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… Le Parc Oriental de Maulévrier – Les jardins japonais

La commune de Maulévrier, dans le Maine-et-Loire en région Pays de la Loire, abrite le plus grand jardin japonais d’Europe dans l’ancien parc du château des Colbert. Le château Colbert, construit à partir de 1680, a été racheté fin XIXe siècle par M. Bergère qui confia alors à l’architecte Alexandre Marcel la restauration intérieure et l’aménagement d’un parc. Marcel y crée, entre 1899 et 1913, un Paysage japonais, entretenu par le jardinier en chef, Alphonse Duveau, et plus de 10 jardiniers. De 1945 à 1980, le parc est progressivement abandonné avant d’être racheté en 1980 par la commune, classé au titre des sites et peu à peu restauré par une association – Loi 1901.

Maulévrier photo ancienne 1901Maulévrier photo ancienne (1)

Maulévrier – Photos anciennes (début XXe s.)

2015-08 Maulévrier - Bâtiment2015-08-19 Maulévrier (12)2015-08-19 Maulévrier (12)Maulévrier, 2015, A.M.Pan

En 1987, des professeurs des universités horticoles de Tokyo et de Niigata reconnurent les 12 hectares du site classé comme fidèles aux principes des jardins japonais de la période Edo (XVIe- XIXe s.) dont l’eau est l’élément principal (ici 3/10ème de la surface paysagée). Celle-ci doit couler d’est en ouest (cas de la rivière la Moine) comme la course du soleil qu’elle symbolise , elle représente aussi la vie humaine. Deux îles du paradis sont situées sur la pièce d’eau,  île de la grue et île de la tortue, elles sont liées au Mont Sumeru, source du qi,  l’énergie terrestre en circulation. L’ensemble eau/îles-montagnes reforme le couple yin/yang constituant un univers complet.

La végétation du parc est riche d’environ 400 espèces, le jardin est intéressant en toutes saisons, chacune étant aussi en lien, dans l’univers japonais, avec un âge de la vie.

2015-08-19 MaulévrierMaulévrier, 2015, A.M.Pan


La pagode, le pont rouge, les îles et la rivière La Moine

Mix PagodeMaulévrier, 2015, A.M.Pan

Le jardin de la pagode est planté de mousses, de fougères, de bambous et d’arbustes aux floraisons printanières, azalées, rhododendrons, magnolias, cerisiers et cognassiers du Japon.

2015-08 Maulévrier - Pagode, Pont rouge & La MoineMaulévrier, 2015, A.M.Pan

Le pont rouge est typiquement japonais, il est peint – comme le torii (portail qui permet le passage entre le monde terrestre et le monde divin) de l’île de la grue – de cette couleur sacrée au Japon, il donne accès aux îles, symboles du Paradis taoïste, qui pour ne pas déranger les esprits sont interdites au public, … sauf l’Empereur et les jardiniers. La Moine s’écoule, tantôt rivière, cascades, pièce d’eau calme, bordée de grands arbres au port naturel et de nombreux topiaires.


Le temple Khmer

Reproduction d’un des temples d’Angkor Vat, ce temple faisait partie du pavillon du Cambodge aménagé par Alexandre Marcel, lors de l’exposition universelle de 1900. Un des accès au temple est l’escalier aux lions, ces couples de lions gardiens protègent traditionnellement palais et temples en Chine. Deux statues hindoues, du dieu Vishnu et de sa femme, la déesse Lackmi, encadrent l’entrée du temple. Les apsaras (nymphes célestes hindoues) et les génies du monde souterrain, sculptés sur le fronton, protègent le temple. A l’intérieur, un Bouddha assis dans la position du Lotus sur les anneaux du Naja (serpent mythique et protecteur) reçoit la vénération des cambodgiens de la région, pour qui ce temple est aujourd’hui un lieu de culte.

2015-08 Maulévrier - Temple khmerMaulévrier, 2015, A.M.Pan


La colline des méditations

La colline des méditations se doit d’être proche de rochers – symboles d’éternité -, d’une cascade – qu’on devine à son chant -, sous le couvert de conifères odorants évoquant la longévité mêlés aux arbres caduques dont le feuillage léger bruisse comme un murmure et abrite des oiseaux mélodieux.

2015-08-19 Maulévrier (14)Maulévrier, 2015, A.M.Pan


La corne d’or

Cet élément, symbolisant le Naja qui protégea Boudha, est recouvert de losanges de verre doré (il vient directement de Thaïlande et a été installée en 1992).

2015-08 Maulévrier - Mix Corne d'orMaulévrier, 2015, A.M.Pan


Les topiaires

L’art topiaire (du latin ars topiaria qui se traduit par art du paysage) consiste à tailler, voire sculpter, arbres et arbustes pour former des haies et surtout des sujets  variés. Cet art ancien, déjà pratiqué dans l’antiquité romaine, se pratique sur des végétaux, conifères ou feuillus, de port compact, à petites feuilles, de préférence persistantes (en Europe, ce sont traditionnellement des ifs et surtout  des buis).

Mix boule
Formes simples et universelles : boules, plateaux.
Mix accent

Théâtralisation de formes naturelles retravailllées et accentuées.

Mix jap

Taille en transparence et taille en nuage typiquement japonaise. Maulévrier, 2015, A.M.Pan

2015-08-19-Maulévrier-TopiairesMaulévrier, 2015, A.M.Pan

2015-08-19 Maulévrier TT (2)La présence animale (poissons, oiseaux, etc.) est vivement appréciée, voire indispensable, dans les jardins japonais – Maulévrier, 2015, A.M.Pan


L’art japonais des jardins

 

Comme il n’y a pas un jardin occidental, mais des jardins (médiévaux, italiens, à la française, à l’anglaise, de campagne ou de ville, etc.), les jardins japonais sont avant tout multiples, différents dans le temps, l’espace et la fonction. Plusieurs styles se sont succédé, apparaissant tous sur l’île de Honshū, l’île centrale du Japon, avant de se diffuser dans le reste de l’Empire.

Un peu d’histoire

Dans l’archipel nippon, les forces de la nature, qui s’expriment avec violence – séismes, tsunamis et typhons en témoignent -, sont déifiées par le shintô, religion animiste toujours pratiquée aujourd’hui, et dès l’antiquité, des aménagements sont faits autour des kamis (éléments de la nature divinisés) et des sanctuaires shintoïstes. Le shime nawa est la corde en paille de riz entourant l’espace ou l’objet sacré et les premiers jardins, au caractère sacré, sont des shima. A la nature sauvage se juxtapose une nature domestiquée par l’agriculture, toutes deux inspirent les jardiniers japonais qui les mêlent harmonieusement dans les premiers jardins d’agrément qui apparaissent auprès des palais durant les périodes Asuka (552-710) et Nara (710-794). Nettement influencés par l’art chinois des jardins et les préceptes boudhistes et taoïstes, ces jardins  sont aménagés pour reproduire en les réduisant différents paysages, où ‘eau et roches’ représentent ‘océans et montagnes’ qui sont l’univers : le mot paysage (san sui) est la juxtaposition de deux idéogrammes, san = montagne et sui = eau. La création d’étangs à un ou plusieurs îlots se systématise dans les jardins des périodes Azuka et Nara. L’art du jardin se dit alors en japonais ‘art de dresser les pierres’.

Les créations de l’époque Heian (794-1185), les jardins de style shinden (shinden zukuri teien) s’émancipent de l’influence chinoise et se teintent d’un caractère insulaire personnel, ces jardins sont aussi ceux qui marquent le plus les saisons et le ‘temps qui passe’. Ils sont construits sur un plan étang-île ou jardin-rivière (yarimizu) : créé de part et d’autre d’un cours d’eau – orienté est/ouest et navigable pour la promenade -, agrémenté d’une ile des immortels accessible par un pont, intégrant plusieurs enrochements et se terminant dans une mare. Une cour de sable s’impose entre le bâtiment principal et ce jardin-rivière.

A partir du XIIe s., avec la diffusion du bouddhisme zen, les jardins évoluent d’un simple  mimétisme de la nature vers une symbolisation de celle-ci, les plantes à fleurs sont délaissées pour les plantes persistantes, les premiers véritables jardins secs (karesansui) apparaissent, ces jardins sont faits avant tout pour une contemplation immobile  et la méditation. Cette évolution est plus appuyé encore dans les jardins de temples et monastères qui n’ont conservé du  modèle shinden que la cour de sable et évolué vers une abstraction et une épure de plus en plus marquées, les demeures aristocratiques ayant quant à elles adopté la représentativité concrète du jardin-paysage.

Le XVIe s. voit l’apparition des jardins de thé (chaniwa) : lanternes de pierre (ishidôrô), bassin creusé dans une pierre (tsukubai), pierres de passage (tobiishi) disposées le long d’un chemin de rosée (roji) symbolisent un sentier de montagne conduisant à un ermitage – maison de thé.

Au cours de l’époque apaisée et prospère d’Edo (1600-1868),  d’immenses jardins de promenade (kaiyûshiki teien), fastueux jardins de plaisance, agrémentent les propriétés aristocratiques, en même temps que de minuscules jardins de cour intérieure  (tsubo-niwa, naka-niwa et senzai) font le plaisir d’une nouvelle classe bourgeoise. L’ère Meiji (1868-1912) est marquée par l’ouverture du Japon à l’Occident, ce qui se traduit dans les jardins par l’adoption de grandes pelouses et d’une nouvelle palette végétale associé à un certain abandon des valeurs traditionnelles. Au XXe s.,  l’architecte-paysagiste Mirei Shigemori (1896–1975) intègre dans ses aménagements cet héritage ancien et une vision radicalement moderne.

Quelques principes

Le jardin japonais cherche à interpréter et idéaliser la nature en limitant les artifices, il refuse la symétrie au profit de l’asymétrie. Un des points forts de l’art japonais est l’attention toute particulière apportée pour que le jardin soit attractif tout au long de l’année, quelque soit la saison, s’appréciant sans temps mort. Les paysagistes (niwa shi ou maître-jardinier) cherchent également à gommer les limites spatiales, à éviter toute rupture entre le jardin et le grand paysage, grâce à une technique, le shakkei, qui donne l’impression d’un espace aux dimensions infinies, et ce bien les jardins japonais soient généralement assez petits (en comparaison avec les jardins chinois plus monumentaux). Le jardin est construit en plans visuels successifs (pas de point de fuite, au contraire des jardins à la française) : aux premier et second plans, des végétaux intéressants  sont soigneusement placés dans le jardin en lien avec l’extérieur, au troisième plan, des constructions, des arbres et arbustes dissimulent les limites réelles du jardin, cachant et révélant (miegakure) tour à tour la vue sur le paysage et au quatrième plan, des éléments extérieurs sont capturés visuellement et intégrés dans la composition du jardin. Le choix de planter de grands arbres au premier plan et des arbres plus petits à distance agrandit optiquement l’espace.

自然 shizen : la nature

風景 fuukei : scènes, vues

四季 shiki : les 4 saisons

niwa : le jardin

tsubo : la cour intérieure

潜在 senzai : caché

Les japonais distinguent quatre grands types :

  • les jardins qui représentent la nature en miniature (shizen fuukeishiki), dont le jardin de promenade – nécessairement vaste – (kaiyûshiki teien), le jardin ondulé (tsukiyama-niwa) et le jardin plat qui peut être de dimension modeste (hira-niwa),
  • les jardins secs et jardins de méditation, stricts, stylisés et épurés (karesansui), souvent dénommés en Europe jardins zen,
  • les jardins de thé (cha-niwa),
  • les jardins de cour intérieure (tsubo-niwa) ou de patio (naka-niwa), le plus souvent jardins de ville (senzai).

Ils classent ces jardins selon leur degré de naturel/formalisme en trois niveaux : naturel (), mi-formel (gyô), et formel (shin).

