en 1814, plus de 242 cultivars dont 167 roses galliques, des moschata, des damascena, mais aussi des chinensis et quelques nouvelles espèces.   Parmi ces roses anciennes, sont encore cultivées des roses galliquesRosa gallica surtout ‘Officinalis’ et ‘Cardinal de Richelieu’ (ci-dessous 1) – , des roses à cent feuillesRosa centifolia dont ‘Pompon de Meaux’ rose et ‘Pompon de Bourgogne’ rouge (2) – , des rosiers de DamasRosa damascena dont rose de Puteaux et rose de Recht (3) – , des rosiers mousseuxRosa × centifolia forma muscosa comme ‘Salet’ ou ‘Mousseline’ – , quelques rosiers de Portland comme ‘Duchesse de Portland’ (4) et ‘Jacques Cartier’, quelques roses Bourbon, ‘Louise Odier’ et ‘Souvenir de la Malmaison’ (5), des Noisettes et Thé-Noisette, surtout ‘Gloire de Dijon’, ‘Rêve d’or’ et ‘Madame Alfred Carrière’ (6), des rosiers blancs (Rosa x alba, dont la rose d’York, Rosa alba semiplena, ‘Cuisse de nymphe émue’ et ‘Pompon blanc parfait’).

Roses anciennes mix
 Quelques rosiers ‘Thé’ historiques : ‘Devoniensis’ (de Forster en 1838 à grandes fleurs doubles blanches teintées de rose ou de jaune), ‘Catherine Mermet’ (ci-dessous 1) (de Guillot en 1869, buisson à grosses fleurs pleines, rose carné), ‘Marie van Houtte’ (de Ducher en 1871, à fleurs très doubles, jaune-ivoire), ‘Archiduc Joseph’ (2) (obtenu par Gilbert Nabonnand en 1872 d’un semis de ‘Mme Lombard’, buisson vigoureux à fleurs rose pourpré avec le centre rose carné), ‘Général Schablikine’ (de Nabonnand en 1878, à floraison massive de fleurs carmin), ‘Papa Gontier’ (de Nabonnand en 1883 aux fleurs roses semi-doubles), ‘Souvenir de Mme Léonie Viennot’ ( de Bernaix en 1898, aux fleurs très doubles, cuivrées), ‘Souvenir de Gilbert Nabonnand’ (3) (créé par Clément Nabonnand en 1920, aux fleurs doubles parfumées passant du jaune au carmin).
 En 1837 apparaissent des Hybrides perpétuels ou remontants dont ‘La Reine’ (4), le rosiériste lyonnais Jean Liabaud en créent de nombreux. Les pépiniéristes français n’avaient que 25 espèces au catalogue de 1791, celui de 1829 en présente 2562. 1858, la première Exposition nationale de roses a lieu en Angleterre. Il faut en moyenne 6 à 8 ans pour créer une rose.
1867 marque le début des roses modernes, Jean-Baptiste Guillot crée ‘La France’(5) le premier buisson à grandes fleurs ou hybride de Thé (issu d’Hybride remontant et de rosier Thé), au port moins grimpant que les rosiers Thé historiques. Les Thé-Polyantha, hybrides de rosiers Thé et de Poliantha, sont des buissons à petites fleurs odorantes et remontantes. Dans le même temps, Rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au XVIIIe, est hybridé pour créer les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les Floribunda. 1886, la Société française des roses est fondée à Lyon ( et sa revue, Les Amis des roses). Ellen Willmott (1858-1934), en Angleterre, Jules Gravereaux (1844-1916), en France, se passionnent pour ces plantes.

 Au XXe siècle, les créations de Delbard, de Meilland (‘Madame Meilland’ dénommé ‘Peace’ en anglais et ‘Gloria Dei’ en allemand (6)), de Griffith Buck sont surtout des rosiers buissons à grandes fleurs. Puis David Austin, en croisant les galliques et les Damas avec des roses modernes crée les roses anglaises. Les rosiers cultivés, à fleurs dites doubles ou pleines, sont issus des croisements de seulement une douzaine d’espèces (et leurs variétés et formes dérivées). Les rosiéristes modernes cherchent à exploiter la diversité du genre Rosa pour introduire dans leurs obtentions des gènes particuliers, par exemple de résistance au froid ou à certaines maladies.

Roses thé mix

 Histoires de roses

Rose décadente

« C’est fini des belles grosses roses bourgeoises, bien portantes, à la façon de la baronne Prévost (ci-dessous 1) . Aujourd’hui, l’horticulture cherche la rose alanguie, aux feuilles floches et tombantes. Dans ce genre est exposée une merveille : la rose appelée Madame Cornelissen (2) , une rose à l’enroulement lâche, au tuyautage desserré, au contournement mourant, une rose où il y a dans le dessin comme l’évanouissement d’une syncope, une rose névrosée, la rose décadente des vieux siècles. «  Goncourt, Journal, 1887, p. 679.

Rosier Baronne PrévostRosa Mme Cornelissen - Bourbon Cornelissen


L’Haÿ-les-Roses

Jules Gravereaux, ancien vendeur au Bon Marché, grâce à un héritage, achète en 1892 une propriété à L’Haÿ, dont il fait avec le paysagiste Édouard André le premier jardin français dédié aux roses. En 1910 le village est rebaptisé L’Haÿ-les-Roses.

