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… le Feng Shui au jardin

Fēngshuǐ.svgLe Feng Shui est un art chinois plus que millénaire. Contemporain du philosophe Confucius (mi VIe–mi Ve av. JC), Lao Tseu, auquel est attribué le Tao To King, fait naitre du Wu Chi (l’énergie primordiale) le Yin et le Yang (les 2 forces fondamentales interdépendantes) dont les combinaisons élémentaires sont étudiées dans un autre traité, le Yi King (Livre des Changements), qui les déclinent, des 8 trigrammes primordiaux à la multiplicité des  Dix mille choses.

La philosophie chinoise antique distingue également 5 énergies :

  • 木 Le Bois : associé aux chiffres 3 et 4, au printemps, à l’est (&S/E), à la vue et au foie, de couleur vert, de goût acide et d’odeur rance. Énergie centrifuge. Enfant de l’Eau, parent du Feu. Contrôle la Terre. Forme rectangulaire dressée.
  • 火 Le Feu : associé au chiffre 9, à l’été, au sud, au goût et au cœur, de couleur rouge, de goût amer et à l’odeur roussie. Énergie ascendante. Enfant du Bois, parent de la Terre. Contrôle le Métal. Forme triangulaire.
  • 土 La Terre : associé aux 2, 5 et 8, passage de l’été à l’automne, au centre (N/E & S/O), au toucher et à l’estomac, de couleur jaune, au goût sucré et doux, et à l’odeur aromatique. Énergie circulaire. Enfant du Feu, parent du Métal. Contrôle l’Eau. Forme carrée.
  • 金 Le Métal : associé aux 6 et 7, à l’automne, à l’ouest (& N/O), à l’odorat et aux poumons, de couleur blanc, de goût piquant et à l’odeur de viande crue. Énergie centripète. Enfant de la Terre, parent de l’Eau. Contrôle le Bois. Forme ronde.
  • 水 L’Eau : associé au chiffre 1, à l’hiver, au nord, à l’ouïe et aux reins, de couleur bleu-noir, au goût salé et à l’odeur putride. Énergie descendante. Enfant du Métal, parent du Bois. Contrôle le Feu. Forme courbe horizontale.

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Héritier de ces analyses de l’univers, de l’espace et du temps, le Feng Shui qui signifie ‘vent-eau’ (le vent et l’eau correspondant aux deux éléments les plus essentiels de la vie : l’air et l’eau) les applique à  l’être humain et à sa localisation à un moment donné. Avec le temps, le Feng Shui devint ainsi l’art ou la science ‘de trouver le bon endroit’. Dans ses aspects les plus matériels, il permet de réfléchir à l’environnement de chacun : où se localise notre espace de vie, quelles formes, dimensions et couleurs conviennent le mieux à ma maison et mon jardin, comment les aménager.

Le premier point important est le respect de la nature. En second, vient la recherche de l’équilibre entre le yin et le yang. Ensuite celle de l’harmonie entre les cinq éléments.

Le long de la rivière au moment de la fête du Qingming, 1736, National Palace Museum, Taipei

Le Feng Shui trace une carte où les espaces sont symbolisés par des animaux :

  • le Dragon (Bois, vert, printemps, Est. La sagesse de l’esprit, yang) est, en sortant de la maison, à gauche de l’entrée.
  • le Phoenix (Feu, rouge, été, Sud. Les 5 sens, la sensibilité, l’avenir, l’au delà) est devant l’entrée en limite de terrain. Un espace dégagé qui laisse le regard se porter au loin et les ’énergies libres de circuler est tout indiqué ici.
  • le Serpent (Terre, jaune-brun, Centre. Le coordinateur) est au centre
  • le Tigre (Métal, blanc, automne, Ouest. La force, la nature, yin) est à droite.
  • la Tortue (Eau, bleu-noir, hiver, Nord. La sécurité, la stabilité, le passé) est l’espace à l’arrière de la maison. Idéalement, une hauteur (colline ou montagne) est là pour la protéger, mais des maisons voisines, un mur de clôture ou une haie d’’arbres peuvent en tenir lieu.
Les 5 animaux célestes

Le terrain feng shui doit se rapprocher des formes rectangle ou carré (comme la maison). Le jardin est, selon le Ba Gua, subdivisé en 9 zones représentant des domaines de la vie (traditionnellement en Chine, le nord est placé en bas et le sud en haut, mais le tableau ci dessous est dessiné selon les habitudes occidentales).

La tortue ancestrale et le carré de Lo Shu
Le nord-ouest représente la spiritualité et la communication et son élément est le métal.

Cercle-Gris-Petits arbustes/Jardin minéral-Banc/Statue pierre ou métal

Le nord représente la carrière et son élément est l’eau.

Ondulation horizontale-Bleu-Vivaces-Rocaille/Bassin

Le nord-est représente la connaissance et son élément est la terre.

Carré-Ocre-Haie & bosquet-Salon ou banc/Coin lecture/Poterie

L’ouest représente l’avenir (les enfants et les projets) et son élément est le métal.

Cercle-Argent-Arbustes bas-Aire de jeux

 

Tai Chi

(énergie vitale)

L’est représente le passé, la famille et la santé et son élément est le bois.

Rectangle-Vert-Zone boisée-Terrasse & grande table-Mobilier de bois

Le sud-ouest représente l’amour et son élément est la terre.

Carré-Rose/Jaune-Verger, potager & vivaces-Salon ou banc-Poterie

Le sud représente la renommée et son élément est le feu.

Triangle-Rouge- Vivaces-Foyer

Le sud-est représente la prospérité et son élément est le bois.

Rectangle-Violet- Arbustes & plantes précieuses-Fontaine/Bassin/Ruisseau

Un terrain trop plat peut être surélevé légèrement à l’arrière de la maison donnant de la force au côté tortue, il bénéficiera de l’introduction de végétaux hauts sur le côté dragon, et de  l’ajout de pierres bien placées. Un terrain trop pentu gagne à être aménagé en terrasses. Des allées sinueuses, avec un nombre impair de courbes, et sans culs de sac, sont préférables aux lignes droites et angles vifs.

Il est important de préserver un espace ouvert au centre et à l’avant (phœnix) où gravillons, mousses, herbes et végétation basse sont à privilégier.

Les arbres tiennent une grande place dans la culture chinoise, leurs champs d’énergie sont puissants.  Ils devraient être plantés à distance de la maison sur le côté dragon ou sur une partie du côté phœnix. Les arbustes et les haies  fleuries sont à leur meilleure place sur le côté tigre du jardin. Les plantes grimpantes sont bienvenues, mais pas sur les murs de la maison qu’elles empêcheraient de respirer.

L’’eau est source de vie, donc de richesse en feng shui, il est important de placer fontaines, bassins et rivière, dans des endroits spécifiques : dans les deux quadrants  d’entrée, et jamais sur le côté tortue (à l’arrière).

Le jardin se doit d’évoluer toute l’année au fil des saisons dont les caractères doivent être remarquables : subtiles floraisons printanières, explosion colorée de la maturité estivale, couleurs flamboyantes des feuillages d’automne, graphisme épuré des silhouettes dénudées des arbres en hiver.

C’est aussi un jardin des 5 sens : la vue avec des jeux d’’ombres et lumières, des couleurs harmonieuses et variées, vives  et douces ;  l’’ouïe avec des carillons, des fontaines bruissantes, des chants d’oiseau ; l’’odorat avec des plantes parfumées ;  le goût avec des fruits de verger et potager ; le toucher avec des végétaux aux textures variées .

Et enfin ne pas oublier que « moins est mieux » …

Un bel automne

Jardins de Pan vous souhaite un bel automne

L’automne, c’est la saison des arbres et arbustes aux couleurs flamboyantes, où la nature se pare de rouges, de jaunes et d’orangés. C’est également la période des plantations, la saison où les jardiniers préparent le printemps. Tous les efforts déployés en automne seront récompensés par la renaissance des jardins dès le mois d’avril et ce, pour toute la belle saison.


En automne, planter et transplanter !

Notre précédent article http://jardinsdepan.fr/blog/au-jardin-cet-automne/ vous dit quoi et comment …

En automne, taillez … ou pas !

http://www.arbres-caue77.org/videos/arboclips/la-periode-de-taille-des-arbres.html

Si vous souhaitez tailler votre haie régulière persistante, c’est possible sauf risque de gel, auquel cas abstenez-vous. Lors de la taille de formation, faites attention à ne jamais couper la flèche (ou bourgeon terminal) des rameaux principaux avant que l’arbuste n’ait atteint sa hauteur finale. Dans le cas des haies déjà formées, la troisième et dernière taille d’entretien de l’année se fait normalement en octobre. Certains arbustes vigoureux, comme les Cotoneaster, Elaeagnus (chalef), Ligustrum (troène), Photinia, Pyracantha, peuvent être rabattus plus sévèrement, si leur base se dénude, au tiers de leur hauteur entre novembre et mars.

Certains jardiniers sont des artistes et obtiennent des résultants spectaculaires https://youtu.be/N7aDbis2gsU?t=3

En automne, soignez vos plantes !

Des conseils dans notre précédent article http://jardinsdepan.fr/blog/au-jardin-cet-automne/

… et d’autres encore, ici :

Les principaux parasites du sol

Parasites du sol Problème Végétaux fréquemment envahis
Ver blanc
  • Insecte dévorant les racines
  • Larve du hanneton
Légumes à tubercules ou racines (pommes de terre, carottes, navets, etc.), racines d’arbustes et de vivaces, etc.
Ver fil de fer
  • Ver jaune perforant racines et tubercules
  • Larve de taupin.
Pommes de terre, carottes, cucurbitacées, oignons, haricots, pois, etc.

Les principaux parasites volants

Parasites volants Problème Végétaux fréquemment envahis
Pucerons
  • Insectes suceurs de sève : la plante dépérit.
  • Présence sur les végétaux de colonies de petits insectes verts, noirs ou cendrés.
Presque toutes les plantes, et surtout : capucines, rosiers, choux, cerfeuil, arbres fruitiers, etc.
Cochenilles
  • Insectes suceurs de sève : les jeunes pousses se rabougrissent, la plante dépérit.
  • Reconnaissables à leur carapace cireuse, les cochenilles se regroupent en formations qui envahissent les rameaux et les feuilles.
Arbres à pépins, agrumes, oliviers, groseilliers, cassis, etc.
Chenilles
  • Grignotent les feuilles, les bourgeons, les tiges ou le collet des plantes.
  • Ce sont des larves de papillons : piéride du chou, chenille arpenteuse, tordeuse, noctuelle, etc.
Arbres fruitiers
Aleurodes ou mouches blanches
  • La larve se nourrit de sève, provoquant jaunissement et dépérissement des végétaux
  • L’aleurode est un petit moucheron de couleur blanche.
Pétunias, œillets, fuchsias, pélargoniums, tomates, aubergines, choux, etc.
Les araignées rouges ou jaunes
  • Décoloration du feuillage ou des aiguilles des conifères. On repère aussi parfois une fine toile d’araignée.
  • Ce sont des acariens invisibles à l’œil nu.
Pommiers, vigne, conifères
      • En présence de parasites, la première chose à faire est de supprimer les rameaux trop envahis ou encore de débarrasser manuellement les parties infestées (par les cochenilles par exemple) autant que possible.
      • Ensuite, il faut pulvériser sur la plante de l’eau (l’idéal étant une eau tiède) savonneuse.

    Le savon noir pulvérisé sur les végétaux – à raison de 50 g (5 cuillerées à soupe) par litre d’eau – est très efficace contre de nombreux insectes nuisibles au jardin : puceron, cochenille, aleurode, araignée rouge, acarien jaune, thrips, mouche blanche et psylle ont ainsi leurs pores respiratoires bouchés et finissent asphyxiés. L’opération peut être répétée au bout de 3 jours  jusqu’à disparition des parasites. Éviter totalement de traiter en plein soleil, par grandes chaleurs ainsi que sous la pluie. Le savon noir est aussi un bon agent mouillant qui accroît l’efficacité d’une pulvérisation d’autre traitements comme la bouillie bordelaise.


  • L’érable star incontournable de l’automne

    On ne peut évoquer l’automne et ses couleurs flamboyantes, sans s’arrêter un instant sur les érables particulièrement les érables dits du Japon.

    Jaunes lumineux, oranges vifs, rouges incendiaires sont autant de teintes offertes généreusement par les érables, et qui en font des stars de la nature incontournables de l’automne. A tel point qu’il existe au Japon une coutume traditionnelle  appelée  Momijigari ,  traduisez « admirez les érables », ou Koyo, « chasse aux feuilles rouges ».

    Le genre érable compte un nombre considérable d’espèces entre 150 et 200, que multiplie encore les cultivars et variétés. Ainsi, rien que pour les érables japonais il existe plus de 700 variétés issues principalement des Acer palmatum et japonicum. Grand arbre au port majestueux, ou arbrisseaux tortueux, caducs au feuillage automnal époustouflant ou persistants, feuilles larges ou ciselées à l’extrême telles de la dentelle… autant dire qu’il existe un érable pour toutes les situations.

    Pour vous offrir les couleurs automnales extraordinaires que vous espérez il est quelques règles à respecter. Tout d’abord le terrain : les érables aiment particulièrement les sols légers, frais et bien drainés mais redoutent aussi la sécheresse. Nous vous conseillons d’effectuer un bon apport de matière organique dans le trou de plantation qui sera assez large car le système racinaire des érables s’étend plutôt en superficie, et de pailler le pied pour maintenir fraicheur et humidité (des écorces de pin apporteront une acidité bénéfique, en plus d’un aspect esthétique). Les vents desséchants sont aussi à éviter. Associé à un trop fort ensoleillement, ils risqueraient de griller le feuillage avant que celui-ci ne se teinte de ses incroyables couleurs.

    Aussi, en pleine terre ou en pot, prévoyez une situation ensoleillée mais non brûlante et protégée des vents. Une bonne exposition, alliée à un  sol riche et légèrement acide seront autant de chances mises de votre côté pour bénéficier du feuillage époustouflant de vos érables à l’automne, des couleurs qui vous réchaufferont à l’approche de l’hiver.


    Que faire des feuilles mortes en automne ???

     

    Les feuilles mortes au potager

    Vous avez préparé votre potager pour l’hiver ? Le sol non cultivé est bêché ? Profitez de vos feuilles mortes d’automne et paillez sur la totalité de la surface. Votre jardinage de l’année prochaine sera facilité. En effet, vous allez en tirer plusieurs avantages :

    • le sol se compactera moins sous l’effet des pluies, la terre sera plus souple
    • le tapis de feuilles créera une barrière naturelle à la lumière et évitera la germination des mauvaises herbes,
    • le paillage de feuilles permet de nourrir les insectes, les vers de terre… utiles au potager,
    • la décomposition des feuilles rendra le sol plus riche en humus.

    A l’hiver, n’oubliez pas les légumes tels que les poireaux, faites leur profiter d’un petit paillage de feuilles mortes entre les rangs, ce qui les protégera tout en nourrissant le terrain par leur décomposition.

    Les feuilles mortes pour protéger les fleurs

    Les fleurs vivaces de parterre ne dédaignent pas non plus une petite protection supplémentaire. N’hésitez pas à entourer les pieds ou à recouvrir le sol où elles sont placées si ce sont des fleurs qui disparaissent totalement en hiver. Profitez également de ce paillage naturel pour protéger les nouvelles vivaces que vous allez planter en automne ou encore les jeunes rosiers, les jeunes arbustes …
    Même les plantations les plus « coriaces » ne sont jamais trop chouchoutées face aux rigueurs de certains hivers, alors ne soyez pas réticent sur une bonne couche de feuillage même sous les massifs d’hortensia par exemple qui en plus de  protéger va fertiliser la terre.

    Que faire des feuilles mortes en surplus?

    Vous avez déjà paillé le potager et les parterres et il vous reste encore des feuilles ? Pensez à les composter. Vous retrouverez avec joie ce terreau naturel et économique au début de la saison suivante. Vous aiderez ainsi votre jardin à repartir du bon pied en protégeant votre budget tout en limitant votre impact écologique. Il n’y a pas à hésiter. Mais attention, ne pas mettre au compost ou en paillage des feuilles présentant des signes de maladies, vous risquerez de contaminer des plantes saines.

    Les feuilles mortes pour les bouts d’chou

    Vous vous souvenez de ces balades dans les sous-bois que vous avez faites enfant avec les parents ou à l’école pour ramasser les feuilles tombées, les marrons, les châtaignes ? Petite madeleine de Proust que l’on aime voir resurgir tous les ans avec l’arrivée de l’automne et ces odeurs si particulières. Notre société moderne n’invite pas toujours à prendre le temps, mais arrêtez-vous quelques instants et profitez de ces petits instants avec vos enfants. Allez ramasser les feuilles mortes et animer leur imagination avec quelques activités :

    • Tout d’abord, le fameux herbier :
      On en a tous fait étant petit, mais il s’est fait peu à peu oublié. Et pourtant, beaucoup d’entre nous l’ont encore. Amusez-vous à en créer un avec les petits, copie-collé du vôtre ou totalement différent! Et si les parents ajoutent quelques phrases c’est encore plus sympathique. Peut-être dans 20 ans, vos petits-enfants le verront à leur tour.
    • Et pourquoi pas, les empreintes :
      Activité pour les plus petits, il s’agit tout simplement de recouvrir une feuille morte de peinture puis ensuite de poser une feuille blanche sur le dessus et l’empreinte est créée. C’est tout simple, efficace et peu coûteux, mais ils seront tellement fiers les de voir leur « travail » affiché ! Il faut juste faire attention de ne pas prendre une feuille trop sèche, car elle serait trop friable.


    Le potager et le verger en automne

    Avec la fin de l’été, le potager commence à respirer. Les jours se raccourcissent, les cueillettes touchent à leur fin, les herbes nuisibles sont moins actives, et les insectes ravageurs moins virulents. C’est le moment d’entretenir votre potager, de semer des légumes d’hiver, de tailler et planter les arbres fruitiers.

    Libérer de la place pour les nouvelles cultures

    feuilles mortes potager en automne

    Dans le potager en automne, il faudra peut-être effeuiller certains plants afin de hâter la maturation des fruits. Mais, pour libérer vos planches, il sera nécessaire de terminer la cueillette des légumes restants comme les tomates, les courgettes et les pommes de terre, et se résoudre à arracher les plants chétifs ou peu productifs. Il sera aussi judicieux de collecter des matières organiques comme des résidus de culture, des déchets ménagers ou des feuilles mortes qui serviront à la préparation de compost.

    Préparer la terre de votre potager

    grelinette potager en automne

    grelinette-potager en automne

    Pour un potager, l’automne est une période plutôt calme. Cependant, il sera nécessaire de remédier à l’appauvrissement du sol qui a généreusement donné pendant les mois précédents. Les principaux travaux de jardinage consistent à nettoyer les platebandes et préparer la terre pour affronter la rigueur de l’hiver. L’arrachage des restes des cultures précédentes ne devrait pas poser de problème. Certains jardiniers préfèrent couper les plants au ras du sol, et laisser les racines enfouies pour fixer l’azote et mieux fertiliser la terre. Il faudra également procéder à un décompactage. Il est préférable de travailler à la grelinette, un outil pratique et d’emploi facile, qui préserve la structure du sol et ne perturbe pas la vie des organismes qui y vivent. Ce décompactage est nécessaire pour ameublir la terre et l’aérer afin de fournir de l’oxygène aux bactéries et aux êtres vivants.