Tsukiyama niwa ou jardin à collines, Zukai teizohō, 1890 Hiraniwa ou jardin plat, Zukai teizohō, 1890 Chaniwa ou jardin de thé, Zukai teizohō, 1890 Clotures, Zukai teizohō, 1890 Ponts, Zukai teizohō, 1890

1 = Tsukiyama niwa ou jardin à collines, 2 = Hiraniwa ou jardin plat, 3 = Chaniwa ou jardin de thé, 4 = clôtures, 5 = ponts, gravures extraites de Zukai teizohō, 1890, présentées dans l’article d’Ursula Wieser Benedetti, publié dans Projets de paysage le 11/07/2012 : www.projetsdepaysage.fr/fr/le_jardin_japonais_en_europe

Sunsho-an, Temple Daitoku-ji, Kyoto (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale, 1799)

Le jardin du Sunshō-an, Temple Daitoku-ji, Kyōto (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale, 1799)

fujijardins - cha tsukubai

Chaniwa (photo provenant de l’article très documenté chaniwa de fujijardins.com ; le site intéressant comprend plusieurs pages sur l’art des jardins : http://fujijardins.com/types/types.php)

Plan du palais Sentô gosho dû à Kobori Enshū

Plan du palais Sentô gosho à Kyoto, dû à Kobori Enshū (1579-1647), extrait de l’article de Yama.uchi Tomoki sur Les jardins et  l’esthétique de Kobori Enshū , publié dans Projets de paysage, le 12/07/2012 : http://www.projetsdepaysage.fr/les_jardins_et_l_esthetique_de_kobori_ensh_u016b


Jardins japonais les plus célèbres

 

Les trois jardins-paysages les plus célèbres du Japon sont le Kairakuen à Mito (ci-dessous photo 1), le  Kenrokuen à Kanazawa (ci-dessous photo 2) et le Korakuen à Okayama (ci-dessous photo 3). Le jardin sec du temple Ryôan-ji à Kyôto (ci-dessous photo 4) est mentionné sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, il a été créé entre 1499 et 1507 (époque Muromachi) et occupe 200 m2.
Kairaku-enFountain - Kenrokuen Garden de Kanazawa (Japan)Korakuen à Okayama (Japan)Jardin sec du temple Ryōan-ji à Kyoto

Quelques jardins japonais en France

 

Contacts du Parc oriental de Maulévrier : http://www.parc-oriental.com/http://www.photos-et-panoramas.fr/sph/sphpdl/vr_oriental.html

Parc botanique de Haute-Bretagne (près de Fougères) : dessiné en 1847 sur 25 hectares, le parc comprend 24 jardins à thème dont un jardin japonais, 4 000 espèces végétales différentes.
Le jardin japonais de l’Ile de Versailles à Nantes (Loire-Atlantique) : un petit jardin autour d’une maison de thé traditionnelle, halte paisible en cœur de ville et au bord de l’Erdre.
Le jardin japonais de l’Unesco à Paris, dit le « jardin de la Paix » : œuvre de le sculpteur américano-japonais Isamu Noguchi, récemment restauré selon les volontés de son créateur.
Musée et jardins départementaux Albert Kahn (Hauts de Seine) : du jardin japonais créé par Albert Kahn en 1909 ne subsiste qu’un cèdre de l’Himalaya et un hêtre pleureur, le jardin renaît aujourd’hui, recréé fin des années 80 par le paysagiste japonais Fumiaki Takano, en s’inspirant des autochromes d’Albert Kahn. Fumiaki Takanno a réalisé deux jardins éphémères à Chaumont-sur-Loire : From sky to earth en 1997 puis Zen’ith en 2007.
Le parc de l’Amitié à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) : paisible jardin aux notes asiatiques, avec un jardin japonais (vert) et un jardin zen (sec) à proximité de la roseraie en hommage à Joséphine de Beauharnais (lien wiki).
Jardin japonais du Château de Courances (Essonne) : créé dans les années 20 par Berthe de Ganay, érables du japon, hêtres pourpres et taille en nuage …
Le jardin zen d’Erik Borja (Drôme) : depuis 1973, jardin d’accueil, jardin de méditation, jardin de thé, jardin de promenade et jardin du Dragon, et aussi jardin … méditerranéen.
 Le jardin japonais de Compans-Caffarelli à Toulouse : créé en 1981, inspiré des jardins des XIV-XVIe siècles à Kyoto, mise en scène du monde minéral,  végétal et aquatique, mur d’enceinte, ponts, lanternes, et pavillon de thé sur 7 000 m2.
Le jardin japonais de Monaco conçu par Yasuo Beppu, inauguré en 1994 : un espace vert de 7000 m2 avec une montagne, une colline, une cascade, une plage, un ruisseau, un grand bassin central, traversé par un pont de pierre. Il comporte aussi une maison de thé et un jardin sec.
Jardin japonais du Havre : jardin clos de 2 250 m2 , créé en 1993 par Yasuko Miyamae et Samuel Craquelin pour le jumelage entre les ports d’Osaka et du Havre.
Le sentier de Chiminobambusa (Nord) : jardin de ville d’esprit zen,  créé à partir de 2004.
Les jardins de Ly (Somme) : parmi d’autres espaces, un jardin d’inspiration japonaise, un jardin de topiaires, un jardin de bonzaï, une bambouseraie et un pavillon chinois.

Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire 2015

Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire se tient du 23 avril au 1 novembre 2015 et présente sous la présidence de Patrick Blanc des Jardins extraordinaires, jardins de collection. Ce « laboratoire de la création contemporaine dans le domaine des jardins et de la création paysagère » s’attache cette année aux trésors végétaux et à leurs collectionneurs.

Chaumont sur Loire - Festival 2015 - affiche

 

1 Carnivore parc
2 Le jardin des chasseurs de plantes
3 L’arche de Linné
4 Nuances
4′ Collection noire
5 Le jardin des 101 pelargoniums
6 À table !
7 Suspensions climatiques
8 Le jardin des graines
9 Le jardin d’Orphée
10 Fleur bleue
11 Le jardin du teinturier
12 Le jardin perdu
13 Porte-bonheur
14 La rareté se mange-t-elle ?
15 Cabinets de curiosités végétales
16 Le jardin des bougainvilliers
17 Réflexion d’un collectionneur
18 La phytothèque
19 Le jardin sauvage
19′ Silence ! ça mousse
20 La serre des Victorias
21 Philéas
22 Cuisine africaine
23 L’ivresse des elfes
24 Le collectionneur de l’ombre
Dans les Prés du Goualoup
25 Carré et Rond
26 Hualu, Ermitage sur Loire
27 Le jardin des nuées qui s’attardent
28 Le jardin miroir
29 Le jardin coréen
30 Les jardins japonais
Dans la Cour de la Ferme
Le potager lumineux [M],[N]
Le potager du Domaine [M]
Le jardin des enfants [N]

Une petite visite des 26 jardins …

 

Les vidéos sont celles réalisées par chaque créateur de jardin pour commenter sa réalisation (Youtube) et les photos  des installations 2015 sont dues à E. Sanders et extraites du site officiel (http://www.domaine-chaumont.fr/festival_festival-visite?scat=3b&expandable=0).

Chaumont-sur-Loire - Festival 2015 mix


Jardin n°1 Carnivore parc

Milieu pauvre en minéraux, les tourbières ont  pourtant permis le développement, outre des mousses, fougères et bruyères, d’une gamme de végétaux intrigants, dont l’adaptation ne cesse d’étonner, créant un monde inversé où le végétal mange l’animal, celui des plantes carnivores. Le groupe, riche de plus de 550 espèces, est représenté ici par la plante cobra (Darlingtonia californica), l’attrape-mouche aux machoires acérées (Dionaea muscipula), les gluantes droseras (Drosera binata, D. capensis, D. rotundifolia) et les sarracenias aux longs tubes piégeux (Sarracenia ‘Judith Hindle’, S. ‘Juthatip Soper’, S. ‘Juthatip Soper’ x S. leucophylla, S. alata, S. flava, S. flava ‘Atropurpurea’, S. flava ‘Ornata’, S. purpurea, S. purpurea subsp. venosa, S. purpurea var. heterophylla) dont nous sommes protégés par les vitrines grillagées.

Carnivore parc Festival International des Jardins 2015 - © E.Sander

Et beaucoup plus sur la page : https://www.facebook.com/carnivoreparc

DesktopDarlingtonia californica Dionaea muscipulaDrosera rotundifoliaSarracenia oreophilaDarlingtonia californica – Dionaea muscipula – Drosera rotundifolia – Sarracenia oreophila

Prolongement à Nantes  … sur l’Ile aux machines … une autre mise en scène de plantes carnivores … en version naturelle … :2015-08-22 Nantes - L'île aux machines (30)… et en version machine mécanique :2015-08-22 Nantes - L'île aux machines (24)et toujours à Nantes, mais au Jardin des plantes, où les carvivores sont là aussi  engrillagées :2015-08-21 - JdP Nantes - Serres (10)Nantes – 22 & 23 août 2015 – photos PW/Pan


Jardin n°2 Le jardin des chasseurs de plantes

Le monde des aventuriers-botanistes des XVII-XVIIIe siècles se découvre ici, des terres vierges, à peine inventées et encore à explorer, aux jardins d’acclimatation européens : l’Aralia elata, l’Asparagus densiflorus ‘Myers’,  les fougères arborescentes (Dicksonia antarctica) ou non (Athyrium angustum forma rubellum ‘Lady in Red’, Blechnum fluviatile, Dryopteris affinis, Matteuccia struthiopteris, Polypodium vulgare, Polystichum setiferum), les plantes gigantesques (Amorphophallus titanum, Gunnera manicata) ou discrètes (Tolmiea menziessi) et les plantes à fleurs luxuriantes (Albizia julibrissin, alliums, fritillaires, kniphofias et primevères divers, Lupinus polyphyllus, Strelitzia reginae) sont toutes, pour l’imaginaire européen, teintées d’exotisme.

Les chasseurs de plantes de jardin Festival International des Jardins 2015

Athyrium angustumBlechnum fluviatileDicksonia antarcticaDryopteris affinisMatteuccia struthiopterisAthyrium angustum, Blechnum fluviatile, Dicksonia antarctica, Dryopteris affinis, Matteuccia struthiopteris, Polystichum setiferum

Mix - Allium flavumAllium obliquumAllium carinatum pulchellumAllium nectaroscordum Allium flavum, Allium obliquum, Allium carinatum pulchellum, Allium nectaroscordum

Mix FritillariaFritillaria imperialis, Fritillaria imperialis Raddeana, Fritillaria persica Adiyaman, Fritillaria persica Ivory bells

Mix - Kniphofia, Lupinus polyphyllus, Primula vialii, Strelitzia reginaeKniphofia Mango popsicle, Kniphofia Moonstone, Strelitzia reginae, Primula vialii, Lupinus polyphyllus

Mix - Amorphophallus titanum Gunnera manicata Tolmiea menziesiiAmorphophallus titanum, Gunnera manicata, Tolmiea menziesii


Jardin n°3 L’arche de Linné

Face à un nouveau déluge, les caisses débordantes de plantes attendent d’être chargées sur une Arche de Noé revisitée par Carl Von Linné, où les plus précieux végétaux sont déjà à l’abri. Elles sont toutes là, les plantes, attendant de conquérir un nouveau monde : les frêles aquatiques (Menyanthes trifoliata, Utricularia sandersonii) et les solides cactus (Colletia cruciata, Echinocactus grusonii, Trichocereus Pasacana), les archaïques fougères (Dicksonia antartica), les herbes modestes – en fait graminées, joncs et broméliacées – (Carex caryophillea ‘The Beatles’, Leymus arenarius ‘Blue Dune’, Muhlenbergia dubiaPuya coerulea, Rhynchospora colorata), les arbres et arbustes superbes (Acer palmatum ‘Scolopendrifolium’, Cephalanthus occidentalis, Cercis canadensis ‘Lavender Twist’, Salix sepulcralis ‘Erythroflexuosa’, Taxodium distichum ‘Pendulum’, Wollemia mobilis),  les vivaces et annuelles fleuries (Clematis viticella ‘Ernest Markham’, Digitalis lanata, Nigella Papillosa ‘Delft Blue’, Rodgersia pinnata, Thalictrum ‘Elin’), les précieuses bulbeuses (Camassia leichtlinii, Iris ensata ‘Caprician Butterfly’, Kniphofia ‘Redhot popsicle’), les bonnes géantes (Gunnera insignis, Melianthus major) et les belles comestibles (Curcuma alismatifolia, Dolichos lablab, Sechium edule).

L'arche de Linné Festival International des Jardins 2015

https://www.facebook.com/LArche-de-Linn%C3%A9-418027408350654/timeline/

Mix - Trichocereus PasacanaEchinocactus grusoniiColletia cruciataLes solides cactus : Colletia cruciata, Echinocactus grusonii, Trichocereus Pasacana

MonocotylédonesLes herbes modestes : Carex caryophillea ‘The Beatles’, Muhlenbergia dubiaLeymus arenarius ‘Blue Dune’, Puya coerulea, Rhynchospora colorata

Mix - Curcuma alismatifolia Dolichos lablab Sechium eduleLes belles comestibles : Curcuma alismatifolia, Dolichos lablab, Sechium edule


Jardin n°4 Nuances

Ou le musée à l’air libre et la calme contemplation d’un tableau tout  en nuances de bleu, et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Eau, ciel, fraicheur, rêve, du blues mélancolique au  bleu serein, un parcours vers la sagesse ?

Nuances Festival International des Jardins 2015

Du bleu, du bleu, du bleu …

Mix - Yucca rostrataAgave americanaEucalytpus pulverulenta ‘Baby Blue’Dasylirion glaucophyllumCupressus sempervirens ‘Stricta’Yucca rostrata, Agave americana, Eucalytpus pulverulenta ‘Baby Blue’, Dasylirion glaucophyllum, Cupressus sempervirens ‘Stricta’Mix - Artemisia schmidtiana ‘Nana’Festuca glaucaDischondra argentea ‘Silver Fall’Hosta x ‘Big Daddy’Hosta tardiana ‘Halcyon’Artemisia schmidtiana ‘Nana’, Festuca glauca, Dischondra argentea ‘Silver Fall’, Hosta x ‘Big Daddy’, Hosta tardiana ‘Halcyon’

Agapanthus umbellatus, Ipomea indica, Veronica 'Sunny Border Blue', Eryngium planum, Nepeta 'Fassenii', Perovskia 'Bluespire', Salvia chamaedryoïdes, Scevola 'Blue Fan', Verbena bonariensis, Verbena venosaAgapanthus umbellatus, Ipomea indica, Veronica ‘Sunny Border Blue’, Eryngium planum, Nepeta ‘Fassenii’, Perovskia ‘Bluespire’, Salvia chamaedryoïdes, Scevola ‘Blue Fan’, Verbena bonariensis, Verbena venosa

Aquilegia 'Blue star', Geranium 'Brookside', Aubrieta 'Cascade Blue', Delphinium elatum, Iris 'Blue Rythm,' Campanula carpatica, Phlox 'Blue eyes', Aster-novae-angliae, Wisteria floribunda plena, Platycodon Aquilegia ‘Blue star’, Geranium ‘Brookside’,  Aubrieta ‘Cascade Blue’,  Delphinium elatum, Iris ‘Blue Rythm,’ Campanula carpatica, Phlox ‘Blue eyes’, Aster-novae-angliae, Wisteria floribunda plena, Platycodon ‘Mariessii’


Jardin n°4′ Collection noire

Visite à pas feutrés  dans le jardin secret d’un joaillier, obsédé par le noir, qui collectionne les perles rares et sombres du monde végétal.

