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… le Feng Shui au jardin

Fēngshuǐ.svgLe Feng Shui est un art chinois plus que millénaire. Contemporain du philosophe Confucius (mi VIe–mi Ve av. JC), Lao Tseu, auquel est attribué le Tao To King, fait naitre du Wu Chi (l’énergie primordiale) le Yin et le Yang (les 2 forces fondamentales interdépendantes) dont les combinaisons élémentaires sont étudiées dans un autre traité, le Yi King (Livre des Changements), qui les déclinent, des 8 trigrammes primordiaux à la multiplicité des  Dix mille choses.

La philosophie chinoise antique distingue également 5 énergies :

  • 木 Le Bois : associé aux chiffres 3 et 4, au printemps, à l’est (&S/E), à la vue et au foie, de couleur vert, de goût acide et d’odeur rance. Énergie centrifuge. Enfant de l’Eau, parent du Feu. Contrôle la Terre. Forme rectangulaire dressée.
  • 火 Le Feu : associé au chiffre 9, à l’été, au sud, au goût et au cœur, de couleur rouge, de goût amer et à l’odeur roussie. Énergie ascendante. Enfant du Bois, parent de la Terre. Contrôle le Métal. Forme triangulaire.
  • 土 La Terre : associé aux 2, 5 et 8, passage de l’été à l’automne, au centre (N/E & S/O), au toucher et à l’estomac, de couleur jaune, au goût sucré et doux, et à l’odeur aromatique. Énergie circulaire. Enfant du Feu, parent du Métal. Contrôle l’Eau. Forme carrée.
  • 金 Le Métal : associé aux 6 et 7, à l’automne, à l’ouest (& N/O), à l’odorat et aux poumons, de couleur blanc, de goût piquant et à l’odeur de viande crue. Énergie centripète. Enfant de la Terre, parent de l’Eau. Contrôle le Bois. Forme ronde.
  • 水 L’Eau : associé au chiffre 1, à l’hiver, au nord, à l’ouïe et aux reins, de couleur bleu-noir, au goût salé et à l’odeur putride. Énergie descendante. Enfant du Métal, parent du Bois. Contrôle le Feu. Forme courbe horizontale.

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Héritier de ces analyses de l’univers, de l’espace et du temps, le Feng Shui qui signifie ‘vent-eau’ (le vent et l’eau correspondant aux deux éléments les plus essentiels de la vie : l’air et l’eau) les applique à  l’être humain et à sa localisation à un moment donné. Avec le temps, le Feng Shui devint ainsi l’art ou la science ‘de trouver le bon endroit’. Dans ses aspects les plus matériels, il permet de réfléchir à l’environnement de chacun : où se localise notre espace de vie, quelles formes, dimensions et couleurs conviennent le mieux à ma maison et mon jardin, comment les aménager.

Le premier point important est le respect de la nature. En second, vient la recherche de l’équilibre entre le yin et le yang. Ensuite celle de l’harmonie entre les cinq éléments.

Le long de la rivière au moment de la fête du Qingming, 1736, National Palace Museum, Taipei

Le Feng Shui trace une carte où les espaces sont symbolisés par des animaux :

  • le Dragon (Bois, vert, printemps, Est. La sagesse de l’esprit, yang) est, en sortant de la maison, à gauche de l’entrée.
  • le Phoenix (Feu, rouge, été, Sud. Les 5 sens, la sensibilité, l’avenir, l’au delà) est devant l’entrée en limite de terrain. Un espace dégagé qui laisse le regard se porter au loin et les ’énergies libres de circuler est tout indiqué ici.
  • le Serpent (Terre, jaune-brun, Centre. Le coordinateur) est au centre
  • le Tigre (Métal, blanc, automne, Ouest. La force, la nature, yin) est à droite.
  • la Tortue (Eau, bleu-noir, hiver, Nord. La sécurité, la stabilité, le passé) est l’espace à l’arrière de la maison. Idéalement, une hauteur (colline ou montagne) est là pour la protéger, mais des maisons voisines, un mur de clôture ou une haie d’’arbres peuvent en tenir lieu.
Les 5 animaux célestes

Le terrain feng shui doit se rapprocher des formes rectangle ou carré (comme la maison). Le jardin est, selon le Ba Gua, subdivisé en 9 zones représentant des domaines de la vie (traditionnellement en Chine, le nord est placé en bas et le sud en haut, mais le tableau ci dessous est dessiné selon les habitudes occidentales).

La tortue ancestrale et le carré de Lo Shu
Le nord-ouest représente la spiritualité et la communication et son élément est le métal.

Cercle-Gris-Petits arbustes/Jardin minéral-Banc/Statue pierre ou métal

Le nord représente la carrière et son élément est l’eau.

Ondulation horizontale-Bleu-Vivaces-Rocaille/Bassin

Le nord-est représente la connaissance et son élément est la terre.

Carré-Ocre-Haie & bosquet-Salon ou banc/Coin lecture/Poterie

L’ouest représente l’avenir (les enfants et les projets) et son élément est le métal.

Cercle-Argent-Arbustes bas-Aire de jeux

 

Tai Chi

(énergie vitale)

L’est représente le passé, la famille et la santé et son élément est le bois.

Rectangle-Vert-Zone boisée-Terrasse & grande table-Mobilier de bois

Le sud-ouest représente l’amour et son élément est la terre.

Carré-Rose/Jaune-Verger, potager & vivaces-Salon ou banc-Poterie

Le sud représente la renommée et son élément est le feu.

Triangle-Rouge- Vivaces-Foyer

Le sud-est représente la prospérité et son élément est le bois.

Rectangle-Violet- Arbustes & plantes précieuses-Fontaine/Bassin/Ruisseau

Un terrain trop plat peut être surélevé légèrement à l’arrière de la maison donnant de la force au côté tortue, il bénéficiera de l’introduction de végétaux hauts sur le côté dragon, et de  l’ajout de pierres bien placées. Un terrain trop pentu gagne à être aménagé en terrasses. Des allées sinueuses, avec un nombre impair de courbes, et sans culs de sac, sont préférables aux lignes droites et angles vifs.

Il est important de préserver un espace ouvert au centre et à l’avant (phœnix) où gravillons, mousses, herbes et végétation basse sont à privilégier.

Les arbres tiennent une grande place dans la culture chinoise, leurs champs d’énergie sont puissants.  Ils devraient être plantés à distance de la maison sur le côté dragon ou sur une partie du côté phœnix. Les arbustes et les haies  fleuries sont à leur meilleure place sur le côté tigre du jardin. Les plantes grimpantes sont bienvenues, mais pas sur les murs de la maison qu’elles empêcheraient de respirer.

L’’eau est source de vie, donc de richesse en feng shui, il est important de placer fontaines, bassins et rivière, dans des endroits spécifiques : dans les deux quadrants  d’entrée, et jamais sur le côté tortue (à l’arrière).

Le jardin se doit d’évoluer toute l’année au fil des saisons dont les caractères doivent être remarquables : subtiles floraisons printanières, explosion colorée de la maturité estivale, couleurs flamboyantes des feuillages d’automne, graphisme épuré des silhouettes dénudées des arbres en hiver.

C’est aussi un jardin des 5 sens : la vue avec des jeux d’’ombres et lumières, des couleurs harmonieuses et variées, vives  et douces ;  l’’ouïe avec des carillons, des fontaines bruissantes, des chants d’oiseau ; l’’odorat avec des plantes parfumées ;  le goût avec des fruits de verger et potager ; le toucher avec des végétaux aux textures variées .

Et enfin ne pas oublier que « moins est mieux » …

… le jardin Majorelle de Marrakech

Un peintre en son jardin : couleurs primaires et collection de cactus graphiques

Le peintre nancéien Jacques Majorelle (1886-1962), fils d’un des fondateurs de l’Art nouveau, l’ébéniste Louis Majorelle, est désormais plus célèbre pour son Jardin de Marrakech que pour ses toiles orientalistes. Ce jardin créé durant quarante ans par Jacques Majorelle dans sa propriété acquise en 1923 en bordure de la palmeraie de Marrakech est aujourd’hui une oasis de près d’un demi-hectare, luxuriante et calme en plein cœur de la ville.

Une jungle haute et sombre de bambous, fougères arborescentes et saules ombrage doucement l’allée périphérique, tandis qu’une impressionnante collection botanique de cactées, agaves, aloès, yuccas, et palmiers, auxquels se mêlent bananiers, caroubiers, cyprès et thuyas, occupe le centre du jardin, soumis à un soleil sans filtre.

Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016

Les floraisons lumineuses des bougainvillées, daturas et jasmins, se mêlent à celles des aquatiques lotus, nénuphars et nymphéas du long canal central et des nombreux bassins aux jets d’eau bruissants et frais.

Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016

Les allées irrégulières se civilisent aux abords des constructions et s’ornent de fontaines, jarres en céramique et pergolas aux vives couleurs primaires dont ce bleu majorelle, un outremer-cobalt présent dans les montagnes de l’Atlas et magnifié par le peintre. Des bâtiments de sobre inspiration mauresque ou berbère côtoient une villa au pur dessin cubiste et aux mêmes éclatantes et rares couleurs primaires (commandée à l’architecte Paul Sinoir en 1931 ).

Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016

Ouvert au public en 1947, le jardin a été délaissé à la mort du peintre, avant d’être acheté et restauré par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en 1980, il  appartient désormais à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent.

Plan du jardin Majorelle à Marrakech
Atelier de Jacques Majorelle vers 1931
Jacques Majorelle vers 1940
Yves Saint Laurent à Dar Saada – 1977 ©-Pierre-Boulat

http://www.jardinmajorelle.com/


Un jardin dans la Ville rouge

L’actuelle Marrakech, quatrième ville du Maroc avec plus d’un million d’habitants, située au milieu des terres, au pied du Haut Atlas, doit son nom au berbère Mour-Akouch qui signifie Pays de Dieu, elle fut un temps capitale du royaume du Maroc dont provient le nom. Appelée aussi Ville rouge à cause des enduits d’ocre roux qui parent toutes ses constructions, elle a été fondée en 1071 par Youssef Ibn Tachfin, premier sultan de la dynastie berbère des Almoravides, l’adversaire du Cid chanté par Corneille.

Marrakech – remparts de la Medina – décembre 2016

La Médina (vieille ville)  ceinte par plus de dix kilomètres de remparts percés de portes (Bab Ahmer,  Bab Al Khmis, etc.) côtoie la ville nouvelle dont les quartiers principaux s’appellent entre autres Guéliz (déformation locale du mot français ‘église’, car c’est là que fut bâtie la première église marrakchie), Hivernage, Douar Askar, Sidi Youssef Ben Ali. La principale artère reliant la ville nouvelle à la vieille ville, l’avenue Mohamed V, arrive juste au pied de la Koutoubia.

Marrakech – A l’intérieur des remparts – décembre 2016
Marrakech – Médina – décembre 2016
Marrakech – Ville nouvelle – décembre 2016
Marrakech – décembre 2016

La Koutoubia, ou « mosquée des libraires » (à cause des souks consacrés aux livres qui se tenaient autrefois à ses pieds), domine la ville du haut des 77 m de son minaret surmonté d’un lanternon, lui-même couronné de quatre boules d’or. C’est Abd el-Moumen, sultan de la dynastie des Almohades, qui décida de l’édification de ce chef-d’œuvre de l’art hispano-mauresque du XIIe siècle. Une première Koutoubia s’éleva rapidement, mais la mosquée n’indiquant pas la direction de La Mecque, elle fut vite détruite et remplacée par une seconde achevée en 1199, la plus vaste mosquée du Maghreb d’alors (90 m sur 60 m) .

Marrakech – Koutoubia 2016-12-05

Au cœur de la médina, entre ombre et lumière, se trouvent les souks qui ne semblent pas avoir changé depuis des siècles, serrés autour de la place Jemaâ el-Fna.

Marrakech – Dans les souks – décembre 2016
Marrakech – Place Jemaâ el-Fna de nuit – décembre 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

Marrakech – Place Jemaâ el-Fna de jour – décembre 2016

 Les principaux vestiges des siècles passés se découvrent au détour des ruelles de la Médina :

  • La mosquée Ben Youssef et la medersa Ben Youssef (collège pour héberger les étudiants coraniques).

En 1564-65, le sultan saâdien Abdellah Al Ghalib fit construire, à Marrakech, une des plus belles médersas du Maroc, à côté de la mosquée almoravide érigée par Ali Ben Youssef et restaurée par Al Ghalib, qui lui adjoignit aussi un maristan (hôpital).

La médersa est construite sur un plan carré d’une superficie de 1680 m2 avec un grand patio central, elle accueille une salle de prière et 132 chambres. Elle rassemble toutes les matières les plus nobles (boiseries de cèdre sculptées, plaques de bronze, stuc ouvragé, zelliges colorés, marbres de Carrare) et tous les thèmes décoratifs de l’art marocain de l’époque tout en gardant une grande cohérence et une harmonie certaine.

‘J’ai été édifiée pour les sciences et la prière … ‘

Marrakech – La mosquée Ben Youssef
Marrakech – La Medersa Ben Youssef cour intérieure – 2016-12-11
Marrakech – La Medersa cour intérieure – 2016-12-11
Marrakech – La Medersa cour intérieure, le calligraphe – 2016-12-11

 

 

 

 

 

 

 

 

  • la kasbah (citadelle) accueille le palais El-Badii, les tombeaux saâdiens et le palais royal du souverain actuel Mohammed VI à proximité des jardins de l’Agdal.

Le Palais El Badii (ou palais de ‘l’Incomparable’) est l’œuvre grandiose du souverain saâdien Ahmad Al Mansur El-Dahbi (‘Le Doré’, 1578-1603) , accomplie  tout au long de son règne.

Des ruines imposantes précèdent le palais dont l’ensemble est constitué d’une grande cour rectangulaire de 135 sur 110 m, au milieu de laquelle fut creusé un vaste bassin de 90 par 20 m où s’élevait une fontaine monumentale munie de deux vasques superposées et surmontées d’un jet d’eau. Encadrant le bassin, 2 dépressions plantées d’arbres et de fleurs disposées dans des carrés séparés par des allées pavées de zelliges. Les angles du palais étaient eux aussi occupés par de grands bassins (30 par 10 m) encadrant les 4 pavillons : le Pavillon de cristal, dont la trace a été attestée par des  fouilles, le Pavillon des audiences, dont subsistent les hautes murailles. était couvert d’une coupole posée sur 12 colonnes, le Pavillon de l’héliotrope et le Pavillon vert, résidence la plus privée du sultan dans ce complexe palatial, étaient précédés de 2 galeries soutenues par 2 séries de colonnes de jaspe.

Marrakech – Palais El-Badii – décembre 2016
Marrakech – Palais El-Badii – décembre 2016

Reliés à la mosquée fondée par Yaaqub Al Mansur par un passage discret, les tombeaux saadiens n’ont été redécouverts au nord de la Kasbah almohade qu’en 1917. Nécropole de la famille royale saadienne érigée par le sultan Abdallah Al Ghalib en 1557 pour abriter la tombe de son père Muhammad Shaykh, fondateur de la dynastie, elle fut embellie par Ahmad Al Mansur Dahbi (‘Le Doré’) pour accueillir sa propre dépouille et celle de sa famille, dont sa mère Lalla Massouda. Ce somptueux complexe funéraire dont le style s’apparente à celui de l’Alhambra de Grenade, se compose de 2 ensembles :

le premier comprend un oratoire à 3 nefs abritant un superbe mihrab, la fastueuse salle des 12 colonnes en marbre de Carrare avec plusieurs  tombeaux dont celui d’Ahmad Al Mansur et une salle creusée de 3 niches qui accueille les tombes d’Abdallah Al Ghalib et de son père.

En traversant le cimetière à ciel ouvert, on atteint le second ensemble qui s’ouvre par un portique soutenu par 2 colonnes de marbre blanc, cette partie est consacrée à Lalla Massouda,  la mère vénérée d’Ahmad Al Mansur, décédée en 1591.

  • le mellah (quartier juif), la place des Ferblantiers.

El Mellah est le terme utilisé traditionnellement pour désigner le quartier juif dans les villes du Maghreb. Jusque vers 1960, environ 250 000 Juifs marocains vivaient dans le pays ; après de nombreux départs vers Israël et la France, ils ne seraient plus actuellement que 2 500. Le Mellah de Marrakech a été construit au XVIe siècle pour accueillir les Juifs expulsés d’Espagne par l’Inquisition. Entouré de hautes murailles, il occupe une quarantaine d’hectares, autour de la synagogue Salat Al Azaman,  à proximité du vaste cimetière juif. Le quartier abrite de nombreux commerces et souks d’épices et de bijoux. Habité aujourd’hui principalement par des musulmans, il bénéficie depuis 2015 d’ un important programme de réhabilitation.