Gravereaux Jules - 1899-Roseraie de l'Haÿ

Lyon, capitale de la rose …

Les rosiéristes lyonnais sont nombreux : Emile Plantier crée en 1835 Eugénie Desgaches , c’est à François Lacharme, son successeur, qu’on doit Madame Récamier ou Coquette de Lyon, Jean Beluze est célèbre pour Souvenir de la Malmaison de 1843, Antoine Nérard se distingue en 1846 avec Géant des batailles. Des dynasties de rosiéristes s’établissent. Les Guillot compte 6 générations : Jean-Baptiste fils invente en 1849 la greffe en écusson sur le collet de l’églantier et la célèbre rose la France, mais aussi Pâquerette et Mignonnette. Les  Ducher, Pernet et Pernet-Ducher sont très productifs : Claude Ducher crée près de 80 rosiers dont Gloire de Lyon et Marie van Houtte et, à sa mort, sa veuve obtient le fameux Cécile Brunner ; de son côté Jean Pernet crée Merveille de Lyon, son fils Joseph, qui a épousé Marie Ducher, fonde la maison Pernet-Ducher et invente Mme Caroline Testout (1890), Soleil d’or (13 ans de recherche) Mme Edouard Herriot. La dynastie Meilland débute avec Antoine, se poursuit avec Francis : la Rouge Meilland de 1949 est la première rose brevetée en France et en Europe (la loi du 11 juin 1970 protège chaque création par un certificat d’obtention végétale ; parmi ses grands succès, Mme Antoine Meilland aussi appelée Peace, Papa Meilland  et Pierre de Ronsard. D’autres créateurs encore sont lyonnais : Alexandre Bernaix, Joseph Bonnaire (Souvenir de Victor Hugo en 1885), César-Antoine Chambard, Jean-Baptiste Croibier, Frédéric Damaizin, Francis Dubreuil  (Perle d’or, 1884), Antoine Levet, Jean Liabaud, Joseph Schwartz (Mme Alfred Carrière, 1871, et Reine Victoria, 1872), la Veuve Schwartz (Mme Ernest Calvat, 1888) et aujourd’hui Pierre Reuter, Jean-Pierre Guillot et Dominique Massad, Jean-Jacques Gaujard, François Dorieux, Robert Lapierre, Fabien Ducher, Aveline Gaujard, Philippe et Richard Laperrière

Rose Cecil Brunner

Un rosier ancien conduit en grimpant, un polyantha de Chine,  aux toutes petites  fleurs rose tendre : Rosa x ‘Cécile Brunner Climbing’.

Fresque des roses, Champagne-au-Mont-d'OrFresque des roses à Champagne-au-Mont-d’Or, réalisée par CitéCréation, inaugurée le 21 mai 2015 : un hommage à la dynastie de rosiéristes lyonnais, les Laperrière.


Attention, toutes les roses ne sont pas fleurs de rosier …

Bois de rose utilisé en marqueterie = Dalbergia (Fabacée) Bois de rose utilisé en parfumerie = Aniba rosaeodora (Lauracée) – Laurier-rose = Nerium oleander (Apocynacée) – Rose trémière = Alcea rosea (Malvacée) Rose d’Inde = Tagete erecta (Astéracée)Rose de Cayenne & Rose de Chine = Hibiscus rosa-sinensis (Malvacée) Rose de GueldreViburnum opulus (Adoxacée) Rose de Jéricho = Anastatica hierochuntica (Cruciféracée) Rose de Junon = Lilium candidum (Liliacée) Rose de Noël = Helleborus niger (Renonculacée) – Rose des Alpes = Rhododendron ferrugineum (Ericacée)Rose des eaux = Nymphaea alba (Nymphéacée) Rose du JaponCamélia japonica (Théacée) …


La rose hors du jardin …

 

Pompei FresqueFresque de Pompéi

Rose d'orRose en or reçue par le comte de Neuchâtel  du pape Jean XXII en 1330, œuvre de Minucchio, orfèvre siennois actif à Avignon (Trésor de la Cathédrale de Bâle).


La rose est source d’inspirations artistiques diverses

Chartres - Rosace transept nordChartres rosace ext  cHARTRES
Ruysch - Nature morte,1716ruysch - 1716
RedoutéRedouté - 1828
Fantin-Latour - Vase de roses, 1895Fantin-Latour - 1895

Odin Blanche - bouquet de rosesOdin-deb. xx s
Renoir - Roseraie à Wargemont, 1879Renoir - 1879
Rosace Broche Art décoDIAMANTARTDECO
La rose pourpre du CaireWoody Allen - 1985
Le nom de la roseJJ ANNAUD-1986

Les roses blanches - PartitionRosa-Rosalie-Rose-rOSELINE-Rosie-rOZENN 
La rose est l’un des meubles les plus utilisés en héraldique, après la fleur de lys. Le dessin stylisé s’ inspire de l’églantine à cinq pétales, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, de couleur différente ou non.

Yorkshire roseLancashire roseTudor roseYork:blanche  Lancastre:rouge  Tudor:bicolore

Montréal armoiriesDans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, dite au naturel. La rose est emblème national en Angleterre, en Roumanie et aux USA.

                                                                    Montreal/Québec

Entre autres roses : la guerre des Deux-Roses désigne une série de guerres civiles opposant la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York, pour le trône d’ Angleterre, de 1455 à 1485 (mort de Richard III, dernier Plantagenêt, et avènement d’Henri VII, premier Tudor). La Rose-Croix est une société hermétiste plus ou moins légendaire dont se sont réclamés  de nombreux mouvements à la recherche de perfection spirituelle. La Rose blanche est le nom d’un groupe de résistants allemands face au nazisme, arrêté par la Gestapo en février 1943 et dont tous les membres ont été exécutés.

Le Roman de la Rose est un poème allégorique du XIIIes., en deux parties, dont la première fut composée par Guillaume de Lorris et la seconde par Jean de Meung. Mignonne, allons voir si la rose est une ode dédiée à Cassandre par Ronsard en 1545 : Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ... Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin est un poème de Malherbe (Consolation à M. du Périer). Et Diderot rappelait que De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier.  Umberto Eco a écrit, en 1980, Le Nom de la rose, qui est aussi bien un roman policier qu’un exposé de philosophie médiévale.

Le temps aux plus belles choses se plait à faire un affront, et saura faner vos roses comme il a ridé mon front. 
  Pierre Corneille
Rose rose, rose blanche,             
Rose thé,
J’ai cueilli la rose en branche
Au soleil de l’été
Rose blanche, rose rose,
Rose d’or,
J’ai cueilli la rose éclose
Et son parfum m’endort.

   Robert Desnos, Chantefleurs, 1944-1945

Le Chevalier à la Rose est une œuvre lyrique, en trois actes de Richard Strauss, créée à Dresde le 26 janvier 1911. Vive la rose et le lilas chante l’amour volage, depuis le XVIIIe, tandis que l‘amoureuse d’À la claire fontaine regrette le temps passé : je voudrais que la rose fût encore au rosier.