Collection noire Festival International des Jardins 2015

Bien plus d’info ici : https://collectionnoire.wordpress.com/page/1/

Black is black …

Acer palmatum Atropurpureum & Dissectum atropurpureum, Acer platanoides 'Crimson Sentry’, Corylus avellana ‘Red Majestic’, Sambucus nigra ‘Black Lace’Arbres noirs : Acer palmatum atropurpureum, Acer palmatum dissectum atropurpureum, Acer platanoides ‘Crimson Sentry’, Corylus avellana ‘Red Majestic’, Sambucus nigra ‘Black Lace’

Aquilegia vulgaris ‘Black Barlow’, Tulipa ‘Black Parrot’, Cosmos atrosanguineus ‘Chocolat’Fleurs noires : Aquilegia vulgaris ‘Black Barlow’, Tulipa ‘Black Parrot’, Cosmos atrosanguineus ‘Chocolat’

Alcea rosea nigra, Iris ‘Dusky dancer’, Viola Molly SandersonAlcea rosea Nigra, Iris ‘Dusky dancer’, Viola ‘Molly Sanderson’

Centaurea montana ‘Black Sprite’, Veratum nigrum, Rudbeckia occidentalis ‘Green Wizard’, Scabiosa atropurpurea ‘Chile sauce’Centaurea montana ‘Black Sprite’, Veratum nigrum, Rudbeckia occidentalis ‘Green Wizard’, Scabiosa atropurpurea ‘Chile sauce’

Et encore quelques autres fleurs noires : Dahlia ‘Cactus Prince Noir’, Dahlia ‘Tartarus’, Dahlia ‘Pompon Radjah’, Fritilaria persica,  Paeonia hybride ‘Belle Center’

Feuilles noires Berberis atropurpurea, Cordyline aus. ‘Red Star’, Ligularia dentata ‘Midnight Lady’Feuillages noirs : Berberis atropurpurea, Cordyline australis ‘Red Star’, Ligularia dentata ‘Midnight Lady’Feuilles noires Ophiopogon nigrescens, Phyllostachys nigra, Physocarpus opulif ‘Diabolo’Ophiopogon nigrescens, Phyllostachys nigra, Physocarpus opulif ‘Diabolo’

Et quelques autres feuillages noirs : Heuchera ‘Lime Rickey’, Heuchera ‘Obsidian’, Cotinus coggygria ‘Royal Purple’, Pennisetum ‘Burgundy Giant’


Jardin n°5 Le jardin des 101 pelargoniums

Un hommage à la diversité des pélargoniums, leurs feuillages, leurs fleurs, leurs textures, leurs couleurs, leurs parfums tous différents …

Le jardin des 101 pelargoniums Festival International des Jardins 2015

https://www.facebook.com/ThePelargoniumAndGeraniumSociety?fref=nf

280 espèces de pélargoniums et une multitude de cultivars

Pelargonium

Une page ‘wiki’ sur le monde des pélargoniums :  http://www.wikiwand.com/fr/P%C3%A9largonium


Jardin n°6 À table !

Une superbe salle de banquet prête pour un festin de fruits et légumes anciens, colorés et étonnants (Beta vulgaris ‘Pink Flamingo’, Brassica oleracea ‘Violetto di Sicilia’ , Fragaria ananassa ‘Anablanca’, Lactuca sativa ‘Reine Des Glaces’, Phaseolus vulgaris ‘Royal Burgundy’, Solanum melongena var. ovigerum, Solanum lycopersicum ‘Black Cherry’, etc.). Les convives sont surveillés de haut par les curieuses Nepenthes alata prêtes à gober les pique-assiette indésirables.

A table Festival International des Jardins 2015

Quand le haricot est violet, l’aubergine blanche et la tomate noire …

Phaseolus vulgaris 'Royal Burgundy', Solanum melongena var. ovigerum, Solanum lycopersicum 'Black Cherry'Phaseolus vulgaris ‘Royal Burgundy’, Solanum melongena var. ovigerum, Solanum lycopersicum ‘Black Cherry’

Nepenthes alataNepenthes alata


Jardin n°7 Suspensions climatiques

L’évolution climatique de notre planète risque de mettre à mal le monde végétal,  chaque plante risque de devenir rare, la collection devient une mesure de préservation. Les structures  où s’alignent les espèces protégées, sont cernées de grimpantes parties à l’assaut de ce jardin suspendu.

Suspensions climatiques Festival International des Jardins 2015

 

Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’, Agrostis bamboo ‘Green Twist’, Akebia quinata, Alteranthera ‘Purple Knight’, Araujia sericofera ‘Alba’, Aristolochia macrophylla, Calocephalus brownie, Clematis armandii ‘Snow Bells’, Clematis Fargesii summersnow, Clematis tangutica ‘My angel’, Cobeae scandens, Dichondra ‘Emerald Falls’, Dipladenia boliviensis, Glechoma hederacea ‘Variegata’, Hedera hibernica, Humulus lupulus ‘Aureus’, Ipomea Batatas ‘Mardi Gras’, Ipomoea purpurea ‘Kniola’s Black’, Jasminum officinalis ‘Aureum’, Lotus maculatus ’Red Flasch’, Nasturtium ‘Black Velvet’, Parthenocissus robusta, Passiflora caerula ‘Constance Elliot’, Ophiopogon planiscapus ‘Nigrescens’, Sedum rubrotinctum, Senecio rowleyanus, Solanum jasminoïdes ‘Album’, Stipa capillata ‘Voile de mariée’, Thunbergia ‘African Sunset’, Tradescantia Pallida ‘Purple Hear.


Jardin n°8 Le jardin des graines

Les Jardins Botaniques de France et des pays francophones rappellent ici une de leurs missions, la collecte et préservation des graines, inventoriées dans l’Index seminum, et facilement échangées. L’outil emblématique, le tamis, sert de base à la construction architecturée de l’espace.

Le jardin des graines Festival International des Jardins 2015


Jardin n°9 Le jardin d’Orphée

C’est l’expérience d’Orphée qui est proposée ici aux visiteurs par ce voyage sans issue au long d’un pont de bois enjambant un terrain occupé par des plantes succulentes extraordinaires.

Le jardin d'Orphée Festival International des Jardins 2015

Parmi ces succulentes :

  • Les agaves : Agave americana, Agave colorate, Agave striata
  • Les aloès : Aloe marlothii
  • Les cactus-cierges (colonnaires) : Cereus peruvianus, Cereus peruvianus ‘Monstruosus’, Espostoa mirabilis, Neobuxbaumia polylopha, Oreocereus celsianus, Pachycereus pecten-aboriginum, Pachycereus pringlei, Trichocereus tarijensis
  • Les cactus-tonneaux (globulaires) : Echinocactus grusonii, Ferocactus glaucescens, Ferocactus herrerae, Ferocactus stainesii, Ferocactus townsendianus
  • Cactus à bras : Stetsonia coryne

Cactacées - planche botanique


Jardin n°10 Fleur bleue

La poésie du bleu est au cœur de ce jardin où une multitude de pots posés les uns sur les autres créent des reliefs ondulants plantés de nombreuses espèces végétales souples et légères, en camaïeu bleuté, parmi lesquelles les sauges dominent.

Fleur bleue Festival International des Jardins 2015

Pour cette recette, il faut :

  • 3 herbes bleues :  Elymus glaucus, Festuca valesiaca glaucantha, Panicum virgatum ‘Prairie Sky’
  • 1 agapanthe, 1 chardon et 1 véronique : Agapanthus, Eryngium planum ‘Blue Glitter’, Veronica longifolia
  • 2 penstémons : Penstemon ‘Electric’, Penstemon ‘Heavenly Blue’
  • 3 pétunias : Petunia ‘Parade Sky Blue’, Petunia ‘Conchita Azur’, Petunia ‘Surfinia Sky Blue’
  • 13 sauges : Salvia atrocyanea, Salvia azurea, Salvia candelabrum, Salvia chamaedryoides, Salvia farinacea ‘Mystic Spire’, Salvia farinacea ‘Victoria’, Salvia guaranitica ‘Enigma’, Salvia guaranitica ‘Purple majesty’, Salvia horminum ‘Oxford Blue’, Salvia patens ‘Dots Delight’, Salvia patens ‘Oxford’, Salvia uliginosa ‘Ballon Azul’, Salvia uliginosa
  • 5 couvre-sol : Ageratum ‘Ville d’Angers’, Geranium ‘Rozanne’, Heliotropium ‘Villandry’, Laurentia isotoma, Lobelia ‘Palace’
  • 3 grimpantes : Iochroma cyaneum grandiflorum, Plumbago auriculata ‘Caraïbes’, Solanum Rantonetti

Fleurs bleues - Ageratum, Heliotropium ‘Villandry’, Laurentia isotoma, Lobelia ‘Palace’Fleurs bleues : Ageratum, Lobelia ‘Palace’, Laurentia isotoma, Heliotropium ‘Villandry’


Jardin n°11 Le jardin du teinturier

Nous sommes sur le domaine d’un teinturier, c’est un jardin multicolore, évidemment !  La palette de couleurs des végétaux est large, mais plus encore celle des nuances obtenues dans le secret du laboratoire, grâce à toutes ces plantes, ici leur racine, leur écorce, leurs feuilles, leurs  fleurs ou leurs fruits, séchés, broyés et finalement classés : les rouges-garance, les bleus-indigo, les ors-genêt et les autres … Carnets de recettes et échantillons de teintes nous font partager l’art plusieurs fois millénaire des plantes tinctoriales.

Le jardin du teinturier Festival International des Jardins 2015

Quelques plantes tinctoriales présentes dans ce jardin :

Alchemilla mollis, Achillea millefolium, Anthemis tinctoria, Asperula tinctoria, Clerodendron trichotomum, Cosmos sulphureus, Coreopsis verticillata, Cynara scolymus, Eupatorium cannabinum, Fillipendula ulmaria, Helianthus decapetalus ‘Capenoch star’, Helichrysum italicum, Hypericum perforatum, Indigofera gerardiana, Isatis tinctoria, Lawsonia inermis, Mentha longifolia, Mentha piperita, Origanum vulgare, Persicaria tinctoria, Punica granatum, Rhamnus catharticus, Rhumes sanguineus, Rheum palmatum, Rubia tinctoria, Salvia officinalis, Serratula tinctoria, Solidago canadensis, Tanacetum vulgare, Verbascium thapsus.

En complément : http://www.wikiwand.com/fr/Liste_de_plantes_tinctoriales


Jardin n°12 Le jardin perdu

Qu’advient-il du jardin le plus travaillé, le plus civilisé, le jardin de topiaires, quand tout jardinier l’a abandonné ? La collection de plantes taillées devient fantomatique, réduite à quelques armatures, envahie par des sauvageonnes qui prennent d’assaut cet espace.  Ce jardin perdu est peut-être un jardin retrouvé. Illustration poétique de l’éternelle alternative entre nature et culture.

Le jardin perdu Festival International des Jardins 2015

Fougères, joncs, graminées, chardons, ronces et quelques autres sauvageonnes, sous le couvert d’arbres pionniers :

  • Angelica archangelica, Aquilegia caerulea ‘Blue star’, Aruncus dioicus, Asplenium scolopendrium, Carex pendula, Clematis vitalba, Digitalis purpurea, Dryopteris affinis, Epilobium angustifolium ‘Album’, Euphorbia amygdaloides, Filipendula ulmaria, Geranium sanguineum ‘Album’, Humulus lupulus, Juncus effusus, Lythrum salicaria, Onopordon acanthium, Pulmonaria longifolia ‘E. B. Anderson’, Rubus cockburnianus, Selinum wallichianum, Silene dioica, Sycios angulato, Symphytum grandiflorum, Thalictrum delavayi ‘Hewitt’s double’, Verbascum olimpycum, Vernonia fasciculata, Veronicastrum virginicum.
  • Fraxinus excelsior, Populus tremula, Prunus avium, Salix alba

Jardin n°13 Porte-bonheur

Vous cherchez un porte-bonheur, pourquoi pas un trèfle … à quatre feuilles,  comme ceux encadrés dans cette précieuse collection suspendue de trèfles à 4 feuilles sous-verre. Au sol une autre collection, botanique, de vrais trèfles, mais aussi de faux-frères (Oxalis …), elle vous offrira peut-être le trèfle rare qui vous portera bonheur …

Porte-bonheur Festival International des Jardins 2015

Le jardin des trèfles

  • Les vrais trèfles : Trifolium alexandrium, Trifolium angustifolium, Trifolium arvense, Trifolium campestre, Trifolium fragiferum, Trifolium incarnatum, Trifolium montanum, Trifolium ochroleucon, Trifolium pannonicum, Trifolium pannonicum ‘White Tiara’, Trifolium pratense, Trifolium repens, Trifolium repens ‘Purpurascens Quadrifolium’, Trifolium rubens, Trifolium rubens ‘Peach Pink’, Trifolium spumosum
  • Les faux trèfles : Oxalis adenophylla, Oxalis deppei ‘Iron Cross’, Oxalis floribunda, Oxalis triangularis, Oxalis vulcanicola ‘Dark Form’
  • Les graminées : Acorus gramineus ‘Ozon’, Carex oshimensis ‘Everillo’, Miscanthus sinensis ‘Gracilimus’, Pennisetum alopecuroides ‘Hameln’, Stipa tenuifolia
  • Plantes à fleurs : Emerus stenophyllus ‘Bungei’, Gaura lindheimeri, Heuchera ‘Yellow Stone’, Kniphofia ‘Little Maid’, Rudbeckia ‘India Summer’, Rudbeckia ‘Marmelade’

Jardin n°14 La rareté se mange-t-elle ?