Marrakech – Le mellah, ancien quartier juif – décembre 2016
Marrakech – La place des Ferblantiers – décembre 2016
Marrakech – Vue des toits de la Medina – décembre 2016
  • Le palais de la Bahia semble tout droit sorti d’un des contes des Mille et une nuits. La construction commencée en 1880 par le grand vizir Sidi Moussa pour sa favorite, la Bahia (c’est-à-dire ‘la Belle’), ne fut achevée que sous son successeur Ba Ahmed en 1887. Inspiré par l’art andalou, mais édifié en plusieurs étapes au rythme des acquisitions successives des 8 ha de la propriété, le plan est complexe voire labyrinthique. Les plafonds sont richement sculptés dans le bois de cèdre de l’Atlas. La cour d’honneur de 80 m², centre du harem au temps du grand vizir, est pavée de marbre de Carrare et entourée d’un déambulatoire aux colonnes peintes et ornées de zelliges, elle donne accès à un jardin mauresque planté d’orangers, de cyprès, daturas et jasmins et à des riads fleuris, tous rafraichis par de nombreuses vasques à jet d’eau en marbre de Meknès.
Marrakech-Palais de la Bahia-2016-12-06
Marrakech-Palais de la Bahia-2016-12-06
Marrakech-Palais de la Bahia-2016-12-06
Marrakech Palais de la Bahia 2016-12-06 – Le Palais des Mille et une portes
Marrakech Palais de la Bahia 2016-12-06 – Le Palais des Mille et un arts

Autour de Marrakech et sur le chemin de l’Atlas

Marrakech – Petits métiers, le long de la ligne de bus n° 16 – décembre 2016

Marrakech plan du réseau urbain

L’Atlas dessine au nord-ouest du continent africain un arc montagneux allant de l’Atlantique à la Méditerranée et s’étendant sur le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. C’est au Mont Toubkal dans le Haut Atlas marocain qu’il culmine à 4 167 mètres d’altitude. A partir de Marrakech, le chemin du djebel (terme arabe pour montagne) ou  adrar (terme berbère pour montagne) Toubkal passe par le village berbère d’Imlil,  situé à 1 714 m d’altitude dans la vallée d’Asni, ce village est le dernier lieu accessible par la route avant l’ascension du Toubkal qui se trouve alors à 2 jours de marche.

Pas de cèdre de l’Atlas sur ces pentes (alors que cet arbre emblématique est très présent avec le thuya sur celles du Moyen-Atlas), mais  des pins noirs de l’Atlas (Pinus nigra subsp. salzmannii var. mauretanica) ou encore des chênes zéens (Quercus canariensis), des arganiers (pour produire l’huile d’argan utilisée en cuisine comme en cosmétique) et des vergers de pêches, pommes, prunes et autres fruits qui approvisionnent les marchés de Marrakech et bien au delà.

Un article intéressant sur la flore marocaine :  http://www.ecologie.ma/les-10-arbres-fruitiers-spontanes-du-maroc/

Le village berbère d’Imlil dans le Haut-Atlas, et le djebel Toubkal enneigé en arrière-plan

Toutes les photos couleurs sont ©-Patricia Wenger –  JdP

Landart …

Le Landart, qu’est-ce que c’est ?

Tendance de l’art contemporain, le Landart est un mouvement ou une pratique commune à plusieurs artistes qui ne cherchent pas à représenter le paysage comme cela s’est fait pendant des siècles, mais à s’y inscrire, à s’en nourrir ou à le nourrir.

Que le cadre soit naturel ou urbain importe peu, que les interventions soient gigantesques ou minuscules, durables ou éphémères, en harmonie ou en rupture, non plus. Le Landart interroge cet espace, le travaille. Le paysage est à la fois sujet et objet, il donne et le support et les matières de l’œuvre : rochers, sable, terre, bois, plantes, eau ou  laine, parasols, bouteilles en plastique, déchets … Le Landart est d’abord un questionnement de notre environnement actuel.

Les débuts

En octobre 1968, à New York, la Dwan Gallery organise l’exposition Earth Works, qui est à l’origine de cette réflexion artistique sur le paysage. Les premières réalisations,  souvent imposantes, sont américaines.

Ce sont des terrassements (Earthworks) :

Double Negative de  Michael Heizer a nécessité en 1969-70 le  déplacement de 244 800 tonnes de roches, pour réaliser une tranchée profonde de 15 m, large de 13 m et longue de 457 m dans un canyon de Mormon Mesa dans le Nevada

Spiral Jetty, œuvre due au sculpteur Robert Smithson, ouverte en 1970, située au bord du Grand Lac Salé a une emprise de 4,60 m de large par 460 m de long.

Spiral Jetty de Robert SmithsonSpiral Jetty de Robert Smithson

http://www.robertsmithson.com/

Ce sont des installations :

Nancy Holt, photographe et plasticienne, par ailleurs compagne de Robert Smithson, réalise de 1973 à 1976 les Sun Tunnels  dans de désert de Great Bassin (Utah) : 4 buses de 6 mètres de long et de 2,50 m de haut placées par paires sont orientées en fonction des 2 solstices.

Sun tunnels de Nancy Holt

Sun tunnels de Nancy Holt

Ce sont des accumulations, pérenne comme l’installation de 400 poteaux-paratonnerres en acier inoxydable à Quemado (Nouveau-Mexique) de 1969 à 1977,  par Walter De Maria pour The Lightning Field.

The Lightning Field de Walter De MariaThe Lightning Field de Walter De Maria

www.laboiteverte.fr/Walter-de-maria-de-la-foudre-aux-kilometres/

Ce sont des œuvres éphémères comme celles de Dennis Oppenheim qui intervint en 1968 sur de la glace, dessinée d’anneaux concentriques avec Annual Rings ou transpercée dans Boudary Split. Photographies et films, associés  aux plans et croquis préparatoires, perpétuent l’instant, à la fois documents et œuvres.

Annual rings de Dennis OppenheimAnnual rings de Dennis Oppenheim

http://www.dennis-oppenheim.com/

Œuvres éphémères encore, les mises en scènes et emballages de Christo et Jeanne-Claude qui en 1972 barrent Valley Curtain (Colorado) d’un rideau de nylon orange de 351 m de large et de 111 m de haut.

Valley Curtain de Christo et Jeanne-Claude

http://christojeanneclaude.net/

Quelques images de landart … parmi d’autres

Jan Dibbets, 12 Hours Tide Object with Correction of Perspective, 1969 (instantané du film-Paloma Polo)Jan Dibbets, 12 Hours Tide Object with Correction of Perspective, 1969 (instantané du film / Photo: Paloma Polo)

Ian Hamilton Finlay - Little Sparta - OrderIan Hamilton Finlay – Little Sparta – Order

http://www.ianhamiltonfinlay.com/


Andy Goldsworthy - Sycamore patch - Glasgow 31 10 1986Andy Goldsworthy Sycamore patch – Glasgow 31 10 1986

http://www.goldsworthy.cc.gla.ac.uk/

page artsy.net sur Andy Goldsworthy


Tadashi Kawamata - Madison square parkTadashi Kawamata

http://www.tk-onthetable.com/  –  http://www.versailles.archi.fr/pdf_actu/DPKawamata.pdf  –  http://www.cndp.fr/crdp-nice/tadashi-kawamata-question-au-baccalaureat-arts-plastiques-2/

Richard Long, Un cercle en Bretagne, 1986Richard Long Un cercle en Bretagne, 1986

http://www.richardlong.org/

Observatorium de Robert MorrisRobert Morris Observatorium

https://www.wikiwand.com/fr/Robert_Morris

David NashDavid Nash, Three Sun Vessels for Huesca, 2005

http://www.artnet.fr/artistes/david-nash/

A photo taken on June 6, 2013 shows "Elevazione" (Elevation), a sculpture by Italian artist Giuseppe Penone, on display in the gardens of Versailles. The exhibition will run from June 11 to October 31, 2013. AFP PHOTO / CLAIRE LEBERTRE

Giuseppe Penone – Versailles 2013 – Photo C. Lebertre

http://coordination-defense-de-versailles.info/2013-GiuPen.html  –  http://www.cnap.fr/giuseppe-penone  – http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-penone/penone.html  –

Nils Udo - The Nest 1978Nils Udo, The nest, 1978

http://www.claire-gastaud.com/artist/NILS-UDO   –   http://www.ac-nice.fr/college-hugo/1024/HIDA/documents/AP/3e2nils%20udo%20nid.pdf

Art et nature - Rocky Mountain Whirlpool de Chris Drury, 2016 sept

Sentier art et nature – Rocky Mountain Whirlpool de Chris Drury, 2016 sept

2 SITES A VISITER

 

http://www.landarts.fr/

https://www.facebook.com/Sentier-Art-et-Nature-138847922801442/timeline/

 

Notre lit, c’est la verdure.
Les solives de nos maisons sont des cèdres,
Nos lambris sont des cyprès.
Je suis un narcisse de Saron,
Un lis des vallées.
Comme un lis au milieu des épines,
Telle est mon amie parmi les jeunes filles.
Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,
Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.
[…]

Extrait du Cantique des cantiques

… Le Parc Oriental de Maulévrier – Les jardins japonais

La commune de Maulévrier, dans le Maine-et-Loire en région Pays de la Loire, abrite le plus grand jardin japonais d’Europe dans l’ancien parc du château des Colbert. Le château Colbert, construit à partir de 1680, a été racheté fin XIXe siècle par M. Bergère qui confia alors à l’architecte Alexandre Marcel la restauration intérieure et l’aménagement d’un parc. Marcel y crée, entre 1899 et 1913, un Paysage japonais, entretenu par le jardinier en chef, Alphonse Duveau, et plus de 10 jardiniers. De 1945 à 1980, le parc est progressivement abandonné avant d’être racheté en 1980 par la commune, classé au titre des sites et peu à peu restauré par une association – Loi 1901.

Maulévrier photo ancienne 1901Maulévrier photo ancienne (1)

Maulévrier – Photos anciennes (début XXe s.)

2015-08 Maulévrier - Bâtiment2015-08-19 Maulévrier (12)2015-08-19 Maulévrier (12)Maulévrier, 2015, A.M.Pan

En 1987, des professeurs des universités horticoles de Tokyo et de Niigata reconnurent les 12 hectares du site classé comme fidèles aux principes des jardins japonais de la période Edo (XVIe- XIXe s.) dont l’eau est l’élément principal (ici 3/10ème de la surface paysagée). Celle-ci doit couler d’est en ouest (cas de la rivière la Moine) comme la course du soleil qu’elle symbolise , elle représente aussi la vie humaine. Deux îles du paradis sont situées sur la pièce d’eau,  île de la grue et île de la tortue, elles sont liées au Mont Sumeru, source du qi,  l’énergie terrestre en circulation. L’ensemble eau/îles-montagnes reforme le couple yin/yang constituant un univers complet.

La végétation du parc est riche d’environ 400 espèces, le jardin est intéressant en toutes saisons, chacune étant aussi en lien, dans l’univers japonais, avec un âge de la vie.

2015-08-19 MaulévrierMaulévrier, 2015, A.M.Pan


La pagode, le pont rouge, les îles et la rivière La Moine

Mix PagodeMaulévrier, 2015, A.M.Pan

Le jardin de la pagode est planté de mousses, de fougères, de bambous et d’arbustes aux floraisons printanières, azalées, rhododendrons, magnolias, cerisiers et cognassiers du Japon.

2015-08 Maulévrier - Pagode, Pont rouge & La MoineMaulévrier, 2015, A.M.Pan

Le pont rouge est typiquement japonais, il est peint – comme le torii (portail qui permet le passage entre le monde terrestre et le monde divin) de l’île de la grue – de cette couleur sacrée au Japon, il donne accès aux îles, symboles du Paradis taoïste, qui pour ne pas déranger les esprits sont interdites au public, … sauf l’Empereur et les jardiniers. La Moine s’écoule, tantôt rivière, cascades, pièce d’eau calme, bordée de grands arbres au port naturel et de nombreux topiaires.


Le temple Khmer

Reproduction d’un des temples d’Angkor Vat, ce temple faisait partie du pavillon du Cambodge aménagé par Alexandre Marcel, lors de l’exposition universelle de 1900. Un des accès au temple est l’escalier aux lions, ces couples de lions gardiens protègent traditionnellement palais et temples en Chine. Deux statues hindoues, du dieu Vishnu et de sa femme, la déesse Lackmi, encadrent l’entrée du temple. Les apsaras (nymphes célestes hindoues) et les génies du monde souterrain, sculptés sur le fronton, protègent le temple. A l’intérieur, un Bouddha assis dans la position du Lotus sur les anneaux du Naja (serpent mythique et protecteur) reçoit la vénération des cambodgiens de la région, pour qui ce temple est aujourd’hui un lieu de culte.

2015-08 Maulévrier - Temple khmerMaulévrier, 2015, A.M.Pan


La colline des méditations

La colline des méditations se doit d’être proche de rochers – symboles d’éternité -, d’une cascade – qu’on devine à son chant -, sous le couvert de conifères odorants évoquant la longévité mêlés aux arbres caduques dont le feuillage léger bruisse comme un murmure et abrite des oiseaux mélodieux.

2015-08-19 Maulévrier (14)Maulévrier, 2015, A.M.Pan


La corne d’or

Cet élément, symbolisant le Naja qui protégea Boudha, est recouvert de losanges de verre doré (il vient directement de Thaïlande et a été installée en 1992).

2015-08 Maulévrier - Mix Corne d'orMaulévrier, 2015, A.M.Pan


Les topiaires

L’art topiaire (du latin ars topiaria qui se traduit par art du paysage) consiste à tailler, voire sculpter, arbres et arbustes pour former des haies et surtout des sujets  variés. Cet art ancien, déjà pratiqué dans l’antiquité romaine, se pratique sur des végétaux, conifères ou feuillus, de port compact, à petites feuilles, de préférence persistantes (en Europe, ce sont traditionnellement des ifs et surtout  des buis).

Mix boule
Formes simples et universelles : boules, plateaux.
Mix accent

Théâtralisation de formes naturelles retravailllées et accentuées.

Mix jap

Taille en transparence et taille en nuage typiquement japonaise. Maulévrier, 2015, A.M.Pan

2015-08-19-Maulévrier-TopiairesMaulévrier, 2015, A.M.Pan

2015-08-19 Maulévrier TT (2)La présence animale (poissons, oiseaux, etc.) est vivement appréciée, voire indispensable, dans les jardins japonais – Maulévrier, 2015, A.M.Pan


L’art japonais des jardins

 

Comme il n’y a pas un jardin occidental, mais des jardins (médiévaux, italiens, à la française, à l’anglaise, de campagne ou de ville, etc.), les jardins japonais sont avant tout multiples, différents dans le temps, l’espace et la fonction. Plusieurs styles se sont succédé, apparaissant tous sur l’île de Honshū, l’île centrale du Japon, avant de se diffuser dans le reste de l’Empire.

Un peu d’histoire

Dans l’archipel nippon, les forces de la nature, qui s’expriment avec violence – séismes, tsunamis et typhons en témoignent -, sont déifiées par le shintô, religion animiste toujours pratiquée aujourd’hui, et dès l’antiquité, des aménagements sont faits autour des kamis (éléments de la nature divinisés) et des sanctuaires shintoïstes. Le shime nawa est la corde en paille de riz entourant l’espace ou l’objet sacré et les premiers jardins, au caractère sacré, sont des shima. A la nature sauvage se juxtapose une nature domestiquée par l’agriculture, toutes deux inspirent les jardiniers japonais qui les mêlent harmonieusement dans les premiers jardins d’agrément qui apparaissent auprès des palais durant les périodes Asuka (552-710) et Nara (710-794). Nettement influencés par l’art chinois des jardins et les préceptes boudhistes et taoïstes, ces jardins  sont aménagés pour reproduire en les réduisant différents paysages, où ‘eau et roches’ représentent ‘océans et montagnes’ qui sont l’univers : le mot paysage (san sui) est la juxtaposition de deux idéogrammes, san = montagne et sui = eau. La création d’étangs à un ou plusieurs îlots se systématise dans les jardins des périodes Azuka et Nara. L’art du jardin se dit alors en japonais ‘art de dresser les pierres’.

Les créations de l’époque Heian (794-1185), les jardins de style shinden (shinden zukuri teien) s’émancipent de l’influence chinoise et se teintent d’un caractère insulaire personnel, ces jardins sont aussi ceux qui marquent le plus les saisons et le ‘temps qui passe’. Ils sont construits sur un plan étang-île ou jardin-rivière (yarimizu) : créé de part et d’autre d’un cours d’eau – orienté est/ouest et navigable pour la promenade -, agrémenté d’une ile des immortels accessible par un pont, intégrant plusieurs enrochements et se terminant dans une mare. Une cour de sable s’impose entre le bâtiment principal et ce jardin-rivière.

A partir du XIIe s., avec la diffusion du bouddhisme zen, les jardins évoluent d’un simple  mimétisme de la nature vers une symbolisation de celle-ci, les plantes à fleurs sont délaissées pour les plantes persistantes, les premiers véritables jardins secs (karesansui) apparaissent, ces jardins sont faits avant tout pour une contemplation immobile  et la méditation. Cette évolution est plus appuyé encore dans les jardins de temples et monastères qui n’ont conservé du  modèle shinden que la cour de sable et évolué vers une abstraction et une épure de plus en plus marquées, les demeures aristocratiques ayant quant à elles adopté la représentativité concrète du jardin-paysage.

Le XVIe s. voit l’apparition des jardins de thé (chaniwa) : lanternes de pierre (ishidôrô), bassin creusé dans une pierre (tsukubai), pierres de passage (tobiishi) disposées le long d’un chemin de rosée (roji) symbolisent un sentier de montagne conduisant à un ermitage – maison de thé.