  Je regarde une rose et je suis apaisé.  
  Victor Hugo
Ah! quand refleuriront les roses de septembre! 
 Paul Verlaine
" la rose est une figure symbolique tellement chargée de significations qu'elle finit par n'en avoir plus aucune ou presque " Umberto Eco
Hardy Francoise - Mon amie la rose
 les roses ont de multiples usages : medecine, parfumerie, cuisine ...
confiture de rose - eau de rose - essence de rose - loukoum - pommade rosat - sorbet  à la rose
http://www.jardinsdefrance.org/les-roses-et-la-production-dhuile-essentielle-pour-la-parfumerie/

La rose au jardin …

Utilisations paysagères :

pour massif et plate-bande, ainsi que fleurs coupées :
  • buisson à grandes fleurs solitaires et doubles, de 0.60 à 1.50 m
    (hybrides de thé)
  • buisson à grandes fleurs en bouquets, de 1 à 1.20 m (Grandifloras)

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Champagne au Mont d’or, Eclat de Haute Bretagne, Fanny Ardant, Prince jardinier, Elle, Henri Salvador – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Adagio,  Catherine Laborde, Evelyne Dheliat, Arthur Rimbaud, Rosa del Camino de Santiago, Sheila’s parfum – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF pourpreRosiers buissons à grandes fleurs : Perception, Line Renaud,  Vélasquez, Monique Laperrière, Nuit d’Orient, Purple dream – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF jauneRosiers buissons à grandes fleurs : Summertime, Florida, Frénésie, Marilyn Monroe, Amber Flush,  Joyeux anniversaire – Thabor Rennes – 2015

  • buisson à petites fleurs groupées simples ou doubles , de 0.30 à 0.60 m (Polyanthas)
  • buisson à fleurs moyennes réunies en grappes (Floribundas)

Roses BFG blanc-roseRosiers buissons à fleurs groupées : Iceberg, Petit Trianon, Palais impérial de Compiègne, Cocarde, Marie Curie, Mokarosa – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG jaune-rougeRosiers buissons à fleurs groupées : Alix de Vergy,  Rose de Limoux, Jean Cocteau, Etna, Chacock, Coluche – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG rouge-bleuRosiers buissons à fleurs groupées : Pretty kiss, Betty Boop, Mona Lisa, Lavender Dream, Pacific Dream, Blue Eden – Thabor Rennes – 2015

  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean-Pierre Foucault PAYUn rosier paysager : Jean-Pierre Foucault – Thabor Rennes – 2015

pour haie libre ou taillée :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rock'n roseRosier arbustif Rock’n roseThabor à Rennes – 2015

  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier botanique, rosier sauvage, à l’origine de tous les autres
en sujet isolé :
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m
  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier anglais, de 0.80 à 1.50 m, généralement remontant et parfumé2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sir Lancelot - AnglaisUne rose anglaise : Sir Lancelot – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier tige, buisson greffé en tête sur une tige d’églantier à 100-110 cm ou à 70-80 cm, d’où une hauteur adulte de 1.60-1.70 ou 1.20-1.50 m
  • rosier pleureur, variété retombante (à moyenne ou petite fleur) greffée en tête sur une tige d’églantier à 1.40-2.00 m
palissé contre un mur ou grimpant sur arceau, tonnelle, pergola :
  • rosier grimpant (climb en anglais), de 2 à 6 m, doit être palissé, remontant ou non
    2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Amadeus SXRosier grimpant ou sarmenteux : Amadeus – Thabor à Rennes – 2015
    2015-06-17 Rennes - Thabor Roseraie (10)Rosiers grimpants palissés – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier liane, jusqu’à 8 m de hauteur et largeur, aiguillons crochus lui permettant de s’agripper seul, rarement remontant

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Lady Gay (1)Rosier liane : Lady Gay (Hauteur, 6 m, non remontant)  – Thabor à Rennes – 2015

pour talus :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier couvre-sol ou tapissant, couvrant, plus large que haut, 60 cm de haut, branches horizontales et souples s’étalant sur un diamètre jusqu’à 2 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Pink flash

Rosier couvre-sol Pink flash Thabor à Rennes – 2015

en rocaille, bordure et pot :
  • rosier buisson miniature de 25 à 40 cm

Des fleurs de toutes les couleurs :

Les rosiers non remontants, cas de tous les rosiers botaniques, ne fleurissent qu’une fois l’an, au printemps ou en été. S’ils sont remontants, ils peuvent étaler leur floraison sur 8 mois de début mai aux gelées. Les variétés et cultivars, très nombreux, offrent tous les tons du blanc au rouge sombre,  ainsi que tous les jaunes, et des lilas à violet, presque bleu, seule couleur absente en réalité (les roses bleues sont plutôt mauves ou violettes, Rosa Blue Eden ci-dessous) …

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Blue Eden

… sans oublier la curieuse rose verte (Rosa chinensis Viridiflora) ci-dessous.

Rosa 'Viridifolia'

Des  fleurs de toutes les formes :

Simple (à 5 pétales) ou double (multiple de 5 pétales),  plate (pétales plus larges que longs, superposés, d’où l’aspect feuilleté de la fleur, ex. ‘Wodan’), en coupe (pétales extérieurs très grands, concaves en bas et retournés vers l’extérieur dans leur partie supérieure, ex. ‘Line Renaud’, étamines visibles des  mi-doubles, ex. ‘Emera’ ), réflexe ( pétales plats, tuyautés à leur extrémité, retombant de façon irrégulière, roses très doubles à l’allure un peu ébouriffée), globuleuse (presque sphérique, pétales extérieurs longs et concaves, ex. le grimpant ‘Raubritter’), à quartier (très doubles et comme divisées en plusieurs secteurs dans lesquels les pétales sont serrés dans le même sens, ex. ‘Jacques Cartier’), imbriquée (très nombreux pétales, retroussés vers l’extérieur, se chevauchent comme des tuiles, ex. ‘Salet’ et ‘Cuisse de nymphe émue’), turbinée (bouton conique, pétales de même taille répartis régulièrement, ex. tous les hybrides de thé), fimbriée (pétales finement entaillés sur le bord extérieur, ex. ‘Evelyne’), à fleur de pivoine (très doubles, ex. ‘Academia’ ) et à fleur verte (pétales atrophiés, seuls les sépales sont marqués, Rosa chinensis Viridiflora).