    Par la suite, il faut identifier les parcelles qui recevront le compost selon les cultures projetées. Par exemple, il n’est pas nécessaire d’en mettre pour cultiver des fèves, des haricots ou de l’ail. La dose ne devrait pas excéder 2 à 3 kg au m2, quitte à apporter un complément au printemps en cas de besoin. Il suffit de répandre le compost par terre, et de le griffer rapidement, sans chercher à l’enfouir profondément.

    L’étape suivante consiste à procéder au paillage afin d’isoler le sol du froid, favoriser l’activité des organismes vivants de la terre, et empêcher la pousse de mauvaises herbes. Il est préférable d’employer du paillis, des feuilles mortes, par exemple de châtaignier ou de chêne. Cependant, même des copeaux de bois non traité, du gazon tondu ou du simple carton feront l’affaire.

    Les semis et les plantations d’automne

    Hysope - potager en automne

    Hysope – potager en automne

    Généralement, les automnes sont pluvieux. Un terrain mal drainé risque de s’engorger, et l’humidité excessive entrainera certainement la pourriture des plantules. Par conséquent, n’hésitez pas à choisir des semis rustiques et à travailler sur des platebandes surélevées.

    Vous aurez le choix entre les légumes racines (l’oignon blanc, les carottes, les radis ou les navets d’hiver), et les légumes feuillus (les épinards, la chicorée ou les salades d’hiver). Il est aussi possible de planter des fraisiers, de la rhubarbe ou de l’hysope, une plante aromatique peu exigeante. C’est également le moment d’enrichir votre sol en recourant aux engrais verts tels que la moutarde, le seigle ou la vesce. Procédez au bouturage du romarin et du thym.

    Dans le verger, une fois les récoltes terminées, débarrassez-vous des fruits tombés par terre, éliminer les feuilles mortes, bref nettoyez pour éviter les contaminations éventuelles. Il faut tailler les arbres fruitiers à noyaux comme les cerisiers, les pêchers et les abricotiers et les traitez si besoin avec de la bouillie bordelaise. Faites de même avec les tiges de framboisier qui ont déjà porté des fruits, les restes peuvent être bouturés. Le bouturage s’applique aussi aux figuiers et aux noisetiers.

    Avant les premiers gels, c’est le moment idéal pour planter des arbres fruitiers à racines nues.

    En définitive, les travaux d’automne au potager ne manquent ni de charme ni d’utilité. Certes, ils permettent de se préparer à résister aux intempéries de l’hiver, mais aussi à accueillir sereinement le printemps.

    JARDINS DE PAN EST MEMBRE DES

une partie de cet article reprends certains de leurs articles.

Aujourd’hui – été 2017 … à la une

Le musée départemental Albert-Kahn conserve les Archives de la Planète

C’est actuellement la plus grande collection d’autochromes en couleurs au monde, et elle est en libre accès sur le web …

[Cet] ensemble d’images fixes et animées, réalisé au début du XXe siècle, [est] consacré à la diversité des peuples et des cultures.

[La thématique Paysages] illustre à quel point toute tentative de cerner le fonds des Archives de la Planète reste un défi. S’agit-il avant tout d’un projet scientifique, souhaité par Albert Kahn, et conçu par le géographe Jean Brunhes, destiné à des fins de connaissance ? Il semble que cette dimension scientifique se double d’une ambition plus esthétique, mais également d’un compte-rendu photographique de voyage.

© Musée Albert-Kahn – La pointe St-Michel à Lestriguel en 1920

http://collections.albert-kahn.hauts-de-seine.fr/?page=accueil

 


Des géants dans la forêt

Giants in the Forest est un projet qui combine l’art, la technologie et l’environnement naturel. Depuis 2012, des têtes organiques géantes ont été  construites, semées ou suspendues dans les forêts d’Écosse, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Martha Charrington’s photo

Depuis 2016, ce sont des géants oubliés (Forgotten Giants) qui ont  gagné le Danemark où Thomas Dambo a recyclé des matériaux naturels pour créer 6 accueillants géants. http://thomasdambo.com/works/little-tilde/    .


Les Français et leurs jardins

Un article en ligne, parmi d’autres, pour penser son jardin …

http://www.universalis.fr/encyclopedie/jardins-les-francais-et-leurs-jardins/


Un système de parcs pour accompagner l’urbanisation de l’île de Nantes

L’équipe réunie autour de Jacqueline Osty (paysagiste mandataire) et Claire Schorter (architecte-urbaniste) pour assurer la maîtrise d’œuvre du projet urbain de l’île de Nantes jusqu’en 2024 a dévoilé ses premières intentions avec, au cœur de leur projet, un système de parc pour amplifier la présence de la nature en ville.

http://www.lemoniteur.fr/article/un-systeme-de-parcs-pour-accompagner-l-urbanisation-de-l-ile-de-nantes-34204442?34204441=34204438#34204441

Une toiture-terrasse qui évolue en potager

La Mairie de Paris crée son premier espace vert « comestible » en toiture d’une ancienne caserne. Vigne, fraises et salades bénéficient d’une véritable nappe phréatique artificielle sur étanchéité de surface.

https://www.cahiers-techniques-batiment.fr/article/une-toiture-terrasse-qui-evolue-en-potager.32202#xtor=EPR-2

Une toiture végétalisée à l’Ecole nationale supérieure des arts de Nancy

Une gestion dynamique des eaux pluviales accompagne la réalisation en cours de la toiture végétalisée de l’Ecole nationale supérieure des arts de Nancy

http://www.lemoniteur.fr/article/une-toiture-hydroactive-se-met-en-place-a-nancy-31517269#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=techniqueetcd


Le premier festival des jardins de la Côte-d’Azur

© scape design – Mounta Cala a décroché le prix des professionnels du paysage.

http://www.lemoniteur.fr/article/le-festival-des-jardins-euphorise-la-cote-d-azur-34496481#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=paysage

   


Transformer un fléau en ressource pour le bâtiment

Que ce soit au Sénégal, en Mauritanie ou dans d’autres régions du globe, le roseau Typha australis se répand à toute allure. […] Le projet TyCCAO, [a pour] objectif de transformer le typha en ressource pour le secteur de la construction. Il s’agit de mettre au point des matériaux de construction terre-typha, des bétons végétaux, des panneaux rigides isolants, des panneaux en terre fibrés (panneaux en terre crue armée avec des microfibres de typa), des isolants en vrac et des toitures de chaume.

http://www.lemoniteur.fr/article/ecomateriaux-transformer-un-fleau-en-ressource-pour-le-batiment-34121274#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=techniqueetcd

 

… le jardin Majorelle de Marrakech

Un peintre en son jardin : couleurs primaires et collection de cactus graphiques

Le peintre nancéien Jacques Majorelle (1886-1962), fils d’un des fondateurs de l’Art nouveau, l’ébéniste Louis Majorelle, est désormais plus célèbre pour son Jardin de Marrakech que pour ses toiles orientalistes. Ce jardin créé durant quarante ans par Jacques Majorelle dans sa propriété acquise en 1923 en bordure de la palmeraie de Marrakech est aujourd’hui une oasis de près d’un demi-hectare, luxuriante et calme en plein cœur de la ville.

Une jungle haute et sombre de bambous, fougères arborescentes et saules ombrage doucement l’allée périphérique, tandis qu’une impressionnante collection botanique de cactées, agaves, aloès, yuccas, et palmiers, auxquels se mêlent bananiers, caroubiers, cyprès et thuyas, occupe le centre du jardin, soumis à un soleil sans filtre.

Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016

Les floraisons lumineuses des bougainvillées, daturas et jasmins, se mêlent à celles des aquatiques lotus, nénuphars et nymphéas du long canal central et des nombreux bassins aux jets d’eau bruissants et frais.

Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016

Les allées irrégulières se civilisent aux abords des constructions et s’ornent de fontaines, jarres en céramique et pergolas aux vives couleurs primaires dont ce bleu majorelle, un outremer-cobalt présent dans les montagnes de l’Atlas et magnifié par le peintre. Des bâtiments de sobre inspiration mauresque ou berbère côtoient une villa au pur dessin cubiste et aux mêmes éclatantes et rares couleurs primaires (commandée à l’architecte Paul Sinoir en 1931 ).

Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016
Jardin Majorelle de Marrakech – décembre 2016

Ouvert au public en 1947, le jardin a été délaissé à la mort du peintre, avant d’être acheté et restauré par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en 1980, il  appartient désormais à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent.

Plan du jardin Majorelle à Marrakech
Atelier de Jacques Majorelle vers 1931
Jacques Majorelle vers 1940
Yves Saint Laurent à Dar Saada – 1977 ©-Pierre-Boulat

http://www.jardinmajorelle.com/


Un jardin dans la Ville rouge

L’actuelle Marrakech, quatrième ville du Maroc avec plus d’un million d’habitants, située au milieu des terres, au pied du Haut Atlas, doit son nom au berbère Mour-Akouch qui signifie Pays de Dieu, elle fut un temps capitale du royaume du Maroc dont provient le nom. Appelée aussi Ville rouge à cause des enduits d’ocre roux qui parent toutes ses constructions, elle a été fondée en 1071 par Youssef Ibn Tachfin, premier sultan de la dynastie berbère des Almoravides, l’adversaire du Cid chanté par Corneille.

Marrakech – remparts de la Medina – décembre 2016

La Médina (vieille ville)  ceinte par plus de dix kilomètres de remparts percés de portes (Bab Ahmer,  Bab Al Khmis, etc.) côtoie la ville nouvelle dont les quartiers principaux s’appellent entre autres Guéliz (déformation locale du mot français ‘église’, car c’est là que fut bâtie la première église marrakchie), Hivernage, Douar Askar, Sidi Youssef Ben Ali. La principale artère reliant la ville nouvelle à la vieille ville, l’avenue Mohamed V, arrive juste au pied de la Koutoubia.

Marrakech – A l’intérieur des remparts – décembre 2016
Marrakech – Médina – décembre 2016
Marrakech – Ville nouvelle – décembre 2016
Marrakech – décembre 2016

La Koutoubia, ou « mosquée des libraires » (à cause des souks consacrés aux livres qui se tenaient autrefois à ses pieds), domine la ville du haut des 77 m de son minaret surmonté d’un lanternon, lui-même couronné de quatre boules d’or. C’est Abd el-Moumen, sultan de la dynastie des Almohades, qui décida de l’édification de ce chef-d’œuvre de l’art hispano-mauresque du XIIe siècle. Une première Koutoubia s’éleva rapidement, mais la mosquée n’indiquant pas la direction de La Mecque, elle fut vite détruite et remplacée par une seconde achevée en 1199, la plus vaste mosquée du Maghreb d’alors (90 m sur 60 m) .

Marrakech – Koutoubia 2016-12-05

Au cœur de la médina, entre ombre et lumière, se trouvent les souks qui ne semblent pas avoir changé depuis des siècles, serrés autour de la place Jemaâ el-Fna.

Marrakech – Dans les souks – décembre 2016
Marrakech – Place Jemaâ el-Fna de nuit – décembre 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

Marrakech – Place Jemaâ el-Fna de jour – décembre 2016

 Les principaux vestiges des siècles passés se découvrent au détour des ruelles de la Médina :

  • La mosquée Ben Youssef et la medersa Ben Youssef (collège pour héberger les étudiants coraniques).

En 1564-65, le sultan saâdien Abdellah Al Ghalib fit construire, à Marrakech, une des plus belles médersas du Maroc, à côté de la mosquée almoravide érigée par Ali Ben Youssef et restaurée par Al Ghalib, qui lui adjoignit aussi un maristan (hôpital).

La médersa est construite sur un plan carré d’une superficie de 1680 m2 avec un grand patio central, elle accueille une salle de prière et 132 chambres. Elle rassemble toutes les matières les plus nobles (boiseries de cèdre sculptées, plaques de bronze, stuc ouvragé, zelliges colorés, marbres de Carrare) et tous les thèmes décoratifs de l’art marocain de l’époque tout en gardant une grande cohérence et une harmonie certaine.

‘J’ai été édifiée pour les sciences et la prière … ‘

Marrakech – La mosquée Ben Youssef
Marrakech – La Medersa Ben Youssef cour intérieure – 2016-12-11
Marrakech – La Medersa cour intérieure – 2016-12-11
Marrakech – La Medersa cour intérieure, le calligraphe – 2016-12-11

 

 

 

 

 

 

 

 

  • la kasbah (citadelle) accueille le palais El-Badii, les tombeaux saâdiens et le palais royal du souverain actuel Mohammed VI à proximité des jardins de l’Agdal.

Le Palais El Badii (ou palais de ‘l’Incomparable’) est l’œuvre grandiose du souverain saâdien Ahmad Al Mansur El-Dahbi (‘Le Doré’, 1578-1603) , accomplie  tout au long de son règne.

Des ruines imposantes précèdent le palais dont l’ensemble est constitué d’une grande cour rectangulaire de 135 sur 110 m, au milieu de laquelle fut creusé un vaste bassin de 90 par 20 m où s’élevait une fontaine monumentale munie de deux vasques superposées et surmontées d’un jet d’eau. Encadrant le bassin, 2 dépressions plantées d’arbres et de fleurs disposées dans des carrés séparés par des allées pavées de zelliges. Les angles du palais étaient eux aussi occupés par de grands bassins (30 par 10 m) encadrant les 4 pavillons : le Pavillon de cristal, dont la trace a été attestée par des  fouilles, le Pavillon des audiences, dont subsistent les hautes murailles. était couvert d’une coupole posée sur 12 colonnes, le Pavillon de l’héliotrope et le Pavillon vert, résidence la plus privée du sultan dans ce complexe palatial, étaient précédés de 2 galeries soutenues par 2 séries de colonnes de jaspe.

Marrakech – Palais El-Badii – décembre 2016
Marrakech – Palais El-Badii – décembre 2016

Reliés à la mosquée fondée par Yaaqub Al Mansur par un passage discret, les tombeaux saadiens n’ont été redécouverts au nord de la Kasbah almohade qu’en 1917. Nécropole de la famille royale saadienne érigée par le sultan Abdallah Al Ghalib en 1557 pour abriter la tombe de son père Muhammad Shaykh, fondateur de la dynastie, elle fut embellie par Ahmad Al Mansur Dahbi (‘Le Doré’) pour accueillir sa propre dépouille et celle de sa famille, dont sa mère Lalla Massouda. Ce somptueux complexe funéraire dont le style s’apparente à celui de l’Alhambra de Grenade, se compose de 2 ensembles :

le premier comprend un oratoire à 3 nefs abritant un superbe mihrab, la fastueuse salle des 12 colonnes en marbre de Carrare avec plusieurs  tombeaux dont celui d’Ahmad Al Mansur et une salle creusée de 3 niches qui accueille les tombes d’Abdallah Al Ghalib et de son père.

En traversant le cimetière à ciel ouvert, on atteint le second ensemble qui s’ouvre par un portique soutenu par 2 colonnes de marbre blanc, cette partie est consacrée à Lalla Massouda,  la mère vénérée d’Ahmad Al Mansur, décédée en 1591.

  • le mellah (quartier juif), la place des Ferblantiers.

El Mellah est le terme utilisé traditionnellement pour désigner le quartier juif dans les villes du Maghreb. Jusque vers 1960, environ 250 000 Juifs marocains vivaient dans le pays ; après de nombreux départs vers Israël et la France, ils ne seraient plus actuellement que 2 500. Le Mellah de Marrakech a été construit au XVIe siècle pour accueillir les Juifs expulsés d’Espagne par l’Inquisition. Entouré de hautes murailles, il occupe une quarantaine d’hectares, autour de la synagogue Salat Al Azaman,  à proximité du vaste cimetière juif. Le quartier abrite de nombreux commerces et souks d’épices et de bijoux. Habité aujourd’hui principalement par des musulmans, il bénéficie depuis 2015 d’ un important programme de réhabilitation.

Marrakech – Le mellah, ancien quartier juif – décembre 2016
Marrakech – La place des Ferblantiers – décembre 2016
Marrakech – Vue des toits de la Medina – décembre 2016
  • Le palais de la Bahia semble tout droit sorti d’un des contes des Mille et une nuits. La construction commencée en 1880 par le grand vizir Sidi Moussa pour sa favorite, la Bahia (c’est-à-dire ‘la Belle’), ne fut achevée que sous son successeur Ba Ahmed en 1887. Inspiré par l’art andalou, mais édifié en plusieurs étapes au rythme des acquisitions successives des 8 ha de la propriété, le plan est complexe voire labyrinthique. Les plafonds sont richement sculptés dans le bois de cèdre de l’Atlas. La cour d’honneur de 80 m², centre du harem au temps du grand vizir, est pavée de marbre de Carrare et entourée d’un déambulatoire aux colonnes peintes et ornées de zelliges, elle donne accès à un jardin mauresque planté d’orangers, de cyprès, daturas et jasmins et à des riads fleuris, tous rafraichis par de nombreuses vasques à jet d’eau en marbre de Meknès.
Marrakech-Palais de la Bahia-2016-12-06
Marrakech-Palais de la Bahia-2016-12-06
Marrakech-Palais de la Bahia-2016-12-06
Marrakech Palais de la Bahia 2016-12-06 – Le Palais des Mille et une portes
Marrakech Palais de la Bahia 2016-12-06 – Le Palais des Mille et un arts

Autour de Marrakech et sur le chemin de l’Atlas

Marrakech – Petits métiers, le long de la ligne de bus n° 16 – décembre 2016

Marrakech plan du réseau urbain

L’Atlas dessine au nord-ouest du continent africain un arc montagneux allant de l’Atlantique à la Méditerranée et s’étendant sur le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. C’est au Mont Toubkal dans le Haut Atlas marocain qu’il culmine à 4 167 mètres d’altitude. A partir de Marrakech, le chemin du djebel (terme arabe pour montagne) ou  adrar (terme berbère pour montagne) Toubkal passe par le village berbère d’Imlil,  situé à 1 714 m d’altitude dans la vallée d’Asni, ce village est le dernier lieu accessible par la route avant l’ascension du Toubkal qui se trouve alors à 2 jours de marche.

Pas de cèdre de l’Atlas sur ces pentes (alors que cet arbre emblématique est très présent avec le thuya sur celles du Moyen-Atlas), mais  des pins noirs de l’Atlas (Pinus nigra subsp. salzmannii var. mauretanica) ou encore des chênes zéens (Quercus canariensis), des arganiers (pour produire l’huile d’argan utilisée en cuisine comme en cosmétique) et des vergers de pêches, pommes, prunes et autres fruits qui approvisionnent les marchés de Marrakech et bien au delà.