Au cours de l’époque apaisée et prospère d’Edo (1600-1868),  d’immenses jardins de promenade (kaiyûshiki teien), fastueux jardins de plaisance, agrémentent les propriétés aristocratiques, en même temps que de minuscules jardins de cour intérieure  (tsubo-niwa, naka-niwa et senzai) font le plaisir d’une nouvelle classe bourgeoise. L’ère Meiji (1868-1912) est marquée par l’ouverture du Japon à l’Occident, ce qui se traduit dans les jardins par l’adoption de grandes pelouses et d’une nouvelle palette végétale associé à un certain abandon des valeurs traditionnelles. Au XXe s.,  l’architecte-paysagiste Mirei Shigemori (1896–1975) intègre dans ses aménagements cet héritage ancien et une vision radicalement moderne.

Quelques principes

Le jardin japonais cherche à interpréter et idéaliser la nature en limitant les artifices, il refuse la symétrie au profit de l’asymétrie. Un des points forts de l’art japonais est l’attention toute particulière apportée pour que le jardin soit attractif tout au long de l’année, quelque soit la saison, s’appréciant sans temps mort. Les paysagistes (niwa shi ou maître-jardinier) cherchent également à gommer les limites spatiales, à éviter toute rupture entre le jardin et le grand paysage, grâce à une technique, le shakkei, qui donne l’impression d’un espace aux dimensions infinies, et ce bien les jardins japonais soient généralement assez petits (en comparaison avec les jardins chinois plus monumentaux). Le jardin est construit en plans visuels successifs (pas de point de fuite, au contraire des jardins à la française) : aux premier et second plans, des végétaux intéressants  sont soigneusement placés dans le jardin en lien avec l’extérieur, au troisième plan, des constructions, des arbres et arbustes dissimulent les limites réelles du jardin, cachant et révélant (miegakure) tour à tour la vue sur le paysage et au quatrième plan, des éléments extérieurs sont capturés visuellement et intégrés dans la composition du jardin. Le choix de planter de grands arbres au premier plan et des arbres plus petits à distance agrandit optiquement l’espace.

自然 shizen : la nature

風景 fuukei : scènes, vues

四季 shiki : les 4 saisons

niwa : le jardin

tsubo : la cour intérieure

潜在 senzai : caché

Les japonais distinguent quatre grands types :

  • les jardins qui représentent la nature en miniature (shizen fuukeishiki), dont le jardin de promenade – nécessairement vaste – (kaiyûshiki teien), le jardin ondulé (tsukiyama-niwa) et le jardin plat qui peut être de dimension modeste (hira-niwa),
  • les jardins secs et jardins de méditation, stricts, stylisés et épurés (karesansui), souvent dénommés en Europe jardins zen,
  • les jardins de thé (cha-niwa),
  • les jardins de cour intérieure (tsubo-niwa) ou de patio (naka-niwa), le plus souvent jardins de ville (senzai).

Ils classent ces jardins selon leur degré de naturel/formalisme en trois niveaux : naturel (), mi-formel (gyô), et formel (shin).

Tsukiyama niwa ou jardin à collines, Zukai teizohō, 1890 Hiraniwa ou jardin plat, Zukai teizohō, 1890 Chaniwa ou jardin de thé, Zukai teizohō, 1890 Clotures, Zukai teizohō, 1890 Ponts, Zukai teizohō, 1890

1 = Tsukiyama niwa ou jardin à collines, 2 = Hiraniwa ou jardin plat, 3 = Chaniwa ou jardin de thé, 4 = clôtures, 5 = ponts, gravures extraites de Zukai teizohō, 1890, présentées dans l’article d’Ursula Wieser Benedetti, publié dans Projets de paysage le 11/07/2012 : www.projetsdepaysage.fr/fr/le_jardin_japonais_en_europe

Sunsho-an, Temple Daitoku-ji, Kyoto (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale, 1799)

Le jardin du Sunshō-an, Temple Daitoku-ji, Kyōto (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale, 1799)

fujijardins - cha tsukubai

Chaniwa (photo provenant de l’article très documenté chaniwa de fujijardins.com ; le site intéressant comprend plusieurs pages sur l’art des jardins : http://fujijardins.com/types/types.php)

Plan du palais Sentô gosho dû à Kobori Enshū

Plan du palais Sentô gosho à Kyoto, dû à Kobori Enshū (1579-1647), extrait de l’article de Yama.uchi Tomoki sur Les jardins et  l’esthétique de Kobori Enshū , publié dans Projets de paysage, le 12/07/2012 : http://www.projetsdepaysage.fr/les_jardins_et_l_esthetique_de_kobori_ensh_u016b


Jardins japonais les plus célèbres

 

Les trois jardins-paysages les plus célèbres du Japon sont le Kairakuen à Mito (ci-dessous photo 1), le  Kenrokuen à Kanazawa (ci-dessous photo 2) et le Korakuen à Okayama (ci-dessous photo 3). Le jardin sec du temple Ryôan-ji à Kyôto (ci-dessous photo 4) est mentionné sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, il a été créé entre 1499 et 1507 (époque Muromachi) et occupe 200 m2.
Kairaku-enFountain - Kenrokuen Garden de Kanazawa (Japan)Korakuen à Okayama (Japan)Jardin sec du temple Ryōan-ji à Kyoto

Quelques jardins japonais en France

 

Contacts du Parc oriental de Maulévrier : http://www.parc-oriental.com/http://www.photos-et-panoramas.fr/sph/sphpdl/vr_oriental.html

Parc botanique de Haute-Bretagne (près de Fougères) : dessiné en 1847 sur 25 hectares, le parc comprend 24 jardins à thème dont un jardin japonais, 4 000 espèces végétales différentes.
Le jardin japonais de l’Ile de Versailles à Nantes (Loire-Atlantique) : un petit jardin autour d’une maison de thé traditionnelle, halte paisible en cœur de ville et au bord de l’Erdre.
Le jardin japonais de l’Unesco à Paris, dit le « jardin de la Paix » : œuvre de le sculpteur américano-japonais Isamu Noguchi, récemment restauré selon les volontés de son créateur.
Musée et jardins départementaux Albert Kahn (Hauts de Seine) : du jardin japonais créé par Albert Kahn en 1909 ne subsiste qu’un cèdre de l’Himalaya et un hêtre pleureur, le jardin renaît aujourd’hui, recréé fin des années 80 par le paysagiste japonais Fumiaki Takano, en s’inspirant des autochromes d’Albert Kahn. Fumiaki Takanno a réalisé deux jardins éphémères à Chaumont-sur-Loire : From sky to earth en 1997 puis Zen’ith en 2007.
Le parc de l’Amitié à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) : paisible jardin aux notes asiatiques, avec un jardin japonais (vert) et un jardin zen (sec) à proximité de la roseraie en hommage à Joséphine de Beauharnais (lien wiki).
Jardin japonais du Château de Courances (Essonne) : créé dans les années 20 par Berthe de Ganay, érables du japon, hêtres pourpres et taille en nuage …
Le jardin zen d’Erik Borja (Drôme) : depuis 1973, jardin d’accueil, jardin de méditation, jardin de thé, jardin de promenade et jardin du Dragon, et aussi jardin … méditerranéen.
 Le jardin japonais de Compans-Caffarelli à Toulouse : créé en 1981, inspiré des jardins des XIV-XVIe siècles à Kyoto, mise en scène du monde minéral,  végétal et aquatique, mur d’enceinte, ponts, lanternes, et pavillon de thé sur 7 000 m2.
Le jardin japonais de Monaco conçu par Yasuo Beppu, inauguré en 1994 : un espace vert de 7000 m2 avec une montagne, une colline, une cascade, une plage, un ruisseau, un grand bassin central, traversé par un pont de pierre. Il comporte aussi une maison de thé et un jardin sec.
Jardin japonais du Havre : jardin clos de 2 250 m2 , créé en 1993 par Yasuko Miyamae et Samuel Craquelin pour le jumelage entre les ports d’Osaka et du Havre.
Le sentier de Chiminobambusa (Nord) : jardin de ville d’esprit zen,  créé à partir de 2004.
Les jardins de Ly (Somme) : parmi d’autres espaces, un jardin d’inspiration japonaise, un jardin de topiaires, un jardin de bonzaï, une bambouseraie et un pavillon chinois.

Auprès de mon arbre

 

Les arbres remarquables

Un arbre remarquable est un arbre qui par son port, sa taille, sa situation géographique ou son âge suscite un intérêt particulier.

Chêne pédonculé Hénanbihen

Une association, A.R.B.R.E.S, se consacrent entièrement à ces arbres remarquables : http://www.arbres.org/actualite.html.

Isolé sur une grande pelouse ou intégré dans un massif, tout arbre a un impact conséquent sur l’aménagement de l’espace. Il lui faut du temps et une place adaptée à sa taille pour exprimer toutes ses qualités et devenir votre arbre remarquable. Son feuillage, sa floraison, son écorce, son port font son charme et celui du jardin et de ce fait il doit être choisi de manière très réfléchie, voici quelques idées pour bien le faire.


Quelques exemples d’arbres caducs

♥ pour petit espace ♥ pour espace moyen ♥ pour grand espace

  • Acer conspicuum ‘Red Flamingo’ (Erable à peau de serpent)

Les Acer forment un genre appartenant à la famille des Sapindacées. Parmi eux, de nombreux arbres très décoratifs, souvent de taille moyenne, pouvant donc être plantés dans de petits jardins. L’Acer conspicuum ‘Red Flamingo’ a un charme particulier : son feuillage rose panaché de vert au printemps, devient vert éclaboussé de crème en été, puis vert et orangé à l’automne et en hiver ses rameaux rouge veiné de blanc sont très attractifs.

H x L=4 x 4 m. Arbre caduc.

Acer conspicuum 'Red Flamingo'

Acer griseum (Erable à écorce de papier)

L’Acer griseum est un arbre aux intérêts multiples et changeants au fil des saisons : il cumule un feuillage très gracieux d’un vert lumineux prenant des teintes rouges orangées en automne avec un port léger et arrondi et une écorce brun cannelle s’exfoliant avec l’âge mise en valeur l’hiver sur le bois nu.

H x L=10 x 10m. Arbre caduc.

Acer griseum - Stangalar à Brest - Juillet 2014


Acer japonicum et acer palmatum (Erable japonais)

Les Acer japonicum sont de petits arbres très proches des Acer palmatum avec lesquels ils s’hybrident facilement pour offrir une multitudes de cultivars, recherchés pour les couleurs rares que prend leur feuillage au printemps et/ou en automne. Certaines variétés sont également remarquables par leurs fleurs et/ou leurs fruits, les samares. Les érables  apprécient en majorité les endroits mi-ombragés, mais certains se plaisent au soleil. Tous affectionnent les sols acides et sont caducs.

La plupart sont parfaits pour de petits jardins, mais quelque uns  peuvent atteindre plus de 10 m.

Kerdalo - Acer Bloodgood, A. AtropurpureumAcer palmatum ‘Bloodgood’ &  A. palmatum ‘Atropurpureum’ – Jardins de Kerdalo (22) – Août 2015

L’Acer japonicum ‘Aconitifolium’ au port évasé, avec des grands rameaux souples, atteint 4 m. Il jouit d’un feuillage très découpé, vert tendre au printemps, puis vert soutenu en été, qui vire en automne à l’orange, puis rouge vif-cramoisi et même brun, s’il est bien exposé au soleil. Ses inflorescences colorées sont très décoratives. Il ne craint que le calcaire.

Acer japonicum 'Aconitifolium'

L’Acer japonicum ‘Green cascad’ a reçu une « Recommandation Courson mai 2002 » pour ses qualités nombreuses : un port élancé et retombant telle une cascade, un remarquable feuillage découpé, jaune à vert tendre au printemps, vert pomme en été,  jaune-orange à rouge cramoisi en automne. Il atteint adulte une hauteur de 3 m.

Acer-japonicum-Green-cascade

L’Acer japonicum ‘Shaina’ possède un port étalé, une taille réduite (2 m × 2,5 m), il a des feuilles rosé-pourpre au printemps, qui prennent des reflets brun-violacé en été, puis virent au rouge vif en automne qui supportent bien le soleil.

Acer japonicum Shaina

L’Acer japonicum ‘Vitifolium’ atteint 5 à 7 m de haut, il possède une très large feuille vert tendre au printemps, vert foncé en été et une coloration rouge cramoisi en automne,  il se plait au soleil et résiste bien à la sécheresse .

 Acer vitifolium


  • Albizia julibrissin (Arbre de soie ou arbre à soie)

Ce petit arbre au port étalé possède de longues feuilles découpées d’un beau vert profond évoquant la fougère et une floraison remarquable, à partir de juin. Les fleurs plumeuses sont le plus souvent roses et donnent des gousses en automne. Adapté au climat océanique, il tolère aussi bien la sécheresse que les embruns et les sols salés et ne craint que les gels sévères (rustique jusqu’à -6 °C). Sa croissance est assez lente (2 m de haut à 4-5 ans).

H x L= 6 x 5 m (jusqu’à 12 x 10 m exceptionnellement). Caduc.

Albizia julibrissin


  • Catalpa bignonioides (Arbre aux haricots)

Le genre Catalpa appartient à la famille des Bignoniacées et compte une dizaine d’espèces provenant d’Amérique du Nord et d’Asie. Les Catalpa bignonioides sont des arbres à croissance rapide allant de 3 m (Catalpa bignonioides ‘Nana’) à 15 m de hauteur (Catalpa x erubescens ‘Purpurea’) selon les variétés, avec un port arrondi ou plus étalé. Leurs grandes feuilles en forme de cœur en font un arbre d’ombrage très élégant. Ils fleurissent en été en grandes grappes spectaculaires de fleurs blanches tachées de pourpre et de jaune suivies en automne de  longues gousses (20 cm et plus de long) longtemps pendantes. Le catalpa est ainsi très ornemental du printemps à l’automne.

H x L= de 3 à 15 m selon les cultivars. Caduc.

Catalpa bignonioides


Cedrela sinensis ‘Flamingo’

Sa forme érigée souvent irrégulière et ses couleurs changeantes en font un arbre magnifique. Les feuilles aux longs folioles ovales, passent du rose saumon au printemps, au jaune et vert brillant en été, puis à l’automne, se colorent de jaune orangé. Son écorce crevassée le rend intéressant en toute saison. La floraison estivale en grappes blanches n’apparait que sur les vieux sujets.

H x L = 15 x 5m. Caduc.

Cedrela sinensis


  • Cercidiphyllum japonicum (Arbre caramel)

Cet arbre originaire du Japon a des feuilles arrondies en forme de cœur, jeunes elles sont rose pourpré, puis elles prennent en été un ton vert à reflet bleuté, et deviennent jaunes, oranges et pourpres en automne. Elles ont alors un parfum de caramel ou de pain d’épice caractéristique. Les rameaux de l’année teintés de rouge et l’écorce, brun foncé, qui s’exfolie en lambeaux avec le temps sont tout aussi  décoratifs. Petites fleurs rouges sur les seuls sujets mâles, petits fruits sur les femelles uniquement. Eviter les sols trop secs ou trop calcaires.

♥ H = 8-10 m. Cercidiphyllum japonicum ‘Pendulum’ est plus petit (4-5 m), il bénéficie aussi d’un port pleureur original.

Cercidiphyllum japonicum


  • Cercis canadensis  Forest Pansy(Arbre de Judée)

C’est un petit arbre au port étalé et gracieux. Sa floraison printanière, de couleur rouge, a lieu avant l’apparition des feuilles. Le feuillage est spectaculaire : en forme de cœur, d’un rouge pourpre foncé au printemps il prend des tons contrastés de vert, d’orange  et de rose vif à l’automne.

H x L = 3/5 m x 2/3 m. Caduc. Il existe aussi un cercis pleureur et nain (2 m adulte) : Cercis canadensis ‘Ruby Falls’.

Cercis canadensis


  • Chitalpa taschkentensis

Né du croisement entre le Catalpa bignonioides et le Chilopsis linearis, ce petit arbre, à croissance rapide, peut être conduit sur tige ou former une cépée pour un port buissonnant. Les feuilles linéaires sont vert olive.  Les fleurs en trompette rose sont nombreuses dès la fin du printemps et une grande partie de l’été et il refleurit, s’il a eu assez de chaleur, de l’automne aux gelées. Le feuillage automnal se pare de pourpre.

H x L=7-8 x 3-4m. Caduc.

Chitalpa taschkentensis


  • Cladrastis theraustos (Virgilier)

Le virgilier, originaire de Californie, est un arbre très rustique, mais aux rameaux cassants. Sa floraison estivale, en longues grappes pendantes de fleurs blanches au parfum vanillé, rappelle celle des glycines auquel il est apparenté. Les fleurs sont suivies par des gousses brunes. Les feuilles, vert tendre au printemps, virent au jaune orangé en automne.

H x L = 5-8 x 5-8 m. Arbre caduc.

Cladrastis theraustos


 • Cornus controversa ‘Variegata’ (Cornouiller discuté panaché)

Un port pyramidal et des rameaux étagés dont les feuilles panachées claires et lumineuses font merveille au jardin. Une discrète floraison estivale en cymes aplaties de petites fleurs étoilées blanches précède une fructification de petites baies bleu-noir et une belle coloration automnale.

H x L = 7 x 5 m. Caduc.

Cornus controversa variegata - JdP Nantes 2015


Cornus controversa ‘Pagoda’ (Cornouiller discuté ‘pagode’)

Un port particulièrement étagé caractérise ce grand cornouiller, par ailleurs très florifère.

H x L = 10 x 10m. Caduc.