Dans ce jardin rare, les plantes sont toutes comestibles, cultivées habituellement pour être consommées, elles se donnent ici aussi à voir. Elles débordent, exubérantes, des cadres installés par l’homme et envahissent l’espace,  exhibant la beauté et la force naturelles de légumes livrés à eux-mêmes.

La rareté se mange-t-elle Festival International des Jardins 2015

Parmi ces trésors du potager

Agastache foeniculum, Allium ampeloprasum, Allium scorodoprasum, Amaranthus gangeticus, Beta vulgaris ‘Red Rhubarb’, Cardiospermum halidacacabum, Chenopodium capitatum, Cucumis sativus ‘Empereur Alexandre’, Cucumis sativus ‘Poona Kheera’, Cucurbita moshata ‘Tromba d’Alenga’, Cucurbita pepo ‘Patisson Blanc’, Cucurbita pepo ‘Pomme d’Or’, Cucurbita pepo ‘Vert pâle de Bennings’, Cyclanthera explodens ‘Naud’, Cynara scolymus ‘Gros vert de Laon’, Dolichos lablab ‘Ruby Moon’, Fagopyrum dibotrys, Helianthus tuberosus, Humulus lupulus, Mentha longifolia ‘Buddleia’, Phaseolus coccineus, Physalis peruviana, Raphanus sativus caudatus, Rheum rhubarbarum, Sanguisorba officinalis ‘Tanna’, Smallanthus sonchifolius, Tragopogon porrifolimum, Trichosanthes cucumerina, Tropaelum tuberosum, Tropaeolum majus.


Jardin n°15 Cabinet de curiosités végétales

Objets rares, protégés et montrés dans des pièces-cabinets qui les mettent individuellement en scène, les curiosités du lieu sont douze espèces de palmier : Brahea nitida, Butia capitata, Chamaerops humilis ‘Cerifera’ & ‘Volcano’, Nannorrhops Iran silver, Phoenix roebelinii, Parajubaea torallyi torallyi, Rhapis excelsa, Syagrus santa catarina, Trachycarpus princep, Trachycarpus wagnerianus, Trithrinax campestris.

Cabinets de curiosités végétales Festival International des Jardins 2015

Brahea dulcis, Sabal minor, Trachycarpus wagnerianus & fortuneiBrahea dulcis, Sabal minor, Trachycarpus wagnerianus & fortunei


Jardin n°16 Le jardin des bougainvilliers

Ce jardin, celui du  Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées (CCVS) représenté ici par les Ets Horticoles du Cannebeth, est un hymne à cet arbuste de la famille des Nyctaginacées, appelé en français courant bougainvillée ( au féminin) ou bougainvillier (au masculin), et, en langage scientifique, Bougainvillea buttiana, Bougainvillea glabra ou encore Bougainvillea spectabilis.

Le jardin des bougainvilliers Festival International des Jardins 2015

http://www.cannebeth.fr/nos-productions/les-bougainvillea.html

BougainvilleaMontage réalisé à partir des photos du site www.cannebeth.fr : Bougainvillea Marie blanc, Roma, Parme, Asia, Marie jaune, Wathen, Killie Campbell, Louisa, Marie orange, Sandiego rouge, Amethyst, Panaché, Sandiego orange, Rubiana, Corsaire, Elisabeth Angus.


Jardin n°17 Réflexion d’un collectionneur

Ce jardin est, comme le jardin n°4, un jardin-musée. Les végétaux y poussent en liberté,  les herbes y sont folles, quand au fond apparaîssent plusieurs tableaux accrochés sur un grand mur blanc. Les peintures se révèlent, en s’aprochant, mouvantes, ce sont en fait de grands miroirs qui reflètent le jardin et ses massifs mis habilement en scène.

Réflexion d'un collectionneur Festival International des Jardins 2015

Les herbes, bambous et feuillages colorés (Carex oshimensis ‘Greenwell’, Cineraire maritime ‘Silver Dust’, Panicum virgatum ‘Heiliger Hain’, Ophiopogon nigrescens, Phyllostachys bissetii, Wangenheimia lima ‘Vulcan’), les sedums (Sedum spectabile ‘Herbsfreude’ & ‘Iceberg’, Sedum spurium ‘Schorbuser blut’ & Sedum telephium ‘Purple Emperor’), les succulentes (Agave americana ‘Calamagrostis’, Echeveria secunda ‘Glauca’), les chardons (Cirsium rivulare ‘Atropurpureum’, Echinops ritro ‘Vetch Blue’, Eryngium planum ‘Jade Frost’), les fleurs sauvages – ou presque – des achillées, armoises, fenouils,  et autres modestes (Achillea millefolium ‘Summer pastels’ & ‘White Queen’, Artemisia abrotanum & arborescens ‘Powis Castle’, Erigeron speciosa, Foeniculum vulgare ‘Bronza Form’, Oenothera fruticosa ‘Young’) font place à  quelques fleurs un peu plus précieuses (Aquilegia x ‘Crimson star’ &Krystall’, Dahlia ‘Bishop of Llandaff’, Delphinium belladonna ‘Clivedon Beauty’, Iris germanica ‘Sultan Palace’, Lupinus polyphyllus x ‘Mon Château’) sous l’ombre des Melianthus major et Sambuscus nigra ‘Black Lace’.

Sedums mixSedum spurium ‘Schorbuser blut’, Sedum telephium ‘Purple Emperor’, Sedum spectabile ‘Herbsfreude’ & ‘Iceberg’.

Chardons mixCirsium rivulare ‘Atropurpureum’, Echinops ritro ‘Vetch Blue’, Eryngium planum ‘Jade Frost’


Jardin n°18 La phytothèque

Ce Jardin de l’Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage de Blois s’intéresse à la première approche scientique du monde végétal (prélever, conserver, nommer et classer les essences en famille, genre et espèce) suivie de la découverte, par le botaniste Mendel à la fin du XIXe siècle, des lois de Mendel (qui définissent la manière dont les gènes se transmettent de génération en génération) et, conséquence immédiate, d’une nouvelle opportunité, l’hybridation, qui vient démultiplier les possibilités végétales. Les créations sont bien rangées ici sur les étagères de cette phytothèque.

La phytothèque Festival International des Jardins 2015


Jardin n°19 Le jardin sauvage

C’est une jungle, avec quelque chose de la luxuriance tropicale où les plantes les plus fortes (palmiers, bambous, fougères arborescentes) et les filles de l’air (Aristolochia grandiflora, Campsis grandiflora ‘Blood Red’, Tillandsia) partent à l’assaut de l’espace vertical, tandis que d’autres saturent le sol où elles rampent (Muehlenbeckia complexa). Ce jardin étagé laisse peu passer la lumière, on s’y aventure avec la sensation d’être un explorateur parmi des surprises végétales sans cesse renouvelées.

Le jardin sauvage Festival International des Jardins 2015

Une palette végétale exotique : Alocasia macrorrhizos, Amaranthus ‘Flamingo’, Aristolochia grandiflora, Campsis grandiflora ‘Blood Red’, Canna ‘Tropicanna® Black’, Chamaerops humilis, Colocasia esculenta ‘Black Magic’, Crocosmia ‘Lucifer’, Cyrtomium falcatum, Dicksonia antartica, Ensete ventricosum ‘Maurelii’, Hedychium ‘Assam Orange’, Imperata cylindrical ‘Red Baron’, Indocalamus tessalatus, Ipomoea batatas ‘Blackie’, Lobelia ‘Carnival’, Muehlenbeckia complexa, Paulownia tomentosum, Pennisetum rubrum, Persicaria amplexicaulis ‘Red Dragon’, Phyllostachys edulis, Phyllostachys nigra, Pieris japonica ‘Carnival’, Strobilanthes dyerianus, Tetrapanax ‘Rex’, Thunbergia grandiflora, Tillandsia, Trachycarpus humilis


Jardin n°19′ Silence ! ça mousse

Voici un jardin, ombragé de bambous, à la gloire de végétaux souvent méprisés, voire traqués, les mousses, scientifiquement appelées Bryophytes.  Modestes, de petite taille, archaïques, elles font partie des plus vieilles plantes de la planète (300 millions d’années), elles sont aussi nombreuses et offrent une riche diversité (10 000 espèces au moins). Si certains jardins, essentiellement japonais ou d’inspiration japonaise leur font une place (par exemple, le temple des mousses Koke-dera à Kyoto), en Europe elles sont le plus souvent acceuillies à coup d’anti-mousse. Ici, 3 espaces calmes et feutrés leur sont dédiés, paysages en minuscules, plus ou moins humide ou sec, présentant une palette diversifiée.

Silence, ça moussse Festival International des Jardins 2015

Mousses, planche in Eléments de physiologie végétale et botaniqueMousses, planche extraite de Elémens de physiologie végétale et botanique de C. F. Brisseau-Mirbel (Paris, 1815)

On se retrouve autour d’une mousse

Distichium capillaceum, Fontinalis antipyretica, Hypnum cupressiforme, Lunularia cruciata, Marchantia, Philonotis calcarea, Philonotis fontana, Sphagnum sppDistichium, Fontinalis, Hypnum, Lunularia,                                       Marchantia, Philonotis calcarea & fontana, Sphagnum

Atrichium, Bryum, Campylopus, Dicranum, Grimia, Plagiothecium, Polytrichum, Rhodobryum, Thamnobryum, TortulaAtrichium, Bryum, Campylopus, Dicranum, Grimia,                Plagiothecium, Polytrichum, Rhodobryum, Thamnobryum, Tortula

Les hépatiques et les mousses  : Atrichium capillacea, Bryum capillare, Campylopus introflexus, Dicranum scoparium, Distichium capillaceum, Grimia pulvinata, Lunularia cruciata, Marchantia polymorpha, Plagiothecium undulatum, Polytricum formosum, Rhodobryum roseum, Thamnobryum alopecurum, fontana, et les aquaphiles ou aquatiques Fontinalis antipyretica, Hypnum cupressiforme, Philonotis calcarea, Philonotis fontana, Sphagnum spp,

Et aussi des prêles, lycopodes et fougères : Adiantum chilense, Asplenium sagittata, Equisetum fluviatile, Equisetum sylvaticum, Equisetum telmateia, Gymnocarpium robertianum, Selaginella krausiana, et les fougères aquatiques Azolla filiculoides, Marsillea quadrifolia.


Jardin n°20 La serre des Victorias

Ce jardin, réalisé par les jardiniers du Domaine de Chaumont-sur-Loire, ne doit pas son nom à ces serres emblèmatiques des jardins exotiques anglais de l’époque victorienne (à Kew Gardens à Londres par exemple), mais à un végétal dont une collection est présentée ici : les Victoria amazonica ou nénuphars géants, plantes exigeantes en soleil et chaleur, mais spectaculaires avec leurs feuilles géantes (jusqu’à 3 m de diamètre) en forme de moule à tarte et ces splendides et éphémères fleurs blanches ou roses (deux jours tout au plus).

La serre des Victorias Festival International des Jardins 2015

Victoria amazonica


Jardin n°21 Philéas

Vous êtes chez Philéas, un passionné de plantes, sous la verrière-cabane de jardin, les pots vides attendent les  nouveaux trésors végétaux rapportés par le maître des lieux, les espèces rares sont déjà nombreuses, une superbe collection à voir absolument si vous partagez la passion de Philéas.

Philéas Festival International des Jardins 2015

La palette végétale regroupe : Aralia elata ‘Variegata’, Arbustus thuretiana, Banksia pinifolia, Borinda albocera, Calycanthus raulsonii ‘Hartlage Wine’, Carpinus fangiana, Corockia cotoneaster, Crataegus phaenopyrum, Cryptomeria japonica ‘Lobbi Nana’, Cunninghamia lanceolata ‘Araucaroides’, Dipelta floribunda, Franklinia alatamaha, Fraxinus excelsior ‘Crispa’, Heptacodium jasminoides, Kalopanax septemlobus ‘Maximowiczii’, Magnolia grandiflora ‘Variegata’, Nothofagus nitida, Paeonia lutea, Parrotia persica ‘Pendula’, Pseudopanax crassifolius, Pseudopanax ferox, Pterostyrax psilophyllus, Schefflera rhododendrifolia, Sorbus pygmaea, Sorbus wardii, Stewartia pseudocamellia, Weigelia florida ‘Caricature’, Wollemia nobilis, Xanthoxylum piperitum ‘Purple Leaves’, Ziziphus jujuba ‘lang’.


Jardin n°22 Cuisine africaine

« Ce jardin présente une collection de plantes issues du Bushveld de l’est de l’Afrique qui s’utilisent et jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne. En Afrique, on aime partager les événements ensemble autour de mets copieux et en chanson, et le grand symbole africain de la sagesse, le Baobab, est un point de rassemblement sous lequel prennent place ces fêtes ou ces repas. Les masques colorés représentent les habitants des différents villages qui convergent, ensemble, en direction du grand Baobab pour prendre part aux festivités et danser. Il n’y a véritablement rien de tel que l’Afrique… » Léon Kluge, concepteur de ce jardin,  paysagiste d’Afrique du sud.

Cuisine africaine Festival International des Jardins 2015

 

Les végétaux présents sont essentiellement des succulentes et des graminées ensoleillées par les couleurs de l’oiseau de feu : Aloe marlothii, Aloe peglerae, Aloe thraskii, Carex buchananii, Carex comans ‘Frosted Curis’, Carex flagellifera, Cotyledon orbiculata, Stipa arundinacea ‘Sirrocco’, Stipa tenuissima, Strelitzia reginae.