Un article intéressant sur la flore marocaine :  http://www.ecologie.ma/les-10-arbres-fruitiers-spontanes-du-maroc/

Le village berbère d’Imlil dans le Haut-Atlas, et le djebel Toubkal enneigé en arrière-plan

Toutes les photos couleurs sont ©-Patricia Wenger –  JdP

Au jardin, cet automne

En automne, planter et transplanter !

Le 25 novembre, c’est la Sainte Catherine et à la Sainte Catherine, tout arbre prend racine, car l’automne est la saison idéale pour l’enracinement végétal. Novembre est un mois particulièrement bien choisi pour déplacer les végétaux déjà présents, mais mal placés ou bons à diviser, et pour installer de nouvelles plantes, en particulier des arbres et arbustes.  C’est donc le bon moment pour créer ou redessiner votre jardin.

C’est aussi le début de la saison des végétaux à racines nues (ils ne sont disponibles que d’octobre/novembre à février/mars), ceux-ci offrent une meilleure préparation au sol d’où une croissance plus vigoureuse au printemps et ils sont moins onéreux que les végétaux en containers.

Si vous voulez installer un verger, les arbres fruitiers à racines nues sont le meilleur choix et c’est le moment de les planter.

Verger

Verger champêtre

Asheville-Biltmore-083Fruitiers palissés : palmette à branches droites, palmette horizontale Legendre et palmette Verrier à six branches

Voici 3 sites  sur tout ce qu’il importe de savoir à propos des arbres fruitiers et des vergers :

Selon le climat, il est utile ou non de retirer les bulbes d’été gélifs pour les mettre à l’abri, mais il est aussi temps de planter les bulbes printaniers :

  • les plus connus
    • anémone
    • crocus
    • jacinthe
    • narcisse
    • perce-neige et nivéole
    • renoncule
    • tulipe
    • iris
    • lys
  • les plus confidentiels
    • allium
    • Arisaema thunbergii
    • asphodèle
    • Brodiaea laxa
    • Camassia quamash
    • Chionodoxa forbesii
    • Corydalis solida
    • Cyclamen pseudibericum
    • Dicentra
    • Eremurus
    • Erythronium
    • Freesia
    • fritillaire
    • Ipheion uniflorum
    • muscari
    • Ornithogalum umbellatum,
    • Oxalis deppei
    • scille

En automne, taillez … ou pas !

Taillez une dernière fois les haies pour éviter  l’accumulation d’humidité.

Taillez la plupart des arbustes à floraison estivale, les plantes grimpantes (chèvrefeuilles, hortensias grimpants, lierres, vignes), les vivaces desséchées

… mais ne taillez pas les arbustes à floraison printanière, ni les hortensias dont les fleurs protègent les bourgeons et prennent souvent à l’automne de belles couleurs, ne taillez pas non plus les penstémons et autres vivaces persistantes (leur feuillage leur est utile et il est décoratif, à tailler en fin d’hiver), ni les graminées qui attendront le printemps pour cela et animeront le jardin en hiver, tout comme  et les arbustes à écorce décorative (à recéper chaque année ou tous les 2/3 ans, juste avant le débourrement). Nettoyez les rosiers des fleurs fanées, des feuilles malades, des branches malingres et trop longues, mais attendez la fin de l’hiver pour réaliser la taille proprement dite.

Tondez les pelouses une dernière fois vers le début de novembre, à plus de 5 cm de haut (un gazon plus long absorbe mieux la lumière et résiste mieux aux adventices et  mousses). Ne pas oublier de ramasser les feuilles mortes qui feront par ailleurs un bon paillis ou du compost. http://jardinsdepan.fr/blog/au-jardin-cet-hiver/

En automne, soignez vos plantes !

Paillez les plantes fragiles au froid, rentrez les plus frileuses, prévoyez des voiles pour protéger celles qui restent dehors.

Gardez les cendres de bois des cheminées, poêles et barbecues (calcinez y aussi les os qui enrichiront ces cendres en phosphore),  pour amender votre terrain, en particulier les pelouses où l’excès d’acidité est responsable de la prolifération des mousses : les cendres sont riches en calcium, ce qui en fait un excellent amendement calcaire remplaçant économiquement la chaux pour lutter contre l’acidité du sol et limiter les mousses.  Évitez d’en épandre à proximité des plantes de terre de bruyère qui ont besoin d’un sol acide pour prospérer. Les cendres sont par contre très utiles dans le reste du jardin d’agrément, comme au verger et au potager, car elles  possèdent une haute teneur en potasse (2 à 9 %) favorable à la production des fleurs et fruits. Elles contiennent encore de la silice (14 %) qui renforce les bambous, du magnésium (1 à 4 %) essentiel à la synthèse de la chlorophylle et un peu de phosphore (0,5 à 2 %). Tout étant question d’équilibre entre les différents éléments, n’abusez pas des cendres, 100 g par m2 et par an (2 grosses poignées) sont un bon dosage.

A propos des mousses si elles sont à éliminer dans les gazons, elles sont aussi un atout de charme en d’autres lieux, et sont même essentielles au jardin japonais. https://apjbblog.wordpress.com/2016/02/03/les-mousses-au-jardin-cultiver-ou-detruire/

Favoriser la biodiversité en prévoyant de semer ou en plantant quelques plantes bénéfiques :

• Récoltez et garder pour le printemps prochain, les graines de capucines dont les fleurs attirent les pucerons qui en délaissent les autres plantes, et les pucerons attirent les coccinelles qui s’en nourrissent. A planter sans modération surtout au potager, comme les soucis aux corolles colorés qui ont le même effet.
• La menthe poivrée est un insecticide naturel, également efficace contre certains champignons.
L’armoise bloque la germination des graines concurrentes : en installer un plant dans les massifs terminés.

Si vous doutez de la bonne santé de vos végétaux et cherchez un diagnostic, visitez ce site :

http://www.cliniquedesplantes.fr/

 

Bon automne au jardin et ailleurs …

Acer palmatum 'Omato' - 2015-10-17 Acer palmatum Omato – 2015-10-17

Landart …

Le Landart, qu’est-ce que c’est ?

Tendance de l’art contemporain, le Landart est un mouvement ou une pratique commune à plusieurs artistes qui ne cherchent pas à représenter le paysage comme cela s’est fait pendant des siècles, mais à s’y inscrire, à s’en nourrir ou à le nourrir.

Que le cadre soit naturel ou urbain importe peu, que les interventions soient gigantesques ou minuscules, durables ou éphémères, en harmonie ou en rupture, non plus. Le Landart interroge cet espace, le travaille. Le paysage est à la fois sujet et objet, il donne et le support et les matières de l’œuvre : rochers, sable, terre, bois, plantes, eau ou  laine, parasols, bouteilles en plastique, déchets … Le Landart est d’abord un questionnement de notre environnement actuel.

Les débuts

En octobre 1968, à New York, la Dwan Gallery organise l’exposition Earth Works, qui est à l’origine de cette réflexion artistique sur le paysage. Les premières réalisations,  souvent imposantes, sont américaines.

Ce sont des terrassements (Earthworks) :

Double Negative de  Michael Heizer a nécessité en 1969-70 le  déplacement de 244 800 tonnes de roches, pour réaliser une tranchée profonde de 15 m, large de 13 m et longue de 457 m dans un canyon de Mormon Mesa dans le Nevada

Spiral Jetty, œuvre due au sculpteur Robert Smithson, ouverte en 1970, située au bord du Grand Lac Salé a une emprise de 4,60 m de large par 460 m de long.

Spiral Jetty de Robert SmithsonSpiral Jetty de Robert Smithson

http://www.robertsmithson.com/

Ce sont des installations :

Nancy Holt, photographe et plasticienne, par ailleurs compagne de Robert Smithson, réalise de 1973 à 1976 les Sun Tunnels  dans de désert de Great Bassin (Utah) : 4 buses de 6 mètres de long et de 2,50 m de haut placées par paires sont orientées en fonction des 2 solstices.

Sun tunnels de Nancy Holt

Sun tunnels de Nancy Holt

Ce sont des accumulations, pérenne comme l’installation de 400 poteaux-paratonnerres en acier inoxydable à Quemado (Nouveau-Mexique) de 1969 à 1977,  par Walter De Maria pour The Lightning Field.

The Lightning Field de Walter De MariaThe Lightning Field de Walter De Maria

www.laboiteverte.fr/Walter-de-maria-de-la-foudre-aux-kilometres/

Ce sont des œuvres éphémères comme celles de Dennis Oppenheim qui intervint en 1968 sur de la glace, dessinée d’anneaux concentriques avec Annual Rings ou transpercée dans Boudary Split. Photographies et films, associés  aux plans et croquis préparatoires, perpétuent l’instant, à la fois documents et œuvres.

Annual rings de Dennis OppenheimAnnual rings de Dennis Oppenheim

http://www.dennis-oppenheim.com/

Œuvres éphémères encore, les mises en scènes et emballages de Christo et Jeanne-Claude qui en 1972 barrent Valley Curtain (Colorado) d’un rideau de nylon orange de 351 m de large et de 111 m de haut.

Valley Curtain de Christo et Jeanne-Claude

http://christojeanneclaude.net/

Quelques images de landart … parmi d’autres

Jan Dibbets, 12 Hours Tide Object with Correction of Perspective, 1969 (instantané du film-Paloma Polo)Jan Dibbets, 12 Hours Tide Object with Correction of Perspective, 1969 (instantané du film / Photo: Paloma Polo)

Ian Hamilton Finlay - Little Sparta - OrderIan Hamilton Finlay – Little Sparta – Order

http://www.ianhamiltonfinlay.com/


Andy Goldsworthy - Sycamore patch - Glasgow 31 10 1986Andy Goldsworthy Sycamore patch – Glasgow 31 10 1986

http://www.goldsworthy.cc.gla.ac.uk/

page artsy.net sur Andy Goldsworthy


Tadashi Kawamata - Madison square parkTadashi Kawamata

http://www.tk-onthetable.com/  –  http://www.versailles.archi.fr/pdf_actu/DPKawamata.pdf  –  http://www.cndp.fr/crdp-nice/tadashi-kawamata-question-au-baccalaureat-arts-plastiques-2/

Richard Long, Un cercle en Bretagne, 1986Richard Long Un cercle en Bretagne, 1986

http://www.richardlong.org/

Observatorium de Robert MorrisRobert Morris Observatorium

https://www.wikiwand.com/fr/Robert_Morris

David NashDavid Nash, Three Sun Vessels for Huesca, 2005

http://www.artnet.fr/artistes/david-nash/

A photo taken on June 6, 2013 shows "Elevazione" (Elevation), a sculpture by Italian artist Giuseppe Penone, on display in the gardens of Versailles. The exhibition will run from June 11 to October 31, 2013. AFP PHOTO / CLAIRE LEBERTRE

Giuseppe Penone – Versailles 2013 – Photo C. Lebertre

http://coordination-defense-de-versailles.info/2013-GiuPen.html  –  http://www.cnap.fr/giuseppe-penone  – http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-penone/penone.html  –

Nils Udo - The Nest 1978Nils Udo, The nest, 1978

http://www.claire-gastaud.com/artist/NILS-UDO   –   http://www.ac-nice.fr/college-hugo/1024/HIDA/documents/AP/3e2nils%20udo%20nid.pdf

Art et nature - Rocky Mountain Whirlpool de Chris Drury, 2016 sept

Sentier art et nature – Rocky Mountain Whirlpool de Chris Drury, 2016 sept

2 SITES A VISITER

 

http://www.landarts.fr/

https://www.facebook.com/Sentier-Art-et-Nature-138847922801442/timeline/

 

Notre lit, c’est la verdure.
Les solives de nos maisons sont des cèdres,
Nos lambris sont des cyprès.
Je suis un narcisse de Saron,
Un lis des vallées.
Comme un lis au milieu des épines,
Telle est mon amie parmi les jeunes filles.
Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,
Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.
[…]

Extrait du Cantique des cantiques

Aujourd’hui – Printemps 2016 … à la une

25ème Festival International des Jardins à Chaumont sur Loire sur le thème  Jardins du siècle à venir du 21 avril au 02 novembre 2016

Chaumont-sur-Loire 2016

Les jardins de cette 25ème édition du Festival sauront nous surprendre et nous conter, avec l’imagination et la fantaisie créatrices, de rigueur à Chaumont-sur-Loire, cette extraordinaire odyssée végétale du XXIème siècle. Ce seront donc des jardins ouverts sur les grandes questions de notre temps qui marqueront la 25ème édition du Festival International des Jardins. Comme le changement climatique, la montée des eaux, les « jardins flottants », le lien entre habitat et jardin…, une fois encore les jardins de Chaumont-surLoire sauront vous séduire par les inventions et les propositions d’une nouvelle génération de paysagistes. […] Permaculture, transgénèse, biocontrôle, aquaponie, hydroponie, chimie verte, phyto remédiation, fermes verticales, potagers synergiques… constituent autant de facettes de cette incroyable aventure du vivant, où expériences, prospections et découvertes allient à la fois traditions, écologie, progrès technologiques, sans nier pour autant la dimension humaniste et l’imagination poétique.

CHAUMONT 2016 1Chaumont-sur-Loire 2016 2http://www.domaine-chaumont.fr/festival_festival-visite?scat=3b&expandable=0#

Nouveau Rendez-vous aux jardins les 3, 4 et 5 juin 2016

RDV aux jardins 2016L’Association des parcs et jardins de Bretagne vous propose la liste et la carte des 128 parcs ou jardins ouverts à cette occasion, parfois pour la première fois. Venez découvrir ou redécouvrir l’aboutissement de plusieurs  années, décennies, voire des  siècles de jardinage : des  parcs et jardins exceptionnels par leur taille, leurs richesses botanique, historique, esthétique, architecturale, patrimoniale ou culturelle. Trois jours pour rencontrer ceux qui créent ou entretiennent les jardins avec passion.

http://www.apjb.org/fr/rvjeb.html


Parmi ces jardins, celui du ‘Versailles breton’, le Domaine de Kerguéhennec

Domaine de Kerguéhennec © photo CuissetLe parc paysager du Domaine de Kerguéhennec, près de Bignan dans le Morbihan (http://www.kerguehennec.fr/), a été dessiné au XIXe s. par Denis Bühler, le paysagiste des jardins du Thabor à Rennes et du parc de la Tête d’or à Lyon. Il abrite notamment un arboretum composé d’essences rares provenant de différents pays et un potager dont la restauration a été confiée en 2014 au collectif Les jardiniers nomades, qui sont aussi cette année lauréat AJAP.

http://www.lesjardiniersnomades.com/#!les-cles-du-potager/c50m


Les lauréats de l’AJAP 2016, catégorie paysagistes !!

http://ajap.citechaillot.fr/fr/actualites/les-laureats-2016

  •  Rozenn DULEY de l’agence A-MAR

A-mar-Hortillonnages04http://www.a-mar-paysage.fr/

  • Aurélien ALBERT et Mélanie GASTÉ de l’atelier GAMA

http://www.atelier-gama.com/

  • Stanislas BAH-CHUZEVILLE, Richard MARIOTTE, Arnaud MERMET-GERLAT et Michaël de JOUSSINEAU de TOURDONNET de l’agence LES JARDINIERS NOMADES

Jardiniers nomades - Révélé par le blanchttp://www.lesjardiniersnomades.com/#!tous-les-projets/cy0c

  • Lætitia LASANTÉ de l’agence OMNIBUS

Omnibus - Metz-nuitsblanches 2011http://www.omnibus-paysage.fr/

  • Mathieu GONTIER et Estelle OLLIVIER de l’agence WAGON LANDSCAPING

https://sites.google.com/site/wagonlandscaping2/


Des projets pour Saint Brieuc

Dans le cadre de l’appel à projets European 13, 3 projets ont été retenus pour St Brieuc : Boulevard de la mer, Landscape Focus et Versants versatiles (http://www.europan-europe.eu/fr/session/europan-13/site/saint-brieuc)

Boulevard de la mer

St B - Bld de la mer St B - Bld de la mer2

13_STB_bt029_boulevard_de_la_mer_P1

13_STB_bt029_boulevard_de_la_mer_P2

13_STB_bt029_boulevard_de_la_mer_P3

 

Landscape Focus

St B - Landscape focus 1St B - Landscape focus 2St B - Landscape focus 3

13_STB_fi458_landscape_focus_P1

13_STB_fi458_landscape_focus_P2

13_STB_fi458_landscape_focus_P3

Versants versatiles

http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/13_STB_av227_versants_versatiles_P1.pdf

http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/13_STB_av227_versants_versatiles_P2.pdf

http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/13_STB_av227_versants_versatiles_P3.pdf



L’agriculture urbaine française a le vent en poupe

  • Romainville aura sa tour maraîchère en 2018 : en 2015, un concours de maîtrise d’œuvre sur esquisse a été remporté par l’équipe formée par les agences d’architectures Ilimelgo et Secousses, accompagnées par les bureaux d’études Scoping et Etamine, l’agronome Terr’eau Ciel et le paysagiste Land’Act. Ce projet supporté par l’OPH, la mairie et le territoire Est Ensemble coûtera 4,6 M€. Le chantier devrait débuter au printemps 2017 :  la surface totale de 3 800 m² se répartira sur deux ailes (la plus haute atteindra 24 m) et associera plus de 1 000 m² de surfaces de production en bacs de culture à des espaces pédagogiques et à un point de vente.

Romainville - Tour maraichère

http://www.lemoniteur.fr/article/agriculture-urbaine-romainville-aura-sa-tour-maraichere-en-2018-31404404#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=architecture

  • A Rouen, la métropole choisira durant le printemps le lauréat de son appel à projets pour la ferme permacole qui doit compléter le projet de reconversion de l’ancien champ de courses des Bruyères en espace vert du Champ Libre.

http://www.lemoniteur.fr/article/rouen-le-champ-libre-succedera-au-champ-de-course-31338819#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=architecture

  • Bouquet d’innovations à la Cité universitaire

    L’agriculture urbaine stimule l’innovation végétale. Les deux jours consacrés à ce thème, les 20 et 21 janvier à la cité universitaire internationale de Paris et à l’initiative du réseau technique de l’horticulture Astredhor, ont donné la mesure du foisonnement en cours.

    Grâce à l’adaptation du spectre aux exigences de la photosynthèse qui privilégie le bleu et le rouge, le led illustre une approche high-tech de l’agriculture urbaine : les horticulteurs et pépiniéristes peuvent façonner l’architecture des plantes sans produits chimiques, améliorer la floraison, allonger la fructification, stimuler la production d’huiles essentielles des aromatiques. « Les investisseurs intéressés par ces productions proviennent de l’agrobusiness », indique Oscar Stapel, directeur d’Astredhor Loire-Bretagne.