Roses différentes formesPlanches de Jules Gravereaux

Les roses peuvent aussi être choisies pour leur parfum :

  • la senteur musquée provient des étamines, contrairement aux autres notes qui émanent des pétales : ‘Dames de Chenonceaux’ rose nuancée, ‘The Generous Gardener’ rose pâle
  • la fragance caractéristique des roses anciennes, en particulier des roses Bourbon : ‘Bolchoï’, ‘Brother Cadfael’, ‘Gertrude Jekyll’, ‘Harlow Carr’, ‘Madame Isaac Pereire’, ‘Salet’, tous roses, ‘Violette parfumée’, mauve
  • le parfum de thé : ‘Gloire de Dijon’ saumon,  ‘Golden Celebration’ jaune, ‘Pegasus’ saumon, ‘Port Sunlight’ abricot
  • celui de la myrrhe : ‘Belle Amour’ rose, ‘Claire Austin’ blanc, ‘Scepter’d Isle’, ‘Spirit of Freedom’, roses tous deux, ‘Strawberry Hill’ orange brûlée
  • les notes fruitées sont nombreuses : anis (‘Paul Ricard’), banane (‘Summer Song’), clou de girofle (‘Marie Curie’, ‘Wild Edric’), citron/framboise (‘Jubilee Celebration’), fruits acidulés (‘Abraham Darby’), goyave et vin doux (‘Jude the Obscure’), pêche/abricot (‘Evelyn’), poire, raisin et agrumes (‘Lady Emma Hamilton’) etc.

Associations :

On peut associer les rosiers à des vivaces en particulier des lavande, nepeta et cinéraire, dont les feuillage gris bleuté s’associent harmonieusement.


Soins

Plantation : de novembre à mars en racines nues, toute l’année en container. Creuser une fosse du double de la motte, ameublissez-la en profondeur, apportez de l’humus et un engrais organique.
Entretien : un apport annuel, en fin d’hiver, d’engrais organique contenant de la magnésie favorise la mise à fleur. Suppression des fleurs fanées, taille (
juste après la floraison pour les variétés non remontantes, en fin d’hiver pour les remontantes), désherbage et griffage au pied. Pas de paillis d’écorces de pin, mais des paillis blancs. De nombreux sites exposent quand et comment tailler les différents types de rosier, en voici deux bien explicites (mais vous pouvez aussi faire appel à un spécialiste … ) :

Reproduction : bouturage de rameaux aoûtés en fin d’été et greffage sur porte-greffe adapté au terrain (pour  sol calcaire, Rosa canina, froebelli ou laxa, en sol plutôt acide Rosa multiflora)

Maladies et parasites :
– chlorose (jaunissement des feuilles, seules les nervures restent vertes) : traitement anti-chlorose à base de fer.Chlorose– puceron : traitement préventif ou curatif naturel en pulvérisant des décoctions de tanaisie ou du purin d’ortie dilué. Favoriser les prédateurs naturels  (larves de coccinelles, syrphes, chrysopes) : une coccinelle dévore 150 pucerons par jour. En cas d’absolue nécessité, il existe des Pucerons– cochenille :  insecticides systémiques.nettoyer – surtout les faces inférieures des feuilles – en pulvérisant de l’eau savonneuse ou alcoolisée, éventuellement additionnée d’huile végétale qui enrobe et asphyxie les œufs et les larves. En cas de nécessité, il existe des insecticides.Cochenille– mégachile (feuilles découpées par des sortes d’abeilles solitaires) : n’affecte généralement ni la croissance ni la floraison, inutile de traiter.Mégachile acarien : pulvériser de l’huile minérale parafinique, huile végétale, eau froide autour de 5°C, installer des acariens prédateurs. Acariens– thrips : bassinage et désherbage perturbant le cycle du ravageur,  plaques bleues engluées pour attraper les thrips, pulvérisation d’une solution de kaolinite et installation de prédateurs (punaises, acariens  Amblysei). En cas de nécessité, il existe des insecticides.Thrips fumagine (sorte de suie noire) : champignon se développant sur le miellat secrété par des pucerons et cochenilles, pulvériser une solution de savon noir.
– autres maladies cryptogamiques possibles :  de gauche à droite et de haut en bas 
—> blanc ou oïdium (utiliser une décoction de prêle),
botrytis (inutile de traiter, éviter simplement la contamination), rouille, taches noires du rosier dû au Marsonia, mildiou. Certaines sont bénignes (oïdium, botrytis), d’autres plus redoutables et difficiles à éliminer nécessitent le recours à des fongicides, dont les traitements à base de cuivre et de soufre. Éliminer tous les débris végétaux, sources de contamination, désinfecter les outils, aérer les plantations.
OidiumBotrytisRouilleTaches noiresMildiou


Un peu de botanique …

Les rosiers sont des plantes ligneuses qui peuvent vivre plusieurs dizaines d’années : l’églantier de Hildesheim en Allemagne aurait plus de 700 ans. Les rosiers ont des feuilles caduques (parfois persistantes), opposées,  composées imparipennées, présentant le plus souvent de sept à dix folioles au limbe elliptique acuminé, au bord denté; elles sont munies de stipules à la base du pétiole. Les  fleurs simples, sont actinomorphes, de symétrie pentamère en général. À maturité, le réceptacle floral se transforme en faux-fruit charnu, le cynorrhodon, plus ou moins arrondi, en général de couleur rouge, parfois plus sombre (Rosa pimpinellifolia). Il contient de nombreux akènes, fruits secs indéhiscents contenant une seule graine issus de la transformation des carpelles.

Selon la classification phyllogénétique (fondée sur l’étude de la molécule d’ADN), le genre Rosa fait partie du clade angiospermes, du clade dicotylédones vraies (car il possède 3 ouvertures au niveau du grain de pollen), du clade rosidées, de l‘ordre des rosales, de la famille des rosacées (sous-famille des Rosoïdeae et tribu des Roseae, dont il est l’unique genre).