Cornus controversa ‘Pagoda’ - Le Grand Launay 2015


 • Cornus florida ‘Eddie’s White Wonder’

Une floraison généreuse de fleurs blanc pur en mai-juin est suivie de petits fruits rouges. Le feuillage automnal est remarquable par la vivacité de ses rouges flamboyants.

H x L = 6 x 5m. Caduc.

Cornus florida ‘Eddie’s White Wonder’


Davidia involucrata (Arbre aux mouchoirs)

Arbre de la famille des Nyssacées, il possède naturellement une cime arrondie, mais peut aussi être conduit en cépée. Ses grandes feuilles en forme de cœur à revers clair pouvant faire penser à celles d’un tilleul et une curieuse floraison comparée à des mouchoirs blancs au mois de mai  suivie par des fruits violets en forme de petites poires en font un arbre remarqué.

H = 8/15 m. Arbre caduc.

Davidia involucrata


  • Ginkgo biloba (arbre aux 40 écus)

Dernier représentant de l’archaïque famille des Ginkgoacées (190 millions d’années),  ce grand arbre (sauf ‘Mariken’) est décoratif par ses feuilles d’une forme lobée en éventail très originale et les superbes teintes dorées de son feuillage automnal. Très facile à cultiver, le ginkgo présente une résistance exceptionnelle au temps, aux parasites et à la pollution. Il existe des sujets mâles et d’autres femelles dont les ‘fruits’ – à l’odeur forte – peuvent être gênants, c’est pourquoi les cultivars commercialisés sont généralement mâles : ‘Autumn Gold’ est doré dès août, ‘Latifolia’ a des feuilles plus larges, ‘Mariken’ est une version très naine tout à fait adaptée à de très petits jardins, ‘Pendula’ a un port retombant.

H x L = 15 x 10m ( ‘Mariken’ = 2.5 x 2.5 m). Caduc.

Ginkgo biloba


  • Gleditsia triacanthos (févier d’Amérique)

C’est un arbre étalé au port léger, rustique et facile, au feuillage composé élégant. Son appartenance aux Fabacées  (ex Légumineuses) explique qu’il produise de grandes et grosses  gousses acajou sombre, très décoratives à la pulpe sucrée. Il porte aussi le plus souvent de longues épines comme ‘Elegantissima’, qui est le plus petit et compact et ‘Emerald Cascade’ qui a un port pleureur, mais ‘Rubylace’, ‘Sunburst’ et ‘Skyline’ aux  feuillages colorés (respectivement rouge puis vert, jaune puis vert clair, vert puis doré), n’ont pas d’épines (… mais pas de gousses , non plus); ‘Shademaster’ possède un beau feuillage sombre,  peu d’épines et peu de gousses.

H x L=5-10 x 4-8 m. Caduc.

Gleditsia triacanthos Sunburst


  • Halesia carolina et monticola

Le genre Halesia appartient à la famille des Styracacées, il compte 5 espèces originaires du sud-est de l’Amérique du Nord qui apprécient toutes une atmosphère humide et ombragée. Sur Halesia carolina, des grappes de fleurs blanches en clochettes éclosent en mai avant les feuilles. Le feuillage vert foncé en été prend en automne des couleurs jaunes. L’écorce squameuse brun pâle se détache par plaques et rend l’arbre attractif même en hiver.

H x L = 8 x 10 m.  Caduc.


Halesia carolina et monticola


  • Heptacodium miconioides

De la famille des Caprifoliacées, ce petit arbre  chinois a une longue et élégante floraison parfumée, avec de nombreuses fleurs étoilées blanches puis roses, et enfin rouges de la fin de l’été aux gelées. Son écorce remarquable, lisse d’un brun orangé, s’exfoliant, le rend aussi intéressant en hiver. Il pousse partout (sauf en terre trop calcaire),  supporte le vent, le soleil comme l’ombre douce.

H x L = 4 x 4 m. Caduc.

Heptacodium miconioides


  • Jacaranda mimosifolia (Flamboyant bleu)

Le genre Jacaranda appartient à la famille des Bignoniacées et comprend environ 50 espèces originaires d’Amérique du Sud. Les feuilles composées ont l’aspect d’une fronde de fougère. De mai à juillet, l’arbre se couvre de panicules de fleurs mauves (il existe aussi une variété à fleurs blanches), suivies de fruits en cosse plate beige. La rusticité, de l’ordre de -5 à -7 °C, l’autorise dans la plupart des jardins bretons et du littoral océanique … s’ils sont assez grands pour accueillir cet arbre d’envergure.

H x L= 15-20 x 12 m. Caduc.

Jacaranda mimosifolia


  • Kalopanax septemlobus maximowiczii

Grand arbre d’origine asiatique, de la famille des Araliacées (comme les lierres et l’aralia – ou Fatsia japonica – ) de croissance lente, il a un port colonnaire s’élargissant ensuite, intéressant par ses grandes feuilles lobées (entre celles de l’érable et du maronnier) qui prennent une belle couleur automnale dorée, une floraison de fin d’été en panicules d’un beau crème, suivie de baies bleutées présentes jusqu’en décembre. Présence d’épines (si elles sont gênantes, préférer la variété magnificus qui n’en a pas ou peu). Les jeunes feuilles sont comestibles après cuisson. Assez rare en Europe, c’est pourtant une plante très rustique et peu exigeante.

H = 15-30 m. Caduc.

Kalopanax septemlobus maximowiczii mix


  • Koelreuteria paniculata (savonnier)

Petit arbre d’origine asiatique, de la famille des Sapindacées (famille des plantes à saponine ou ‘savon’), son port est largement étalé, avec des branches tortueuses, l’écorce brune à fines fissures orangées est décorative,  l’élégant feuillage est composé, la floraison estivale en panicules jaune vif est suivie d’une fructification intéressante de capsules en forme de vessies ou lampions verts, puis roux et cuivrés.  Le feuillage automnal est plein de nuances de doré à roux. Très rustique, de croissance lente, il demande peu d’entretien.

H = 6-10 m. Caduc.

Koelreuteria paniculata mix


  • Liquidambar styraciflua (copalme d’Amérique)

Cet arbre de la famille des Hamamélidacées possède un port élancé s’arrondissant avec l’âge, s’il atteint 45 m de haut dans son habitat naturel, il dépasse rarement les 20 m en culture et il existe des cultivars de dimensions réduites adaptés à de petits jardins. Les feuilles d’un vert brillant, finement dentées, présentent 5 ou 7 lobes et ressemblent à celles des érables,  mais leur disposition est alterne (l’érable a des feuilles opposées), elles dégagent une odeur de térébenthine et prennent en automne des couleurs flamboyantes. Très rustique, il ne demande que peu d’entretien.

H x L= de 4 à 20 m selon les cultivars. Caduc. ‘Albomarginata’ ne dépasse pas 8 m et a des feuilles vert gris marginées de crème devenant rouge rosé à l’automne, ‘Golden Sun’ (4 par 2 m à 10 ans) a un feuillage jaune au printemps, vert en été et pourpre à jaune en automne, ‘Rotundiloba’ (4 par 2 m à 10 ans) a des feuilles à lobes arrondis, vert foncé vernissé, puis orangé à bordeaux en automne, ‘Slender Silhouette’ a un port colonnaire de 10 m de haut pour 1 à 2 m de diamètre, ‘Stella’ a des feuilles étoilées, ‘Thea’ devient pourpre violacé à l’automne ; Liquidambar orientalis, originaire de Turquie, est un arbre de plus petite taille, tout aussi coloré à l’automne.

Liquidambar styraciflua

Liquidambar styraciflua Albomarginata, Rotondiloba, StellaLiquidambar styraciflua Albomarginata, Rotondiloba, Stella.


  • Liriodendron tulipifera (Tulipier de Virginie)

 Grand arbre majestueux, à croissance rapide, de la famille des Magnoliacées, le tulipier de Virginie est originaire de l’est des États-Unis. Le long tronc droit porte une couronne étroite s’étalant avec l’âge. Les feuilles d’un vert clair aux lobes caractéristiques et les grosses fleurs en coupe jaune et parfumée sont également originaux. En automne, le feuillage prend une magnifique teinte dorée.

H x L = 25 x 15 m.  A réserver aux espaces assez grands, sauf à choisir certains cultivars de dimensions réduites ( ‘Fastigiatum’, syn. ‘Arnold’ au port colonnaire et ‘Aureomarginatum’ aux feuilles marginées d’or pour jardins de taille moyenne et ‘Edward Gursztyn’ variété naine ne dépassant pas 2 m à 10 ans). Caduc.

Liriodendron tulipifera - Nantes JdP 2015


  • Metasequoia glyptostroboïdes ‘Gold Rush’ (Cyprès chinois des marais)

Ce Metasequoia est un grand arbre qui présente un feuillage très fin d’un jaune doré lumineux prenant de très belles colorations automnales et un port conique et étroit qui en font un arbre de choix.

H x L = 15 x 5m. Arbre caduc.

Metasequoia glyptostroboides Gold Rush


  • Paulownia tomentosa (Arbre impérial)

Le genre Paulownia appartient à la famille des Scrophulariacées et comprend 17 espèces d’arbres caducs originaires du sud et de l’est de l’Asie. Cet arbre, de croissance rapide, a une large cime arrondie et de grandes feuilles en forme de cœur virant au jaune à l’automne. Les branches sombres et tortueuses s’ornent dès l’automne des boutons floraux présents tout l’hiver mais craignant le gel (ce qui en fait un arbre à installer dans un espace suffisamment abrité). La floraison précède, fin avril-début mai, la feuillaison ; les fleurs, rappelant celles des digitales, violet clair et parfumées, forment des grappes dressées de 25 cm. Les fruits, de grosses capsules de couleur beige, persistent tout l’hiver.

H x L = 10-15 x 10-15m. Arbre caduc.

Paulownia tomentosa


  • Sophora japonica

De la famille des Fabacées, le Sophora est originaire de Chine, c’est un grand arbre au port arrondi et irrégulier, qui s’élargit en vieillissant, sa croissance est assez rapide. Son feuillage composé léger rappelle celui du robinier faux-acacia, mais il est sans épines, sa floraison en panicule crème de fleurs odorantes est suivie par une fructification en chapelet de gousses. Exige le plein soleil, il ne fleurit que s’il a eu assez chaud ; il supporte le calcaire, mais pas les sols acides.

H x L = 20-25 x 10 m. Sophora japonica ‘Dot’ est un cultivar nain (3 x 3 m) au feuillage crispé et ramure tortueuse originaux ;  Sophora japonica ‘Pendula’ a un élégant port pleureur et une taille modeste (7 x 4 m). Caduc.

Sophora japonica


  • Tetradium daniellii (arbre à miel)

Ce petit arbre de la famille des Rutacées (comme les agrumes), est originaire des montagnes chinoises où son usage médicinal est réputé, très rustique, à croissance rapide (mais vie assez courte). Un feuillage aromatique vernissé à revers velouté, une floraison odorante et mellifère en panicules crème et des petits fruits rouges décoratifs en font un bel arbre d’ombrage …

H x L=12 x 4 m. Caduc.

Tetradium daniellii(21/09/2013, Kew Gardens, London © Davis Landscape Architecture, London, UK – http://www.davisla.com)


En choix supplémentaire, 4 formes d’arbres sont possibles (pour les espèces qui supportent la taille) :

Les baliveaux et cépées, branchus depuis la base, n’ont jamais subi de taille et présentent la forme naturelle de l’arbre.
Les demi-tiges et tiges,  ont subi des tailles de formation qui ont supprimé les branches basses, leur forme est à entretenir durant les premières années de végétation de l’arbre.
Les plateaux correspondent à des tiges de minimum 2 m de haut, dont le houppier a supporté une taille supplémentaire permettant de le réduire.
Les rideaux sont obtenus à partir d’une taille de formation donnant des écrans étroits, très utiles en cas de manque de place.

Le Roman de la rose

Rosier : Arbrisseau sauvage ou cultivé, dont les tiges sarmenteuses et épineuses portent des feuilles dentées et des fleurs estivales odorantes, les roses, colorées de diverses nuances du blanc pur au pourpre foncé, ainsi  que de tous les jaunes. L‘espèce type de Rosa cinnamomea porte une fleur à calice ovale ou arrondi, corolle de cinq pétales roses, avec de nombreuses étamines ; les variétés ou cultivars se caractérisent avant tout par la multiplication de leurs pétales imbriqués. Les types de rosiers sont nombreux : rosier sauvage, des jardins, géant, nain, grimpant, couvre-sol, remontant ; rosier du Bengale, d’Iran, de Damas, de Syrie, de Provins … et d’ailleurs.

Famille : Rosacées
Genre : Rosa
Espèces : Le genre Rosa est décrit pour la première fois par Linné dans Species Plantarum, publié à Stockholm en 1753. L’espèce type décrite est Rosa cinnamomea L. On compte de 100 à 200 espèces  de rosiers sauvages ou botaniques (dont l’églantier) s’hybridant facilement ; les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde. Une espèce botanique est une plante qui provient du milieu naturel sans intervention humaine. Un cultivar est une plante obtenue en culture, généralement par sélection.


Floraison : de mai aux gelées
Port : divers (grimpant, rampant, buissons, etc..)
Hauteur : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Diamètre : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Sol : riche, profond, pas trop acide
Besoin en eau : modéré (arrosage en été si très sec)
Exposition : soleil à ombre légère
Rusticité : très rustique.

Rosa alba L. 2Rosa alpina 2Illustration_Rosa_canina1 Illustration_Rosa_pimpinellifolia0Rosa gallica L. 2Rosa centifolia muscosa


Étymologie et origines

Le mot rosier est attesté depuis 1165. Le mot rose, qui le précède en français, daté de 1140, est emprunté au latin rosa, rosae qui désignait aussi bien la fleur que le rosier. Ce terme est apparenté au grec ancien rhodon et au persan rose ou warda. La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent du nom de la plante elle-même. Rosarium, subst. masc., synonyme de roseraie, subst. fém., désigne un endroit réservé à la culture des rosiers.  Rosiériste, subst. masc., désigne un horticulteur spécialisé dans la culture des rosiers. Un spécialiste des roses est un rhodologue. La couleur rose et tous les termes qui s’y rattachent font référence à la couleur de la fleur, couleur rouge clair, à l’origine (1165). Des qualités particulières sont associées au rose : de la bibliothèque rose au téléphone rose ... Une rosette est une décoration dont la forme évoque celle d’une rose, elle peut être prestigieuse, portée à la boutonnière par les dignitaires de certains ordres civils ou militaires. Les rosières, jeunes filles vertueuses, doivent ce nom à la couronne de fleurs qu’on leur remettait. Rosée, par contre, n’est pas apparenté, il dérive du latin ros, roris, à relier au grec drosos issu d’une autre racine indo-européenne. La rose n’est pas que botanique : rose des sables, rose des vents et rosaces en attestent. Le mot rose fait partie de plusieurs expressions : frais comme une rose, envoyer quelqu’un sur les roses, sentir la rose – ou pas -, découvrir le pot aux roses, histoire à l’eau de rose, perdre sa rose, voir la vie en rose.  Plusieurs proverbes évoquent la rose, comme : Il n’est point de si belle rose qui ne devienne gratte-cul – Il n’y a pas de roses sans épines – Le chardon gagne à fréquenter la rose. Et n’oublions pas que si les petits garçons naissent dans les choux, les petites filles naissent dans les roses …

Les garçons naissent dans les choux

Les rosiers sont originaires des régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord : Europe, pourtour méditerranéen et Extrême-Orient principalement, mais aussi Amérique du nord. Des fossiles ont été datés d’environ 40 millions d’années. Les rosiers botaniques connaissent aujourd’hui un succès nouveau auprès des amateurs de roses.
La culture des roses est attestée en Chine et en Perse depuis 5 000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze. C’est 20 rosiers que Pline l’Ancien décrit  dans son Histoire naturelle : la rose d’Alabande semble être Rosa x alba (ci-dessous 1) et celle de Campanie Rosa x alba semiplena (2), la rose de Tachys Rosa damascena (3), la rose rouge de Muet une variété de Rosa gallica, comme la rose de Pangée, la rose de Proeneste Rosa gallica versicolor (4), la rose de Spinolea Rosa pimpinellifolia myriacantha  (5) et celle d’automne Rosa sempervirens (6). A Rome, on fait sécher les pétales de Rosa gallica officinalis pour en décorer et parfumer les habitations et on en tire une essence de rose si utilisée, qu’il faut l’ importer en quantité des rives méridionales de l’Empire.
Roses antiques mix (1)Au Moyen Âge, la rose est associée au Paradis et à la Vierge (Rose mystique), tous les couvents en cultivaient pour le culte, mais aussi pour la pharmacopée ; au VIIIe siècle, Charlemagne, dans le Capitulaire De Villis, cite les rosiers parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle, Albert le Grand décrit 4 rosiers cultivés alors, Rosa arvensis, Rosa canina (ou églantier), Rosa rubiginosa  et Rosa x alba. Les croisés y ajoutent les rosiers galliques issus de Rosa gallica officinalis, rapportée d’Orient et qui est depuis lors cultivée à Provins, d’où son nom de rose de Provins (c’est en Angleterre la rose rouge des Lancastre), puis les rosiers de Damas précoces, Rosa damascena (hybrides de Rosa gallica x Rosa phoenicia) et tardifs, Rosa damascena semperflorens (hybrides de Rosa qallica x Rosa moschata).