    A l’opposé de ce modèle en cours de développement de Detroit à Tokyo, les franciliens de Topager, adeptes du low tech, multiplient les potagers sur les toitures avec des sols enrichis par des déchets urbains – bois d’élagage ou marc de café – puis inséminés par des vers de terre. Le projet « Ecoville » de l’Agence nationale de la recherche, qui associe cette jeune entreprise à l’Agence parisienne d’urbanisme, à plusieurs laboratoires universitaires parisiens et à Plante & Cité, vise à analyser le potentiel d’une économie agricole adaptée à ces pratiques.

    © LeMoniteur.fr, l’actualité en continu et les services de la construction du 22/01/16.

 

 

Trouvailles du jour …

Trouvailles du jour …

Arbez Sylvain - Le poulpeSylvain ARBEZ – Le poulpe

http://galerie.sylvainarbez.com/?id=1&album=LandArt


Arnal François - Corse Avril 2007François ARNAL

https://www.flickr.com/photos/jardindemarandon/3903625741/in/photostream/


Brazs JP - Pornichet BienvenueJean-Pierre BRAZS – Pornichet Bienvenues

http://www.jpbrazs.com/ – http://www.jpbrazs.com/__download/BRAZS/BIO/JPBRAZS%20dossier_ip_dec2014.pdf


Clareboudt Jean - Terrasse Westpark MuenchenJean CLAREBOUDT (1944-1997) Terrasse – Westpark Muenchen

Clemeur Mehdi - Land art 3 oro.cyanotypeMedhi CLEMEUR – Land art 3 oro.cyanotype
Jean Daviot - Mémoire, Calvignac, 2008Jean DAVIOT – Mémoire, Calvignac, 2008

http://www.daviot.net/oeuvres/


 Patrick Demazeau - sentier sculpturel HasparrenPatrick DEMAZEAU dit MADE – sentier sculpturel à Hasparren

http://www.landarts.fr/art-environnemental/made/


Meusnier Edith - Equivoque - Ploumagoar, septembre-octobre 2015Édith MEUSNIER – Equivoque – Ploumagoar, sept-oct 2015

http://www.edithmeusnier.net/


Morzuck Franck - VoirFrank MORZUCH

http://www.frankmorzuch.com/  http://www.youtube.com/watch?v=JqYbowlNcuc

Monsieur Plant © 2016 • Broken Wall • Experiences Art Fair • ParisMonsieur Plant © 2016 • Broken Wall • Experiences Art Fair • Paris

http://www.monsieurplant.com/

Pouyet Marc - Rebrousse poil végétal 2014Marc POUYET

http://www.marc-pouyet.net/


Benoit Tremsal - Surfaces basculées, 2007Benoît TREMSAL – Surfaces basculées, Osnabruck, 2007

https://fr-fr.facebook.com/media/set/?set=a.136351479734236.12337.136342603068457&type=3


Vérame Jean, Tafraout, 1984Jean VERAME – Tafraout, 1984

http://www.jeanverame.com/

Jacques Villeglé - Yes - Lieux mouvants 2015 - Photo P. Le Coz

Jacques VILLEGLE – Yes – Lieux-mouvants-2015 – Photo-P.-Le-Coz

Yuhsin U Chang

YUHSIN U CHANG


 

Aujourd’hui – Janvier 2016 … à la une

Checklist du jardin : pour un hiver tranquille

Ooreka

Jardin en hiver © Costel Slincu

http://jardinage.comprendrechoisir.com/tips/voir/290485/checklist-du-jardin-pour-un-hiver-tranquille


Que planter en janvier ?

Ooreka

Bouleau écorce

http://jardinage.comprendrechoisir.com/tips/voir/435141/que-planter-en-janvier


La nature déboussolée par un hiver si doux

Le Monde.fr | • Mis à jour le
Cerisiers en fleurs à Berlin le 22 décembre 2015 - Hannibal Hanschke
Cerisiers en fleurs à Berlin le 22 déc. 2015 – Hannibal Hanschke

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2015/12/30/la-nature-deboussolee-par-un-hiver-tres-doux_4839801_1652692.html#2qGu783XHlKr8CSw.99


En Italie, la lutte contre la bactérie tueuse d’oliviers se poursuit

Oliveraie des 4d
Xylella fastidiosa est le nom de cette bactérie tueuse d’olivier.

Belle-Isle-en-Terre : des épicéas dévorés par un insecte glouton

Ouest-France –  Modifié le | Publié le

Belle-Isle - Ouest-France

Les épicéas de la forêt ont été attaqués par un insecte dévastateur, un scolyte, l’hylésine géante de l’épicéa ou dendroctone ; l’ONF a pris la décision d’abattre les arbres contaminés.

http://www.ouest-france.fr/bretagne/belle-isle-en-terre-22810/belle-isle-en-terre-des-epiceas-devores-par-un-insecte-glouton-3954491?utm_source=of_share&utm_medium=email&utm_campaign=envoiemailami&utm_content=20160107&vidshare=063034117099100006058046058046036038057107053038

Pour plus d’information sur ce ravageur et les insectes xylophages en général : http://aramel.free.fr/INSECTES38.shtml


Projet de loi biodiversité : adoption prévue avant l’été

LE MONITEUR.FR –

Logo-Biodiversité

http://www.lemoniteur.fr/article/projet-de-loi-biodiversite-adoption-prevue-avant-l-ete-30646637#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=techniqueetcd


Contre le gaspillage alimentaire, la révolution antigaspi des Gueules cassées est en marche

Les gueules cassées

Pour en savoir plus en 2 minutes chrono … : http://shamengo.streameo.tv/video.php?id_prod=490

… et pour trouver la liste des points de vente : http://blog.lesgueulescassees.org/ou-trouver/


Quel est le coût des pollutions agricoles ? Algues vertes etc…

Le Monde.fr | • Mis à jour le |

Nitrates dans les eaux souterraines

L’île de Nantes se cherche une nouvelle maîtrise d’œuvre

LE MONITEUR.FR –

L’île de Nantes © Samoa

http://www.lemoniteur.fr/article/l-ile-de-nantes-se-cherche-une-nouvelle-maitrise-d-uvre-30665052#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=architecture


A Dunkerque, un jardin met de l’eau dans le renouvellement urbain

LE MONITEUR.FR – – Mis à jour le 08/01/16

Dunkerque Jardin d'eaux

http://www.lemoniteur.fr/article/a-dunkerque-un-jardin-met-de-l-eau-dans-le-renouvellement-urbain-30924792#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=architecture


Des gratte-ciels en bambou sous les Tropiques

LE MONITEUR.FR – – Mis à jour le 07/01/16

Bambou gratte ciel

http://www.lemoniteur.fr/article/des-gratte-ciels-en-bambou-sous-les-tropiques-30741637#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=techniqueetcd


L’arbre de l’année 2015 : le cèdre bleu pleureur de la Vallée aux loups

Cèdre bleu pleureur - Vallée aux loups

http://www.arbredelannee.com/view_laureat?uid=d0c7f94ca0061dd9e063820fbd1b0fef


Ce n’est pas d’hier que les hommes cultivent les fruits de la vigne

Vigne - Heures de Chappes, Jean & Jacquelin de Montlucon

Pour les curieux d’histoire et les amoureux du vin, un site de l’INRAP consacré à l’Archéologie du vin : http://archeologie-vin.inrap.fr/Archeologie-du-vin/p-13093-


Cahiers de bouquets de fleurs de N. Bruchon (illustrateur), Jean-Baptiste Lucien (graveur), Jacques-François Chéreau  (imprimeur) , vers 1775-1794

Cahier de bouquets de fleursPour les artistes et les amoureux des fleurs : http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/14798-cahiers-de-bouquets-de-fleurs/ où l’ouvrage est consultable et téléchargeable.


… Le Parc Oriental de Maulévrier – Les jardins japonais

La commune de Maulévrier, dans le Maine-et-Loire en région Pays de la Loire, abrite le plus grand jardin japonais d’Europe dans l’ancien parc du château des Colbert. Le château Colbert, construit à partir de 1680, a été racheté fin XIXe siècle par M. Bergère qui confia alors à l’architecte Alexandre Marcel la restauration intérieure et l’aménagement d’un parc. Marcel y crée, entre 1899 et 1913, un Paysage japonais, entretenu par le jardinier en chef, Alphonse Duveau, et plus de 10 jardiniers. De 1945 à 1980, le parc est progressivement abandonné avant d’être racheté en 1980 par la commune, classé au titre des sites et peu à peu restauré par une association – Loi 1901.

Maulévrier photo ancienne 1901Maulévrier photo ancienne (1)

Maulévrier – Photos anciennes (début XXe s.)

2015-08 Maulévrier - Bâtiment2015-08-19 Maulévrier (12)2015-08-19 Maulévrier (12)Maulévrier, 2015, A.M.Pan

En 1987, des professeurs des universités horticoles de Tokyo et de Niigata reconnurent les 12 hectares du site classé comme fidèles aux principes des jardins japonais de la période Edo (XVIe- XIXe s.) dont l’eau est l’élément principal (ici 3/10ème de la surface paysagée). Celle-ci doit couler d’est en ouest (cas de la rivière la Moine) comme la course du soleil qu’elle symbolise , elle représente aussi la vie humaine. Deux îles du paradis sont situées sur la pièce d’eau,  île de la grue et île de la tortue, elles sont liées au Mont Sumeru, source du qi,  l’énergie terrestre en circulation. L’ensemble eau/îles-montagnes reforme le couple yin/yang constituant un univers complet.

La végétation du parc est riche d’environ 400 espèces, le jardin est intéressant en toutes saisons, chacune étant aussi en lien, dans l’univers japonais, avec un âge de la vie.

2015-08-19 MaulévrierMaulévrier, 2015, A.M.Pan


La pagode, le pont rouge, les îles et la rivière La Moine

Mix PagodeMaulévrier, 2015, A.M.Pan

Le jardin de la pagode est planté de mousses, de fougères, de bambous et d’arbustes aux floraisons printanières, azalées, rhododendrons, magnolias, cerisiers et cognassiers du Japon.

2015-08 Maulévrier - Pagode, Pont rouge & La MoineMaulévrier, 2015, A.M.Pan

Le pont rouge est typiquement japonais, il est peint – comme le torii (portail qui permet le passage entre le monde terrestre et le monde divin) de l’île de la grue – de cette couleur sacrée au Japon, il donne accès aux îles, symboles du Paradis taoïste, qui pour ne pas déranger les esprits sont interdites au public, … sauf l’Empereur et les jardiniers. La Moine s’écoule, tantôt rivière, cascades, pièce d’eau calme, bordée de grands arbres au port naturel et de nombreux topiaires.


Le temple Khmer

Reproduction d’un des temples d’Angkor Vat, ce temple faisait partie du pavillon du Cambodge aménagé par Alexandre Marcel, lors de l’exposition universelle de 1900. Un des accès au temple est l’escalier aux lions, ces couples de lions gardiens protègent traditionnellement palais et temples en Chine. Deux statues hindoues, du dieu Vishnu et de sa femme, la déesse Lackmi, encadrent l’entrée du temple. Les apsaras (nymphes célestes hindoues) et les génies du monde souterrain, sculptés sur le fronton, protègent le temple. A l’intérieur, un Bouddha assis dans la position du Lotus sur les anneaux du Naja (serpent mythique et protecteur) reçoit la vénération des cambodgiens de la région, pour qui ce temple est aujourd’hui un lieu de culte.

2015-08 Maulévrier - Temple khmerMaulévrier, 2015, A.M.Pan


La colline des méditations

La colline des méditations se doit d’être proche de rochers – symboles d’éternité -, d’une cascade – qu’on devine à son chant -, sous le couvert de conifères odorants évoquant la longévité mêlés aux arbres caduques dont le feuillage léger bruisse comme un murmure et abrite des oiseaux mélodieux.

2015-08-19 Maulévrier (14)Maulévrier, 2015, A.M.Pan


La corne d’or

Cet élément, symbolisant le Naja qui protégea Boudha, est recouvert de losanges de verre doré (il vient directement de Thaïlande et a été installée en 1992).

2015-08 Maulévrier - Mix Corne d'orMaulévrier, 2015, A.M.Pan


Les topiaires

L’art topiaire (du latin ars topiaria qui se traduit par art du paysage) consiste à tailler, voire sculpter, arbres et arbustes pour former des haies et surtout des sujets  variés. Cet art ancien, déjà pratiqué dans l’antiquité romaine, se pratique sur des végétaux, conifères ou feuillus, de port compact, à petites feuilles, de préférence persistantes (en Europe, ce sont traditionnellement des ifs et surtout  des buis).

Mix boule
Formes simples et universelles : boules, plateaux.
Mix accent

Théâtralisation de formes naturelles retravailllées et accentuées.

Mix jap

Taille en transparence et taille en nuage typiquement japonaise. Maulévrier, 2015, A.M.Pan

2015-08-19-Maulévrier-TopiairesMaulévrier, 2015, A.M.Pan

2015-08-19 Maulévrier TT (2)La présence animale (poissons, oiseaux, etc.) est vivement appréciée, voire indispensable, dans les jardins japonais – Maulévrier, 2015, A.M.Pan


L’art japonais des jardins

 

Comme il n’y a pas un jardin occidental, mais des jardins (médiévaux, italiens, à la française, à l’anglaise, de campagne ou de ville, etc.), les jardins japonais sont avant tout multiples, différents dans le temps, l’espace et la fonction. Plusieurs styles se sont succédé, apparaissant tous sur l’île de Honshū, l’île centrale du Japon, avant de se diffuser dans le reste de l’Empire.

Un peu d’histoire

Dans l’archipel nippon, les forces de la nature, qui s’expriment avec violence – séismes, tsunamis et typhons en témoignent -, sont déifiées par le shintô, religion animiste toujours pratiquée aujourd’hui, et dès l’antiquité, des aménagements sont faits autour des kamis (éléments de la nature divinisés) et des sanctuaires shintoïstes. Le shime nawa est la corde en paille de riz entourant l’espace ou l’objet sacré et les premiers jardins, au caractère sacré, sont des shima. A la nature sauvage se juxtapose une nature domestiquée par l’agriculture, toutes deux inspirent les jardiniers japonais qui les mêlent harmonieusement dans les premiers jardins d’agrément qui apparaissent auprès des palais durant les périodes Asuka (552-710) et Nara (710-794). Nettement influencés par l’art chinois des jardins et les préceptes boudhistes et taoïstes, ces jardins  sont aménagés pour reproduire en les réduisant différents paysages, où ‘eau et roches’ représentent ‘océans et montagnes’ qui sont l’univers : le mot paysage (san sui) est la juxtaposition de deux idéogrammes, san = montagne et sui = eau. La création d’étangs à un ou plusieurs îlots se systématise dans les jardins des périodes Azuka et Nara. L’art du jardin se dit alors en japonais ‘art de dresser les pierres’.

Les créations de l’époque Heian (794-1185), les jardins de style shinden (shinden zukuri teien) s’émancipent de l’influence chinoise et se teintent d’un caractère insulaire personnel, ces jardins sont aussi ceux qui marquent le plus les saisons et le ‘temps qui passe’. Ils sont construits sur un plan étang-île ou jardin-rivière (yarimizu) : créé de part et d’autre d’un cours d’eau – orienté est/ouest et navigable pour la promenade -, agrémenté d’une ile des immortels accessible par un pont, intégrant plusieurs enrochements et se terminant dans une mare. Une cour de sable s’impose entre le bâtiment principal et ce jardin-rivière.

A partir du XIIe s., avec la diffusion du bouddhisme zen, les jardins évoluent d’un simple  mimétisme de la nature vers une symbolisation de celle-ci, les plantes à fleurs sont délaissées pour les plantes persistantes, les premiers véritables jardins secs (karesansui) apparaissent, ces jardins sont faits avant tout pour une contemplation immobile  et la méditation. Cette évolution est plus appuyé encore dans les jardins de temples et monastères qui n’ont conservé du  modèle shinden que la cour de sable et évolué vers une abstraction et une épure de plus en plus marquées, les demeures aristocratiques ayant quant à elles adopté la représentativité concrète du jardin-paysage.

Le XVIe s. voit l’apparition des jardins de thé (chaniwa) : lanternes de pierre (ishidôrô), bassin creusé dans une pierre (tsukubai), pierres de passage (tobiishi) disposées le long d’un chemin de rosée (roji) symbolisent un sentier de montagne conduisant à un ermitage – maison de thé.

Au cours de l’époque apaisée et prospère d’Edo (1600-1868),  d’immenses jardins de promenade (kaiyûshiki teien), fastueux jardins de plaisance, agrémentent les propriétés aristocratiques, en même temps que de minuscules jardins de cour intérieure  (tsubo-niwa, naka-niwa et senzai) font le plaisir d’une nouvelle classe bourgeoise. L’ère Meiji (1868-1912) est marquée par l’ouverture du Japon à l’Occident, ce qui se traduit dans les jardins par l’adoption de grandes pelouses et d’une nouvelle palette végétale associé à un certain abandon des valeurs traditionnelles. Au XXe s.,  l’architecte-paysagiste Mirei Shigemori (1896–1975) intègre dans ses aménagements cet héritage ancien et une vision radicalement moderne.

Quelques principes

Le jardin japonais cherche à interpréter et idéaliser la nature en limitant les artifices, il refuse la symétrie au profit de l’asymétrie. Un des points forts de l’art japonais est l’attention toute particulière apportée pour que le jardin soit attractif tout au long de l’année, quelque soit la saison, s’appréciant sans temps mort. Les paysagistes (niwa shi ou maître-jardinier) cherchent également à gommer les limites spatiales, à éviter toute rupture entre le jardin et le grand paysage, grâce à une technique, le shakkei, qui donne l’impression d’un espace aux dimensions infinies, et ce bien les jardins japonais soient généralement assez petits (en comparaison avec les jardins chinois plus monumentaux). Le jardin est construit en plans visuels successifs (pas de point de fuite, au contraire des jardins à la française) : aux premier et second plans, des végétaux intéressants  sont soigneusement placés dans le jardin en lien avec l’extérieur, au troisième plan, des constructions, des arbres et arbustes dissimulent les limites réelles du jardin, cachant et révélant (miegakure) tour à tour la vue sur le paysage et au quatrième plan, des éléments extérieurs sont capturés visuellement et intégrés dans la composition du jardin. Le choix de planter de grands arbres au premier plan et des arbres plus petits à distance agrandit optiquement l’espace.

自然 shizen : la nature

風景 fuukei : scènes, vues

四季 shiki : les 4 saisons

niwa : le jardin

tsubo : la cour intérieure

潜在 senzai : caché

Les japonais distinguent quatre grands types :

  • les jardins qui représentent la nature en miniature (shizen fuukeishiki), dont le jardin de promenade – nécessairement vaste – (kaiyûshiki teien), le jardin ondulé (tsukiyama-niwa) et le jardin plat qui peut être de dimension modeste (hira-niwa),
  • les jardins secs et jardins de méditation, stricts, stylisés et épurés (karesansui), souvent dénommés en Europe jardins zen,
  • les jardins de thé (cha-niwa),
  • les jardins de cour intérieure (tsubo-niwa) ou de patio (naka-niwa), le plus souvent jardins de ville (senzai).