Il existe 4 sous-genres : Plathyrhodon, Hesperhodos, Hulthemia (ces 3 groupes ne comptent que 4 espèces à eux tous) et Eurosa. Ce dernier est lui-même subdivisé en onze sections :

  • Caninae : 26 espèces, d’origine eurasienne ; dont R. canina ou églantier, R. rubiginosa ; tous roses
  • Carolinae : 7 espèces originaires d’Amérique du Nord ; R. carolina, R. nitida, R. palustris, R. virginiana, petits buissons aux fleurs pourpres
  • Cinnamomeae : 46 espèces, Eurasie et Amérique ; rosiers cannelle, R. acicularis ou rosier arctique, R. arkansana et R. blanda originaires d’Amérique, R. majalis ou rose de mai, R. nutkana ou rosier de Nootka, R. pendulina ou rose des Alpes et R. rugosa
  • Gallicanae : 4 espèces européennes ; rosiers galliques, R. centifolia
  • Pimpinellifoliae : 12 espèces, eurasiennes ; rosiers pimprenelle, R. foetida, R. hugonis, Rosa omeiensis = sericea, dont la rose n’a que 4 pétales  ; dont  rosiers jaunes
  • Gymnocarpae : 3 espèces originaires d’Amérique du Nord ou d’Asie
  • Synstylae : 23 espèces, Eurasie et Amérique ; R. arvensis, R. moschata
  • et les sections originaires de Chine, Banksianae (2 espèces ; dont R. normalis ; hauts de 3 à 6 m, blanc ou jaune), Bracteatae (2 espèces), Chinenses (3 espèces ; dont R. chinensis ou indica ; remontants), et Laevigatae (1 seule espèce, asiatique, mais introduite et naturalisée aux USA dès le XVIIIe siècle, d’où son nom de ‘rosier des Cherokees’).

Les cultivars les plus réputés

Critères internationaux de reconnaissance

  • BGF = buisson à grandes fleurs (Hybrides de thé & Grandifloras)
  • BFG = buisson à fleurs groupées (Polyanthas & Floribundas)
  • PAY = paysage
  • CS = couvre-sol
  • MIN = miniature
  • SX = sarmenteux

Sociétés et récompenses

La Fédération mondiale des sociétés de roses http://worldrose.org/index.asp a établi le « Old Rose Hall of Fame », une liste de 11 rosiers anciens reconnus comme d’importance historique :

  • Rosa × chinensis ‘Old Blush’, 1752 en Europe
  • Rosa chinensis ‘Mutabilis’
  • Rosa gallica officinalis
  • Rosa mundi ou R. gallica officinalis versicolor
  • ‘Cécile Brunner’, 1881
  • ‘Charles de Mills’, avant 1790
  • ‘Gloire de Dijon’, 1853
  • ‘Gruss an Teplitz’ 1897
  • ‘Madame Alfred Carrière’, 1879
  • ‘Madame Hardy’, 1832
  • ‘Souvenir de la Malmaison’, 1843

Rosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an TeplitzRosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an Teplitz.

Elle est également responsable du « Rose Hall of Fame » qui regroupe les roses les plus réussies :

Rose Hall of Fame

Le Grand Prix de la Rose a lieu en France : http://www.snhf.org/agenda/concours-et-distinctions/103-grand-prix-de-la-rose-snhf.html : 1e édition (2008-2009) – 2e édition (2010) – 3e édition (2011) – 4e édition (2012) – 5e édition (2013) – 6e édition (2014)

 Manuel complet de l'amateur de roses ... - Pierre Boitard  https://books.google.fr/books?id=jTfS2JBu3TkC&lpg=PA321&ots=8zCOkTTbu4&dq=rosa%20brownii&hl=fr&pg=PP13#v=onepage&q=rosa%20brownii&f=false
 Sociétés des roses  http://www.societefrancaisedesroses.asso.fr/

http://www.rnrs.org.uk/

http://www.rose.org/

http://www.rosesanciennesenfrance.org/index.htm

 Sites http://nature.jardin.free.fr/arbuste/Le_monde_des_Roses.htm

http://amidesroses.eklablog.com/accueil-a37811206

Couleurs d’été

Quelques roses du parc du Thabor à Rennes le 17 juin 2015

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Thalia2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rock'n rose2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Cocarde2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Marie Curie2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Galaxy2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Henri Salvador2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Iceberg2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Champagne Mont d'Or

Roses blanches  : Thalia, Rock’n rose, Cocarde, Marie Curie, Galaxy, Henri Salvador, Iceberg, Champagne au Mont d’Or

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Alix de Vergy2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Amber Flush 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Catherine Laborde (1)2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean-Pierre Foucault2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rose de Limoux2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Summertime

Roses jaunes : Alix de Vergy, Amber Flush, Catherine Laborde, Jean-Pierre Foucault, Rose de Limoux, Summertime.

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Catherine Laborde (2)

Catherine Laborde hésite entre jaune et rose

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Arlequin2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Caractère 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Florida2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Frénésie 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jazz Festival2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Joyeux anniversaire 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Marilyn Monroe2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sir Lancelot

Roses orangées : Arlequin, Caractère, Florida, Frénésie, Jazz Festival, Joyeux anniversaire, Marilyn Monroe, Sir Lancelot

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Adagio2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Arthur Rimbaud 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Eclat de Haute Bretagne2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Evelyne Dheliat 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Fanny Ardant2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean Cocteau 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Line Renaud2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Palais impérial de Compiègne 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Perception2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Petit Trianon 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Prince jardinier (2)2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rosa del Camino de Santiago (2) 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rose de Bayonne2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sheila's parfum

Roses roses : Adagio, Arthur Rimbaud, Eclat de Haute Bretagne,  Evelyne Dheliat, Fanny Ardant, Jean Cocteau, Line Renaud, Palais impérial de Compiègne, Perception, Petit Trianon, Prince jardinier,  Rosa del Camino de Santiago, Rose de Bayonne, Sheila’s parfum

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Chacock 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Coluche2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Etna 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Miss Canada2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Nuit d'été

Rouge vermillon : Chacock, Coluche, Etna, Miss Canada, Nuit d’été

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Mona Lisa2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Monique Laperrière 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sophy's rose2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Vélasquez 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Lavender Dream 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Pacific Dream2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Nuit d'Orient 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Purple dream2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Blue Eden

 Roses rouge magenta à violet : Mona Lisa, Monique Laperrière, Sophy’s rose, Vélasquez, Lavender Dream, Pacific Dream, Nuit d’Orient, Purple dream, Blue Eden

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Mokarosa2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Betty Boop

Mokarosa café crème et Betty Boop blanche à liseré rouge

Mon beau sapin, roi des fôrets

SAPIN : Arbre conifère résineux de la famille des Pinacées et du genre des Abies, à tronc droit et élevé, à écorce grisâtre et écailleuse, à branches plongeantes, à aiguilles persistantes, dont le fruit est un cône dressé et dont on rencontre de nombreuses variétés en moyenne montagne. L’espèce la plus répandue en Europe occidentale est le sapin blanc, appelé aussi sapin pectiné ou sapin des Vosges (Abies alba).