Fin XVIe siècle, une rose jaune, Rosa foetida (ci-dessous 1) est importée de Perse en Europe, et les conquistadors trouvent en Amérique du Nord Rosa virginania (2), Rosa carolina (3) et Rosa setigera. Au XVlle siècle, une mutation spontanée ou une hybridation naturelle de Rosa gallica fait apparaître les roses à cent feuilles, Rosa centifolia (4), dont une autre mutation, stérile, donne au XVIIIe siècle les rosiers mousseux, Rosa × centifolia forma muscosa (5). Fin XVIII, on ne connait en Europe et sur le pourtour méditerranéen qu’une trentaine d’espèces. En 1781,  en Europe, arrive la Rosa chinensis ‘Old blush’ (6), puis sa forme rouge ‘Bengal rose’, qui ne sont pas des rosiers  botaniques, mais des plantes cultivées et sélectionnées depuis longtemps en Chine, à partir de Rosa chinensis ou d’hybrides comme Rosa x odorata (Rosa chinensis x Rosa odorata nothovar gigantea), ces rosiers sont très parfumés et fortement remontants. En 1824, les européens découvrent une Rosa chinensis jaune ‘Park’s Yellow Tea-scented China’.

Roses anciennes mixLa duchesse de Portland obtient les premiers croisements entre rosiers européens et rosier de Chine rouge : les rosiers Portland sont nés. En Louisiane, le croisement d’un rosier musqué et d’un rosier de Chine donné par Louis Claude Noisette est à l’origine des rosiers Noisette (‘Blush Noisette’, ‘Madame Alfred Carrière’). Et à La Réunion le croisement du Rosa chinensis ‘Old blush’ et d’une rose de Damas tardive ‘Quatre Saisons’ signe l’arrivée des rosiers Bourbon, ‘Zéphirine Drouhin’ et ‘Souvenir de la Malmaison’. Les rosiers Thé sont des hybrides de Rosa x odorata et de ces rosiers Bourbon ou Noisette : ‘Adam’, obtenu en 1833, serait le premier. A la Malmaison, Joséphine de Beauharnais rassemble, dans sa roseraie, jusqu’en 1814, plus de 242 cultivars dont 167 roses galliques, des moschata, des damascena, mais aussi des chinensis et quelques nouvelles espèces.   Parmi ces roses anciennes, sont encore cultivées des roses galliquesRosa gallica surtout ‘Officinalis’ et ‘Cardinal de Richelieu’ (ci-dessous 1) – , des roses à cent feuillesRosa centifolia dont ‘Pompon de Meaux’ rose et ‘Pompon de Bourgogne’ rouge (2) – , des rosiers de DamasRosa damascena dont rose de Puteaux et rose de Recht (3) – , des rosiers mousseuxRosa × centifolia forma muscosa comme ‘Salet’ ou ‘Mousseline’ – , quelques rosiers de Portland comme ‘Duchesse de Portland’ (4) et ‘Jacques Cartier’, quelques roses Bourbon, ‘Louise Odier’ et ‘Souvenir de la Malmaison’ (5), des Noisettes et Thé-Noisette, surtout ‘Gloire de Dijon’, ‘Rêve d’or’ et ‘Madame Alfred Carrière’ (6), des rosiers blancs (Rosa x alba, dont la rose d’York, Rosa alba semiplena, ‘Cuisse de nymphe émue’ et ‘Pompon blanc parfait’).

Roses anciennes mix
 Quelques rosiers ‘Thé’ historiques : ‘Devoniensis’ (de Forster en 1838 à grandes fleurs doubles blanches teintées de rose ou de jaune), ‘Catherine Mermet’ (ci-dessous 1) (de Guillot en 1869, buisson à grosses fleurs pleines, rose carné), ‘Marie van Houtte’ (de Ducher en 1871, à fleurs très doubles, jaune-ivoire), ‘Archiduc Joseph’ (2) (obtenu par Gilbert Nabonnand en 1872 d’un semis de ‘Mme Lombard’, buisson vigoureux à fleurs rose pourpré avec le centre rose carné), ‘Général Schablikine’ (de Nabonnand en 1878, à floraison massive de fleurs carmin), ‘Papa Gontier’ (de Nabonnand en 1883 aux fleurs roses semi-doubles), ‘Souvenir de Mme Léonie Viennot’ ( de Bernaix en 1898, aux fleurs très doubles, cuivrées), ‘Souvenir de Gilbert Nabonnand’ (3) (créé par Clément Nabonnand en 1920, aux fleurs doubles parfumées passant du jaune au carmin).
 En 1837 apparaissent des Hybrides perpétuels ou remontants dont ‘La Reine’ (4), le rosiériste lyonnais Jean Liabaud en créent de nombreux. Les pépiniéristes français n’avaient que 25 espèces au catalogue de 1791, celui de 1829 en présente 2562. 1858, la première Exposition nationale de roses a lieu en Angleterre. Il faut en moyenne 6 à 8 ans pour créer une rose.
1867 marque le début des roses modernes, Jean-Baptiste Guillot crée ‘La France’(5) le premier buisson à grandes fleurs ou hybride de Thé (issu d’Hybride remontant et de rosier Thé), au port moins grimpant que les rosiers Thé historiques. Les Thé-Polyantha, hybrides de rosiers Thé et de Poliantha, sont des buissons à petites fleurs odorantes et remontantes. Dans le même temps, Rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au XVIIIe, est hybridé pour créer les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les Floribunda. 1886, la Société française des roses est fondée à Lyon ( et sa revue, Les Amis des roses). Ellen Willmott (1858-1934), en Angleterre, Jules Gravereaux (1844-1916), en France, se passionnent pour ces plantes.

 Au XXe siècle, les créations de Delbard, de Meilland (‘Madame Meilland’ dénommé ‘Peace’ en anglais et ‘Gloria Dei’ en allemand (6)), de Griffith Buck sont surtout des rosiers buissons à grandes fleurs. Puis David Austin, en croisant les galliques et les Damas avec des roses modernes crée les roses anglaises. Les rosiers cultivés, à fleurs dites doubles ou pleines, sont issus des croisements de seulement une douzaine d’espèces (et leurs variétés et formes dérivées). Les rosiéristes modernes cherchent à exploiter la diversité du genre Rosa pour introduire dans leurs obtentions des gènes particuliers, par exemple de résistance au froid ou à certaines maladies.

Roses thé mix

 Histoires de roses

Rose décadente

« C’est fini des belles grosses roses bourgeoises, bien portantes, à la façon de la baronne Prévost (ci-dessous 1) . Aujourd’hui, l’horticulture cherche la rose alanguie, aux feuilles floches et tombantes. Dans ce genre est exposée une merveille : la rose appelée Madame Cornelissen (2) , une rose à l’enroulement lâche, au tuyautage desserré, au contournement mourant, une rose où il y a dans le dessin comme l’évanouissement d’une syncope, une rose névrosée, la rose décadente des vieux siècles. «  Goncourt, Journal, 1887, p. 679.

Rosier Baronne PrévostRosa Mme Cornelissen - Bourbon Cornelissen


L’Haÿ-les-Roses

Jules Gravereaux, ancien vendeur au Bon Marché, grâce à un héritage, achète en 1892 une propriété à L’Haÿ, dont il fait avec le paysagiste Édouard André le premier jardin français dédié aux roses. En 1910 le village est rebaptisé L’Haÿ-les-Roses.

Gravereaux Jules - 1899-Roseraie de l'Haÿ

Lyon, capitale de la rose …

Les rosiéristes lyonnais sont nombreux : Emile Plantier crée en 1835 Eugénie Desgaches , c’est à François Lacharme, son successeur, qu’on doit Madame Récamier ou Coquette de Lyon, Jean Beluze est célèbre pour Souvenir de la Malmaison de 1843, Antoine Nérard se distingue en 1846 avec Géant des batailles. Des dynasties de rosiéristes s’établissent. Les Guillot compte 6 générations : Jean-Baptiste fils invente en 1849 la greffe en écusson sur le collet de l’églantier et la célèbre rose la France, mais aussi Pâquerette et Mignonnette. Les  Ducher, Pernet et Pernet-Ducher sont très productifs : Claude Ducher crée près de 80 rosiers dont Gloire de Lyon et Marie van Houtte et, à sa mort, sa veuve obtient le fameux Cécile Brunner ; de son côté Jean Pernet crée Merveille de Lyon, son fils Joseph, qui a épousé Marie Ducher, fonde la maison Pernet-Ducher et invente Mme Caroline Testout (1890), Soleil d’or (13 ans de recherche) Mme Edouard Herriot. La dynastie Meilland débute avec Antoine, se poursuit avec Francis : la Rouge Meilland de 1949 est la première rose brevetée en France et en Europe (la loi du 11 juin 1970 protège chaque création par un certificat d’obtention végétale ; parmi ses grands succès, Mme Antoine Meilland aussi appelée Peace, Papa Meilland  et Pierre de Ronsard. D’autres créateurs encore sont lyonnais : Alexandre Bernaix, Joseph Bonnaire (Souvenir de Victor Hugo en 1885), César-Antoine Chambard, Jean-Baptiste Croibier, Frédéric Damaizin, Francis Dubreuil  (Perle d’or, 1884), Antoine Levet, Jean Liabaud, Joseph Schwartz (Mme Alfred Carrière, 1871, et Reine Victoria, 1872), la Veuve Schwartz (Mme Ernest Calvat, 1888) et aujourd’hui Pierre Reuter, Jean-Pierre Guillot et Dominique Massad, Jean-Jacques Gaujard, François Dorieux, Robert Lapierre, Fabien Ducher, Aveline Gaujard, Philippe et Richard Laperrière

Rose Cecil Brunner

Un rosier ancien conduit en grimpant, un polyantha de Chine,  aux toutes petites  fleurs rose tendre : Rosa x ‘Cécile Brunner Climbing’.

Fresque des roses, Champagne-au-Mont-d'OrFresque des roses à Champagne-au-Mont-d’Or, réalisée par CitéCréation, inaugurée le 21 mai 2015 : un hommage à la dynastie de rosiéristes lyonnais, les Laperrière.


Attention, toutes les roses ne sont pas fleurs de rosier …

Bois de rose utilisé en marqueterie = Dalbergia (Fabacée) Bois de rose utilisé en parfumerie = Aniba rosaeodora (Lauracée) – Laurier-rose = Nerium oleander (Apocynacée) – Rose trémière = Alcea rosea (Malvacée) Rose d’Inde = Tagete erecta (Astéracée)Rose de Cayenne & Rose de Chine = Hibiscus rosa-sinensis (Malvacée) Rose de GueldreViburnum opulus (Adoxacée) Rose de Jéricho = Anastatica hierochuntica (Cruciféracée) Rose de Junon = Lilium candidum (Liliacée) Rose de Noël = Helleborus niger (Renonculacée) – Rose des Alpes = Rhododendron ferrugineum (Ericacée)Rose des eaux = Nymphaea alba (Nymphéacée) Rose du JaponCamélia japonica (Théacée) …


La rose hors du jardin …

 

Pompei FresqueFresque de Pompéi

Rose d'orRose en or reçue par le comte de Neuchâtel  du pape Jean XXII en 1330, œuvre de Minucchio, orfèvre siennois actif à Avignon (Trésor de la Cathédrale de Bâle).


La rose est source d’inspirations artistiques diverses

Chartres - Rosace transept nordChartres rosace ext  cHARTRES
Ruysch - Nature morte,1716ruysch - 1716
RedoutéRedouté - 1828
Fantin-Latour - Vase de roses, 1895Fantin-Latour - 1895

Odin Blanche - bouquet de rosesOdin-deb. xx s
Renoir - Roseraie à Wargemont, 1879Renoir - 1879
Rosace Broche Art décoDIAMANTARTDECO
La rose pourpre du CaireWoody Allen - 1985
Le nom de la roseJJ ANNAUD-1986

Les roses blanches - PartitionRosa-Rosalie-Rose-rOSELINE-Rosie-rOZENN 
La rose est l’un des meubles les plus utilisés en héraldique, après la fleur de lys. Le dessin stylisé s’ inspire de l’églantine à cinq pétales, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, de couleur différente ou non.

Yorkshire roseLancashire roseTudor roseYork:blanche  Lancastre:rouge  Tudor:bicolore

Montréal armoiriesDans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, dite au naturel. La rose est emblème national en Angleterre, en Roumanie et aux USA.

                                                                    Montreal/Québec

Entre autres roses : la guerre des Deux-Roses désigne une série de guerres civiles opposant la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York, pour le trône d’ Angleterre, de 1455 à 1485 (mort de Richard III, dernier Plantagenêt, et avènement d’Henri VII, premier Tudor). La Rose-Croix est une société hermétiste plus ou moins légendaire dont se sont réclamés  de nombreux mouvements à la recherche de perfection spirituelle. La Rose blanche est le nom d’un groupe de résistants allemands face au nazisme, arrêté par la Gestapo en février 1943 et dont tous les membres ont été exécutés.

Le Roman de la Rose est un poème allégorique du XIIIes., en deux parties, dont la première fut composée par Guillaume de Lorris et la seconde par Jean de Meung. Mignonne, allons voir si la rose est une ode dédiée à Cassandre par Ronsard en 1545 : Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ... Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin est un poème de Malherbe (Consolation à M. du Périer). Et Diderot rappelait que De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier.  Umberto Eco a écrit, en 1980, Le Nom de la rose, qui est aussi bien un roman policier qu’un exposé de philosophie médiévale.

Le temps aux plus belles choses se plait à faire un affront, et saura faner vos roses comme il a ridé mon front. 
  Pierre Corneille
Rose rose, rose blanche,             
Rose thé,
J’ai cueilli la rose en branche
Au soleil de l’été
Rose blanche, rose rose,
Rose d’or,
J’ai cueilli la rose éclose
Et son parfum m’endort.

   Robert Desnos, Chantefleurs, 1944-1945

Le Chevalier à la Rose est une œuvre lyrique, en trois actes de Richard Strauss, créée à Dresde le 26 janvier 1911. Vive la rose et le lilas chante l’amour volage, depuis le XVIIIe, tandis que l‘amoureuse d’À la claire fontaine regrette le temps passé : je voudrais que la rose fût encore au rosier.

  Je regarde une rose et je suis apaisé.  
  Victor Hugo
Ah! quand refleuriront les roses de septembre! 
 Paul Verlaine
" la rose est une figure symbolique tellement chargée de significations qu'elle finit par n'en avoir plus aucune ou presque " Umberto Eco
Hardy Francoise - Mon amie la rose
 les roses ont de multiples usages : medecine, parfumerie, cuisine ...
confiture de rose - eau de rose - essence de rose - loukoum - pommade rosat - sorbet  à la rose
http://www.jardinsdefrance.org/les-roses-et-la-production-dhuile-essentielle-pour-la-parfumerie/

La rose au jardin …

Utilisations paysagères :

pour massif et plate-bande, ainsi que fleurs coupées :
  • buisson à grandes fleurs solitaires et doubles, de 0.60 à 1.50 m
    (hybrides de thé)
  • buisson à grandes fleurs en bouquets, de 1 à 1.20 m (Grandifloras)

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Champagne au Mont d’or, Eclat de Haute Bretagne, Fanny Ardant, Prince jardinier, Elle, Henri Salvador – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Adagio,  Catherine Laborde, Evelyne Dheliat, Arthur Rimbaud, Rosa del Camino de Santiago, Sheila’s parfum – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF pourpreRosiers buissons à grandes fleurs : Perception, Line Renaud,  Vélasquez, Monique Laperrière, Nuit d’Orient, Purple dream – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF jauneRosiers buissons à grandes fleurs : Summertime, Florida, Frénésie, Marilyn Monroe, Amber Flush,  Joyeux anniversaire – Thabor Rennes – 2015

  • buisson à petites fleurs groupées simples ou doubles , de 0.30 à 0.60 m (Polyanthas)
  • buisson à fleurs moyennes réunies en grappes (Floribundas)

Roses BFG blanc-roseRosiers buissons à fleurs groupées : Iceberg, Petit Trianon, Palais impérial de Compiègne, Cocarde, Marie Curie, Mokarosa – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG jaune-rougeRosiers buissons à fleurs groupées : Alix de Vergy,  Rose de Limoux, Jean Cocteau, Etna, Chacock, Coluche – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG rouge-bleuRosiers buissons à fleurs groupées : Pretty kiss, Betty Boop, Mona Lisa, Lavender Dream, Pacific Dream, Blue Eden – Thabor Rennes – 2015

  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean-Pierre Foucault PAYUn rosier paysager : Jean-Pierre Foucault – Thabor Rennes – 2015

pour haie libre ou taillée :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rock'n roseRosier arbustif Rock’n roseThabor à Rennes – 2015

  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier botanique, rosier sauvage, à l’origine de tous les autres
en sujet isolé :
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m
  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier anglais, de 0.80 à 1.50 m, généralement remontant et parfumé2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sir Lancelot - AnglaisUne rose anglaise : Sir Lancelot – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier tige, buisson greffé en tête sur une tige d’églantier à 100-110 cm ou à 70-80 cm, d’où une hauteur adulte de 1.60-1.70 ou 1.20-1.50 m
  • rosier pleureur, variété retombante (à moyenne ou petite fleur) greffée en tête sur une tige d’églantier à 1.40-2.00 m
palissé contre un mur ou grimpant sur arceau, tonnelle, pergola :
  • rosier grimpant (climb en anglais), de 2 à 6 m, doit être palissé, remontant ou non
    2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Amadeus SXRosier grimpant ou sarmenteux : Amadeus – Thabor à Rennes – 2015
    2015-06-17 Rennes - Thabor Roseraie (10)Rosiers grimpants palissés – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier liane, jusqu’à 8 m de hauteur et largeur, aiguillons crochus lui permettant de s’agripper seul, rarement remontant

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Lady Gay (1)Rosier liane : Lady Gay (Hauteur, 6 m, non remontant)  – Thabor à Rennes – 2015

pour talus :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier couvre-sol ou tapissant, couvrant, plus large que haut, 60 cm de haut, branches horizontales et souples s’étalant sur un diamètre jusqu’à 2 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Pink flash

Rosier couvre-sol Pink flash Thabor à Rennes – 2015

en rocaille, bordure et pot :
  • rosier buisson miniature de 25 à 40 cm

Des fleurs de toutes les couleurs :

Les rosiers non remontants, cas de tous les rosiers botaniques, ne fleurissent qu’une fois l’an, au printemps ou en été. S’ils sont remontants, ils peuvent étaler leur floraison sur 8 mois de début mai aux gelées. Les variétés et cultivars, très nombreux, offrent tous les tons du blanc au rouge sombre,  ainsi que tous les jaunes, et des lilas à violet, presque bleu, seule couleur absente en réalité (les roses bleues sont plutôt mauves ou violettes, Rosa Blue Eden ci-dessous) …

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Blue Eden

… sans oublier la curieuse rose verte (Rosa chinensis Viridiflora) ci-dessous.