Ils classent ces jardins selon leur degré de naturel/formalisme en trois niveaux : naturel (), mi-formel (gyô), et formel (shin).

Tsukiyama niwa ou jardin à collines, Zukai teizohō, 1890 Hiraniwa ou jardin plat, Zukai teizohō, 1890 Chaniwa ou jardin de thé, Zukai teizohō, 1890 Clotures, Zukai teizohō, 1890 Ponts, Zukai teizohō, 1890

1 = Tsukiyama niwa ou jardin à collines, 2 = Hiraniwa ou jardin plat, 3 = Chaniwa ou jardin de thé, 4 = clôtures, 5 = ponts, gravures extraites de Zukai teizohō, 1890, présentées dans l’article d’Ursula Wieser Benedetti, publié dans Projets de paysage le 11/07/2012 : www.projetsdepaysage.fr/fr/le_jardin_japonais_en_europe

Sunsho-an, Temple Daitoku-ji, Kyoto (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale, 1799)

Le jardin du Sunshō-an, Temple Daitoku-ji, Kyōto (Récit illustré sur les jardins renommés de la capitale, 1799)

fujijardins - cha tsukubai

Chaniwa (photo provenant de l’article très documenté chaniwa de fujijardins.com ; le site intéressant comprend plusieurs pages sur l’art des jardins : http://fujijardins.com/types/types.php)

Plan du palais Sentô gosho dû à Kobori Enshū

Plan du palais Sentô gosho à Kyoto, dû à Kobori Enshū (1579-1647), extrait de l’article de Yama.uchi Tomoki sur Les jardins et  l’esthétique de Kobori Enshū , publié dans Projets de paysage, le 12/07/2012 : http://www.projetsdepaysage.fr/les_jardins_et_l_esthetique_de_kobori_ensh_u016b


Jardins japonais les plus célèbres

 

Les trois jardins-paysages les plus célèbres du Japon sont le Kairakuen à Mito (ci-dessous photo 1), le  Kenrokuen à Kanazawa (ci-dessous photo 2) et le Korakuen à Okayama (ci-dessous photo 3). Le jardin sec du temple Ryôan-ji à Kyôto (ci-dessous photo 4) est mentionné sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, il a été créé entre 1499 et 1507 (époque Muromachi) et occupe 200 m2.
Kairaku-enFountain - Kenrokuen Garden de Kanazawa (Japan)Korakuen à Okayama (Japan)Jardin sec du temple Ryōan-ji à Kyoto

Quelques jardins japonais en France

 

Contacts du Parc oriental de Maulévrier : http://www.parc-oriental.com/http://www.photos-et-panoramas.fr/sph/sphpdl/vr_oriental.html

Parc botanique de Haute-Bretagne (près de Fougères) : dessiné en 1847 sur 25 hectares, le parc comprend 24 jardins à thème dont un jardin japonais, 4 000 espèces végétales différentes.
Le jardin japonais de l’Ile de Versailles à Nantes (Loire-Atlantique) : un petit jardin autour d’une maison de thé traditionnelle, halte paisible en cœur de ville et au bord de l’Erdre.
Le jardin japonais de l’Unesco à Paris, dit le « jardin de la Paix » : œuvre de le sculpteur américano-japonais Isamu Noguchi, récemment restauré selon les volontés de son créateur.
Musée et jardins départementaux Albert Kahn (Hauts de Seine) : du jardin japonais créé par Albert Kahn en 1909 ne subsiste qu’un cèdre de l’Himalaya et un hêtre pleureur, le jardin renaît aujourd’hui, recréé fin des années 80 par le paysagiste japonais Fumiaki Takano, en s’inspirant des autochromes d’Albert Kahn. Fumiaki Takanno a réalisé deux jardins éphémères à Chaumont-sur-Loire : From sky to earth en 1997 puis Zen’ith en 2007.
Le parc de l’Amitié à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) : paisible jardin aux notes asiatiques, avec un jardin japonais (vert) et un jardin zen (sec) à proximité de la roseraie en hommage à Joséphine de Beauharnais (lien wiki).
Jardin japonais du Château de Courances (Essonne) : créé dans les années 20 par Berthe de Ganay, érables du japon, hêtres pourpres et taille en nuage …
Le jardin zen d’Erik Borja (Drôme) : depuis 1973, jardin d’accueil, jardin de méditation, jardin de thé, jardin de promenade et jardin du Dragon, et aussi jardin … méditerranéen.
 Le jardin japonais de Compans-Caffarelli à Toulouse : créé en 1981, inspiré des jardins des XIV-XVIe siècles à Kyoto, mise en scène du monde minéral,  végétal et aquatique, mur d’enceinte, ponts, lanternes, et pavillon de thé sur 7 000 m2.
Le jardin japonais de Monaco conçu par Yasuo Beppu, inauguré en 1994 : un espace vert de 7000 m2 avec une montagne, une colline, une cascade, une plage, un ruisseau, un grand bassin central, traversé par un pont de pierre. Il comporte aussi une maison de thé et un jardin sec.
Jardin japonais du Havre : jardin clos de 2 250 m2 , créé en 1993 par Yasuko Miyamae et Samuel Craquelin pour le jumelage entre les ports d’Osaka et du Havre.
Le sentier de Chiminobambusa (Nord) : jardin de ville d’esprit zen,  créé à partir de 2004.
Les jardins de Ly (Somme) : parmi d’autres espaces, un jardin d’inspiration japonaise, un jardin de topiaires, un jardin de bonzaï, une bambouseraie et un pavillon chinois.

Auprès de mon arbre

 

Les arbres remarquables

Un arbre remarquable est un arbre qui par son port, sa taille, sa situation géographique ou son âge suscite un intérêt particulier.

Chêne pédonculé Hénanbihen

Une association, A.R.B.R.E.S, se consacrent entièrement à ces arbres remarquables : http://www.arbres.org/actualite.html.

Isolé sur une grande pelouse ou intégré dans un massif, tout arbre a un impact conséquent sur l’aménagement de l’espace. Il lui faut du temps et une place adaptée à sa taille pour exprimer toutes ses qualités et devenir votre arbre remarquable. Son feuillage, sa floraison, son écorce, son port font son charme et celui du jardin et de ce fait il doit être choisi de manière très réfléchie, voici quelques idées pour bien le faire.


Quelques exemples d’arbres caducs

♥ pour petit espace ♥ pour espace moyen ♥ pour grand espace

  • Acer conspicuum ‘Red Flamingo’ (Erable à peau de serpent)

Les Acer forment un genre appartenant à la famille des Sapindacées. Parmi eux, de nombreux arbres très décoratifs, souvent de taille moyenne, pouvant donc être plantés dans de petits jardins. L’Acer conspicuum ‘Red Flamingo’ a un charme particulier : son feuillage rose panaché de vert au printemps, devient vert éclaboussé de crème en été, puis vert et orangé à l’automne et en hiver ses rameaux rouge veiné de blanc sont très attractifs.

H x L=4 x 4 m. Arbre caduc.

Acer conspicuum 'Red Flamingo'

Acer griseum (Erable à écorce de papier)

L’Acer griseum est un arbre aux intérêts multiples et changeants au fil des saisons : il cumule un feuillage très gracieux d’un vert lumineux prenant des teintes rouges orangées en automne avec un port léger et arrondi et une écorce brun cannelle s’exfoliant avec l’âge mise en valeur l’hiver sur le bois nu.

H x L=10 x 10m. Arbre caduc.

Acer griseum - Stangalar à Brest - Juillet 2014


Acer japonicum et acer palmatum (Erable japonais)

Les Acer japonicum sont de petits arbres très proches des Acer palmatum avec lesquels ils s’hybrident facilement pour offrir une multitudes de cultivars, recherchés pour les couleurs rares que prend leur feuillage au printemps et/ou en automne. Certaines variétés sont également remarquables par leurs fleurs et/ou leurs fruits, les samares. Les érables  apprécient en majorité les endroits mi-ombragés, mais certains se plaisent au soleil. Tous affectionnent les sols acides et sont caducs.

La plupart sont parfaits pour de petits jardins, mais quelque uns  peuvent atteindre plus de 10 m.

Kerdalo - Acer Bloodgood, A. AtropurpureumAcer palmatum ‘Bloodgood’ &  A. palmatum ‘Atropurpureum’ – Jardins de Kerdalo (22) – Août 2015

L’Acer japonicum ‘Aconitifolium’ au port évasé, avec des grands rameaux souples, atteint 4 m. Il jouit d’un feuillage très découpé, vert tendre au printemps, puis vert soutenu en été, qui vire en automne à l’orange, puis rouge vif-cramoisi et même brun, s’il est bien exposé au soleil. Ses inflorescences colorées sont très décoratives. Il ne craint que le calcaire.

Acer japonicum 'Aconitifolium'

L’Acer japonicum ‘Green cascad’ a reçu une « Recommandation Courson mai 2002 » pour ses qualités nombreuses : un port élancé et retombant telle une cascade, un remarquable feuillage découpé, jaune à vert tendre au printemps, vert pomme en été,  jaune-orange à rouge cramoisi en automne. Il atteint adulte une hauteur de 3 m.

Acer-japonicum-Green-cascade

L’Acer japonicum ‘Shaina’ possède un port étalé, une taille réduite (2 m × 2,5 m), il a des feuilles rosé-pourpre au printemps, qui prennent des reflets brun-violacé en été, puis virent au rouge vif en automne qui supportent bien le soleil.

Acer japonicum Shaina

L’Acer japonicum ‘Vitifolium’ atteint 5 à 7 m de haut, il possède une très large feuille vert tendre au printemps, vert foncé en été et une coloration rouge cramoisi en automne,  il se plait au soleil et résiste bien à la sécheresse .

 Acer vitifolium


  • Albizia julibrissin (Arbre de soie ou arbre à soie)

Ce petit arbre au port étalé possède de longues feuilles découpées d’un beau vert profond évoquant la fougère et une floraison remarquable, à partir de juin. Les fleurs plumeuses sont le plus souvent roses et donnent des gousses en automne. Adapté au climat océanique, il tolère aussi bien la sécheresse que les embruns et les sols salés et ne craint que les gels sévères (rustique jusqu’à -6 °C). Sa croissance est assez lente (2 m de haut à 4-5 ans).

H x L= 6 x 5 m (jusqu’à 12 x 10 m exceptionnellement). Caduc.

Albizia julibrissin


  • Catalpa bignonioides (Arbre aux haricots)

Le genre Catalpa appartient à la famille des Bignoniacées et compte une dizaine d’espèces provenant d’Amérique du Nord et d’Asie. Les Catalpa bignonioides sont des arbres à croissance rapide allant de 3 m (Catalpa bignonioides ‘Nana’) à 15 m de hauteur (Catalpa x erubescens ‘Purpurea’) selon les variétés, avec un port arrondi ou plus étalé. Leurs grandes feuilles en forme de cœur en font un arbre d’ombrage très élégant. Ils fleurissent en été en grandes grappes spectaculaires de fleurs blanches tachées de pourpre et de jaune suivies en automne de  longues gousses (20 cm et plus de long) longtemps pendantes. Le catalpa est ainsi très ornemental du printemps à l’automne.

H x L= de 3 à 15 m selon les cultivars. Caduc.

Catalpa bignonioides


Cedrela sinensis ‘Flamingo’

Sa forme érigée souvent irrégulière et ses couleurs changeantes en font un arbre magnifique. Les feuilles aux longs folioles ovales, passent du rose saumon au printemps, au jaune et vert brillant en été, puis à l’automne, se colorent de jaune orangé. Son écorce crevassée le rend intéressant en toute saison. La floraison estivale en grappes blanches n’apparait que sur les vieux sujets.

H x L = 15 x 5m. Caduc.

Cedrela sinensis


  • Cercidiphyllum japonicum (Arbre caramel)

Cet arbre originaire du Japon a des feuilles arrondies en forme de cœur, jeunes elles sont rose pourpré, puis elles prennent en été un ton vert à reflet bleuté, et deviennent jaunes, oranges et pourpres en automne. Elles ont alors un parfum de caramel ou de pain d’épice caractéristique. Les rameaux de l’année teintés de rouge et l’écorce, brun foncé, qui s’exfolie en lambeaux avec le temps sont tout aussi  décoratifs. Petites fleurs rouges sur les seuls sujets mâles, petits fruits sur les femelles uniquement. Eviter les sols trop secs ou trop calcaires.

♥ H = 8-10 m. Cercidiphyllum japonicum ‘Pendulum’ est plus petit (4-5 m), il bénéficie aussi d’un port pleureur original.

Cercidiphyllum japonicum


  • Cercis canadensis  Forest Pansy(Arbre de Judée)

C’est un petit arbre au port étalé et gracieux. Sa floraison printanière, de couleur rouge, a lieu avant l’apparition des feuilles. Le feuillage est spectaculaire : en forme de cœur, d’un rouge pourpre foncé au printemps il prend des tons contrastés de vert, d’orange  et de rose vif à l’automne.

H x L = 3/5 m x 2/3 m. Caduc. Il existe aussi un cercis pleureur et nain (2 m adulte) : Cercis canadensis ‘Ruby Falls’.

Cercis canadensis


  • Chitalpa taschkentensis

Né du croisement entre le Catalpa bignonioides et le Chilopsis linearis, ce petit arbre, à croissance rapide, peut être conduit sur tige ou former une cépée pour un port buissonnant. Les feuilles linéaires sont vert olive.  Les fleurs en trompette rose sont nombreuses dès la fin du printemps et une grande partie de l’été et il refleurit, s’il a eu assez de chaleur, de l’automne aux gelées. Le feuillage automnal se pare de pourpre.

H x L=7-8 x 3-4m. Caduc.

Chitalpa taschkentensis


  • Cladrastis theraustos (Virgilier)

Le virgilier, originaire de Californie, est un arbre très rustique, mais aux rameaux cassants. Sa floraison estivale, en longues grappes pendantes de fleurs blanches au parfum vanillé, rappelle celle des glycines auquel il est apparenté. Les fleurs sont suivies par des gousses brunes. Les feuilles, vert tendre au printemps, virent au jaune orangé en automne.

H x L = 5-8 x 5-8 m. Arbre caduc.

Cladrastis theraustos


 • Cornus controversa ‘Variegata’ (Cornouiller discuté panaché)

Un port pyramidal et des rameaux étagés dont les feuilles panachées claires et lumineuses font merveille au jardin. Une discrète floraison estivale en cymes aplaties de petites fleurs étoilées blanches précède une fructification de petites baies bleu-noir et une belle coloration automnale.

H x L = 7 x 5 m. Caduc.

Cornus controversa variegata - JdP Nantes 2015


Cornus controversa ‘Pagoda’ (Cornouiller discuté ‘pagode’)

Un port particulièrement étagé caractérise ce grand cornouiller, par ailleurs très florifère.

H x L = 10 x 10m. Caduc.

Cornus controversa ‘Pagoda’ - Le Grand Launay 2015


 • Cornus florida ‘Eddie’s White Wonder’

Une floraison généreuse de fleurs blanc pur en mai-juin est suivie de petits fruits rouges. Le feuillage automnal est remarquable par la vivacité de ses rouges flamboyants.

H x L = 6 x 5m. Caduc.

Cornus florida ‘Eddie’s White Wonder’


Davidia involucrata (Arbre aux mouchoirs)

Arbre de la famille des Nyssacées, il possède naturellement une cime arrondie, mais peut aussi être conduit en cépée. Ses grandes feuilles en forme de cœur à revers clair pouvant faire penser à celles d’un tilleul et une curieuse floraison comparée à des mouchoirs blancs au mois de mai  suivie par des fruits violets en forme de petites poires en font un arbre remarqué.

H = 8/15 m. Arbre caduc.

Davidia involucrata


  • Ginkgo biloba (arbre aux 40 écus)

Dernier représentant de l’archaïque famille des Ginkgoacées (190 millions d’années),  ce grand arbre (sauf ‘Mariken’) est décoratif par ses feuilles d’une forme lobée en éventail très originale et les superbes teintes dorées de son feuillage automnal. Très facile à cultiver, le ginkgo présente une résistance exceptionnelle au temps, aux parasites et à la pollution. Il existe des sujets mâles et d’autres femelles dont les ‘fruits’ – à l’odeur forte – peuvent être gênants, c’est pourquoi les cultivars commercialisés sont généralement mâles : ‘Autumn Gold’ est doré dès août, ‘Latifolia’ a des feuilles plus larges, ‘Mariken’ est une version très naine tout à fait adaptée à de très petits jardins, ‘Pendula’ a un port retombant.

H x L = 15 x 10m ( ‘Mariken’ = 2.5 x 2.5 m). Caduc.

Ginkgo biloba


  • Gleditsia triacanthos (févier d’Amérique)

C’est un arbre étalé au port léger, rustique et facile, au feuillage composé élégant. Son appartenance aux Fabacées  (ex Légumineuses) explique qu’il produise de grandes et grosses  gousses acajou sombre, très décoratives à la pulpe sucrée. Il porte aussi le plus souvent de longues épines comme ‘Elegantissima’, qui est le plus petit et compact et ‘Emerald Cascade’ qui a un port pleureur, mais ‘Rubylace’, ‘Sunburst’ et ‘Skyline’ aux  feuillages colorés (respectivement rouge puis vert, jaune puis vert clair, vert puis doré), n’ont pas d’épines (… mais pas de gousses , non plus); ‘Shademaster’ possède un beau feuillage sombre,  peu d’épines et peu de gousses.

H x L=5-10 x 4-8 m. Caduc.

Gleditsia triacanthos Sunburst


  • Halesia carolina et monticola

Le genre Halesia appartient à la famille des Styracacées, il compte 5 espèces originaires du sud-est de l’Amérique du Nord qui apprécient toutes une atmosphère humide et ombragée. Sur Halesia carolina, des grappes de fleurs blanches en clochettes éclosent en mai avant les feuilles. Le feuillage vert foncé en été prend en automne des couleurs jaunes. L’écorce squameuse brun pâle se détache par plaques et rend l’arbre attractif même en hiver.

H x L = 8 x 10 m.  Caduc.


Halesia carolina et monticola


  • Heptacodium miconioides

De la famille des Caprifoliacées, ce petit arbre  chinois a une longue et élégante floraison parfumée, avec de nombreuses fleurs étoilées blanches puis roses, et enfin rouges de la fin de l’été aux gelées. Son écorce remarquable, lisse d’un brun orangé, s’exfoliant, le rend aussi intéressant en hiver. Il pousse partout (sauf en terre trop calcaire),  supporte le vent, le soleil comme l’ombre douce.

H x L = 4 x 4 m. Caduc.

Heptacodium miconioides


  • Jacaranda mimosifolia (Flamboyant bleu)

Le genre Jacaranda appartient à la famille des Bignoniacées et comprend environ 50 espèces originaires d’Amérique du Sud. Les feuilles composées ont l’aspect d’une fronde de fougère. De mai à juillet, l’arbre se couvre de panicules de fleurs mauves (il existe aussi une variété à fleurs blanches), suivies de fruits en cosse plate beige. La rusticité, de l’ordre de -5 à -7 °C, l’autorise dans la plupart des jardins bretons et du littoral océanique … s’ils sont assez grands pour accueillir cet arbre d’envergure.