Le sapin de Noël a pendant longtemps été non pas un sapin mais un épicéa, l’épicea commun (Picea alba), aujourd’hui celui-ci est concurrencé par le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana) moins parfumé, mais plus résistant à la chaleur des logements.

Sapin vosgien

Sapin vosgien.

Abies alba - ThoméPicea abies - Thomé

Abies alba & Picea abies – Planches Thomé.

Les arbres sont divisés en deux grandes catégories : les feuillus et les conifères. Le terme conifère vient du latin : conus signifiant cône et fere signifiant qui porte ; les conifères sont littéralement des porteurs de cônes, référence au mode de fructification de tout ce groupe d’arbres. Leurs graines sont principalement portées par des écailles regroupées en cônes (ou strobyles) qui ne sont pas de vrais fruits au sens botanique du terme. Leurs feuilles sont en majorité persistantes et se présentent sous forme d’écailles ou d’aiguilles pouvant avoir toutes les nuances de vert et aller jusqu’au jaune et au bleu. Leurs ports sont plutôt réguliers et souvent coniques.

Les conifères se divisent en FAMILLES subdivisées en / Genres / dont voici les principales :

  1. ARAUCARIACÉES / Araucaria & Agathis / persistants, aux écailles ± larges, piquantes et aux gros cônes.
  2. CUPRESSACÉES / Calocedrus, Chamaecyparis, Cupressus, XCupressocyparis, Juniperus, Microbiota, Platycladus, Thuja, Thujopsis / persistants, aux petites feuilles en écailles, en général sans bourgeons résineux, cônes < 5 cm ou petites « baies ».
  3. GINKGOACÉES / Ginkgo biloba / groupe fossile avec un seul survivant, caduc.
    Mary Emily Eaton, Ginkgo biloba (arbre aux écus)

    Ginkgo biloba (arbre aux écus), planche botanique de Mary Emily Eaton (illustratrice anglaise ayant travaillé pour le New York Botanical Garden de 1911 à 1932).

  4. PINACÉES / Abies, Cedrus, Larix, Picea, Pinus, Pseudotsuga, Tsuga / tous persistants sauf Larix et Pseudolarix ; aux aiguilles ± longues (1 à 25 cm) à disposition variable, cônes ligneux moyens à gros (5-50 cm).
    Larix decidua - Thomé

    Larix decidua (mélèze), planche botanique de Otto Wilhelm Thomé (botaniste et illustrateur allemand, auteur de la célèbre Flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse en texte et en image pour l’école et la maison,  1ère édition de 1885 en 4 tomes avec 571 planches illustrées, 2ème édition de 1903 augmentée de 8 tomes  en collaboration avec Walter Migula).
  5. TAXACÉES / Taxus, Torreya / aiguilles persistantes en 2 rangées (3 à 6 cm), graine unique renfermée dans une arille (cupule charnue).
  6. TAXODIACÉES / Athrotaxis, Cryptomeria, Cunninghamia, Glyptostrobus, Metasequoïa, Sciadopitys, Sequoïa, Sequoïadendron,  Taxodium /  2 groupes : à écailles en alène &  à aiguilles plates en arête de poisson ; cône ligneux 1,5 à 8 cm ; quelques très grands arbres*.

* Les liens renvoient à des photographies de l’article ‘Couleurs de Décembre‘, consacré aux conifères : pour voir l’article entier, http://jardinsdepan.fr/blog/couleurs-de-decembre-2/


 

Famille : Pinacées
Genre : Abies
Espèces : 46 espèces, dont Abies alba (le sapin blanc).

Le sapin blanc, ou Abies alba, est un conifère résineux périalpin, qui croît entre  400 et 1800 m d’altitude. Haut de 50 m, à port conique étroit, son tronc est cylindrique à écorce crevassée et sombre, il a  des rameaux lisses d’un gris argent aux bourgeons bruns. Ses aiguilles persistantes de 15 à 30 mm de long sont isolées et opposées.  Il fleurit d’avril à mai, c’est une espèce monoïque (c’est à dire qu’un seul plant porte des fleurs femelles et des fleurs mâles ; c’est le contraire de dioïque, plant qui ne porte que des fleurs d’un seul genre, femelle ou mâle). Ses cônes de 10 à 15 cm sont érigés (comme tous les sapins ) et jaunes.

Le sapin de Nordmann est une espèce très proche du sapin blanc : ses aiguilles plates, d’un vert foncé brillant, avec deux lignes claires en face inférieure, ne diffèrent de celles du sapin blanc que par une longueur un peu supérieure (2 à 3,5 cm) et leur extrémité tronquée, ainsi que par ses cônes cylindriques, brun-rougeâtre, légèrement plus gros (4 à 5 cm de diamètre) et plus arrondis. Ses graines ailées sont également un peu plus grosses.

Famille : Pinacées
Genre : Picea
Espèces : une cinquantaine selon certains, mais probablement seulement 16-18 espèces , dont Picea abies (épicéa commun).

L’épicéa est un conifère résineux d’une hauteur moyenne de 50 m, à port conique souvent étroit. Les aiguilles sont disposées tout autour du rameau de couleur orangé, les aiguilles sont d’un vert plus ou moins bleuté selon les espèces. La fleur de couleur rose est suivie par un cône pendant, ce caractère permet de différencier les Picea des Abies dont les cônes sont dressés (avec certaines exceptions car il existe des cultivars de Picea décoratifs aux cônes érigés). Une autre clé de détermination entre le genre Picea et le genre Abies consiste à arracher une aiguille d’un rameau : la présence d’un lambeau d’écorce à sa base indique un Picea, alors qu’une marque ronde sur le rameau désigne un Abies. 