Aloe arlothii, A. thraskii, Cotyledon orbiculata, Strelicia reginaeAloe marlothii, A. thraskii, Cotyledon orbiculata, Strelicia reginae

 


Jardin n°23 L’ivresse des elfes

Jardin-promenade, inspiré par les paysages écossais, où les conifères, leurs écorces, leurs aiguilles ou leurs écailles, leurs cônes, leurs silhouettes, leurs couleurs, toute leur diversité, sont mis à l’honneur dans un univers très vert, animé du jeu mouvant des graminées. Jardin responsable aussi où les végétaux sont solides et peu exigeants.
L'ivresse des elfes Festival International des Jardins 2015

Conifères : Abies koreana Blauer Eskimo, Abies koreana Oberon, Chamaecyparis obtusa Gitte, Cupressus dupreziana, Picea abies Clabrassiliana, Picea omorika Treblitzsch, Pinus bungeana, Pinus densiflora Tanyosho Compacta, Pinus montzezumae Sheffield Park, Pinus mugo Kissen, Pinus parviflora Beran, Pinus strobus Green Twist, Pinus uncinata Kladska, Podocarpus lawrencei Red Tip, Sciadopitys verticillata Sternschnuppe, Sequoia sempervirens Adpressa, Taxus media Strait Hedge, Tsuga canadensis Minuta, Wollemia nobilis.

Joncs et graminées : Elymus arenarius Glaucus, Festuca glauca Azurit, Miscanthus sinensis Gracillimus, Pennisetum alopecuoides Gelbstiehl, Poa labillardieri, Spartium junceum, Stipa gigantea. Plantes à fleurs : Cephalaria gigantea, Kniphofia Green Jade, Iris b-n Bingo, Sanguisorba officinalis Tanna.


Jardin n°24 Le collectionneur de l’ombre

« Sur le tarmac d’un aéroport, des caisses en provenance des quatre coins de la planète, considérées comme objets perdus, ont été stockées sur de grandes étagères par le personnel. » 250 fougères botaniques s’en sont échappées et ont pris possession de cet univers ombré où les effets de la lumière créent des jeux de clair-obscur.

Le collectionneur de l'ombre Festival International des Jardins 2015

Parmi ces fougères : Achrosticum aureum, Adiantum hispidulum, Aglaomorpha coronans, Angiopteris evecta, Asplenium bulbiferum, Blechnum tabulare, Blotiella pubescens, Coniogramme japonica, Cyathea cooperi, Cyclosorus dentatus, Cyrtomidictyum lepidocaulon, Davallia canariensis, Dennstaedtia davallioides, Dicksonia antartica, Diplazium australe, Dryopteris championii, Macrothelypteris torresiana, Phlebodium aureum, Platycerium bifurcatum, Polypodium formosanum, Polystichum aculeatum, Pteris quadriaurita, Thelypteris kunthii, Woodwardia fimbriata. Et quelques plantes qui apprécient l’ambiance-marécage : Alocasia macrorrhiza, Equisetum hiemal, Gunera manicata, Menyanthes trifoliata, Miscanthus giganteus, Thalia dealbata.

Vous avez dit fougères ?

Azolla pinnata, Marsilea quadrifolia, Salvinia natansFougères aquatiques ‘mini’ : Azolla pinnata, Marsilea quadrifolia, Salvinia natans

Microsorium pteropus, Onoclea sensibilis, Thelypteris palustrisFougères aquatiques ou de berge : Microsorium pteropus, Onoclea sensibilis, Thelypteris palustris

Angiopteris evecta, Cibotium menziesii, Cyathea glauca, Dicksonia antarcticaFougères géantes & arborescentes : Angiopteris evecta, Cibotium menziesii, Cyathea glauca, Dicksonia antarctica

Adiantum hispidulum, Asplenium scolopendrium americanum, Athyrium filix-femina, Dryopteris filix-masFougères d’ici et d’ailleurs : Adiantum hispidulum, Asplenium scolopendrium americanum, Athyrium filix-femina, Dryopteris filix-mas

Adiantum hispidulum, Cyrtomium falcatum, Davallia canariensis, Pteris quadriauritaFougères de toutes les couleurs : Adiantum hispidulum, Cyrtomium falcatum, Davallia canariensis, Pteris quadriaurita

Un site de passionné de fougères : http://fernatic.free.fr/presentation.html




Vous pouvez consulter et/ou télécharger le supplément spécial de La nouvelle république : Festival International des Jardins Chaumont 2015

Vous pouvez trouver aussi d’autres informations sur les pages : https://www.facebook.com/Domaine-de-Chaumont-sur-Loire- & https://twitter.com/chaumont_loire & 2 vidéos parmi d’autres, celle de France 3 https://www.youtube.com/watch?v=EE8jUCS1E5c & celle de Silence, ça pousse https://www.facebook.com/398848160166435/videos/1034791726572072/?fref=nf

Des photos (de qualité et libres de droit de surcroit) sur https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Festival_des_Jardins_de_Chaumont-sur-Loire

Dernier ajout, vous pouvez lire les résultats du concours : http://france3-regions.francetvinfo.fr/centre/loir-et-cher/festival-des-jardins-de-chaumont-les-laureats-763260.html

Festival international des Jardins de Chaumont-sur-Loire 2014

Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire se tiendra du 23 avril au 1 novembre 2015 et présentera sous la présidence de Patrick Blanc des « Jardins extraordinaires, jardins de collection ».

Chaumont 2015 - affiche


En attendant de visiter cette édition qui met en valeur le patrimoine vert, le génie végétal et la rareté botanique, voici une petite promenade parmi les jardins de la précédente saison 2014 qui était consacré aux « Jardins des péchés capitaux ».

La poste

Parmi les 26 jardins présentés, cinq d’entre eux ont décliné le péché d’avarice, la cupidité, l’avidité  :

« Ma cassette » de Camille Luquet, Caroline Leroux et Céline Klippel est une promenade onirique au jardin d’Harpagon : une passerelle de bois brut, ondulant parmi les broderies de galets et cactus évoquant un  jardin à la française, mène à la cassette d’osier vert et au bassin débordant de balles dorées.

Ma Cassette

« Quand l’Avare Rêve » (P-A Risser, V. Vallée, C. Noiville, J. Davies et P. Lamarque) sinue au long d’un chemin traversant d’abord un univers sec et terne, peuplé de plantes épineuses, réalité aride de l’obsessionnel de la possession, puis s’ouvre sur le rêve paradisiaque de l’avare, survolant un bassin inscrit dans une végétation devenue  luxuriante et s’achevant sur une île au trésor.

Quand l’Avare Rêve

« Le jardin mis en boites » (Alexandra Lehec, Victor Lepage et Kevin Lemonnier), où les plantes regroupées par couleur et variété poussent dans des boites de conserves et s’alignent comme dans les rayons des supermarchés, dénonçant l’avarice et l’injustice de la société de consommation des pays riches face à la pénurie des pays pauvres.

Le jardin mis en boite

A voir : jardin n°7 de l’édition 2014 http://www.domaine-chaumont.fr/multimedia_videos?scat=10a&cat=10&expandable=5#p2014

Le «Toucher d’or » (Bertrand Colson et Gaëlle Le Borgne) narre le mythe du roi Midas qui avait le don de rendre  or, tout ce qu’il touchait ; son jardin aux végétaux dorés s’orne d’un bel arbre resplendissant d’or, mais mort …

Le Toucher d’Or

 « Green without greed », à traduire par gazon sans avidité, des américaines Katherine Leise et Jessica Canfield, est un jardin-paradoxe, la pelouse, omniprésente dans tous les jardins américains et si gourmande en ressources, est ici totalement synthétique, sans entretien et sans vie …

« Green without greed » - Festival International des Jardins, 2014 - © C. Diaz © C. Diaz

Vanité, orgueil, envie et illusions hantent ces quatre autres jardins :

« Le domaine de Narcisse » (C. Montefoschi, N. Cau, L. Rebecchini, F. Dias, R. Walker Campos, F. Guanaschelli et M. Villanis Ziani) est un écrin précieux de buis abritant une pièce d’eau – miroir au cadre doré, où contempler son reflet, mais aussi où chercher l’autre côté.

« Le domaine de Narcisse » » - Festival International des Jardins, 2014 - © E. Sander

© E. Sander

« Le jardin déchêné » (R. Bardin, M. Chevalier et A. Masillo) s’inspire de la fable de La Fontaine « Le chêne et le roseau », ici le chêne orgueilleux est à terre et la nature modeste reprend sa place tout autour.

Le jardin déchêné

« Haute culture » (V. Fayet, P. Legroux et J. Pouillard) s’ordonne autour d’un podium exposant des robes extravagantes à observer derrière des masques noirs plantés à l’entour.

« Haute culture » - Festival International des Jardins, 2014 - © E. Sander© E. Sander

« Le jardin des poules » (F. et J. Dubus, F. Genouvrier, S. Ben Lassued, S. Robinne, F. Cheverry et A. Chapus) est une fable sur l’orgueil et l’inconscience de l’humanité ici représentée par les poules qui vivent sans modération,  dans la partie droite du jardin, du potager-Eden nourricier occupant la moitié gauche, tandis que les promeneurs peuvent prendre la place des dieux qui observent leur gaspillage.

Le jardin des poules

 

Gourmandise  et luxure sont au cœur de :

« Gourmanderie » de Sarah Sellam et Eugénie Denarnaud, parrainé par Gilles Clément,  offre ses coupes d’osier débordants de végétaux gourmands au sens botanique du terme.

Gourmanderie

« Bloom », de J. Laure, H. Balalud de St Jean et G. Giraud, est une salle de banquet surréaliste dont la table offre 40 variétés de plantes fleuries au rouge gourmand, mais inconsommable.

« Bloom » - Festival International des Jardins, 2014 - © E. Sander© E. Sander

 « Le jardin de la grotte » du russe Ivan Zantchevski est celui où s’exercent séduction et luxure, jardin caché, clos et mystérieux, peut-être même effrayant …

Le jardin de la grotte

Colère, jalousie, désirs et passions interdites ou impossibles baignent deux des jardins :

« Fleurs maudites » de Charlotte Trillaud et Lucien Puech, est une prison grillagée qui enferment ces plantes psychotropes que les hommes utilisent pour calmer leurs maux et leur colère, mais elles aussi sont en colère devant l’interdit qui les frappent : absinthe distillée en fée verte, agave bleue en téquila, noah en vin fou, houblon donnant à la bière son amer ; belladone, chanvre, datura, ipomée tricolore, jusquiame noire et pavot tous hallucinogènes ;  digitale pourpre, grande cigüe, ricin et tabac, philtres de mort ; et enfin douce et calmante valériane.  Peu à peu, les promeneurs se demandent si cet enfermement ne serait pas plutôt le leur…  stupéfiant, non ?

Lucien Puech Architecture, Les fleurs maudites, Chaumont-sur-Loire 2014 (photo François Flohic)

« Pour l’amour de Tongariro »  de Grégory Dubu et Rozenn Duley s’inspire d’une légende maori où deux volcans autrefois amis tombent amoureux d’un troisième, la belle Tongarino ; le conflit prend place au milieu d’une végétation tropicale luxuriante où désir, jalousie et colère s’expriment en projections de vapeur.

« Pour l’amour de Tongariro » - Festival International des Jardins, 2014 - © E. Sander© E. Sander

 

Mais qu’est ce qu’un péché ?

« Péchés virtuels », d’A.M. Arbefeuille, G. Pontet et P. Froissac, présente notre péché contemporain le plus évident, la virtualité, l’image par opposition à la réalité, la nature : d’un côté, cette nature libre et mouvante et de l’autre, deux ailes-tableaux colorés.

« Péchés virtuels » - Festival International des Jardins, 2014 - © E. Sander© E. Sander

« Les sept pêchers capitaux » (G. Brulé, F. Lepeytre, J. Douesnard et F. Cazenave)  est une référence à Thomas d’Aquin, la vie y est un chemin sombre, disque lisse autour d’un bassin circulaire, miroir d’introspection où se reflètent 7 pêchers-péchés.

Les sept pêchers capitaux

« Les couleurs du péché » de Marie-Pierre Servante jouent eux aussi de l’homophonie péché-pêcher, au cœur de cet Eden vallonné, ce n’est pas un pommier mais un pêcher qui est tentation  et décline toutes les nuances de son fruit.

Les couleurs du péché

« La balance » des anglais Simon Kitchin et Hay Joung Hwang s’interroge sur l’équilibre fragile entre vice et vertu, symbolisé par des balances de pierre noire au milieu de plantations colorées.

La Balance

« Parcours initiatiqueAllégories aquatiques des sept péchés capitaux » (A. Lachoux, G. Burrows et O.-M. Tombarello) prend l’eau pour fil conducteur : cascade coléreuse, miroir d’eau orgueilleux, goutte à goutte avaricieux, marécage paresseux, oasis envieuse, fontaine gourmande et grotte luxurieuse, au centre une île-confessionnal offre d’autres façons de voir.

parcours initiatique

http://hortulusbyomt.com/wp-content/uploads/2014/01/Projet_Chaumont_ALGBOMT2014.pdf

Purgatoire, enfer et paradis …

« Paradigme », d’Olivier Fouché et Jonas Lechat-Thomas, est une libre interprétation des dessins formant la carte de l’enfer de Botticelli, le parcours y est celui d’une vie, débutant dans l’innocence, croisant les 7 péchés capitaux et finissant face au royaume d’Hadès.

Paradigme

« Le purgatoire des tentations » (G. Marsiaj, V. Zechin et R. Cogno) est un jardin-repentir aux fleurs en camaïeu de bleus, mauves et violets, au terme du parcours, des tasses géantes invitent à s’asseoir pour une calme récréation.

Le Purgatoire des tentations

« Le jardin des pécheresses » de Mélanie Gasté et Aurélien Albert est un confessionnal aux portes capitonnées pour plantes-pécheresses présentes dans sept chambres dédiées aux sept péchés capitaux.