H x L= 15-20 x 12 m. Caduc.

Jacaranda mimosifolia


  • Kalopanax septemlobus maximowiczii

Grand arbre d’origine asiatique, de la famille des Araliacées (comme les lierres et l’aralia – ou Fatsia japonica – ) de croissance lente, il a un port colonnaire s’élargissant ensuite, intéressant par ses grandes feuilles lobées (entre celles de l’érable et du maronnier) qui prennent une belle couleur automnale dorée, une floraison de fin d’été en panicules d’un beau crème, suivie de baies bleutées présentes jusqu’en décembre. Présence d’épines (si elles sont gênantes, préférer la variété magnificus qui n’en a pas ou peu). Les jeunes feuilles sont comestibles après cuisson. Assez rare en Europe, c’est pourtant une plante très rustique et peu exigeante.

H = 15-30 m. Caduc.

Kalopanax septemlobus maximowiczii mix


  • Koelreuteria paniculata (savonnier)

Petit arbre d’origine asiatique, de la famille des Sapindacées (famille des plantes à saponine ou ‘savon’), son port est largement étalé, avec des branches tortueuses, l’écorce brune à fines fissures orangées est décorative,  l’élégant feuillage est composé, la floraison estivale en panicules jaune vif est suivie d’une fructification intéressante de capsules en forme de vessies ou lampions verts, puis roux et cuivrés.  Le feuillage automnal est plein de nuances de doré à roux. Très rustique, de croissance lente, il demande peu d’entretien.

H = 6-10 m. Caduc.

Koelreuteria paniculata mix


  • Liquidambar styraciflua (copalme d’Amérique)

Cet arbre de la famille des Hamamélidacées possède un port élancé s’arrondissant avec l’âge, s’il atteint 45 m de haut dans son habitat naturel, il dépasse rarement les 20 m en culture et il existe des cultivars de dimensions réduites adaptés à de petits jardins. Les feuilles d’un vert brillant, finement dentées, présentent 5 ou 7 lobes et ressemblent à celles des érables,  mais leur disposition est alterne (l’érable a des feuilles opposées), elles dégagent une odeur de térébenthine et prennent en automne des couleurs flamboyantes. Très rustique, il ne demande que peu d’entretien.

H x L= de 4 à 20 m selon les cultivars. Caduc. ‘Albomarginata’ ne dépasse pas 8 m et a des feuilles vert gris marginées de crème devenant rouge rosé à l’automne, ‘Golden Sun’ (4 par 2 m à 10 ans) a un feuillage jaune au printemps, vert en été et pourpre à jaune en automne, ‘Rotundiloba’ (4 par 2 m à 10 ans) a des feuilles à lobes arrondis, vert foncé vernissé, puis orangé à bordeaux en automne, ‘Slender Silhouette’ a un port colonnaire de 10 m de haut pour 1 à 2 m de diamètre, ‘Stella’ a des feuilles étoilées, ‘Thea’ devient pourpre violacé à l’automne ; Liquidambar orientalis, originaire de Turquie, est un arbre de plus petite taille, tout aussi coloré à l’automne.

Liquidambar styraciflua

Liquidambar styraciflua Albomarginata, Rotondiloba, StellaLiquidambar styraciflua Albomarginata, Rotondiloba, Stella.


  • Liriodendron tulipifera (Tulipier de Virginie)

 Grand arbre majestueux, à croissance rapide, de la famille des Magnoliacées, le tulipier de Virginie est originaire de l’est des États-Unis. Le long tronc droit porte une couronne étroite s’étalant avec l’âge. Les feuilles d’un vert clair aux lobes caractéristiques et les grosses fleurs en coupe jaune et parfumée sont également originaux. En automne, le feuillage prend une magnifique teinte dorée.

H x L = 25 x 15 m.  A réserver aux espaces assez grands, sauf à choisir certains cultivars de dimensions réduites ( ‘Fastigiatum’, syn. ‘Arnold’ au port colonnaire et ‘Aureomarginatum’ aux feuilles marginées d’or pour jardins de taille moyenne et ‘Edward Gursztyn’ variété naine ne dépassant pas 2 m à 10 ans). Caduc.

Liriodendron tulipifera - Nantes JdP 2015


  • Metasequoia glyptostroboïdes ‘Gold Rush’ (Cyprès chinois des marais)

Ce Metasequoia est un grand arbre qui présente un feuillage très fin d’un jaune doré lumineux prenant de très belles colorations automnales et un port conique et étroit qui en font un arbre de choix.

H x L = 15 x 5m. Arbre caduc.

Metasequoia glyptostroboides Gold Rush


  • Paulownia tomentosa (Arbre impérial)

Le genre Paulownia appartient à la famille des Scrophulariacées et comprend 17 espèces d’arbres caducs originaires du sud et de l’est de l’Asie. Cet arbre, de croissance rapide, a une large cime arrondie et de grandes feuilles en forme de cœur virant au jaune à l’automne. Les branches sombres et tortueuses s’ornent dès l’automne des boutons floraux présents tout l’hiver mais craignant le gel (ce qui en fait un arbre à installer dans un espace suffisamment abrité). La floraison précède, fin avril-début mai, la feuillaison ; les fleurs, rappelant celles des digitales, violet clair et parfumées, forment des grappes dressées de 25 cm. Les fruits, de grosses capsules de couleur beige, persistent tout l’hiver.

H x L = 10-15 x 10-15m. Arbre caduc.

Paulownia tomentosa


  • Sophora japonica

De la famille des Fabacées, le Sophora est originaire de Chine, c’est un grand arbre au port arrondi et irrégulier, qui s’élargit en vieillissant, sa croissance est assez rapide. Son feuillage composé léger rappelle celui du robinier faux-acacia, mais il est sans épines, sa floraison en panicule crème de fleurs odorantes est suivie par une fructification en chapelet de gousses. Exige le plein soleil, il ne fleurit que s’il a eu assez chaud ; il supporte le calcaire, mais pas les sols acides.

H x L = 20-25 x 10 m. Sophora japonica ‘Dot’ est un cultivar nain (3 x 3 m) au feuillage crispé et ramure tortueuse originaux ;  Sophora japonica ‘Pendula’ a un élégant port pleureur et une taille modeste (7 x 4 m). Caduc.

Sophora japonica


  • Tetradium daniellii (arbre à miel)

Ce petit arbre de la famille des Rutacées (comme les agrumes), est originaire des montagnes chinoises où son usage médicinal est réputé, très rustique, à croissance rapide (mais vie assez courte). Un feuillage aromatique vernissé à revers velouté, une floraison odorante et mellifère en panicules crème et des petits fruits rouges décoratifs en font un bel arbre d’ombrage …

H x L=12 x 4 m. Caduc.

Tetradium daniellii(21/09/2013, Kew Gardens, London © Davis Landscape Architecture, London, UK – http://www.davisla.com)


En choix supplémentaire, 4 formes d’arbres sont possibles (pour les espèces qui supportent la taille) :

Les baliveaux et cépées, branchus depuis la base, n’ont jamais subi de taille et présentent la forme naturelle de l’arbre.
Les demi-tiges et tiges,  ont subi des tailles de formation qui ont supprimé les branches basses, leur forme est à entretenir durant les premières années de végétation de l’arbre.
Les plateaux correspondent à des tiges de minimum 2 m de haut, dont le houppier a supporté une taille supplémentaire permettant de le réduire.
Les rideaux sont obtenus à partir d’une taille de formation donnant des écrans étroits, très utiles en cas de manque de place.

Le Roman de la rose

Rosier : Arbrisseau sauvage ou cultivé, dont les tiges sarmenteuses et épineuses portent des feuilles dentées et des fleurs estivales odorantes, les roses, colorées de diverses nuances du blanc pur au pourpre foncé, ainsi  que de tous les jaunes. L‘espèce type de Rosa cinnamomea porte une fleur à calice ovale ou arrondi, corolle de cinq pétales roses, avec de nombreuses étamines ; les variétés ou cultivars se caractérisent avant tout par la multiplication de leurs pétales imbriqués. Les types de rosiers sont nombreux : rosier sauvage, des jardins, géant, nain, grimpant, couvre-sol, remontant ; rosier du Bengale, d’Iran, de Damas, de Syrie, de Provins … et d’ailleurs.

Famille : Rosacées
Genre : Rosa
Espèces : Le genre Rosa est décrit pour la première fois par Linné dans Species Plantarum, publié à Stockholm en 1753. L’espèce type décrite est Rosa cinnamomea L. On compte de 100 à 200 espèces  de rosiers sauvages ou botaniques (dont l’églantier) s’hybridant facilement ; les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde. Une espèce botanique est une plante qui provient du milieu naturel sans intervention humaine. Un cultivar est une plante obtenue en culture, généralement par sélection.


Floraison : de mai aux gelées
Port : divers (grimpant, rampant, buissons, etc..)
Hauteur : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Diamètre : de 0,25 m jusqu’à 8 m
Sol : riche, profond, pas trop acide
Besoin en eau : modéré (arrosage en été si très sec)
Exposition : soleil à ombre légère
Rusticité : très rustique.

Rosa alba L. 2Rosa alpina 2Illustration_Rosa_canina1 Illustration_Rosa_pimpinellifolia0Rosa gallica L. 2Rosa centifolia muscosa


Étymologie et origines

Le mot rosier est attesté depuis 1165. Le mot rose, qui le précède en français, daté de 1140, est emprunté au latin rosa, rosae qui désignait aussi bien la fleur que le rosier. Ce terme est apparenté au grec ancien rhodon et au persan rose ou warda. La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent du nom de la plante elle-même. Rosarium, subst. masc., synonyme de roseraie, subst. fém., désigne un endroit réservé à la culture des rosiers.  Rosiériste, subst. masc., désigne un horticulteur spécialisé dans la culture des rosiers. Un spécialiste des roses est un rhodologue. La couleur rose et tous les termes qui s’y rattachent font référence à la couleur de la fleur, couleur rouge clair, à l’origine (1165). Des qualités particulières sont associées au rose : de la bibliothèque rose au téléphone rose ... Une rosette est une décoration dont la forme évoque celle d’une rose, elle peut être prestigieuse, portée à la boutonnière par les dignitaires de certains ordres civils ou militaires. Les rosières, jeunes filles vertueuses, doivent ce nom à la couronne de fleurs qu’on leur remettait. Rosée, par contre, n’est pas apparenté, il dérive du latin ros, roris, à relier au grec drosos issu d’une autre racine indo-européenne. La rose n’est pas que botanique : rose des sables, rose des vents et rosaces en attestent. Le mot rose fait partie de plusieurs expressions : frais comme une rose, envoyer quelqu’un sur les roses, sentir la rose – ou pas -, découvrir le pot aux roses, histoire à l’eau de rose, perdre sa rose, voir la vie en rose.  Plusieurs proverbes évoquent la rose, comme : Il n’est point de si belle rose qui ne devienne gratte-cul – Il n’y a pas de roses sans épines – Le chardon gagne à fréquenter la rose. Et n’oublions pas que si les petits garçons naissent dans les choux, les petites filles naissent dans les roses …

Les garçons naissent dans les choux

Les rosiers sont originaires des régions tempérées et subtropicales de l’hémisphère nord : Europe, pourtour méditerranéen et Extrême-Orient principalement, mais aussi Amérique du nord. Des fossiles ont été datés d’environ 40 millions d’années. Les rosiers botaniques connaissent aujourd’hui un succès nouveau auprès des amateurs de roses.
La culture des roses est attestée en Chine et en Perse depuis 5 000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze. C’est 20 rosiers que Pline l’Ancien décrit  dans son Histoire naturelle : la rose d’Alabande semble être Rosa x alba (ci-dessous 1) et celle de Campanie Rosa x alba semiplena (2), la rose de Tachys Rosa damascena (3), la rose rouge de Muet une variété de Rosa gallica, comme la rose de Pangée, la rose de Proeneste Rosa gallica versicolor (4), la rose de Spinolea Rosa pimpinellifolia myriacantha  (5) et celle d’automne Rosa sempervirens (6). A Rome, on fait sécher les pétales de Rosa gallica officinalis pour en décorer et parfumer les habitations et on en tire une essence de rose si utilisée, qu’il faut l’ importer en quantité des rives méridionales de l’Empire.
Roses antiques mix (1)Au Moyen Âge, la rose est associée au Paradis et à la Vierge (Rose mystique), tous les couvents en cultivaient pour le culte, mais aussi pour la pharmacopée ; au VIIIe siècle, Charlemagne, dans le Capitulaire De Villis, cite les rosiers parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle, Albert le Grand décrit 4 rosiers cultivés alors, Rosa arvensis, Rosa canina (ou églantier), Rosa rubiginosa  et Rosa x alba. Les croisés y ajoutent les rosiers galliques issus de Rosa gallica officinalis, rapportée d’Orient et qui est depuis lors cultivée à Provins, d’où son nom de rose de Provins (c’est en Angleterre la rose rouge des Lancastre), puis les rosiers de Damas précoces, Rosa damascena (hybrides de Rosa gallica x Rosa phoenicia) et tardifs, Rosa damascena semperflorens (hybrides de Rosa qallica x Rosa moschata).

Fin XVIe siècle, une rose jaune, Rosa foetida (ci-dessous 1) est importée de Perse en Europe, et les conquistadors trouvent en Amérique du Nord Rosa virginania (2), Rosa carolina (3) et Rosa setigera. Au XVlle siècle, une mutation spontanée ou une hybridation naturelle de Rosa gallica fait apparaître les roses à cent feuilles, Rosa centifolia (4), dont une autre mutation, stérile, donne au XVIIIe siècle les rosiers mousseux, Rosa × centifolia forma muscosa (5). Fin XVIII, on ne connait en Europe et sur le pourtour méditerranéen qu’une trentaine d’espèces. En 1781,  en Europe, arrive la Rosa chinensis ‘Old blush’ (6), puis sa forme rouge ‘Bengal rose’, qui ne sont pas des rosiers  botaniques, mais des plantes cultivées et sélectionnées depuis longtemps en Chine, à partir de Rosa chinensis ou d’hybrides comme Rosa x odorata (Rosa chinensis x Rosa odorata nothovar gigantea), ces rosiers sont très parfumés et fortement remontants. En 1824, les européens découvrent une Rosa chinensis jaune ‘Park’s Yellow Tea-scented China’.

Roses anciennes mixLa duchesse de Portland obtient les premiers croisements entre rosiers européens et rosier de Chine rouge : les rosiers Portland sont nés. En Louisiane, le croisement d’un rosier musqué et d’un rosier de Chine donné par Louis Claude Noisette est à l’origine des rosiers Noisette (‘Blush Noisette’, ‘Madame Alfred Carrière’). Et à La Réunion le croisement du Rosa chinensis ‘Old blush’ et d’une rose de Damas tardive ‘Quatre Saisons’ signe l’arrivée des rosiers Bourbon, ‘Zéphirine Drouhin’ et ‘Souvenir de la Malmaison’. Les rosiers Thé sont des hybrides de Rosa x odorata et de ces rosiers Bourbon ou Noisette : ‘Adam’, obtenu en 1833, serait le premier. A la Malmaison, Joséphine de Beauharnais rassemble, dans sa roseraie, jusqu’en 1814, plus de 242 cultivars dont 167 roses galliques, des moschata, des damascena, mais aussi des chinensis et quelques nouvelles espèces.   Parmi ces roses anciennes, sont encore cultivées des roses galliquesRosa gallica surtout ‘Officinalis’ et ‘Cardinal de Richelieu’ (ci-dessous 1) – , des roses à cent feuillesRosa centifolia dont ‘Pompon de Meaux’ rose et ‘Pompon de Bourgogne’ rouge (2) – , des rosiers de DamasRosa damascena dont rose de Puteaux et rose de Recht (3) – , des rosiers mousseuxRosa × centifolia forma muscosa comme ‘Salet’ ou ‘Mousseline’ – , quelques rosiers de Portland comme ‘Duchesse de Portland’ (4) et ‘Jacques Cartier’, quelques roses Bourbon, ‘Louise Odier’ et ‘Souvenir de la Malmaison’ (5), des Noisettes et Thé-Noisette, surtout ‘Gloire de Dijon’, ‘Rêve d’or’ et ‘Madame Alfred Carrière’ (6), des rosiers blancs (Rosa x alba, dont la rose d’York, Rosa alba semiplena, ‘Cuisse de nymphe émue’ et ‘Pompon blanc parfait’).

Roses anciennes mix
 Quelques rosiers ‘Thé’ historiques : ‘Devoniensis’ (de Forster en 1838 à grandes fleurs doubles blanches teintées de rose ou de jaune), ‘Catherine Mermet’ (ci-dessous 1) (de Guillot en 1869, buisson à grosses fleurs pleines, rose carné), ‘Marie van Houtte’ (de Ducher en 1871, à fleurs très doubles, jaune-ivoire), ‘Archiduc Joseph’ (2) (obtenu par Gilbert Nabonnand en 1872 d’un semis de ‘Mme Lombard’, buisson vigoureux à fleurs rose pourpré avec le centre rose carné), ‘Général Schablikine’ (de Nabonnand en 1878, à floraison massive de fleurs carmin), ‘Papa Gontier’ (de Nabonnand en 1883 aux fleurs roses semi-doubles), ‘Souvenir de Mme Léonie Viennot’ ( de Bernaix en 1898, aux fleurs très doubles, cuivrées), ‘Souvenir de Gilbert Nabonnand’ (3) (créé par Clément Nabonnand en 1920, aux fleurs doubles parfumées passant du jaune au carmin).
 En 1837 apparaissent des Hybrides perpétuels ou remontants dont ‘La Reine’ (4), le rosiériste lyonnais Jean Liabaud en créent de nombreux. Les pépiniéristes français n’avaient que 25 espèces au catalogue de 1791, celui de 1829 en présente 2562. 1858, la première Exposition nationale de roses a lieu en Angleterre. Il faut en moyenne 6 à 8 ans pour créer une rose.
1867 marque le début des roses modernes, Jean-Baptiste Guillot crée ‘La France’(5) le premier buisson à grandes fleurs ou hybride de Thé (issu d’Hybride remontant et de rosier Thé), au port moins grimpant que les rosiers Thé historiques. Les Thé-Polyantha, hybrides de rosiers Thé et de Poliantha, sont des buissons à petites fleurs odorantes et remontantes. Dans le même temps, Rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au XVIIIe, est hybridé pour créer les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les Floribunda. 1886, la Société française des roses est fondée à Lyon ( et sa revue, Les Amis des roses). Ellen Willmott (1858-1934), en Angleterre, Jules Gravereaux (1844-1916), en France, se passionnent pour ces plantes.