Rosa 'Viridifolia'

Des  fleurs de toutes les formes :

Simple (à 5 pétales) ou double (multiple de 5 pétales),  plate (pétales plus larges que longs, superposés, d’où l’aspect feuilleté de la fleur, ex. ‘Wodan’), en coupe (pétales extérieurs très grands, concaves en bas et retournés vers l’extérieur dans leur partie supérieure, ex. ‘Line Renaud’, étamines visibles des  mi-doubles, ex. ‘Emera’ ), réflexe ( pétales plats, tuyautés à leur extrémité, retombant de façon irrégulière, roses très doubles à l’allure un peu ébouriffée), globuleuse (presque sphérique, pétales extérieurs longs et concaves, ex. le grimpant ‘Raubritter’), à quartier (très doubles et comme divisées en plusieurs secteurs dans lesquels les pétales sont serrés dans le même sens, ex. ‘Jacques Cartier’), imbriquée (très nombreux pétales, retroussés vers l’extérieur, se chevauchent comme des tuiles, ex. ‘Salet’ et ‘Cuisse de nymphe émue’), turbinée (bouton conique, pétales de même taille répartis régulièrement, ex. tous les hybrides de thé), fimbriée (pétales finement entaillés sur le bord extérieur, ex. ‘Evelyne’), à fleur de pivoine (très doubles, ex. ‘Academia’ ) et à fleur verte (pétales atrophiés, seuls les sépales sont marqués, Rosa chinensis Viridiflora).

Roses différentes formesPlanches de Jules Gravereaux

Les roses peuvent aussi être choisies pour leur parfum :

  • la senteur musquée provient des étamines, contrairement aux autres notes qui émanent des pétales : ‘Dames de Chenonceaux’ rose nuancée, ‘The Generous Gardener’ rose pâle
  • la fragance caractéristique des roses anciennes, en particulier des roses Bourbon : ‘Bolchoï’, ‘Brother Cadfael’, ‘Gertrude Jekyll’, ‘Harlow Carr’, ‘Madame Isaac Pereire’, ‘Salet’, tous roses, ‘Violette parfumée’, mauve
  • le parfum de thé : ‘Gloire de Dijon’ saumon,  ‘Golden Celebration’ jaune, ‘Pegasus’ saumon, ‘Port Sunlight’ abricot
  • celui de la myrrhe : ‘Belle Amour’ rose, ‘Claire Austin’ blanc, ‘Scepter’d Isle’, ‘Spirit of Freedom’, roses tous deux, ‘Strawberry Hill’ orange brûlée
  • les notes fruitées sont nombreuses : anis (‘Paul Ricard’), banane (‘Summer Song’), clou de girofle (‘Marie Curie’, ‘Wild Edric’), citron/framboise (‘Jubilee Celebration’), fruits acidulés (‘Abraham Darby’), goyave et vin doux (‘Jude the Obscure’), pêche/abricot (‘Evelyn’), poire, raisin et agrumes (‘Lady Emma Hamilton’) etc.

Associations :

On peut associer les rosiers à des vivaces en particulier des lavande, nepeta et cinéraire, dont les feuillage gris bleuté s’associent harmonieusement.


Soins

Plantation : de novembre à mars en racines nues, toute l’année en container. Creuser une fosse du double de la motte, ameublissez-la en profondeur, apportez de l’humus et un engrais organique.
Entretien : un apport annuel, en fin d’hiver, d’engrais organique contenant de la magnésie favorise la mise à fleur. Suppression des fleurs fanées, taille (
juste après la floraison pour les variétés non remontantes, en fin d’hiver pour les remontantes), désherbage et griffage au pied. Pas de paillis d’écorces de pin, mais des paillis blancs. De nombreux sites exposent quand et comment tailler les différents types de rosier, en voici deux bien explicites (mais vous pouvez aussi faire appel à un spécialiste … ) :

Reproduction : bouturage de rameaux aoûtés en fin d’été et greffage sur porte-greffe adapté au terrain (pour  sol calcaire, Rosa canina, froebelli ou laxa, en sol plutôt acide Rosa multiflora)

Maladies et parasites :
– chlorose (jaunissement des feuilles, seules les nervures restent vertes) : traitement anti-chlorose à base de fer.Chlorose– puceron : traitement préventif ou curatif naturel en pulvérisant des décoctions de tanaisie ou du purin d’ortie dilué. Favoriser les prédateurs naturels  (larves de coccinelles, syrphes, chrysopes) : une coccinelle dévore 150 pucerons par jour. En cas d’absolue nécessité, il existe des Pucerons– cochenille :  insecticides systémiques.nettoyer – surtout les faces inférieures des feuilles – en pulvérisant de l’eau savonneuse ou alcoolisée, éventuellement additionnée d’huile végétale qui enrobe et asphyxie les œufs et les larves. En cas de nécessité, il existe des insecticides.Cochenille– mégachile (feuilles découpées par des sortes d’abeilles solitaires) : n’affecte généralement ni la croissance ni la floraison, inutile de traiter.Mégachile acarien : pulvériser de l’huile minérale parafinique, huile végétale, eau froide autour de 5°C, installer des acariens prédateurs. Acariens– thrips : bassinage et désherbage perturbant le cycle du ravageur,  plaques bleues engluées pour attraper les thrips, pulvérisation d’une solution de kaolinite et installation de prédateurs (punaises, acariens  Amblysei). En cas de nécessité, il existe des insecticides.Thrips fumagine (sorte de suie noire) : champignon se développant sur le miellat secrété par des pucerons et cochenilles, pulvériser une solution de savon noir.
– autres maladies cryptogamiques possibles :  de gauche à droite et de haut en bas 
—> blanc ou oïdium (utiliser une décoction de prêle),
botrytis (inutile de traiter, éviter simplement la contamination), rouille, taches noires du rosier dû au Marsonia, mildiou. Certaines sont bénignes (oïdium, botrytis), d’autres plus redoutables et difficiles à éliminer nécessitent le recours à des fongicides, dont les traitements à base de cuivre et de soufre. Éliminer tous les débris végétaux, sources de contamination, désinfecter les outils, aérer les plantations.
OidiumBotrytisRouilleTaches noiresMildiou


Un peu de botanique …

Les rosiers sont des plantes ligneuses qui peuvent vivre plusieurs dizaines d’années : l’églantier de Hildesheim en Allemagne aurait plus de 700 ans. Les rosiers ont des feuilles caduques (parfois persistantes), opposées,  composées imparipennées, présentant le plus souvent de sept à dix folioles au limbe elliptique acuminé, au bord denté; elles sont munies de stipules à la base du pétiole. Les  fleurs simples, sont actinomorphes, de symétrie pentamère en général. À maturité, le réceptacle floral se transforme en faux-fruit charnu, le cynorrhodon, plus ou moins arrondi, en général de couleur rouge, parfois plus sombre (Rosa pimpinellifolia). Il contient de nombreux akènes, fruits secs indéhiscents contenant une seule graine issus de la transformation des carpelles.

Selon la classification phyllogénétique (fondée sur l’étude de la molécule d’ADN), le genre Rosa fait partie du clade angiospermes, du clade dicotylédones vraies (car il possède 3 ouvertures au niveau du grain de pollen), du clade rosidées, de l‘ordre des rosales, de la famille des rosacées (sous-famille des Rosoïdeae et tribu des Roseae, dont il est l’unique genre).

Il existe 4 sous-genres : Plathyrhodon, Hesperhodos, Hulthemia (ces 3 groupes ne comptent que 4 espèces à eux tous) et Eurosa. Ce dernier est lui-même subdivisé en onze sections :

  • Caninae : 26 espèces, d’origine eurasienne ; dont R. canina ou églantier, R. rubiginosa ; tous roses
  • Carolinae : 7 espèces originaires d’Amérique du Nord ; R. carolina, R. nitida, R. palustris, R. virginiana, petits buissons aux fleurs pourpres
  • Cinnamomeae : 46 espèces, Eurasie et Amérique ; rosiers cannelle, R. acicularis ou rosier arctique, R. arkansana et R. blanda originaires d’Amérique, R. majalis ou rose de mai, R. nutkana ou rosier de Nootka, R. pendulina ou rose des Alpes et R. rugosa
  • Gallicanae : 4 espèces européennes ; rosiers galliques, R. centifolia
  • Pimpinellifoliae : 12 espèces, eurasiennes ; rosiers pimprenelle, R. foetida, R. hugonis, Rosa omeiensis = sericea, dont la rose n’a que 4 pétales  ; dont  rosiers jaunes
  • Gymnocarpae : 3 espèces originaires d’Amérique du Nord ou d’Asie
  • Synstylae : 23 espèces, Eurasie et Amérique ; R. arvensis, R. moschata
  • et les sections originaires de Chine, Banksianae (2 espèces ; dont R. normalis ; hauts de 3 à 6 m, blanc ou jaune), Bracteatae (2 espèces), Chinenses (3 espèces ; dont R. chinensis ou indica ; remontants), et Laevigatae (1 seule espèce, asiatique, mais introduite et naturalisée aux USA dès le XVIIIe siècle, d’où son nom de ‘rosier des Cherokees’).

Les cultivars les plus réputés

Critères internationaux de reconnaissance

  • BGF = buisson à grandes fleurs (Hybrides de thé & Grandifloras)
  • BFG = buisson à fleurs groupées (Polyanthas & Floribundas)
  • PAY = paysage
  • CS = couvre-sol
  • MIN = miniature
  • SX = sarmenteux

Sociétés et récompenses

La Fédération mondiale des sociétés de roses http://worldrose.org/index.asp a établi le « Old Rose Hall of Fame », une liste de 11 rosiers anciens reconnus comme d’importance historique :

  • Rosa × chinensis ‘Old Blush’, 1752 en Europe
  • Rosa chinensis ‘Mutabilis’
  • Rosa gallica officinalis
  • Rosa mundi ou R. gallica officinalis versicolor
  • ‘Cécile Brunner’, 1881
  • ‘Charles de Mills’, avant 1790
  • ‘Gloire de Dijon’, 1853
  • ‘Gruss an Teplitz’ 1897
  • ‘Madame Alfred Carrière’, 1879
  • ‘Madame Hardy’, 1832
  • ‘Souvenir de la Malmaison’, 1843

Rosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an TeplitzRosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an Teplitz.

Elle est également responsable du « Rose Hall of Fame » qui regroupe les roses les plus réussies :

Rose Hall of Fame

Le Grand Prix de la Rose a lieu en France : http://www.snhf.org/agenda/concours-et-distinctions/103-grand-prix-de-la-rose-snhf.html : 1e édition (2008-2009) – 2e édition (2010) – 3e édition (2011) – 4e édition (2012) – 5e édition (2013) – 6e édition (2014)

 Manuel complet de l'amateur de roses ... - Pierre Boitard  https://books.google.fr/books?id=jTfS2JBu3TkC&lpg=PA321&ots=8zCOkTTbu4&dq=rosa%20brownii&hl=fr&pg=PP13#v=onepage&q=rosa%20brownii&f=false
 Sociétés des roses  http://www.societefrancaisedesroses.asso.fr/

http://www.rnrs.org.uk/

http://www.rose.org/

http://www.rosesanciennesenfrance.org/index.htm

 Sites http://nature.jardin.free.fr/arbuste/Le_monde_des_Roses.htm

http://amidesroses.eklablog.com/accueil-a37811206

… des jardins médiévaux

Les jardins médiévaux n’ avaient pas tous les mêmes fonctions, quatre types principaux se distinguent

Les jardins de fermes et villages cultivés par les paysans pour leurs besoins ou ceux de leur seigneur, les espaces verts à l’entour des demeures seigneuriales conçus pour le loisir des nobles et de leurs familiers,  les jardins  des cloitres,  monastères, abbayes,  églises et autres commanderies chargés de fournir, aux moines, promenades et plantes utiles et enfin les jardins à l’intérieur des villes qui se développent et se multiplient avec l’essor urbain (à son apogée au XIIIe siècle), ces jardins urbains sont attestés entre autres par la mention fréquente de courtil et maison.

Roman de la Rose - Maitre Bernger de HorheimBergner von Horheim, Codex Manesse (début XIVe siècle)

Rustican - Pierre de Crescent2Profits champetres - Pier de Crescenzi, Maître de Marguerite d'York 1470 New York

A gauche, Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Couple dans un jardin d’agrément – 1373, BNF Arsenal.
A droite, Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Jardin en ville – enluminé par le Maître de Marguerite d’York, 1480, New York.

Diversité d’usage, mais aussi diversité temporelle : ces âges que nous appelons moyenâgeux s’étalent sur une dizaine de siècles et connaissent bien des changements. Le Haut moyen-âge portait encore nettement la marque gallo-romaine ; les espaces jardinés des grandes villas, parcs des demeures patriciennes, petits enclos paysans de la fin de l’Empire romain se sont inscrits durablement dans les paysages ruraux et urbains, malgré les désordres et  ravages des grandes invasions. Ces temps plus ou moins obscurs sont bien éloignés de ceux de la fin du Moyen-âge, ceux de la Renaissance, dont cinq siècles (seulement ?) nous séparent, et qui se sont ouverts sur d’autres horizons, les jardins se sont épanouis, comme l’espace terrestre découvert s’est alors agrandi du Nouveau monde et la flore connue en Europe s’est enrichie d’espèces et variétés de plantes venues des territoires lointains d’Outre-Atlantique et d’Asie.

Pour nous permettre de ‘visiter’ ces jardins, les archéologues relèvent les traces matérielles laissées par les jardiniers du passé, tandis que les historiens ont à leur disposition des textes et des images, et que les botanistes retrouvent et conservent les espèces végétales anciennes. Grâce à ces travaux de plus en plus nombreux, des jardiniers et paysagistes peuvent se consacrer à recréer quelques uns de ces jardins historiques, prestigieux ou modestes, fidèlement ou librement. Le parc du château de la Roche Jagu en est un exemple ; après sa destruction due à la tempête de 1987, le domaine de plus de 70 hectares put être totalement redessiné, à partir de 1992, par l’architecte-paysagiste Bertrand Paulet. Celui-ci tenait à intégrer les jardins dans le paysage naturel et bocager alentour et restaurer certaines pièces du jardin (comme les bassins à rouir le lin) retrouvées par ouï-dire des gens du lieu dépositaires de souvenirs utiles, grâce aussi aux documents conservés et à la mise à jour du terrain après la tempête. http://www.larochejagu.fr/

La Roche Jagu

La Roche-Jagu (22), été 2004

Un jardin médiéval, parmi d’autres, à visiter :  celui du Musée de St Antoine l’Abbaye-Isère, http://www.musee-saint-antoine.fr/826-jardins.htm.

Malgré leurs différences, tous les jardins médiévaux partageaient des traits communs.
  • Ils étaient toujours clos , Hortus conclusus, le terme provient de la Bible, précisément du Cantique des cantiques (4, 12) :
    Hortus conclusus soror mea, sponsa ;
    Hortus conclusus, fons signatus.
    Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée,

    Un jardin fermé, une fontaine scellée.
    Le poème poursuit la comparaison :
    Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers,
    Avec les fruits les plus excellents,
    Les troènes avec le nard;
    Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome,
    Avec tous les arbres qui donnent l’encens;
    La myrrhe et l’aloès,
    Avec tous les principaux aromates;
    Une fontaine des jardins,
    Une source d’eaux vives,
    Des ruisseaux du Liban.

La clôture pouvait être muraille  de pierre, mur de briques, palissade de bois, plessis et treillis de bois mort et de bois vif, haies végétales denses.