Jardin des pécheresses

La « Dissection du jardin d’Eden » (S. Lheureux, A. Jacquin, A. Blanchardon, A. Cloche et A. Roussille) sépare sept scènes – sept péchés symbolisés par des fleurs, fruits et légumes, on en sort en se demandant si le Paradis perdu ne serait pas que la synthèse de tous les péchés capitaux .

Dissection

« Purgatorium », des américains D. Seiter, E. Egonneau, C. Howell et K. Cho, est une déambulation parmi plantes vertes et poteaux noirs vers un confessionnal, cercle aux barreaux noirs protégeant un miroir d’eau posé en son centre.

Purgatorium

« Résurrection, ou l’éloge de la défaillance » d’Ana Moralès dessine des péchés qui ne sont que la sève de l’humanité et sont ici à déchiffrer dans les formes d’un béton drainant faillé qui rejoint une forêt originelle de fougères arborescentes, prêles et mousses.

« Résurrection, ou l’éloge de la défaillance » - Festival International des Jardins, 2014 - © E. Sander © E. Sander

« Paradis inversé » d’Arie Van der Hout et Richard Van den Berg dénonce  les excès de la société de consommation et la pollution, péchés modernes, il intrigue par son odeur de caoutchouc, les arbres morts et les déchets qui le parsèment et s’achève devant un désert noir où ne poussent plus que des cactus.

« Paradis inversé » - Festival International des Jardins, 2014 - © C. Diaz © C. Diaz

http://www.domaine-chaumont.fr/multimedia_videos?scat=10a&cat=10&expandable=5#p2014

Domaine Régional de Chaumont-sur-Loire
41150 Chaumont-sur-Loire
Tél : 02 54 20 99 22

Photos du site  http://www.domaine-chaumont.fr/festival_festival, ainsi que du site Jardins à l’anglaise qui en a fait une visite commentée (en anglais)  : https://jardinsalanglaise.wordpress.com/2014/10/27/the-seven-deadly-sins-festival-international-des-jardins-at-chaumont-sur-loire/

… des jardins médiévaux

Les jardins médiévaux n’ avaient pas tous les mêmes fonctions, quatre types principaux se distinguent

Les jardins de fermes et villages cultivés par les paysans pour leurs besoins ou ceux de leur seigneur, les espaces verts à l’entour des demeures seigneuriales conçus pour le loisir des nobles et de leurs familiers,  les jardins  des cloitres,  monastères, abbayes,  églises et autres commanderies chargés de fournir, aux moines, promenades et plantes utiles et enfin les jardins à l’intérieur des villes qui se développent et se multiplient avec l’essor urbain (à son apogée au XIIIe siècle), ces jardins urbains sont attestés entre autres par la mention fréquente de courtil et maison.

Roman de la Rose - Maitre Bernger de HorheimBergner von Horheim, Codex Manesse (début XIVe siècle)

Rustican - Pierre de Crescent2Profits champetres - Pier de Crescenzi, Maître de Marguerite d'York 1470 New York

A gauche, Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Couple dans un jardin d’agrément – 1373, BNF Arsenal.
A droite, Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Jardin en ville – enluminé par le Maître de Marguerite d’York, 1480, New York.

Diversité d’usage, mais aussi diversité temporelle : ces âges que nous appelons moyenâgeux s’étalent sur une dizaine de siècles et connaissent bien des changements. Le Haut moyen-âge portait encore nettement la marque gallo-romaine ; les espaces jardinés des grandes villas, parcs des demeures patriciennes, petits enclos paysans de la fin de l’Empire romain se sont inscrits durablement dans les paysages ruraux et urbains, malgré les désordres et  ravages des grandes invasions. Ces temps plus ou moins obscurs sont bien éloignés de ceux de la fin du Moyen-âge, ceux de la Renaissance, dont cinq siècles (seulement ?) nous séparent, et qui se sont ouverts sur d’autres horizons, les jardins se sont épanouis, comme l’espace terrestre découvert s’est alors agrandi du Nouveau monde et la flore connue en Europe s’est enrichie d’espèces et variétés de plantes venues des territoires lointains d’Outre-Atlantique et d’Asie.

Pour nous permettre de ‘visiter’ ces jardins, les archéologues relèvent les traces matérielles laissées par les jardiniers du passé, tandis que les historiens ont à leur disposition des textes et des images, et que les botanistes retrouvent et conservent les espèces végétales anciennes. Grâce à ces travaux de plus en plus nombreux, des jardiniers et paysagistes peuvent se consacrer à recréer quelques uns de ces jardins historiques, prestigieux ou modestes, fidèlement ou librement. Le parc du château de la Roche Jagu en est un exemple ; après sa destruction due à la tempête de 1987, le domaine de plus de 70 hectares put être totalement redessiné, à partir de 1992, par l’architecte-paysagiste Bertrand Paulet. Celui-ci tenait à intégrer les jardins dans le paysage naturel et bocager alentour et restaurer certaines pièces du jardin (comme les bassins à rouir le lin) retrouvées par ouï-dire des gens du lieu dépositaires de souvenirs utiles, grâce aussi aux documents conservés et à la mise à jour du terrain après la tempête. http://www.larochejagu.fr/

La Roche Jagu

La Roche-Jagu (22), été 2004

Un jardin médiéval, parmi d’autres, à visiter :  celui du Musée de St Antoine l’Abbaye-Isère, http://www.musee-saint-antoine.fr/826-jardins.htm.

Malgré leurs différences, tous les jardins médiévaux partageaient des traits communs.
  • Ils étaient toujours clos , Hortus conclusus, le terme provient de la Bible, précisément du Cantique des cantiques (4, 12) :
    Hortus conclusus soror mea, sponsa ;
    Hortus conclusus, fons signatus.
    Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée,

    Un jardin fermé, une fontaine scellée.
    Le poème poursuit la comparaison :
    Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers,
    Avec les fruits les plus excellents,
    Les troènes avec le nard;
    Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome,
    Avec tous les arbres qui donnent l’encens;
    La myrrhe et l’aloès,
    Avec tous les principaux aromates;
    Une fontaine des jardins,
    Une source d’eaux vives,
    Des ruisseaux du Liban.

La clôture pouvait être muraille  de pierre, mur de briques, palissade de bois, plessis et treillis de bois mort et de bois vif, haies végétales denses.

X Tacuinum sanitatis - tressage - RouenTacuinum sanitatis - Spinachie - Vienne

Le clos et la porte du jardin :
Tacuinum sanitanis,
BNF Paris 9333 (TSP2) – Récolte de chou
Tacuinum sanitanis, manuscrit viennois (TSV) – Cueillette d’épinards

  • Leur architecture était généralement construite sur un plan régulier, centré, souvent en croix. Plusieurs espaces étaient individualisés, présents dans chaque jardin : le potager ou hortus pour nourrir les uns et les autres « ; le jardin des simples ou herbarius pour se soigner (dans les monastères, il se trouvait à proximité de l’apothicairerie) ; le verger ou viridarium, protégé de charmilles et petits buis, était planté d’arbres fruitiers, mais pas exclusivement, d’arbustes et de fleurs bouquetières (dans certaines abbayes, le verger sert aussi de cimetière). Dans les jardins de maisons religieuses s’ajoutait  à ces 3 jardins, un autre type d’espace, le jardin de cloître, l’hortus conclusus. Situé au centre des bâtiments conventuels, dessiné sur un plan carré divisé en quatre parties par des allées, avec généralement un point d’eau centré, et ceint d’un promenoir couvert, c’était pour les clercs le reflet du Paradis. Dans les jardins des demeures seigneuriales, c’étaient les préaux et prés fleuris, qui se devaient de rappeler l’Eden, l’hortus deliciarum, le jardin des délices. Animés de petites chambres, délimitées par les berceaux et claies où s’étalaient la vigne en treille et les rosiers parfumés 1, auxquels se joignaient les effluves des lavandes et oeillets, ces espaces s’égayaient  de fontaines indispensables, et assez souvent de volières, de paons et d’autres animaux parfois rares et exotiques. Ces lieux aristocratiques n’avaient d’autre fonction, au Bas moyen-âge,  que de permettre de s’ébattre et se réjouir, en toute courtoisie. Typiques des jardins d’agrément, les bancs et banquettes engazonnées, avec ou sans soubassement de briques, permettaient aux couples de deviser.

Rustican, Banquette verte et jardin d'agrément - Pierre de Crescent, 1470, BNFGuillaume de Lorris et Jean de Meun - Le roman de la Rose

A gauche : Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Couple sur une banquette – 1373, BNF Arsenal.
A droite : Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la Rose – manuscrit d’Engelbert de Nassau, fin XVe siècle,  British Library  Harley MS 4425, f.12v. détail.

  • Les parcelles cultivées étaient le plus souvent découpées en damiers ou présentaient des planches carrés ou circulaires de quelques m2, ces surfaces étaient ceintes de plessis et surélevées, avant d’être plantées ; ce système présente l’avantage de mieux réchauffer la terre, de drainer le sol sans l’assécher et de limiter l’intrusion d’animaux indésirables. Les jardins utilisaient largement les plessis : technique pratiquée sur des haies vives en fendant les troncs des arbustes – noisetiers, chataigniers – près du sol, puis en les inclinant et les tressant ; autres alternatives de plessage : tressage de bois vert souple comme les jeunes pousses de saule ou encore tressage de bois mort. Ces plessis étaient utilisés pour clore, isoler, dessiner les platebandes, former des supports, arches et tonnelles.

Plessis saule vert croisé

La-Roche-Jagu-fevrier-2011-006

La Roche-Jagu (22), printemps 2011

Tacuinum sanitatis - Salvia - CatanatenseTacuinum sanitatis - Agrestum, Verjus - BNF Latin 9333 -

Tacuinum sanitanis, B. Casanatense à Rome (TSC) – Carré de sauge Tacuinum sanitanis, BNF Paris 9333 (TSP2) – Verjus pressé à l’ombre d’une vigne palissée

  • Enfin, les mêmes plantes étaient cultivées dans tous ces jardins, en tenant compte bien sûr des impératifs climatiques qui en interdisaient certaines, comme aujourd’hui.

Les plantes des jardins médiévaux

  • Une partie importante des végétaux utilisés au Moyen-âge est regroupée sous le terme générique d’herbes. Les herbes ce sont aussi bien les plantes médicinales et les plantes condimentaires, que les plantes alimentaires consommées crues ou cuites. Les herbes destinées à être cuites sont les plantes potagères, stricto sensu, c’est à dire celles qui cuisent au pot : olera (olus au singulier) utilisé jusqu’au Xe siècle, puis potherbes ; ensuite les ierbes, herbages, ortillage, courtillage, verdures et racines désignent toutes les plantes consommables, cuites ou non. Le terme lesgum ( légume à partir de 1575, nom alors exclusivement féminin) vient du latin legumen (de legere = cueillir), il était réservé aux actuelles légumineuses (plantes à gousse). Les plantes médicinales ont été d’abord nommées en latin, simplicis medicinae ou simplicis herbae, puis l’expression a été francisée en simples médecines (remède simple) ou simples, récoltées telles quelles dans la nature (Hildegarde de Bingen se méfiaient des plantes sauvages), ou mieux dans le jardin ou achetées chez les herbiers (herboristes) et épiciers. Les simples étaient à la base de la pharmacopée médiévale qui opposait celles-ci aux compositae (mélanges composés) fournies   par les apothicaires et autres triacleurs (vendant des thériaques ou panacées, c’est à dire des remèdes sensés être  efficaces contre un très grand nombre de maladies à la fois). Le terme drogue (dérivé de l’ancien anglais driggen signifiant sécher) apparait au XIVe siècle pour désigner tout remède, fait référence aux plantes séchées.
  • Certaines plantes nommées dans les textes d’époque sont utilisées dans l’alimentation pour leurs grains : Avena sativa = avoine (abandonnée au bétail au XIIe siècle), Fagopyrum esculentum = sarrasin, Hordeum vulgare = orge (la première céréale cultivée au Néolithique, matière première de bouillie, sucre d’orge, sirop d’orgeat,  cervoises et bières), Panicum miliaceum = millet, Secale cereale = seigle (introduit au Ve siècle) et les blés (Triticum aestivum = froment, Triticum monococcum = engrain, Triticum spelta = épeautre, Triticum turgidum = amidonnier) ; le riz (Oryza sativa) est connu, généralement importé d’Asie, mais l’Italie puis le sud de la France en cultive à la fin de la période médiévale.
  • D’autres plantes sont cultivées pour leurs gousses et autres fruits : Fasioli = doliques ou mougettes (proche du haricot), Lentes = lentilles, Faba = fève, Pisos = pois et Cicera = pois chiche ; Cucumeres = concombres, Cucurbite = gourde (courge), Melones dulces = melons et pastèques, Melongiana = aubergine . Par contre on ne connait pas encore les plantes natives du continent américain comme le maïs, les pomme de terre et tomate, le haricot vert, les citrouille et potiron introduits progressivement aux XVIe et XVIIe siècles.

Tacuinum sanitatis - Cicera, Pois chiche - VienneTacuinum sanitatis - Faba, Fève - BNF Latin 9333 - 47Tacuinum sanitatis - Favioli - BNF Latin 9333 - fol. 48vTacuinum sanitatis - Cucurbite - VienneTacuinum sanitatis - Melones - ParisTacuinum sanitatis - Melongiana, Aubergine - Vienna 2644 folio 31v

Tacuinum sanitanis BNF Paris 9333 (TSP2), sauf la 6e illustration extraite de l’exemplaire conservé à Vienne (TSV) – Cicera, Faba, Fasioli, Cucurbite, Melones dulces, et Melongiana

  • Les plantes appelées verdures sont cultivées pour leurs feuilles et pousses consommées crues ou cuites : arroche, Blete = blette (amaranthe) et chénopode (toutes trois proches de l’épinard), Sparagus = asperge, aurone (feuille au parfum citronné, qui aromatise la bière), cardon (entre chardon et artichaut),  chicorée, Caules onata = chou, Lactuce = laitue, maceron (proche du céleri-branche), mauve, nasitord (cresson alénois), roquette.