 Au XXe siècle, les créations de Delbard, de Meilland (‘Madame Meilland’ dénommé ‘Peace’ en anglais et ‘Gloria Dei’ en allemand (6)), de Griffith Buck sont surtout des rosiers buissons à grandes fleurs. Puis David Austin, en croisant les galliques et les Damas avec des roses modernes crée les roses anglaises. Les rosiers cultivés, à fleurs dites doubles ou pleines, sont issus des croisements de seulement une douzaine d’espèces (et leurs variétés et formes dérivées). Les rosiéristes modernes cherchent à exploiter la diversité du genre Rosa pour introduire dans leurs obtentions des gènes particuliers, par exemple de résistance au froid ou à certaines maladies.

Roses thé mix

 Histoires de roses

Rose décadente

« C’est fini des belles grosses roses bourgeoises, bien portantes, à la façon de la baronne Prévost (ci-dessous 1) . Aujourd’hui, l’horticulture cherche la rose alanguie, aux feuilles floches et tombantes. Dans ce genre est exposée une merveille : la rose appelée Madame Cornelissen (2) , une rose à l’enroulement lâche, au tuyautage desserré, au contournement mourant, une rose où il y a dans le dessin comme l’évanouissement d’une syncope, une rose névrosée, la rose décadente des vieux siècles. «  Goncourt, Journal, 1887, p. 679.

Rosier Baronne PrévostRosa Mme Cornelissen - Bourbon Cornelissen


L’Haÿ-les-Roses

Jules Gravereaux, ancien vendeur au Bon Marché, grâce à un héritage, achète en 1892 une propriété à L’Haÿ, dont il fait avec le paysagiste Édouard André le premier jardin français dédié aux roses. En 1910 le village est rebaptisé L’Haÿ-les-Roses.

Gravereaux Jules - 1899-Roseraie de l'Haÿ

Lyon, capitale de la rose …

Les rosiéristes lyonnais sont nombreux : Emile Plantier crée en 1835 Eugénie Desgaches , c’est à François Lacharme, son successeur, qu’on doit Madame Récamier ou Coquette de Lyon, Jean Beluze est célèbre pour Souvenir de la Malmaison de 1843, Antoine Nérard se distingue en 1846 avec Géant des batailles. Des dynasties de rosiéristes s’établissent. Les Guillot compte 6 générations : Jean-Baptiste fils invente en 1849 la greffe en écusson sur le collet de l’églantier et la célèbre rose la France, mais aussi Pâquerette et Mignonnette. Les  Ducher, Pernet et Pernet-Ducher sont très productifs : Claude Ducher crée près de 80 rosiers dont Gloire de Lyon et Marie van Houtte et, à sa mort, sa veuve obtient le fameux Cécile Brunner ; de son côté Jean Pernet crée Merveille de Lyon, son fils Joseph, qui a épousé Marie Ducher, fonde la maison Pernet-Ducher et invente Mme Caroline Testout (1890), Soleil d’or (13 ans de recherche) Mme Edouard Herriot. La dynastie Meilland débute avec Antoine, se poursuit avec Francis : la Rouge Meilland de 1949 est la première rose brevetée en France et en Europe (la loi du 11 juin 1970 protège chaque création par un certificat d’obtention végétale ; parmi ses grands succès, Mme Antoine Meilland aussi appelée Peace, Papa Meilland  et Pierre de Ronsard. D’autres créateurs encore sont lyonnais : Alexandre Bernaix, Joseph Bonnaire (Souvenir de Victor Hugo en 1885), César-Antoine Chambard, Jean-Baptiste Croibier, Frédéric Damaizin, Francis Dubreuil  (Perle d’or, 1884), Antoine Levet, Jean Liabaud, Joseph Schwartz (Mme Alfred Carrière, 1871, et Reine Victoria, 1872), la Veuve Schwartz (Mme Ernest Calvat, 1888) et aujourd’hui Pierre Reuter, Jean-Pierre Guillot et Dominique Massad, Jean-Jacques Gaujard, François Dorieux, Robert Lapierre, Fabien Ducher, Aveline Gaujard, Philippe et Richard Laperrière

Rose Cecil Brunner

Un rosier ancien conduit en grimpant, un polyantha de Chine,  aux toutes petites  fleurs rose tendre : Rosa x ‘Cécile Brunner Climbing’.

Fresque des roses, Champagne-au-Mont-d'OrFresque des roses à Champagne-au-Mont-d’Or, réalisée par CitéCréation, inaugurée le 21 mai 2015 : un hommage à la dynastie de rosiéristes lyonnais, les Laperrière.


Attention, toutes les roses ne sont pas fleurs de rosier …

Bois de rose utilisé en marqueterie = Dalbergia (Fabacée) Bois de rose utilisé en parfumerie = Aniba rosaeodora (Lauracée) – Laurier-rose = Nerium oleander (Apocynacée) – Rose trémière = Alcea rosea (Malvacée) Rose d’Inde = Tagete erecta (Astéracée)Rose de Cayenne & Rose de Chine = Hibiscus rosa-sinensis (Malvacée) Rose de GueldreViburnum opulus (Adoxacée) Rose de Jéricho = Anastatica hierochuntica (Cruciféracée) Rose de Junon = Lilium candidum (Liliacée) Rose de Noël = Helleborus niger (Renonculacée) – Rose des Alpes = Rhododendron ferrugineum (Ericacée)Rose des eaux = Nymphaea alba (Nymphéacée) Rose du JaponCamélia japonica (Théacée) …


La rose hors du jardin …

 

Pompei FresqueFresque de Pompéi

Rose d'orRose en or reçue par le comte de Neuchâtel  du pape Jean XXII en 1330, œuvre de Minucchio, orfèvre siennois actif à Avignon (Trésor de la Cathédrale de Bâle).


La rose est source d’inspirations artistiques diverses

Chartres - Rosace transept nordChartres rosace ext  cHARTRES
Ruysch - Nature morte,1716ruysch - 1716
RedoutéRedouté - 1828
Fantin-Latour - Vase de roses, 1895Fantin-Latour - 1895

Odin Blanche - bouquet de rosesOdin-deb. xx s
Renoir - Roseraie à Wargemont, 1879Renoir - 1879
Rosace Broche Art décoDIAMANTARTDECO
La rose pourpre du CaireWoody Allen - 1985
Le nom de la roseJJ ANNAUD-1986

Les roses blanches - PartitionRosa-Rosalie-Rose-rOSELINE-Rosie-rOZENN 
La rose est l’un des meubles les plus utilisés en héraldique, après la fleur de lys. Le dessin stylisé s’ inspire de l’églantine à cinq pétales, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, de couleur différente ou non.

Yorkshire roseLancashire roseTudor roseYork:blanche  Lancastre:rouge  Tudor:bicolore

Montréal armoiriesDans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, dite au naturel. La rose est emblème national en Angleterre, en Roumanie et aux USA.

                                                                    Montreal/Québec

Entre autres roses : la guerre des Deux-Roses désigne une série de guerres civiles opposant la maison royale de Lancastre et la maison royale d’York, pour le trône d’ Angleterre, de 1455 à 1485 (mort de Richard III, dernier Plantagenêt, et avènement d’Henri VII, premier Tudor). La Rose-Croix est une société hermétiste plus ou moins légendaire dont se sont réclamés  de nombreux mouvements à la recherche de perfection spirituelle. La Rose blanche est le nom d’un groupe de résistants allemands face au nazisme, arrêté par la Gestapo en février 1943 et dont tous les membres ont été exécutés.

Le Roman de la Rose est un poème allégorique du XIIIes., en deux parties, dont la première fut composée par Guillaume de Lorris et la seconde par Jean de Meung. Mignonne, allons voir si la rose est une ode dédiée à Cassandre par Ronsard en 1545 : Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ... Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin est un poème de Malherbe (Consolation à M. du Périer). Et Diderot rappelait que De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier.  Umberto Eco a écrit, en 1980, Le Nom de la rose, qui est aussi bien un roman policier qu’un exposé de philosophie médiévale.

Le temps aux plus belles choses se plait à faire un affront, et saura faner vos roses comme il a ridé mon front. 
  Pierre Corneille
Rose rose, rose blanche,             
Rose thé,
J’ai cueilli la rose en branche
Au soleil de l’été
Rose blanche, rose rose,
Rose d’or,
J’ai cueilli la rose éclose
Et son parfum m’endort.

   Robert Desnos, Chantefleurs, 1944-1945

Le Chevalier à la Rose est une œuvre lyrique, en trois actes de Richard Strauss, créée à Dresde le 26 janvier 1911. Vive la rose et le lilas chante l’amour volage, depuis le XVIIIe, tandis que l‘amoureuse d’À la claire fontaine regrette le temps passé : je voudrais que la rose fût encore au rosier.

  Je regarde une rose et je suis apaisé.  
  Victor Hugo
Ah! quand refleuriront les roses de septembre! 
 Paul Verlaine
" la rose est une figure symbolique tellement chargée de significations qu'elle finit par n'en avoir plus aucune ou presque " Umberto Eco
Hardy Francoise - Mon amie la rose
 les roses ont de multiples usages : medecine, parfumerie, cuisine ...
confiture de rose - eau de rose - essence de rose - loukoum - pommade rosat - sorbet  à la rose
http://www.jardinsdefrance.org/les-roses-et-la-production-dhuile-essentielle-pour-la-parfumerie/

La rose au jardin …

Utilisations paysagères :

pour massif et plate-bande, ainsi que fleurs coupées :
  • buisson à grandes fleurs solitaires et doubles, de 0.60 à 1.50 m
    (hybrides de thé)
  • buisson à grandes fleurs en bouquets, de 1 à 1.20 m (Grandifloras)

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Champagne au Mont d’or, Eclat de Haute Bretagne, Fanny Ardant, Prince jardinier, Elle, Henri Salvador – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF roseRosiers buissons à grandes fleurs : Adagio,  Catherine Laborde, Evelyne Dheliat, Arthur Rimbaud, Rosa del Camino de Santiago, Sheila’s parfum – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF pourpreRosiers buissons à grandes fleurs : Perception, Line Renaud,  Vélasquez, Monique Laperrière, Nuit d’Orient, Purple dream – Thabor Rennes – 2015

Roses BGF jauneRosiers buissons à grandes fleurs : Summertime, Florida, Frénésie, Marilyn Monroe, Amber Flush,  Joyeux anniversaire – Thabor Rennes – 2015

  • buisson à petites fleurs groupées simples ou doubles , de 0.30 à 0.60 m (Polyanthas)
  • buisson à fleurs moyennes réunies en grappes (Floribundas)

Roses BFG blanc-roseRosiers buissons à fleurs groupées : Iceberg, Petit Trianon, Palais impérial de Compiègne, Cocarde, Marie Curie, Mokarosa – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG jaune-rougeRosiers buissons à fleurs groupées : Alix de Vergy,  Rose de Limoux, Jean Cocteau, Etna, Chacock, Coluche – Thabor Rennes – 2015

Roses BFG rouge-bleuRosiers buissons à fleurs groupées : Pretty kiss, Betty Boop, Mona Lisa, Lavender Dream, Pacific Dream, Blue Eden – Thabor Rennes – 2015

  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean-Pierre Foucault PAYUn rosier paysager : Jean-Pierre Foucault – Thabor Rennes – 2015

pour haie libre ou taillée :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rock'n roseRosier arbustif Rock’n roseThabor à Rennes – 2015

  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier botanique, rosier sauvage, à l’origine de tous les autres
en sujet isolé :
  • rosier arbustif, à fleurs simples ou doubles, de 1 à 1.80 m
  • rosier ancien, créé avant 1867, le plus souvent non remontant et parfumé, de 1.20 à 2 m
  • rosier anglais, de 0.80 à 1.50 m, généralement remontant et parfumé2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sir Lancelot - AnglaisUne rose anglaise : Sir Lancelot – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier tige, buisson greffé en tête sur une tige d’églantier à 100-110 cm ou à 70-80 cm, d’où une hauteur adulte de 1.60-1.70 ou 1.20-1.50 m
  • rosier pleureur, variété retombante (à moyenne ou petite fleur) greffée en tête sur une tige d’églantier à 1.40-2.00 m
palissé contre un mur ou grimpant sur arceau, tonnelle, pergola :
  • rosier grimpant (climb en anglais), de 2 à 6 m, doit être palissé, remontant ou non
    2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Amadeus SXRosier grimpant ou sarmenteux : Amadeus – Thabor à Rennes – 2015
    2015-06-17 Rennes - Thabor Roseraie (10)Rosiers grimpants palissés – Thabor à Rennes – 2015
  • rosier liane, jusqu’à 8 m de hauteur et largeur, aiguillons crochus lui permettant de s’agripper seul, rarement remontant

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Lady Gay (1)Rosier liane : Lady Gay (Hauteur, 6 m, non remontant)  – Thabor à Rennes – 2015

pour talus :
  • rosier paysager, couvrant, plus haut que large, hauteur variable de 0.50 à 1,50 m, floraison remontante ne nécessitant pas de nettoyage des fleurs fanées
  • rosier couvre-sol ou tapissant, couvrant, plus large que haut, 60 cm de haut, branches horizontales et souples s’étalant sur un diamètre jusqu’à 2 m

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Pink flash

Rosier couvre-sol Pink flash Thabor à Rennes – 2015

en rocaille, bordure et pot :
  • rosier buisson miniature de 25 à 40 cm

Des fleurs de toutes les couleurs :

Les rosiers non remontants, cas de tous les rosiers botaniques, ne fleurissent qu’une fois l’an, au printemps ou en été. S’ils sont remontants, ils peuvent étaler leur floraison sur 8 mois de début mai aux gelées. Les variétés et cultivars, très nombreux, offrent tous les tons du blanc au rouge sombre,  ainsi que tous les jaunes, et des lilas à violet, presque bleu, seule couleur absente en réalité (les roses bleues sont plutôt mauves ou violettes, Rosa Blue Eden ci-dessous) …

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Blue Eden

… sans oublier la curieuse rose verte (Rosa chinensis Viridiflora) ci-dessous.

Rosa 'Viridifolia'

Des  fleurs de toutes les formes :

Simple (à 5 pétales) ou double (multiple de 5 pétales),  plate (pétales plus larges que longs, superposés, d’où l’aspect feuilleté de la fleur, ex. ‘Wodan’), en coupe (pétales extérieurs très grands, concaves en bas et retournés vers l’extérieur dans leur partie supérieure, ex. ‘Line Renaud’, étamines visibles des  mi-doubles, ex. ‘Emera’ ), réflexe ( pétales plats, tuyautés à leur extrémité, retombant de façon irrégulière, roses très doubles à l’allure un peu ébouriffée), globuleuse (presque sphérique, pétales extérieurs longs et concaves, ex. le grimpant ‘Raubritter’), à quartier (très doubles et comme divisées en plusieurs secteurs dans lesquels les pétales sont serrés dans le même sens, ex. ‘Jacques Cartier’), imbriquée (très nombreux pétales, retroussés vers l’extérieur, se chevauchent comme des tuiles, ex. ‘Salet’ et ‘Cuisse de nymphe émue’), turbinée (bouton conique, pétales de même taille répartis régulièrement, ex. tous les hybrides de thé), fimbriée (pétales finement entaillés sur le bord extérieur, ex. ‘Evelyne’), à fleur de pivoine (très doubles, ex. ‘Academia’ ) et à fleur verte (pétales atrophiés, seuls les sépales sont marqués, Rosa chinensis Viridiflora).

Roses différentes formesPlanches de Jules Gravereaux

Les roses peuvent aussi être choisies pour leur parfum :

  • la senteur musquée provient des étamines, contrairement aux autres notes qui émanent des pétales : ‘Dames de Chenonceaux’ rose nuancée, ‘The Generous Gardener’ rose pâle
  • la fragance caractéristique des roses anciennes, en particulier des roses Bourbon : ‘Bolchoï’, ‘Brother Cadfael’, ‘Gertrude Jekyll’, ‘Harlow Carr’, ‘Madame Isaac Pereire’, ‘Salet’, tous roses, ‘Violette parfumée’, mauve
  • le parfum de thé : ‘Gloire de Dijon’ saumon,  ‘Golden Celebration’ jaune, ‘Pegasus’ saumon, ‘Port Sunlight’ abricot
  • celui de la myrrhe : ‘Belle Amour’ rose, ‘Claire Austin’ blanc, ‘Scepter’d Isle’, ‘Spirit of Freedom’, roses tous deux, ‘Strawberry Hill’ orange brûlée
  • les notes fruitées sont nombreuses : anis (‘Paul Ricard’), banane (‘Summer Song’), clou de girofle (‘Marie Curie’, ‘Wild Edric’), citron/framboise (‘Jubilee Celebration’), fruits acidulés (‘Abraham Darby’), goyave et vin doux (‘Jude the Obscure’), pêche/abricot (‘Evelyn’), poire, raisin et agrumes (‘Lady Emma Hamilton’) etc.

Associations :

On peut associer les rosiers à des vivaces en particulier des lavande, nepeta et cinéraire, dont les feuillage gris bleuté s’associent harmonieusement.


Soins

Plantation : de novembre à mars en racines nues, toute l’année en container. Creuser une fosse du double de la motte, ameublissez-la en profondeur, apportez de l’humus et un engrais organique.
Entretien : un apport annuel, en fin d’hiver, d’engrais organique contenant de la magnésie favorise la mise à fleur. Suppression des fleurs fanées, taille (
juste après la floraison pour les variétés non remontantes, en fin d’hiver pour les remontantes), désherbage et griffage au pied. Pas de paillis d’écorces de pin, mais des paillis blancs. De nombreux sites exposent quand et comment tailler les différents types de rosier, en voici deux bien explicites (mais vous pouvez aussi faire appel à un spécialiste … ) :

Reproduction : bouturage de rameaux aoûtés en fin d’été et greffage sur porte-greffe adapté au terrain (pour  sol calcaire, Rosa canina, froebelli ou laxa, en sol plutôt acide Rosa multiflora)

Maladies et parasites :
– chlorose (jaunissement des feuilles, seules les nervures restent vertes) : traitement anti-chlorose à base de fer.Chlorose– puceron : traitement préventif ou curatif naturel en pulvérisant des décoctions de tanaisie ou du purin d’ortie dilué. Favoriser les prédateurs naturels  (larves de coccinelles, syrphes, chrysopes) : une coccinelle dévore 150 pucerons par jour. En cas d’absolue nécessité, il existe des Pucerons– cochenille :  insecticides systémiques.nettoyer – surtout les faces inférieures des feuilles – en pulvérisant de l’eau savonneuse ou alcoolisée, éventuellement additionnée d’huile végétale qui enrobe et asphyxie les œufs et les larves. En cas de nécessité, il existe des insecticides.Cochenille– mégachile (feuilles découpées par des sortes d’abeilles solitaires) : n’affecte généralement ni la croissance ni la floraison, inutile de traiter.Mégachile acarien : pulvériser de l’huile minérale parafinique, huile végétale, eau froide autour de 5°C, installer des acariens prédateurs. Acariens– thrips : bassinage et désherbage perturbant le cycle du ravageur,  plaques bleues engluées pour attraper les thrips, pulvérisation d’une solution de kaolinite et installation de prédateurs (punaises, acariens  Amblysei). En cas de nécessité, il existe des insecticides.Thrips fumagine (sorte de suie noire) : champignon se développant sur le miellat secrété par des pucerons et cochenilles, pulvériser une solution de savon noir.
– autres maladies cryptogamiques possibles :  de gauche à droite et de haut en bas 
—> blanc ou oïdium (utiliser une décoction de prêle),
botrytis (inutile de traiter, éviter simplement la contamination), rouille, taches noires du rosier dû au Marsonia, mildiou. Certaines sont bénignes (oïdium, botrytis), d’autres plus redoutables et difficiles à éliminer nécessitent le recours à des fongicides, dont les traitements à base de cuivre et de soufre. Éliminer tous les débris végétaux, sources de contamination, désinfecter les outils, aérer les plantations.
OidiumBotrytisRouilleTaches noiresMildiou


Un peu de botanique …

Les rosiers sont des plantes ligneuses qui peuvent vivre plusieurs dizaines d’années : l’églantier de Hildesheim en Allemagne aurait plus de 700 ans. Les rosiers ont des feuilles caduques (parfois persistantes), opposées,  composées imparipennées, présentant le plus souvent de sept à dix folioles au limbe elliptique acuminé, au bord denté; elles sont munies de stipules à la base du pétiole. Les  fleurs simples, sont actinomorphes, de symétrie pentamère en général. À maturité, le réceptacle floral se transforme en faux-fruit charnu, le cynorrhodon, plus ou moins arrondi, en général de couleur rouge, parfois plus sombre (Rosa pimpinellifolia). Il contient de nombreux akènes, fruits secs indéhiscents contenant une seule graine issus de la transformation des carpelles.