X Tacuinum sanitatis - tressage - RouenTacuinum sanitatis - Spinachie - Vienne

Le clos et la porte du jardin :
Tacuinum sanitanis,
BNF Paris 9333 (TSP2) – Récolte de chou
Tacuinum sanitanis, manuscrit viennois (TSV) – Cueillette d’épinards

  • Leur architecture était généralement construite sur un plan régulier, centré, souvent en croix. Plusieurs espaces étaient individualisés, présents dans chaque jardin : le potager ou hortus pour nourrir les uns et les autres « ; le jardin des simples ou herbarius pour se soigner (dans les monastères, il se trouvait à proximité de l’apothicairerie) ; le verger ou viridarium, protégé de charmilles et petits buis, était planté d’arbres fruitiers, mais pas exclusivement, d’arbustes et de fleurs bouquetières (dans certaines abbayes, le verger sert aussi de cimetière). Dans les jardins de maisons religieuses s’ajoutait  à ces 3 jardins, un autre type d’espace, le jardin de cloître, l’hortus conclusus. Situé au centre des bâtiments conventuels, dessiné sur un plan carré divisé en quatre parties par des allées, avec généralement un point d’eau centré, et ceint d’un promenoir couvert, c’était pour les clercs le reflet du Paradis. Dans les jardins des demeures seigneuriales, c’étaient les préaux et prés fleuris, qui se devaient de rappeler l’Eden, l’hortus deliciarum, le jardin des délices. Animés de petites chambres, délimitées par les berceaux et claies où s’étalaient la vigne en treille et les rosiers parfumés 1, auxquels se joignaient les effluves des lavandes et oeillets, ces espaces s’égayaient  de fontaines indispensables, et assez souvent de volières, de paons et d’autres animaux parfois rares et exotiques. Ces lieux aristocratiques n’avaient d’autre fonction, au Bas moyen-âge,  que de permettre de s’ébattre et se réjouir, en toute courtoisie. Typiques des jardins d’agrément, les bancs et banquettes engazonnées, avec ou sans soubassement de briques, permettaient aux couples de deviser.

Rustican, Banquette verte et jardin d'agrément - Pierre de Crescent, 1470, BNFGuillaume de Lorris et Jean de Meun - Le roman de la Rose

A gauche : Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Couple sur une banquette – 1373, BNF Arsenal.
A droite : Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la Rose – manuscrit d’Engelbert de Nassau, fin XVe siècle,  British Library  Harley MS 4425, f.12v. détail.

  • Les parcelles cultivées étaient le plus souvent découpées en damiers ou présentaient des planches carrés ou circulaires de quelques m2, ces surfaces étaient ceintes de plessis et surélevées, avant d’être plantées ; ce système présente l’avantage de mieux réchauffer la terre, de drainer le sol sans l’assécher et de limiter l’intrusion d’animaux indésirables. Les jardins utilisaient largement les plessis : technique pratiquée sur des haies vives en fendant les troncs des arbustes – noisetiers, chataigniers – près du sol, puis en les inclinant et les tressant ; autres alternatives de plessage : tressage de bois vert souple comme les jeunes pousses de saule ou encore tressage de bois mort. Ces plessis étaient utilisés pour clore, isoler, dessiner les platebandes, former des supports, arches et tonnelles.

Plessis saule vert croisé

La-Roche-Jagu-fevrier-2011-006

La Roche-Jagu (22), printemps 2011

Tacuinum sanitatis - Salvia - CatanatenseTacuinum sanitatis - Agrestum, Verjus - BNF Latin 9333 -

Tacuinum sanitanis, B. Casanatense à Rome (TSC) – Carré de sauge Tacuinum sanitanis, BNF Paris 9333 (TSP2) – Verjus pressé à l’ombre d’une vigne palissée

  • Enfin, les mêmes plantes étaient cultivées dans tous ces jardins, en tenant compte bien sûr des impératifs climatiques qui en interdisaient certaines, comme aujourd’hui.

Les plantes des jardins médiévaux

  • Une partie importante des végétaux utilisés au Moyen-âge est regroupée sous le terme générique d’herbes. Les herbes ce sont aussi bien les plantes médicinales et les plantes condimentaires, que les plantes alimentaires consommées crues ou cuites. Les herbes destinées à être cuites sont les plantes potagères, stricto sensu, c’est à dire celles qui cuisent au pot : olera (olus au singulier) utilisé jusqu’au Xe siècle, puis potherbes ; ensuite les ierbes, herbages, ortillage, courtillage, verdures et racines désignent toutes les plantes consommables, cuites ou non. Le terme lesgum ( légume à partir de 1575, nom alors exclusivement féminin) vient du latin legumen (de legere = cueillir), il était réservé aux actuelles légumineuses (plantes à gousse). Les plantes médicinales ont été d’abord nommées en latin, simplicis medicinae ou simplicis herbae, puis l’expression a été francisée en simples médecines (remède simple) ou simples, récoltées telles quelles dans la nature (Hildegarde de Bingen se méfiaient des plantes sauvages), ou mieux dans le jardin ou achetées chez les herbiers (herboristes) et épiciers. Les simples étaient à la base de la pharmacopée médiévale qui opposait celles-ci aux compositae (mélanges composés) fournies   par les apothicaires et autres triacleurs (vendant des thériaques ou panacées, c’est à dire des remèdes sensés être  efficaces contre un très grand nombre de maladies à la fois). Le terme drogue (dérivé de l’ancien anglais driggen signifiant sécher) apparait au XIVe siècle pour désigner tout remède, fait référence aux plantes séchées.
  • Certaines plantes nommées dans les textes d’époque sont utilisées dans l’alimentation pour leurs grains : Avena sativa = avoine (abandonnée au bétail au XIIe siècle), Fagopyrum esculentum = sarrasin, Hordeum vulgare = orge (la première céréale cultivée au Néolithique, matière première de bouillie, sucre d’orge, sirop d’orgeat,  cervoises et bières), Panicum miliaceum = millet, Secale cereale = seigle (introduit au Ve siècle) et les blés (Triticum aestivum = froment, Triticum monococcum = engrain, Triticum spelta = épeautre, Triticum turgidum = amidonnier) ; le riz (Oryza sativa) est connu, généralement importé d’Asie, mais l’Italie puis le sud de la France en cultive à la fin de la période médiévale.
  • D’autres plantes sont cultivées pour leurs gousses et autres fruits : Fasioli = doliques ou mougettes (proche du haricot), Lentes = lentilles, Faba = fève, Pisos = pois et Cicera = pois chiche ; Cucumeres = concombres, Cucurbite = gourde (courge), Melones dulces = melons et pastèques, Melongiana = aubergine . Par contre on ne connait pas encore les plantes natives du continent américain comme le maïs, les pomme de terre et tomate, le haricot vert, les citrouille et potiron introduits progressivement aux XVIe et XVIIe siècles.

Tacuinum sanitatis - Cicera, Pois chiche - VienneTacuinum sanitatis - Faba, Fève - BNF Latin 9333 - 47Tacuinum sanitatis - Favioli - BNF Latin 9333 - fol. 48vTacuinum sanitatis - Cucurbite - VienneTacuinum sanitatis - Melones - ParisTacuinum sanitatis - Melongiana, Aubergine - Vienna 2644 folio 31v

Tacuinum sanitanis BNF Paris 9333 (TSP2), sauf la 6e illustration extraite de l’exemplaire conservé à Vienne (TSV) – Cicera, Faba, Fasioli, Cucurbite, Melones dulces, et Melongiana

  • Les plantes appelées verdures sont cultivées pour leurs feuilles et pousses consommées crues ou cuites : arroche, Blete = blette (amaranthe) et chénopode (toutes trois proches de l’épinard), Sparagus = asperge, aurone (feuille au parfum citronné, qui aromatise la bière), cardon (entre chardon et artichaut),  chicorée, Caules onata = chou, Lactuce = laitue, maceron (proche du céleri-branche), mauve, nasitord (cresson alénois), roquette.

Tacuinum sanitatis - Asparagus, Asperge - Paris Tacuinum sanitatis - Blette - RouenTacuinum sanitatis - Caules onati - RouenTacuinum sanitatis - Lactuce - Rouen

Tacuinum sanitanis BNF Paris 1673 (TSP1)Sparagus ; Tacuinum sanitanis manuscrit de Rouen (TSR)Blete , Caulis onata et Lactuce

  • Les racines (mot désignant d’abord les causes, utilisé à partir de 1155 dans le sens de bulbes et racines alimentaires) citées par les textes médiévaux sont nombreuses : ail, ciboule et ciboulette, échalote, oignon et Porri = poireau ; ache (céleri), bardane (feuille en salade et racine comme le salsifis), bette (ancêtre des betteraves), chervis (racine au goût proche de la patate douce), chou-rave (navet), Pastinace = carotte, chervis (proche des panais) et panais, radis noir.

Tacuinum sanitatis - Pastinace, Carotte - Casanatense Tacuinum sanitatis - Pori - Vienne

Tacuinum sanitanis, B. Casanatense à Rome (TSC) Pastinace ; Tacuinum sanitanis, manuscrit viennois (TSV) – Porri

  • Les condimentaires et aromatiques sont précieuses car largement consommées et utilisées également pour soigner : ammi (cumin d’Ethiopie), Aneti = aneth, anis, balsamite (proche des menthes), carvi, cataire, cerfeuil, coriandre, cumin, estragon, fenouil, fenugrec, guimauve, livèche, Maiorana = marjolaine, menthes douce, pouliot  et sauvage, moutarde, nigelle (cumin noir), origan, persil, romarin, rose, sarriette, sauge, sclarée (sauge).

Tacuinum sanitatis - Aneti, Aneth - VienneTacuinum sanitatis - Maiorana - Vienne

Tacuinum sanitatis de Vienne (TSV) Aneti, Maiorana

  • Et encore quelques autres plantes, à usage hygiénique (la saponaire donne un savon), textile (chanvre, lin et ortie), tinctorial (Carthamus tinctorius ou carthame pour les jaune vif à rouge, Crocus sativa ou safran pour un jaune d’or précieux, Isatis tinctoria ou guède ou pastel pour ses tons bleus, Reseda luteola ou gaude pour des jaunes solides, Rubia tinctoria ou garance pour le rouge), médicinal, bouquetier et ornemental : acanthe, achillée, ancolie, arnica, asaret, aspérule, bleuet, camomille, chélidoine, consoude, digitale, épurge, iris, joubarbe, lis, Mandragora = mandragore, pavot, potentille, pulmonaire, Ruta = rue, sabine, santoline, saxifrage, scille, souci, tanaisie, valériane et bien d’autres encore qui sont souvent devenues aujourd’hui nos ‘mauvaises herbes’.

  Tacuinum sanitatis - Fructus Mandragora - Vienne            Tacuinum sanitatis - Ruta, rue - Paris

Tacuinum sanitatis de Vienne (TSV) Mandragora ; Tacuinum sanitatis de la BNF-Paris, 1673 (TSP1)Ruta

  • Sous les Carolingiens, les fruitiers indispensables sont : amandier, châtaignier, noyer, noisetier, pin pour les fruits secs ; cerisier,  figuier, pêcher, pommier, poirier, prunier, mais aussi cognassier, mûrier, néflier et sorbier et le laurier pour ses feuilles, sans oublier la vigne et les petits fruits rouges. Voici quelques arbres fruitiers dont les illustrations sont extraites du manuscrit Tacuinum sanitanis conservé à la  BNF – Paris sous la cote 9333 (TSP2) :

Tacuinum sanitatis - Amiggdale dulces, Amande douce - BNF Latin 9333 - 15vTacuinum sanitatis - Avelane, Noisette - BNF Latin 9333 - 14v

Amigdale dulces = amande douce & Avelane = noisette

Tacuinum sanitatis - Castance, Chataigne - BNF Latin 9333 - 14Tacuinum sanitatis - Nucce, Noix - BNF Latin 9333 - 13

Castane = châtaigne & Nuces = noix

Tacuinum sanitatis - Cerosa acerosa - BNF Latin 9333 - fol. 9Tacuinum sanitatis - Cerosa dulce, Cerise - BNF Latin 9333 - 8v

Cerosa acerosa = cerise aigre & Cerosa dulce = cerise douce

Tacuinum sanitatis - Mala - BNF Latin 9333 - 6Tacuinum sanitatis - Pira - BNF Latin 9333 - 3v

Mala = pomme & Pira = poire

Tacuinum sanitatis - Granata acerosa - BNF Latin 9333 - fol. 4Tacuinum sanitatis - Juiube - BNF Latin 9333 - 12v

Granata acerosa = grenade & Juiube = jujube

Tacuinum sanitatis - Musse, Banane - BNF Latin 9333 - fol. fol. 17vTacuinum sanitatis - Nabach i cedum, Citron - BNF Latin 9333 - fol. 8

Musse = banane & Nabach i cedum = cédrat

Tacuinum sanitatis - Olive - BNF Latin 9333 - 13vTacuinum sanitatis - Sicomiro mora - BNF Latin 9333 - 7

Olive & Sicomiro mora = figuier


Les jardins et végétaux du Moyen-âge nous sont connus par des sources archéologiques et historiques, dont une iconographie d’autant plus riche qu’elle est tardive.

  • Le plan de l’abbaye de St Gall (exécuté entre 816 et 820) précise les affectations des différents bâtiments et jardins prévus, jusqu’au nom des plantes à y cultiver. Les jardins y sont de trois types : les trois jardins de cloitre au cœur des bâtiments conventuels (le grand cloitre des moines et les deux plus petits des novices et de l’infirmerie) sont dessinés sur un même plan carré divisé en quatre parties et ceint d’une promenade couverte ; le verger ou viridarium sert aussi de cimetière ; le jardin des simples ou herbarius, à proximité de l’apothicairerie, est divisé en dix plate-bandes,  et le potager ou hortus est desservi par une allée centrale délimitant deux rangées de neuf plate-bandes chacune.

St Gall cloitre des moines

  • Le  Capitulare de villis vel curtis imperii (Capitulaire des villas de la cour impériale) 2 contient 3 capitules (articles), les 43, 62 et 70, qui listent une centaine de plantes dont la culture est ordonnée dans les tous les jardins du futur empereur, soit  73 herbes, 16 arbres fruitiers, 3 plantes textiles et 2 plantes tinctoriales.

Capitulare-de-villis-vel-curtis-imperii

  • De cultura hottorum (De la culture des jardins), de l’abbé de Reichenau (en Souabe) Walafrid Strabon (808-849), est un poème de 444 vers, consacré à 24 plantes médicinales cultivées à l’abbaye.
  • Le livre des subtilités des créatures divines (aussi connu sous le titre Physica) est un traité de l’abbesse bénédictine d’origine franconienne Hildegarde de Bingen (1098-1179). Cet ouvrage traite de 230 plantes, 14 éléments, 63 arbres, 26 pierres, 36 poissons, 72 oiseaux, 45 bêtes sauvages, 8 reptiles et 8 métaux, associant à chacun ses natures (froid, chaud, sec, …), bénéfices et nocivités.
  • Circa instans ou Liber de simplici medicina (Le livre des simples médecines) de Matthaeus Platearius, issu d’une famille de médecins de Salerne, a été rédigé au XIIe siècle, il regroupe les plantes médicinales connues alors, avec une notice sur leur emploi. Il nous a été transmis par une copie manuscrite du siècle suivant (Ms. 3113 de la Bibliothèque Ste Geneviève de Paris), en latin, qui devint la référence obligée des herbiers (herboristes)  parisiens pendant des siècles.

            Platearius, Le livre des simples médecines, Fraise, vers 1480, BnF, 12322 fol. 153Platearius, Le livre des simples médecines, Gimgembre, vers 1480, BnF, 12322 fol. 183

Platearius, Le livre des simples médecines, Fraise & Gingembre, vers 1480, BnF, 12322 fol. 153 & 183.

  • Le dominicain Albert le Grand reprend les traités d’Aristote et décrit 400 simples en énumérant leurs propriétés médicinales dans son De Vegetabilibus rédigé au plus tard en 1260.
  • Les Tacuinum sanitatis (tableaux de santé en latin médiéval) , sont des manuscrits occidentaux inspirés par le Taqwim as-sihha d’Abu’l Hasan Ibn Butlan, médecin chrétien vivant à Bagdad, au XIe siècle ; le traité original, rédigé en arabe, sans illustration, comportait 280 articles, il fut l’objet de 17 traductions en latin ne comportant plus en moyenne que 200 articles. Ces ouvrages regroupaient des conseils pour garder une bonne santé, grâce en particulier à une alimentation réfléchie, où les végétaux tenaient une place importante. Plusieurs versions furent illustrées, la première probablement à initiative du duc de Milan Jean Galéas Visconti,  il n’en subsiste aujourd’hui que 6.  3
  • Le Rustican ou Livre des profits champêtres de Pierre de Crescens a été copié et recopié ; un exemplaire de 1373 se trouve aujourd’hui à la BNF-Arsenal ; un autre, enluminé par le Maître de Marguerite d’York, daté de 1480 est conservé à New York.

Rustican, cultures - Pierre de Crescent, 1470, BNF

Pierre de Crescent, Rustican – BNF

  • Le Ménagier de Paris est un livre manuscrit daté de 1393 et attribué à un bourgeois parisien désireux de faire connaître à sa jeune femme comment être une bonne épouse et bien tenir sa maison. Il contient des recettes de cuisine, des conseils de jardinage et de chasse, des leçons d’économie domestique et de savoir-vivre.
  • Les très nombreuses Heures parmi lesquelles, les célèbres Très Riches Heures du duc de Berry (Paul, Jean et Herman de Limbourg, 1411-1416, Chantilly-musée Condé), mais aussi les Heures de Marie de Bourgogne, les Heures de Jeanne de Navarre, et les Heures d’Anne de Bretagne 4 présentent des scènes de jardin renseignant sur la période du Bas moyen-âge.