Tacuinum sanitatis - Asparagus, Asperge - Paris Tacuinum sanitatis - Blette - RouenTacuinum sanitatis - Caules onati - RouenTacuinum sanitatis - Lactuce - Rouen

Tacuinum sanitanis BNF Paris 1673 (TSP1)Sparagus ; Tacuinum sanitanis manuscrit de Rouen (TSR)Blete , Caulis onata et Lactuce

  • Les racines (mot désignant d’abord les causes, utilisé à partir de 1155 dans le sens de bulbes et racines alimentaires) citées par les textes médiévaux sont nombreuses : ail, ciboule et ciboulette, échalote, oignon et Porri = poireau ; ache (céleri), bardane (feuille en salade et racine comme le salsifis), bette (ancêtre des betteraves), chervis (racine au goût proche de la patate douce), chou-rave (navet), Pastinace = carotte, chervis (proche des panais) et panais, radis noir.

Tacuinum sanitatis - Pastinace, Carotte - Casanatense Tacuinum sanitatis - Pori - Vienne

Tacuinum sanitanis, B. Casanatense à Rome (TSC) Pastinace ; Tacuinum sanitanis, manuscrit viennois (TSV) – Porri

  • Les condimentaires et aromatiques sont précieuses car largement consommées et utilisées également pour soigner : ammi (cumin d’Ethiopie), Aneti = aneth, anis, balsamite (proche des menthes), carvi, cataire, cerfeuil, coriandre, cumin, estragon, fenouil, fenugrec, guimauve, livèche, Maiorana = marjolaine, menthes douce, pouliot  et sauvage, moutarde, nigelle (cumin noir), origan, persil, romarin, rose, sarriette, sauge, sclarée (sauge).

Tacuinum sanitatis - Aneti, Aneth - VienneTacuinum sanitatis - Maiorana - Vienne

Tacuinum sanitatis de Vienne (TSV) Aneti, Maiorana

  • Et encore quelques autres plantes, à usage hygiénique (la saponaire donne un savon), textile (chanvre, lin et ortie), tinctorial (Carthamus tinctorius ou carthame pour les jaune vif à rouge, Crocus sativa ou safran pour un jaune d’or précieux, Isatis tinctoria ou guède ou pastel pour ses tons bleus, Reseda luteola ou gaude pour des jaunes solides, Rubia tinctoria ou garance pour le rouge), médicinal, bouquetier et ornemental : acanthe, achillée, ancolie, arnica, asaret, aspérule, bleuet, camomille, chélidoine, consoude, digitale, épurge, iris, joubarbe, lis, Mandragora = mandragore, pavot, potentille, pulmonaire, Ruta = rue, sabine, santoline, saxifrage, scille, souci, tanaisie, valériane et bien d’autres encore qui sont souvent devenues aujourd’hui nos ‘mauvaises herbes’.

  Tacuinum sanitatis - Fructus Mandragora - Vienne            Tacuinum sanitatis - Ruta, rue - Paris

Tacuinum sanitatis de Vienne (TSV) Mandragora ; Tacuinum sanitatis de la BNF-Paris, 1673 (TSP1)Ruta

  • Sous les Carolingiens, les fruitiers indispensables sont : amandier, châtaignier, noyer, noisetier, pin pour les fruits secs ; cerisier,  figuier, pêcher, pommier, poirier, prunier, mais aussi cognassier, mûrier, néflier et sorbier et le laurier pour ses feuilles, sans oublier la vigne et les petits fruits rouges. Voici quelques arbres fruitiers dont les illustrations sont extraites du manuscrit Tacuinum sanitanis conservé à la  BNF – Paris sous la cote 9333 (TSP2) :

Tacuinum sanitatis - Amiggdale dulces, Amande douce - BNF Latin 9333 - 15vTacuinum sanitatis - Avelane, Noisette - BNF Latin 9333 - 14v

Amigdale dulces = amande douce & Avelane = noisette

Tacuinum sanitatis - Castance, Chataigne - BNF Latin 9333 - 14Tacuinum sanitatis - Nucce, Noix - BNF Latin 9333 - 13

Castane = châtaigne & Nuces = noix

Tacuinum sanitatis - Cerosa acerosa - BNF Latin 9333 - fol. 9Tacuinum sanitatis - Cerosa dulce, Cerise - BNF Latin 9333 - 8v

Cerosa acerosa = cerise aigre & Cerosa dulce = cerise douce

Tacuinum sanitatis - Mala - BNF Latin 9333 - 6Tacuinum sanitatis - Pira - BNF Latin 9333 - 3v

Mala = pomme & Pira = poire

Tacuinum sanitatis - Granata acerosa - BNF Latin 9333 - fol. 4Tacuinum sanitatis - Juiube - BNF Latin 9333 - 12v

Granata acerosa = grenade & Juiube = jujube

Tacuinum sanitatis - Musse, Banane - BNF Latin 9333 - fol. fol. 17vTacuinum sanitatis - Nabach i cedum, Citron - BNF Latin 9333 - fol. 8

Musse = banane & Nabach i cedum = cédrat

Tacuinum sanitatis - Olive - BNF Latin 9333 - 13vTacuinum sanitatis - Sicomiro mora - BNF Latin 9333 - 7

Olive & Sicomiro mora = figuier


Les jardins et végétaux du Moyen-âge nous sont connus par des sources archéologiques et historiques, dont une iconographie d’autant plus riche qu’elle est tardive.

  • Le plan de l’abbaye de St Gall (exécuté entre 816 et 820) précise les affectations des différents bâtiments et jardins prévus, jusqu’au nom des plantes à y cultiver. Les jardins y sont de trois types : les trois jardins de cloitre au cœur des bâtiments conventuels (le grand cloitre des moines et les deux plus petits des novices et de l’infirmerie) sont dessinés sur un même plan carré divisé en quatre parties et ceint d’une promenade couverte ; le verger ou viridarium sert aussi de cimetière ; le jardin des simples ou herbarius, à proximité de l’apothicairerie, est divisé en dix plate-bandes,  et le potager ou hortus est desservi par une allée centrale délimitant deux rangées de neuf plate-bandes chacune.

St Gall cloitre des moines

  • Le  Capitulare de villis vel curtis imperii (Capitulaire des villas de la cour impériale) 2 contient 3 capitules (articles), les 43, 62 et 70, qui listent une centaine de plantes dont la culture est ordonnée dans les tous les jardins du futur empereur, soit  73 herbes, 16 arbres fruitiers, 3 plantes textiles et 2 plantes tinctoriales.

Capitulare-de-villis-vel-curtis-imperii

  • De cultura hottorum (De la culture des jardins), de l’abbé de Reichenau (en Souabe) Walafrid Strabon (808-849), est un poème de 444 vers, consacré à 24 plantes médicinales cultivées à l’abbaye.
  • Le livre des subtilités des créatures divines (aussi connu sous le titre Physica) est un traité de l’abbesse bénédictine d’origine franconienne Hildegarde de Bingen (1098-1179). Cet ouvrage traite de 230 plantes, 14 éléments, 63 arbres, 26 pierres, 36 poissons, 72 oiseaux, 45 bêtes sauvages, 8 reptiles et 8 métaux, associant à chacun ses natures (froid, chaud, sec, …), bénéfices et nocivités.
  • Circa instans ou Liber de simplici medicina (Le livre des simples médecines) de Matthaeus Platearius, issu d’une famille de médecins de Salerne, a été rédigé au XIIe siècle, il regroupe les plantes médicinales connues alors, avec une notice sur leur emploi. Il nous a été transmis par une copie manuscrite du siècle suivant (Ms. 3113 de la Bibliothèque Ste Geneviève de Paris), en latin, qui devint la référence obligée des herbiers (herboristes)  parisiens pendant des siècles.

            Platearius, Le livre des simples médecines, Fraise, vers 1480, BnF, 12322 fol. 153Platearius, Le livre des simples médecines, Gimgembre, vers 1480, BnF, 12322 fol. 183

Platearius, Le livre des simples médecines, Fraise & Gingembre, vers 1480, BnF, 12322 fol. 153 & 183.

  • Le dominicain Albert le Grand reprend les traités d’Aristote et décrit 400 simples en énumérant leurs propriétés médicinales dans son De Vegetabilibus rédigé au plus tard en 1260.
  • Les Tacuinum sanitatis (tableaux de santé en latin médiéval) , sont des manuscrits occidentaux inspirés par le Taqwim as-sihha d’Abu’l Hasan Ibn Butlan, médecin chrétien vivant à Bagdad, au XIe siècle ; le traité original, rédigé en arabe, sans illustration, comportait 280 articles, il fut l’objet de 17 traductions en latin ne comportant plus en moyenne que 200 articles. Ces ouvrages regroupaient des conseils pour garder une bonne santé, grâce en particulier à une alimentation réfléchie, où les végétaux tenaient une place importante. Plusieurs versions furent illustrées, la première probablement à initiative du duc de Milan Jean Galéas Visconti,  il n’en subsiste aujourd’hui que 6.  3
  • Le Rustican ou Livre des profits champêtres de Pierre de Crescens a été copié et recopié ; un exemplaire de 1373 se trouve aujourd’hui à la BNF-Arsenal ; un autre, enluminé par le Maître de Marguerite d’York, daté de 1480 est conservé à New York.

Rustican, cultures - Pierre de Crescent, 1470, BNF

Pierre de Crescent, Rustican – BNF

  • Le Ménagier de Paris est un livre manuscrit daté de 1393 et attribué à un bourgeois parisien désireux de faire connaître à sa jeune femme comment être une bonne épouse et bien tenir sa maison. Il contient des recettes de cuisine, des conseils de jardinage et de chasse, des leçons d’économie domestique et de savoir-vivre.
  • Les très nombreuses Heures parmi lesquelles, les célèbres Très Riches Heures du duc de Berry (Paul, Jean et Herman de Limbourg, 1411-1416, Chantilly-musée Condé), mais aussi les Heures de Marie de Bourgogne, les Heures de Jeanne de Navarre, et les Heures d’Anne de Bretagne 4 présentent des scènes de jardin renseignant sur la période du Bas moyen-âge.

©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽdaLes Très Riches Heures du duc de Berry – Calendrier : avril.

Grandes Heures Anne de Bretagne, Evangile de Jean - enl. Jean Bourdichon, 1503-1508, BNF

Grandes Heures Anne de Bretagne, Evangile de Jean – enluminure de Jean Bourdichon, 1503-1508, BNF

  • La Théséide (manuscrit 2617, ONB, Vienne) est le seul manuscrit enluminé du texte de Boccace, traduit et copié vers 1460 et 1470, dans l’entourage de René d’Anjou ; ces miniatures sont attribuées à Barthélemy d’Eyck et au Maître du Boccace de Genève, la feuille 53 représentant Émilie au jardin est une illustration fréquemment utilisée pour évoquer les jardins médiévaux.

Théséide - Boccace ill. Barthelemy d'Eyck - VienneBoccace, La Théséide, manuscrit 2617, ONB, Vienne

  • Le Livre des Echecs Amoureux d’Evrard de Conty, (BNF, ms. fr. 143) enluminé par Robinet Testard (1475-1523).

Le jardin symbolique

Evrard de Conty, Echecs amoureux, Jardin de Deduit, enluminure de Robinet Testard –   vers 1497, BNF-Paris

  • Le Roman de la Rose (de Jean Renart – début XIIIe siècle – suivi de l’œuvre du même titre de Guillaume de Lorris et Jean de Meung) a connu un grand succès littéraire, et a été maintes fois recopié et illustré : plus de 300 manuscrits en sont conservés dont ceux de la BNF (près d’une centaine dont 12786, 378), ceux d’Oxford (Bodleian Library, dont Ms. Douce 195 qui rassemble 125 enluminures de Robinet Testard et le manuscrit conservé à la British library, Harley MS 4425 daté autour de 1500 et qui contient 92 grandes miniatures attribuées au Maitre des livres de prières d’Engelbert II de Nassau. Il existe aussi sept incunables imprimés avant 1500 : à Genève vers 1481, puis 2 à Lyon dans les années 1480 et 4 à Paris dans les années 1490, une édition lyonnaise de 1503 est illustrée avec 140 gravures sur bois. http://romandelarose.org/App.html?locale=fr

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 Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la Rose, enluminure de Robinet Testard, Oxford Ms. Douce 195.

  • Les verdures étaient l’un des noms de ces tapisseries aussi appelées millefleurs et ayant pour cadre des jardins. Les plus célèbres sont les 6 tapisseries formant la tenture de la Dame à la licorne. Crocus, giroflée, iris florentin, lys de la Madone, muguet, narcisse, pâquerette, pensée, pervenche, pivoine, primevère, renoncule et violette, printaniers, y côtoient jasmin, lupin, marguerite, œillet, rose et souci, estivaux, sous le couvert de chêne, houx, oranger et pin parasol.

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La Dame à la Licorne : le Goût (Cl. 10831, détail 3) & l’Ouïe (Cl. 10833, détail 2) http://www.musee-moyenage.fr/collection/oeuvre/la-dame-a-la-licorne.html.


1 Comme la rose de Damas (propable parent du rosier cent-feuilles ou rose de mai, Rosa × centifolia) rapportée des Croisades et avec elle, les roses de Chypre, de Crète, de Pylos, de Rhodes et du Mt Bernion en Macédoine.