Le sapin de Noël

Mon beau sapin,
Roi des forêts
Que j’aime ta verdure.
Quand par l’hiver
Bois et guérêts
Sont dépouillés
De leurs attraits
Mon beau sapin,
Roi des forêts
Tu gardes ta parure.

Toi que Noël
Planta chez nous
Au saint anniversaire
Joli sapin,
Comme ils sont doux
Et tes bonbons
Et tes joujoux
Toi que Noël
Planta chez nous
Par les mains de ma mère

Mon beau sapin,
Tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage
De la foi qui ne ment jamais
De la constance et de la paix
Mon beau sapin,
Tes verts sommets
M’offrent la douce image.

Tomi Ungerer - llustration pour la chanson Mon beau sapin

Tomi Ungerer, Sans titre, illustration pour la chanson « O Tannenbaum », Das große Liederbuch, 1975. Lavis d’encres de couleur et rehauts de crayons de couleur gras sur papier calque 35,5 x 28 cm. Extrait du livret édité par Les Musées de la ville de Strasbourg ouvrable et téléchargeable : UNGERER_LIVRET_VISITE.pdf

Dans la plupart des mythologies, entre autres européennes et amérindiennes, les arbres sont associés à des forces divines. Ils mettent en communication les différentes parties du monde, permettant, comme les racines profondément ancrées dans les profondeurs du sol, de passer de la surface de la Terre à ses entrailles, aussi bien que de s’élever vers les espaces aériens, comme les branches qui se tendent vers le ciel et la lumière. Ils sont le lien entre les divinités chtoniennes et  les divinités ouraniennes. Dans l’Antiquité gréco-latine et au Moyen-âge, les arbres symbolisent en plus le cycle des saisons, celui de la vie humaine et le renouveau. Les arbres au feuillage persistant sont  particulièrement associés à l’idée de vie éternelle, dans nombre de religions polythéistes, où ils étaient anciennement décorés et liés à des rites centrés sur l’idée du temps qui passe.

Ce thème se retrouve dans le calendrier,  le solstice d’hiver y est un temps très fort.
Pour les Romains, il marquait la fin des Saturnales, dédiées à Saturne, un dieu fort inquiétant (comme le chantait Georges Brassens) qui préside aux choses du temps et ainsi à la germination des graines enfouies, mais aussi un père cruel dévoreur de ses propres enfants.

Fresque de Pompéi - Saturne

Fresque de Pompéi, 1er siècle av.JC – ‘Saturne’.

Jusqu’au IIIe siècle, un culte était rendu à Mithra, à cette même date du 25 décembre, pour commémorer sa naissance divine, Natalis Invicti (naissance du soleil invaincu). Apparu sous l’aspect d’un nouveau-né, jaillissant du rocher,  fils d’Anahid, sa mère toujours vierge, il fait regagner les jours sur les nuits.
En  Scandinavie, fin décembre, les fêtes de Yule célébraient le retour de la terre vers le soleil, et  un sapin devant la maison était décoré de torches et rubans. Julenisse était un lutin nain protecteur, vivant dans les greniers, invisible de tous sauf des chats.
Les Celtes célébraient le Nouvel An autour du 1er novembre (Samhain ou Samonios) par des fêtes fortement associées à la mort,  le solstice d’hiver était associé, lui, à la renaissance, du soleil, de la nature, d’un nouveau cycle. Le 24 décembre était un enfantement, et si le chêne était l’arbre druidique par excellence, c’est l’épicéa qui représentait cette (re)naissance.

Carte postale - God Yul

Carte postale – ‘God Yul’.

C’est au IVe siècle, que l’institution chrétienne choisit à son tour cette date du 25 décembre pour la Nativité et Saint Colomban serait le premier chrétien à avoir fait un sapin de Noël. Le moine irlandais, responsable de l’évangélisation des royaumes mérovingiens, a fondé en 590 le monastère de Luxeuil au pied des Vosges. Là, il aurait, au soir de Noël, emmené quelques moines au sommet de la montagne ; à un vieux sapin, objet de culte païen, les religieux auraient accroché leurs lanternes attirant ainsi les  gens du lieu, à qui le saint aurait conté la naissance de Jésus, en convertissant un grand nombre.  Il faut attendre plusieurs siècles, pour retrouver traces d’un sapin de Noël et c’est du Nord scandinave que la tradition s’en répandrait, par l’Allemagne, où elle s’impose au cours du XVIIe siècle. A moins qu’elle ne vienne d’Alsace,  les actes de la ville de Sélestat faisant mention, en 1546, de l’autorisation de couper des arbres verts pour Noël. Dans un texte sur les us et coutumes strasbourgeoises, de 1605, il est noté qu’on y élève, dans les maisons, des sapins garnis de pommes et sucreries. Strasbourg organise un marché de Noël, le ‘Christkindelsmärik’, depuis 1570 et la place Kléber accueille toujours le sapin géant de Noël.

Sapin de la Place Kléber à Strasbourg

 Le traditionnel sapin de la Place Kléber à Strasbourg.

Quoiqu’il en soit, les familles protestantes adoptent rapidement le sapin, tandis que les catholiques lui préfèrent la crèche. En 1738, l’épouse de Louis XV, la reine Marie Leszczynska, fille de Stanislas, ancien roi de Pologne, devenu duc de Lorraine, aurait installé le premier sapin de Noël au château de Versailles, initiant son adoption par l’aristocratie européenne au cours du XVIIIe siècle.

Nattier - Marie Leczinska

Jean-Marc Nattier, Marie Leczynska, reine de France, lisant la Bible, 1748.