©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽdaLes Très Riches Heures du duc de Berry – Calendrier : avril.

Grandes Heures Anne de Bretagne, Evangile de Jean - enl. Jean Bourdichon, 1503-1508, BNF

Grandes Heures Anne de Bretagne, Evangile de Jean – enluminure de Jean Bourdichon, 1503-1508, BNF

  • La Théséide (manuscrit 2617, ONB, Vienne) est le seul manuscrit enluminé du texte de Boccace, traduit et copié vers 1460 et 1470, dans l’entourage de René d’Anjou ; ces miniatures sont attribuées à Barthélemy d’Eyck et au Maître du Boccace de Genève, la feuille 53 représentant Émilie au jardin est une illustration fréquemment utilisée pour évoquer les jardins médiévaux.

Théséide - Boccace ill. Barthelemy d'Eyck - VienneBoccace, La Théséide, manuscrit 2617, ONB, Vienne

  • Le Livre des Echecs Amoureux d’Evrard de Conty, (BNF, ms. fr. 143) enluminé par Robinet Testard (1475-1523).

Le jardin symbolique

Evrard de Conty, Echecs amoureux, Jardin de Deduit, enluminure de Robinet Testard –   vers 1497, BNF-Paris

  • Le Roman de la Rose (de Jean Renart – début XIIIe siècle – suivi de l’œuvre du même titre de Guillaume de Lorris et Jean de Meung) a connu un grand succès littéraire, et a été maintes fois recopié et illustré : plus de 300 manuscrits en sont conservés dont ceux de la BNF (près d’une centaine dont 12786, 378), ceux d’Oxford (Bodleian Library, dont Ms. Douce 195 qui rassemble 125 enluminures de Robinet Testard et le manuscrit conservé à la British library, Harley MS 4425 daté autour de 1500 et qui contient 92 grandes miniatures attribuées au Maitre des livres de prières d’Engelbert II de Nassau. Il existe aussi sept incunables imprimés avant 1500 : à Genève vers 1481, puis 2 à Lyon dans les années 1480 et 4 à Paris dans les années 1490, une édition lyonnaise de 1503 est illustrée avec 140 gravures sur bois. http://romandelarose.org/App.html?locale=fr

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 Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la Rose, enluminure de Robinet Testard, Oxford Ms. Douce 195.

  • Les verdures étaient l’un des noms de ces tapisseries aussi appelées millefleurs et ayant pour cadre des jardins. Les plus célèbres sont les 6 tapisseries formant la tenture de la Dame à la licorne. Crocus, giroflée, iris florentin, lys de la Madone, muguet, narcisse, pâquerette, pensée, pervenche, pivoine, primevère, renoncule et violette, printaniers, y côtoient jasmin, lupin, marguerite, œillet, rose et souci, estivaux, sous le couvert de chêne, houx, oranger et pin parasol.

La Dame à la licorne0La Dame à la licorne4

La Dame à la Licorne : le Goût (Cl. 10831, détail 3) & l’Ouïe (Cl. 10833, détail 2) http://www.musee-moyenage.fr/collection/oeuvre/la-dame-a-la-licorne.html.


1 Comme la rose de Damas (propable parent du rosier cent-feuilles ou rose de mai, Rosa × centifolia) rapportée des Croisades et avec elle, les roses de Chypre, de Crète, de Pylos, de Rhodes et du Mt Bernion en Macédoine.

2 Le dernier exemplaire de ce manuscrit est conservé dans la bibliothèque de Wolfenbüttel (Allemagne) ; cette ordonnance  a été probablement rédigée par Alcuin à la demande de  Charlemagne (entre 770 et 800, d’après Marc Bloch, Revue historique, t. 143, 1923, p.40-56) et édictée à l’intention des  gouverneurs des domaines royaux. http://www.marcbloch.fr/articles.html

3 Deux versions sont conservées à la BNF à Paris, l’une de 103 feuillets, d’origine lombarde, datant de 1380-1390, sous la cote 1673 (abrégé pour les illustrations présentées ici par TSP1), et l’autre d’origine rhénane datée de 1445-1451, cote 9333 (TSP2) ; une version de 86 feuillets, exécutée entre 1380 et 1400 probablement en Vénétie, se trouve à Liège ; celle, comportant 109 feuillets, réalisée par deux enlumineurs lombards vers 1390-1400 pour la famille Cerruti de Vérone est depuis 1936 propriété de la Bibliothèque Nationale d’Autriche à Vienne (TSV) ; une autre version de la même région et période, faite de 107 feuillets, se trouve à la Biblioteca Casanatense à Rome sous le titre Theatrum sanitanis (TSC) ; la version la plus tardive, datant de 1450 environ, est visible pour partie à la Bibliothèque municipale de Rouen (TSR) et pour l’autre part propriété d’un collectionneur privé.

4 La publication d’un ouvrage à partir de cette source est prévue pour février 2015 : Michèle BilimoffPromenade dans les jardins disparus : les plantes au Moyen-Age d’après les Grandes Heures d’Anne de Bretagne (BNF337) – Ouest France

Vous avez dit « Mauvaises herbes » ? … la suite …

 

L’emblème floral de la France est composé de trois fleurs, ce sont trois fleurs des champs, aux couleurs du drapeau national : le bleuet, la marguerite et le coquelicot. Les voici associées à d’autres plantes sauvages qui risquent de s’installer dans votre jardin et peuvent y mériter une petite place pour la beauté toute simple de leurs fleurs (et d’autres qualités, gustatives ou médicinales,  éventuellement) :

– le bleuet  ou centaurée (Centaurea montana) : une vivace aux fleurs bleues dont les vertus sont digestives et diurétiques. Il représentait symboliquement les troupes françaises pendant la guerre de 1914-1918, alors que les Anglais associaient le coquelicot à leurs soldats et les Allemands le myosotis.

Centaurea montana - Flore Bonnier   Centaurea montana – Flore Bonnier

– la camomille romaine (Chamaemelum nobile) et allemande (Matricaria chamomilla) : des annuelles qui se resèment et donnent des fleurs ressemblant à de petites marguerites, qui ont plusieurs usages, tisane aromatique et calmante, soin des cheveux blonds, etc.

Chamaemelum nobile - Flore BonnierMatricaria chamomilla

Chamaemelum nobile & Matricaria chamomilla – Flore Bonnier

la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia) : une vivace basse tapissante, à fleurs en clochette, bleutées.

Campanula rotundifolia - Flore Bonnier   Campanula rotundifolia – Flore Bonnier

– les chardons (Carduus nutans & Cirsium arvense) : vivaces un peu agressives avec leurs piquants, mais leurs fleurs violacées ne manquent pas de charme. Apparentés de très près aux artichauts.

Carduus nutans - Flore Bonnier Cirsium arvense - Flore Bonnier

Carduus nutans & Cirsium arvense – Flore Bonnier

– la chélidoine (Chelidonium majus) : plante vivace aux fleurs jaunes, son latex jaune-orangé passe pour éliminer les verrues (toxique en usage interne).

Chelidonium majus - Flore Bonnier  Chelidonium majus – Bonnier

la digitale (Digitalis purpurea) :  une bisannuelle aux grappes de fleurs colorées en clochette.  La plante contient de la digitaline, utilisée comme tonicardiaque, mais toxique à certaines doses, elle était autrefois considérée comme magique. Les gants de Notre-Dame symbolise l’inconstance.
Digitalis purpurea - Flore BonnierDigitalis purpurea – Bonnier

– la giroflée (Erysimum cheiri) : une bisannuelle aux grappes de fleurs de jaune à rouge violacée qui éclosent tôt, dès le printemps, attirant les insectes pollinisateurs. Ne pas consommer (légèrement toxique), la plante est utilisée en parfumerie.

Erysimum cheiri - Flore Bonnier   Erysimum cheiri – Bonnier

– la marguerite (Leucanthemum vulgare) : une vivace assez haute aux fleurs estivales, en capitule caractéristique. Les feuilles jeunes se consomment en salade ; les fleurs séchées préparées en infusion sont calmantes, digestives et astringentes.

Leucanthemum vulgare - Flore Bonnier  Leucanthemum vulgare – Bonnier

– la mauve musquée (Malva moschata): une vivace gracieuse qui fleurit blanc ou rose en été, ses fleurs sont comestibles.

Malva moschata - Flore Bonnier   Malva moschata – Flore Bonnier

– le myosotis des champs (Myosotis arvensis = Myosotis intermedia) : plante bisannuelle (parfois annuelle) à petites fleurs, se resemant facilement et donnant au printemps de jolis tapis bleus. Il représente symboliquement le souvenir, d’où son surnom français Ne m’oublie pas, qui est son nom en allemand (Vergissmeinnicht), et aussi en anglais (forget-me-not).

Myosotis arvensis ou intermedia - Flore BonnierMyosotis intermedia – Bonnier

l’onagre : une grande bisannuelle aux fleurs jaunes, dont la racine est comestible, tout comme les feuilles au goût légèrement piquant ; la plante est utilisée en cosmétique et comme calmant de la toux et sédatif.

Oenothera biennis (onagre) - Flore Thomé   Oenothera biennis – Flore Thomé

l’oxalide (Oxalis acetosella): un bulbe vivace aux feuilles en trèfle, aux petites fleurs blanches. Très aigre, à manger tel quel ou utile pour réaliser des limonades sans citron.

Oxalis acetosella - Flore Thomé   Oxalis acetosella – Flore Thomé

la pâquerette (Bellis perennis) : une petite vivace aux fleurs printanières ressemblant à de petites marguerites. Fleurs et feuilles sont utilisées en infusion pour lutter contre l’hypertension et l’artériosclérose. Elle s’effeuille comme la marguerite.

Bellis perennis - Flore Bonnier Bellis perennis – Bonnier

– le pavot (Papaver rhoeas) : une annuelle bien connue, à la fragile corolle rouge vif, sujet apprécié des peintres impressionnistes. Sa fleur contient, comme tous les pavots, des alcaloïdes aux pouvoirs narcotiques, d’où son utilisation en tisane favorisant le sommeil. Il est aussi employé contre la toux et pour parfumer pains et pâtisseries, en particulier en Lorraine. Il symbolise la consolation.

Papaver rhoeas - Köhler–s Medizinal Pflanzen   Papaver rhoeas – Köhler’s Pflanzen

– la pensée sauvage (Viola tricolor) et la violette (Viola odorata) : deux petites plantes (annuelles ou vivaces selon le climat) aux allures délicates, qui se resèment facilement et fleurissent jaune et/ou violet au début du printemps. Les pensées ont quatre pétales vers le haut et un vers le bas, alors que les violettes ont deux pétales vers le haut et trois vers le bas. Leurs fleurs comestibles ont un goût très légèrement sucré, plus prononcé chez la violette . A utiliser en tisane pour diminuer la fièvre, calmer les nerfs et la toux et  en pommade pour améliorer acné, eczéma et peau sèche. Symbole de modestie, fleur emblème de Toulouse et de Parme (en Italie), la violette est aussi réputée en parfumerie qu’en confiserie, c’était d’ailleurs le parfum de glace préféré de l’impératrice Sissi.

Viola odorata - Planche BonnierViola tricolor - Planche BonnierViola odorata & Viola tricolor– Planche Bonnier

– la renoncule (Ranunculus bulbosus) : c’est le bouton d’or, plante bulbeuse tapissante aux fleurs jaune vif et brillant. Il peut irriter la gorge et les intestins.

Ranunculus bulbosus - Flore Bonnier   Ranunculus bulbosus – Bonnier

– la sauge officinale et sauge des prés :  deux plantes, annuelle ou vivace selon le climat, à  fleur labiée bleu à pourpre. Herbes aromatiques condimentaires et médicinales elles sont utilisées depuis l’Antiquité, entre autres comme antiseptique, contre l’asthme et les verrues. Les petites graines de l’espèce Salvia hispanica (le chia mexicain) sont aussi nutritives et peuvent être associées à des céréales (boulgour).

Salvia officinalis - Flore BonnierSalvia pratensis - Flore Bonnier

Salvia officinalis & S. pratensis – Flore Bonnier

– le trèfle blanc (Trifolium repens) : vivace aux feuilles trilobées typiques et aux inflorescences blanches, parfois rosées, au parfum et goût agréable. Excellent fourrage pour l’élevage et engrais vert pour les jardins.

Trifolium repens - Planche Thomé  Trifolium repens – Planche Thomé

  la valériane (Valeriana officinalis) : une plante vivace aux couronnes de fleurs blanches ou roses qui s’installent souvent dans les joints creux des murs. Appelée herbe aux chats de part son attrait sur ces félins qu’elle rendrait euphoriques, elle a au contraire une action calmante et sédative sur les humains.

Valeriana officinalis - Flore Thomé   Valeriana officinalis – Flore Thomé

– la véronique des champs (Veronica arvensis) :  petite vivace persistante,  grêle, rampante et velue, aux petites fleurs bleues, qui s’installe dans les moindres fissures. L’espèce V. officinalis était au Moyen-âge utilisée  en application sur les plaies des lépreux.

Veronica arvensisVeronica officinalis - Flore Bonnier

Veronica arvensis & V. officinalis – Flore Bonnier


 Moins élégantes, mais très utiles, voici quelques autres sauvageonnes à consommer sans modération :

— la cardamine (Cardamine pratensis) : plante annuelle, ressemblant au cresson en plus piquant (récolter les jeunes feuilles et rosettes de mars à mai, à consommer cru pour garder la vitamine C, ou en soupes).

Cardamine pratensis - Flore Thomé   Cardamine pratensis – Flore Thomé

– le chénopode blanc (Chenopodium album) : de la famille des épinards, il est savoureux et nutritif ( cueillir les jeunes feuilles et tiges de mai à juin ; feuilles à consommer crues ou cuites ; les jeunes tiges ressemblent à des asperges). Se resème très (trop ?) facilement.

Chenopodium album - Flore Bonnier Chenopodium album – Bonnier

– la moutarde des champs ou sénevé (Sinapsis arvensis) : plante annuelle velue aux fleurs jaunes. Ses feuilles jeunes peuvent être consommées et ses graines moulues donner une moutarde.

Sinapis arvensis - Flore Bonnier Sinapis arvensis – Flore Bonnier

la grande ortie (Urtica dioica, vivace de 0,50-1 m) et l’ortie brûlante (Urtica urens, annuelle de moins de 50 cm) font partie des plantes médicinales les plus utiles. Riches en protéines, fer et vitamines, elles sont, entre autres, utilisées contre l’asthénie et l’anémie. Leurs feuilles se consomment cuites. Leurs fibres servent depuis longtemps à fabriquer tissus et cordes. Au jardin, le purin d’ortie est un engrais vert et agit aussi comme pesticide. Un seul inconvénient : leurs poils urticants …

Urtica dioica - Flore BonnierUrtica urens - Flore Bonnier

Urtica dioica & U. urens – Flore Bonnier

– le pissenlit (Taraxacum officinalis) : plante vivace à la fleur jaune  et aux graines ailées (akène) bien connues. Ses feuilles se mangent en salade.

Taraxacum officinalis - Planche Thomé   Taraxacum officinalis – Planche Thomé

– le pourpier (Portulaca oleracea) : petite annuelle rampante aux feuilles grasses. Elle produit des omega-3, vitamine E et minéraux et contient, comme l’épinard et le chénopode, de l’acide oxalique.

Portulaca oleracea - Planche Thomé   Portulaca oleracea – Planche Thomé

→ La peinture à la Une : Claude MonetLes coquelicots, 1873 – Paris, Musée d’Orsay.


Regroupement par famille botanique des plantes citées ci-dessus
 Amaranthacées
Chenopodium album (Chénopode blanc)
Astéracées
Bellis perennis (pâquerette)
Chamaemelum nobile (camomille romaine)
Carduus nutans (chardon)
Centaurea montana (bleuet)
Cirsium arvense (chardon des champs)
Erysimum cheiri (giroflée)
Leucanthemum vulgare (marguerite)
Matricaria chamomilla (camomille allemande)
Taraxacum officinalis (pissenlit)
Boraginacées
Myosotis arvensis (myosotis)
Brassicacées (ex. crucifères)
Cardamine pratensis (cardamine)
Sinapsis arvensis (moutarde des champs, sénevé)
Fabacées
Trifolium repens (trèfle blanc)
Labiacées
Salvia officinalis (sauge officinale)
Salvia pratensis (sauge des prés)
Malvacées
Malva moschata (mauve)
Onagracées
Oenothera biennis (onagre)
Oxalidacées
Oxalis acetosella (oxalide)
Papavéracées
Chelidonium majus (chélidoine)
Papaver rhoeas (coquelicot)
Portulacacées
Portulaca oleracea  (pourpier)
Ranunculacées
Ranunculus bulbosus (renoncule bouton d’or)
Sphenocleacées
Campanula rotundifolia (campanule)
 Scrophulariacées
Digitalis purpurea (digitale)
Veronica arvensis (véronique des champs)
Veronica officinalis (véronique officinale)
Urticacées
Urtica dioique (grande ortie)
Urtica urens (ortie brulante)
Valérianacées
Valeriana officinalis (valériane)
Violacées
Viola odorata (violette)
Viola tricolor (pensée)