2 Le dernier exemplaire de ce manuscrit est conservé dans la bibliothèque de Wolfenbüttel (Allemagne) ; cette ordonnance  a été probablement rédigée par Alcuin à la demande de  Charlemagne (entre 770 et 800, d’après Marc Bloch, Revue historique, t. 143, 1923, p.40-56) et édictée à l’intention des  gouverneurs des domaines royaux. http://www.marcbloch.fr/articles.html

3 Deux versions sont conservées à la BNF à Paris, l’une de 103 feuillets, d’origine lombarde, datant de 1380-1390, sous la cote 1673 (abrégé pour les illustrations présentées ici par TSP1), et l’autre d’origine rhénane datée de 1445-1451, cote 9333 (TSP2) ; une version de 86 feuillets, exécutée entre 1380 et 1400 probablement en Vénétie, se trouve à Liège ; celle, comportant 109 feuillets, réalisée par deux enlumineurs lombards vers 1390-1400 pour la famille Cerruti de Vérone est depuis 1936 propriété de la Bibliothèque Nationale d’Autriche à Vienne (TSV) ; une autre version de la même région et période, faite de 107 feuillets, se trouve à la Biblioteca Casanatense à Rome sous le titre Theatrum sanitanis (TSC) ; la version la plus tardive, datant de 1450 environ, est visible pour partie à la Bibliothèque municipale de Rouen (TSR) et pour l’autre part propriété d’un collectionneur privé.

4 La publication d’un ouvrage à partir de cette source est prévue pour février 2015 : Michèle BilimoffPromenade dans les jardins disparus : les plantes au Moyen-Age d’après les Grandes Heures d’Anne de Bretagne (BNF337) – Ouest France

… l’espace clos du jardin

Qu’est ce qu’un jardin exactement? La définition du Littré en fait  un espace clos d’ordinaire, planté de végétaux utiles ou d’agrément.

L’étymologie le relie à un radical indo-européen signifiant« enclore », ce qui le rattache essentiellement à la notion de clôture, le jardin est tout d’abord un lieu fermé, protégé et donc protecteur. La nature n’y est pas laissée à elle-même, elle y est apprivoisée, humanisée, et même quand on n’y cultive que des plantes utiles, c’est avec beaucoup plus de soin que dans les champs et prés ; le jardinage, ce n’est pas l’agriculture. Leurs jardins, depuis les premiers temps, au Néolithique, les hommes les ont voulus  très près de leur habitation, à l’entour – surtout à la campagne – ou au milieu, comme les atriums des villes antiques, mais aussi les riads actuels du Maghreb, pour mieux les surveiller, pour mieux s’y protéger, pour mieux en profiter.

Atrium de villa gallo-romaine - Vaison la Romaine

Vestiges de l’atrium d’une villa gallo-romaine – Vaison la Romaine

Riad - Kasbah Tizimi - Erfoud

Riad – Kasbah Tizimi – Erfoud

Au moyen-âge, deux termes coexistaient pour signifier « jardin » : le savant « hortus » et dès le XIIIe siècle le plus populaire « jardin ».
Les deux termes ont en fait une origine commune par deux voies différentes.
En effet, les termes latins « hortus » (=jardin), « chors/chortis » évoluant en bas-latin vers « curtis » (=cour de ferme), et les termes français contenant « horti- », comme horticole, horticulture, hortensia et hortillonnages (1 ), et aussi « cour », « chœur », « cohorte »  et « exhorter »  sont de même radical issu de l’indo-européen « g’herdъ » (=enclore).
De cette racine sont aussi issus le grec ancien « χόρτος »  (se lit khórtos = ronde, enceinte, lieu entouré de haie), et le germanique  « gards » (= maison), d’où l’allemand « Garten » (=jardin),
et ses équivalents en islandais  « gort », en lituanien « gardas », en anglais « garden » et « yard », mais aussi notre français « jardin » proche de l’espagnol  « jardin », du  portugais « jardim », de l’italien « giardino ». L‘ancien slave « grad » (=ville), Le roumain « gard » (=clôture), le tchèque « hrad » (=château), le russe « gorod » (=ville), le sanscrit « गृह »  (se lit grha = maison), sont également issus de cette même racine .

Plan de l'abbaye de St Gall, 816-830, St Gall, StiftsbibliothekPlan de l’abbaye de St Gall (816-830, Suisse, St Gall, Stiftsbibliothek) un des documents les plus anciens sur les espaces verts  monastiques au Moyen-âge : le cloitre, le jardin médicinal ( hortus medicus, herbularius ou erbarium), le  jardin vivrier (hortus conclusus) et le cimetière. Le site officiel en anglais ou en allemand : http://www.stgallplan.org/en/index_plan.html.

Abbaye de Daoulas - Finistère

Hortus conclusus – Abbaye de Daoulas – Finistère. Pour en savoir plus sur ce jardin : http://www.cdp29.fr/fr/presentation-daoulas

Jardin medieval de Dignac (Charente)

Jardin médiéval de Dignac (Charente). Pour en savoir plus sur ce jardin : http://dignac.pagesperso-orange.fr/


(1 )  A Amiens, les maraichers ont longtemps gardé la dénomination médiévale d’hortillons  et  les jardins consacrés à la culture maraîchère celui d’hortillonnages, toujours en usage aujourd’hui ; un site leur est consacré : http://www.hortillonnages-amiens.fr/.

… l’Eden !

Au commencement, était le jardin …

Le premier lieu sur terre, pour beaucoup de monde, c’est un jardin, le jardin d’Eden, aussi nommé Paradis. La Bible, texte sacré et fondateur  des religions juive et chrétienne, et le Coran, texte essentiel de l’Islam, font tous deux mention de ce jardin originel. Il est décrit ainsi par la Bible dans la Genèse (Genèse, II, 8 – 16) :

Puis l’Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d’Eden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras. Le nom du premier est Pischon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or. L’or de ce pays est pur ; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx. Le nom du second fleuve est Guihon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Cush. Le nom du troisième est Hiddékel ; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate. L’Eternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder.

Les très riches heures du duc de Berry, l'EdenLes très riches heures du duc de Berry,  Le jardin d’Eden, 1411-1416, musée Condé à Chantilly.

Bosch - Le jardin des délices, panneau gauche du triptyque, 1503 ou 1504, Musée du Prado
Hieronymus Bosch – Le jardin des délices, panneau gauche du triptyque représentant l’Eden, 1503 ou 1504, Musée du Prado. (1)

Carte du paradis

Pierre Moullart-SansonCarte du Paradis terrestre selon Moyse, 1724, Paris – BNF, Cartes et Plans.(2)

Dans Le Livre de l’échelle de Mahomet (3) l’ange Gabriel fait visiter le septième ciel à Mahomet  :

Sache que tout ce qu’on dit qu’il n’y a qu’un Paradis est vrai en ceci que le Paradis n’est désigné que comme lieu de délices ; mais Dieu a réparti ces délices en un très grand nombre de formes et les donne aux siens selon les mérites de chacun. […] Dans la terre du Paradis, il y avait un très grand fleuve dont viennent tous les fleuves qui coulent dans notre monde. Ce fleuve, en effet, coule à travers la terre d’Egypte et s’appelle le Nil… Aussi longtemps que ce fleuve coule à travers le Paradis, il est tout entier de miel, mais lorsqu’il sort de cette région, il se transforme aussitôt en eau. Après ce fleuve j’en ai vu un autre très grand qui s’appelle Addehilla. En latin, il s’appelle l’Euphrate. Ce fleuve aussi longtemps qu’il coule à travers le Paradis est tout entier de lait, qui est si blanc que personne ne pourrait le dire, mais dès qu’il sort de cette région il se transforme en eau. Après ce fleuve, j’en ai vu encore un autre qui s’appelle Gayan, et en latin Gyon, qui, tant qu’il coule à travers le Paradis est tout entier de vin, mais en sortant de cette région se transforme aussitôt en eau. Après celui-là, j’en ai vu encore un autre très grand qui s’appelle Targa, et en latin Tigre. Ce fleuve est tout entier d’une eau plus transparente et plus savoureuse qu’un homme ne pourrait l’imaginer. Ces quatre fleuves sont répartis de la façon suivante : le fleuve de miel coule du côté l’orient, le fleuve de lait du côté de l’occident, le fleuve de vin du côté du midi, et du côté du septentrion, coule le fleuve d’eau.

Adam et Ève, miniature du Manafi al-Hayawan, Maragha, 1294-1299 (New York, Pierpont Morgan Library)

Adam et Ève, miniature du Manafi al-Hayawan, Maragha, 1294-1299 (New York, Pierpont Morgan Library).

Les Jardins du paradis - Miniature persane estraite de "Khâmesh de Nezâmi"

Miniature persane du Khâmesh de Nizâmi – Ecole de Chiraz, vers 1620. (4)

Dans le jardin d’Eden, coule toujours beaucoup d’eau, celle des  quatre fleuves (5) et de la source à leur origine ; cette eau arrose les arbres de toutes sortes qui poussent en abondance et abreuve les animaux apparus en nombre lors de la Création et encore pacifiques. Le premier lieu habité par le premier couple humain sur terre est donc un jardin, et un jardin qu’est-ce ? C’est un lieu enclos, un morceau de nature mieux protégé, mieux tenu ; ceci se nommait en iranien ancien (l’avestique) « pairi daēza » groupe de mots signifiant « enceinte noble » (6) à rapprocher de l’hébreu « פרדס » (qui se prononce «pardes») et qui donne au grec le mot « παράδεισος » (qui se prononce «paradisos») désignant un « parc clos où se trouvent des animaux sauvages » et au latin « paradisus » traduit par «parc enclos» ou «jardin délicieux». La langue française en a fait son « paradis ». L’origine étymologique du mot  est révélatrice :  un paradis ce n’est donc d’abord qu’un  jardin et tout jardin est un paradis – au sens de lieu idéal – et cela se comprend aisément, car quoi de plus attirant pour un homme du désert qu’un jardin et cela surtout parce l’eau y est présente et avec elle, la flore, la faune, la vie.

Partout autour de la Méditerranée, où les trois religions du Livre (juive, chrétienne et musulmane) coexistent, dans ces pays secs ou arides, l’eau est synonyme de plaisir et raffinement, ainsi que souvenir de l’Eden primitif. Le jardin monastisque, l’ « hortus conclusus » (7) aussi bien l’hortus vivrier que celui fleuri du cloître, est irrigué par une fontaine centrée d’où partent quatre allées en croix. Il est l’héritier direct de l’atrium de la cour à péristyle de la domus gréco-romaine ; il est aussi la reproduction de ce jardin d’Eden où le fleuve central se divise en quatre bras, ces fleuves nourriciers liés aux grandes civilisations antiques, le Nil, le Tigre et l’Euphrate. Plus modestes et discrètes, mais néanmoins toujours présentes dans l’« hortus delicarium » (8), sont les petites fontaines et autres viviers, témoignages de cette source primordiale du premier jardin, du premier paradis, celui d’Eden, celui du septième ciel.

Orto Botanico de Padoue, 1545

Gravure figurant l‘Orto Botanico de Padoue, premier jardin botanique universitaire, fondé en 1545 sur le plan classique de l’Hortus conclavus.

Maitre de Francfort - Paradiesgärtleins

Maitre de Francfort – Les jardins du Paradis, vers 1410. Un exemple d’Hortus deliciarum.



(1) Pour les amateurs éclairés, il faut lire l’ouvrage de l’historien Jean Delumeau, Une histoire du Paradis, I : « Le Jardin des délices », éd. Fayard, 1992 … et les deux autres tomes.

(2) Un lien vers Le site de la BNF et l’exposition Utopie où est présentée cette carte commentée : http://expositions.bnf.fr/utopie/grand/1_17.htm.

(3) Jamel Eddine Bencheikh a publié Le voyage nocturne de Mahomet, (Imprimerie Nationale, Paris 1988) composé à partir de diverses versions arabes, mais prenant aussi comme trame les textes latins et français.

 (4) Un des documentaire de la Collection Palettes, Les jardins du Paradis, est consacré à la miniature persane de l’école de Bagdad (XIVe siècle) à l’école Qadjar (XIXe siècle) ; film de Alain Jaubert , 1997 – France – 30 minutes – Betacam SP.

(5) Comme dans la Genèse, on retrouve dans les mythologies indiennes et chinoises, quatre fleuves originels issus d’une source commune, partant dans les quatre directions géographiques. Certains les ont aussi rapprochées des quatre éléments primordiaux : air, eau, terre et feu. Dans les mythes scandinaves, l’Asgard (littéralement : l’enceinte des dieux), lieu de séjour des Ases, est une plaine arrosée douce et éternellement verte. Les civilisations précolombiennes de Méso-amérique connaissent également de tels lieux (Tulan) où des hommes sont accueillis par le Dieu des eaux  dans un jardin luxuriant où courent des  eaux bienfaisantes.

(6) A rapprocher du mot sanscrit « paradêsha » très proche phonétiquement et signifiant « région suprême ».

(7) Se traduit par « jardin enclos », c’est le jardin utilitaire qui produit fruits, légumes , plantes aromatiques et médicinales. C’est aussi le carré central délimité par la promenade couverte du cloitre. Le terme est un pléonasme quand on connait l’étymologie du mot « jardin » qui se rattache à un radical indo-européen « g’herdъ » signifiant « enclore » …

(8) Le jardin médiéval consacré aux plaisirs des princes,  clercs et dames, littéralement « jardin des délices » , l’autre appellation du Paradis … encore . Les « préaux » y sont protégés de haies et animés de tonnelles, treillages et charmilles, créant de petites chambres vertes où « s’égayer ».