La guerre de 1870 a entrainé l’expatriation de nombreux alsaciens, qui diffusent ainsi leur tradition des sapins de Noël richement décorés dans les milieux plus modestes. En 1858, un souffleur de verre de Goetzenbruck eut l’idée de remplacer les pommes absentes cette année-là par des fruits de verre ; le village de Meisenthal, entre Alsace et Lorraine, déjà réputé pour ses verres optiques, s’est alors fait une spécialité se souffler les boules de Noël appelées à un beau succès de part le monde. Dès les XVII-XVIIIe siècles, les colons néerlandais et allemands nouvellement installés en Amérique du nord y ont exporté l’usage du sapin de Noël décoré, ainsi que la légende de Saint Nicolas

Boules de Noël

L’actuelle ligne traditionnelle des Verreries Meisenthal. http://ciav-meisenthal.fr/

Nicolas, évêque de Myre de 300 à 345, aurait ressuscité trois petits enfants, tués et découpés en morceaux par un méchant charcutier qui les avait placés au saloir. Devenu Saint et le protecteur des écoliers, il est fêté chaque 6 décembre en Europe du Nord et de l’Est, où la coutume veut qu’un personnage à la longue barbe blanche, portant cape et chasuble, coiffé de la mitre et tenant la crosse épiscopale, aille dans chaque maison offrir friandises et jouets aux enfants sages. Au XVIe siècle, la légende s’enrichit du personnage du père Fouettard (le boucher de la légende pour certains) punissant les enfants désobéissants.

Psautier cistercien, XIIIe, St Nicolas et les trois enfants

Psautier cistercien, XIIIe – ‘St Nicolas et les trois enfants’.

Anonyme, Heures de Marguerite d'Orléans, XVe - St Nicolas

Anonyme, Heures de Marguerite d’Orléans, XVe – ‘St Nicolas’.

Jean Bourdichon, Grandes heures d'Anne de Bretagne, XVIe - Miracle des trois enfants

Jean Bourdichon, Grandes heures d’Anne de Bretagne, XVIe – ‘Miracle des trois enfants’.

Image d'Epinal, Saint Nicolas

Image d’Epinal, ‘Saint Nicolas’.

L’histoire traverse l’Atlantique  avec les immigrés hollandais ; un 24 décembre 1822, Clément Clarke Moore,  pasteur new-yorkais, écrit pour ses enfants, A visit of St Nicholas,  publié l’année suivante. St Nicolas n’y visite plus les enfants le 6 mais le 24 décembre, et la fête des enfants finit par se confondre avec la célébration de Noël. En 1860, Thomas Nast, illustrateur du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, représente un Santa Claus qui tient autant du lutin scandinave que de l’évêque de Myre. Vêtu d’un costume de drap rouge, ceinturé et orné de fourrure blanche, botté, Santa Claus a acquis ses caractéristiques actuelles : petit bonhomme rondouillard et jovial, à la grosse barbe blanche, il habite au pôle Nord et se déplace dans un traineau volant tiré par huit rennes, quand il ne descend pas par les cheminées, pour aller déposer des cadeaux au pied des sapins illuminés. Ce nouveau Père Noël s’impose peu à peu dans la littérature et les illustrations américaines, entre autres grâce aux publicités de Coca Cola qui diffusent largement le mythe, avant que celui-ci ne franchisse de nouveau l’Atlantique, envahissant, au cours du XXe siècle, le continent européen qui ne reconnut plus son vieux Saint Nicolas …

Thomas Nast - Santa

Thomas Nast – ‘Santa’, Harper’s Illustrated Weekly, 1860.

Norman Rockwell - TSEP de 1939-12-16 - Santa at the Map

Norman Rockwell – Couverture de The Saturday Evening Post du 16 décembre 1939 – ‘Santa at the Map’.

CocaCola-SantaClaus

Coca Cola – ‘Santa Claus’.

St Nicolas fut si peu reconnu dans le Père Noël que l’Église catholique le rejeta violemment, donnant lieu à un fait divers relaté dans le journal France-Soir du 24 décembre 1951 :

DEVANT LES ENFANTS DES PATRONAGES
LE PÈRE NOËL A ÉTÉ BRÛLÉ SUR LE PARVIS DE LA
CATHÉDRALE DE DIJON
Dijon, 24 décembre (dép. France-Soir.)

« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie.
Dimanche à trois heures de l’après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d’innocents une faute dont s’étaient rendus coupable ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.
À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel :
Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le mensonge, 250 enfants, groupés devant la porte principale de la cathédrale de Dijon, ont brûlé le Père Noël.
Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard.
Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur.
L’exécution du Père Noël sur le parvis de la cathédrale a été diversement appréciée par la population et a provoqué de vifs commentaires même chez les catholiques.
D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues par ses organisateurs. L’affaire partage la ville en deux camps.
Dijon attend la résurrection du Père Noël, assassiné hier sur le parvis de la cathédrale. Il ressuscitera ce soir, à dix-huit heures, à l’Hôtel de Ville. Un communiqué officiel a annoncé, en effet, qu’il convoquait, comme chaque année, les enfants de Dijon place de la Libération et qu’il leur parlerait du haut des toits de l’Hôtel de Ville où il circulera sous les feux des projecteurs.
Le chanoine Kir, député-maire de Dijon, se serait abstenu de prendre parti dans cette délicate affaire. »

Pour ceux que l’anthropologie intéresse, voici un lien vous permettant de lire ou télécharger l’étude de Claude Lévi Strauss, suite à ce  fait divers, Le Père Noël supplicié, éditée par les Temps Modernes en 1952 et consacrée au mythique personnage qui vivrait au Pôle Nord …

http://classiques.uqac.ca/classiques/levi_strauss_claude/pere_noel_supplicie/pere_noel_supplicie.html.

Joyeuses fêtes de Noël !

Aujourd’hui – Novembre

Architecture écologique et végétaux, un couple de plus en plus affiché :

http://www.lemoniteur.fr/150-performance-energetique/article/actualite/26451099-une-ecole-coiffee-d-un-turban-vegetal-pour-affronter-le-climat-equatorial

En fait, l’idée n’est pas si neuve  … mais elle reste toujours aussi intéressante :

Village viking - Iles FéroéReconstitution d’un habitat viking – Iles Féroé

Camille Muller - A ParisJardin créé par Camille Muller – Éco-jardin expérimental : la maison sous la forêt à  Paris. http://camillemuller.com/ecologie/

Prieuré de St-Benoît- du-Sault, Gilles Clément laisse la nature se développer selon son bon vouloir.

Gilles Clément laisse la nature s’exprimer au Prieuré de St-Benoît- du-Sault. http://www.gillesclement.com/