Selon la classification phyllogénétique (fondée sur l’étude de la molécule d’ADN), le genre Rosa fait partie du clade angiospermes, du clade dicotylédones vraies (car il possède 3 ouvertures au niveau du grain de pollen), du clade rosidées, de l‘ordre des rosales, de la famille des rosacées (sous-famille des Rosoïdeae et tribu des Roseae, dont il est l’unique genre).

Il existe 4 sous-genres : Plathyrhodon, Hesperhodos, Hulthemia (ces 3 groupes ne comptent que 4 espèces à eux tous) et Eurosa. Ce dernier est lui-même subdivisé en onze sections :

  • Caninae : 26 espèces, d’origine eurasienne ; dont R. canina ou églantier, R. rubiginosa ; tous roses
  • Carolinae : 7 espèces originaires d’Amérique du Nord ; R. carolina, R. nitida, R. palustris, R. virginiana, petits buissons aux fleurs pourpres
  • Cinnamomeae : 46 espèces, Eurasie et Amérique ; rosiers cannelle, R. acicularis ou rosier arctique, R. arkansana et R. blanda originaires d’Amérique, R. majalis ou rose de mai, R. nutkana ou rosier de Nootka, R. pendulina ou rose des Alpes et R. rugosa
  • Gallicanae : 4 espèces européennes ; rosiers galliques, R. centifolia
  • Pimpinellifoliae : 12 espèces, eurasiennes ; rosiers pimprenelle, R. foetida, R. hugonis, Rosa omeiensis = sericea, dont la rose n’a que 4 pétales  ; dont  rosiers jaunes
  • Gymnocarpae : 3 espèces originaires d’Amérique du Nord ou d’Asie
  • Synstylae : 23 espèces, Eurasie et Amérique ; R. arvensis, R. moschata
  • et les sections originaires de Chine, Banksianae (2 espèces ; dont R. normalis ; hauts de 3 à 6 m, blanc ou jaune), Bracteatae (2 espèces), Chinenses (3 espèces ; dont R. chinensis ou indica ; remontants), et Laevigatae (1 seule espèce, asiatique, mais introduite et naturalisée aux USA dès le XVIIIe siècle, d’où son nom de ‘rosier des Cherokees’).

Les cultivars les plus réputés

Critères internationaux de reconnaissance

  • BGF = buisson à grandes fleurs (Hybrides de thé & Grandifloras)
  • BFG = buisson à fleurs groupées (Polyanthas & Floribundas)
  • PAY = paysage
  • CS = couvre-sol
  • MIN = miniature
  • SX = sarmenteux

Sociétés et récompenses

La Fédération mondiale des sociétés de roses http://worldrose.org/index.asp a établi le « Old Rose Hall of Fame », une liste de 11 rosiers anciens reconnus comme d’importance historique :

  • Rosa × chinensis ‘Old Blush’, 1752 en Europe
  • Rosa chinensis ‘Mutabilis’
  • Rosa gallica officinalis
  • Rosa mundi ou R. gallica officinalis versicolor
  • ‘Cécile Brunner’, 1881
  • ‘Charles de Mills’, avant 1790
  • ‘Gloire de Dijon’, 1853
  • ‘Gruss an Teplitz’ 1897
  • ‘Madame Alfred Carrière’, 1879
  • ‘Madame Hardy’, 1832
  • ‘Souvenir de la Malmaison’, 1843

Rosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an TeplitzRosa Old blush, Charles de Mills, Mme Hardy, Gruss an Teplitz.

Elle est également responsable du « Rose Hall of Fame » qui regroupe les roses les plus réussies :

Rose Hall of Fame

Le Grand Prix de la Rose a lieu en France : http://www.snhf.org/agenda/concours-et-distinctions/103-grand-prix-de-la-rose-snhf.html : 1e édition (2008-2009) – 2e édition (2010) – 3e édition (2011) – 4e édition (2012) – 5e édition (2013) – 6e édition (2014)

 Manuel complet de l'amateur de roses ... - Pierre Boitard  https://books.google.fr/books?id=jTfS2JBu3TkC&lpg=PA321&ots=8zCOkTTbu4&dq=rosa%20brownii&hl=fr&pg=PP13#v=onepage&q=rosa%20brownii&f=false
 Sociétés des roses  http://www.societefrancaisedesroses.asso.fr/

http://www.rnrs.org.uk/

http://www.rose.org/

http://www.rosesanciennesenfrance.org/index.htm

 Sites http://nature.jardin.free.fr/arbuste/Le_monde_des_Roses.htm

http://amidesroses.eklablog.com/accueil-a37811206

Couleurs d’été

Quelques roses du parc du Thabor à Rennes le 17 juin 2015

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Thalia2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rock'n rose2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Cocarde2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Marie Curie2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Galaxy2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Henri Salvador2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Iceberg2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Champagne Mont d'Or

Roses blanches  : Thalia, Rock’n rose, Cocarde, Marie Curie, Galaxy, Henri Salvador, Iceberg, Champagne au Mont d’Or

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Alix de Vergy2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Amber Flush 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Catherine Laborde (1)2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean-Pierre Foucault2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rose de Limoux2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Summertime

Roses jaunes : Alix de Vergy, Amber Flush, Catherine Laborde, Jean-Pierre Foucault, Rose de Limoux, Summertime.

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Catherine Laborde (2)

Catherine Laborde hésite entre jaune et rose

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Arlequin2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Caractère 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Florida2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Frénésie 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jazz Festival2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Joyeux anniversaire 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Marilyn Monroe2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sir Lancelot

Roses orangées : Arlequin, Caractère, Florida, Frénésie, Jazz Festival, Joyeux anniversaire, Marilyn Monroe, Sir Lancelot

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Adagio2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Arthur Rimbaud 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Eclat de Haute Bretagne2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Evelyne Dheliat 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Fanny Ardant2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Jean Cocteau 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Line Renaud2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Palais impérial de Compiègne 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Perception2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Petit Trianon 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Prince jardinier (2)2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rosa del Camino de Santiago (2) 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Rose de Bayonne2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sheila's parfum

Roses roses : Adagio, Arthur Rimbaud, Eclat de Haute Bretagne,  Evelyne Dheliat, Fanny Ardant, Jean Cocteau, Line Renaud, Palais impérial de Compiègne, Perception, Petit Trianon, Prince jardinier,  Rosa del Camino de Santiago, Rose de Bayonne, Sheila’s parfum

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Chacock 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Coluche2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Etna 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Miss Canada2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Nuit d'été

Rouge vermillon : Chacock, Coluche, Etna, Miss Canada, Nuit d’été

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Mona Lisa2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Monique Laperrière 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Sophy's rose2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Vélasquez 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Lavender Dream 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Pacific Dream2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Nuit d'Orient 2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Purple dream2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Blue Eden

 Roses rouge magenta à violet : Mona Lisa, Monique Laperrière, Sophy’s rose, Vélasquez, Lavender Dream, Pacific Dream, Nuit d’Orient, Purple dream, Blue Eden

2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Mokarosa2015-06-17 Rennes - Thabor Rosier Betty Boop

Mokarosa café crème et Betty Boop blanche à liseré rouge

Promenez-vous aux jardins !

A Saint-Brieuc

Parc des PromenadesParc des PromenadesParc Ty CoatParc Ty Coat

Villa Carmélie

Villa Carmélie

Villa Rohannec'h

Villa Rohannec’h

2014-12-20 Parc des Eaux min - Araucaria (1)

Parc des Eaux Minérales

Le jardin de la biodiversité St Brieuc

Le jardin de la biodiversité

et d’autres : http://www.saint-brieuc.fr/Les-parcs-et-jardins-briochins.4390.0.html


Dans la baie de St-Brieuc

Parc du Grand Pré à Langueux - Le TélégrammeParc du Grand Pré à Langueux

Parc Au Fil de l'Eau YffiniacParc Au Fil de l’Eau à Yffiniac

http://www.baiedesaintbrieuc.com/decouvrir/cote-culture/parcs-et-jardins


‘Jardins remarquables’ des Côtes d’Armor

 

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

Jardins du Botrain (22-Mûr-de-Bretagne) : http://lesjardinsdubotrain.com/

Colombier- HénonParc et jardins du Colombier (22-Hénon) : https://sites.google.com/site/parcducolombier/

Le grand Launay

Jardin du Grand Launay (22-Lanrivain) : http://www.ouest-france.fr/jardin-lanrivain-le-grand-launay-une-idee-du-paradis-terrestre-2584078

Kerdalo 3-6Les jardins de Kerdalo (22-Trédarzec): http://www.lesjardinsdekerdalo.com/

Kestellic-6Jardin du Kestellic (22-Plouguiel) : http://www.kestellic.fr/

Pellinec

Jardin du Pellinec (22-Penvenan) : https://fr-fr.facebook.com/pages/Jardin-du-pellinec

Roche-JaguLa Roche-Jagu (22-Ploëzal) : http://www.larochejagu.fr/_v2/lrj/index.php


 Un peu plus loin, mais toujours en Bretagne …

… vers l’ouest

 Jardin botanique de l'hopital maritime de BrestJardin botanique de l’Hôpital Maritime à Brest

Si aimez la botanique et /ou l’histoire, allez à Brest visiter un  jardin oublié qui fut l’un des premiers et plus prestigieux jardins botaniques, de 1694, date de sa création, au début du XXe siècle, début de son déclin : le jardin botanique de l’Hôpital Maritime à Brest. Le blog de Jean-Yves Cordier y consacre deux articles des plus documentés : www.lavieb-aile.com

En Finistère toujours, n’oubliez pas de visiter également le Conservatoire botanique national de Brest (http://www.cbnbrest.fr/), l’Abbaye de Daoulas, le Jardin du Prieuré Locmaria à Quimper, le Domaine de Trévarez à St-Goazec (http://www.cdp29.fr/trevarez-ledomaineenbref.html),  le Jardin exotique de Roscoff (http://www.jardinexotiqueroscoff.com/cms/), le Jardin Georges Delaselle dans l’île de Batz (http://www.jardin-georgesdelaselle.fr/), et pour se promener en toutes saisons, dans des paysages remarquables, empruntez les sentiers de la forêt de Huelgoat (http://www.lesarbresdumondeauhuelgoat.fr/).

Huelgoat

Huelgoat


… vers l’est

En Ille-et-Vilaine, les Jardins de Brocéliande (http://www.jardinsdebroceliande.fr/),  Caradeuc (http://www.caradeuc.com/), La Ballue (http://www.laballuejardin.com/), La Bourbansais (http://www.labourbansais.com/chateau-jardins.php) et Montmarin (http://www.domaine-du-montmarin.com/), entre autres, invitent les amateurs à la découverte.

Brocéliande

Jardins de Brocéliande


Et pour trouver les plus beaux jardins, en Bretagne, http://www.apjb.org/fr/carte-des-parcs-et-jardins.html et dans la France entière : http://www.parcsetjardins.fr/presentation.php

Au jardin, envie de cabanes

 En mai, rêvez de cabanes !

Pour commencer, un petit tour parmi les cabanes du jardinier-paysagiste Hugues Peuvergne, les éditions Ulmer ont consacré un ouvrage à ses créations :

Peuvergne - cabanes de jardin

Hugues Peuvergne - cabane

Hugues Peuvergne - cabane carnetCette dernière cabane, perchée sur le toit d’un garage par Hugues Peuvergne, est extraite de Carnet de travail d’un jardinier paysagiste © Hugues Peuvergne

Voici des cabanes et abris de jardin prêts à installer et ‘design’ ….

Cottage n°1Vainqueur du Design Awards 2012, Cabane Casetta n°1 de chez Decastelli pour rangement et stockage en plein air ( L 2m x l 1,5 m x H 2,4 m, étagères intérieures incluses). Réalisée en aluminium bruni et en bois de sapin naturel de haute qualité, résistante aux UV et aux intempéries. Prix à titre indicatif : 7 985 €. http://www.decastelli.it/it/prodotti/cottage-n-1/64

Castorama - abriBlooma Lindo avec pergola de Castorama : une vraie maison miniature (H. 2.31 x l. 8.12 x P. 4.12 m) en épicéa, à assembler, garantie 5 ans : 2 990 . http://www.castorama.fr/store/Abri-de-jardin-cat_id_3.htm?navAction=push&navCount=1&wrap=true&sortByValue=relevance

abri-de-jardin-en-bois-stockholm-2-11-39-m2-ep-28-mmStockholm 2 de Leroy-Merlin, abri de jardin à portes coulissantes, de 11.39 m² utile, en bois FSC : 1 921 €. http://www.leroymerlin.fr/v3/p/produits/terrasse-jardin/abri-garage-rangement-et-etendage/abri-de-jardin-l1308217057

… ou pas (design)

Maisons du monde - serre TuileriesSerre Tuileries de Maisons du monde, d’inspiration classique,  en métal effet rouille (H 252 x L 212 x PR 235) : 3 599,00 €. http://www.maisonsdumonde.com/FR/fr/categorie/jardinage-animaux-et-amenagement-n2559b6dcbd179a42417848315cf0ad8db6919a8.htm

Resize-Wizard-6_01Cette cabane-ci est un sauna, à acheter pour $ 9 400, sur le site américain http://www.rusticway.com/index.html

Cabane CigueCelle-ci est une cabane destinée à des cours de massage, conçue et réalisée dans l’Essonne par le collectif Ciguë http://cigue.net/fr/project/cabane/

4583451-6863314

Celle-ci est peut-être pour la Fée Clochette ?


 

Land art et plasticiens du végétal

Quelques trouvailles glanées sur le net :

Crayon alive © JOSE LAIÑO

Jose Laino – Crayon alive © JOSE LAIÑO

Sewing alive © JOSE LAIÑO

Jose Laino – Sewing alive © JOSE LAIÑO

http://www.joselaino.com/


  Gaelle Villedary - Percées de mystère 1Gaelle Villedary - Percées de mystère 2

Gaelle Villedary – Percées de mystère

Gaëlle Villedary - Reflexion

Gaelle Villedary – Réflexion

Gaelle Villedary - Alice II Gaelle Villedary - Alice IV

Gaelle Villedary – Chimères végétales

 Gaëlle Villedary - Tapis Rouge

Gaelle Villedary – Tapis rouge

http://www.gaellevilledary.net/


Marc Nucera - Le jardin atelier

Marc Nucera – Le jardin atelier

Marc Nucera - Cyprès - Banc en vrille

Marc Nucera – Cyprès – Banc en vrille

Marc Nucera - Hêtre - Banc en vrille 2013

Marc Nucera – Hêtre – Banc en vrille 2013

Marc Nucera - Cyprès - Modelage végétal

Marc Nucera – Cyprès – Modelage végétal

Marc Nucera - parc du Goualoup

Mathilde Roussel

Mathilde Roussel – Lives of grass

http://www.mathilderoussel.com/index.php/works/lives-of-grass/


Myoung Ho Lee - tree 3-2013
Myoung Ho Lee – Tree-3-2013
Myoung Ho Lee - tree 6-2014
Myoung Ho Lee – Tree 6-2014

http://www.yossimilo.com/artists/myou_ho_lee/


Mr Plant …

little_flower_plant_monsieur_plant_datingMr Plant 2015 lichenwoodxlululove

 

http://www.monsieurplant.com/


Couleurs de mars

CAMELLIA AND CO

P1040124Camellia japonica ‘Maroon and gold’ : port érigé et compact, vigoureux, feuillage vert sombre brillant,  fleur péoniforme, d’un rouge sombre  avec des étamines jaune d’or.

P1040119Camellia japonica ‘Kramer’s supreme’ : port érigé et compact, feuille vert sombre, fleur de 4 cm de diamètre, très double, de couleur rouge-rose et parfumée.

P1040120Camellia japonica subsp. rusticana ‘Kasugayama’ : variété vigoureuse à feuillage vert sombre et
à petite fleur péoniforme rouge marbré de blanc, de mars à mai.

P1040129Camellia japonica C. M. Wilson aux grandes fleurs (de forme anémone) d’un rose tendre de décembre à avril.

2014-03 Camellia jap. KerguelenCamellia ‘Kerguelen’ aux feuilles bicolores vert et crème et aux fleurs doubles bien régulières d’un rose uni.


Helleborus orientalis anemone WhiteHelleborus orientalis anemone White

Helleborus orientalis anemoneHelleborus orientalis anemone Red

Helleborus orientalis Double fashionHelleborus orientalis Double fashion

Helleborus orientalis Double flower redHelleborus orientalis Double flower red

Helleborus orientalis Magic leavesHelleborus orientalis Magic leaves

Helleborus orientalis Picotee (2)Helleborus orientalis Picotee

Helleborus orientalis Royal Sofia (1)Helleborus orientalis Royal Sofia

Helleborus orientalis DarkHelleborus orientalis Dark

Helleborus orientalis PinkHelleborus orientalis Pink

Helleborus orientalis Pink spoiledP1040136Helleborus orientalis Pink spoiled

Helleborus orientalis White (2)Helleborus orientalis White

Helleborus orientalis White spoiledHelleborus orientalis White spoiled

Helleborus viridisHelleborus viridis


PROMENADE AU PARC ZOOLOGIQUE ET VÉGÉTAL DU MOULIN RICHARD A TREGOMEUR EN COTES D’ARMOR, LE 8 MARS 2015
Un petit tour en Inde et en Thaïlande … sans quitter la Bretagne
P1040182Ganesh est le dieu hindou de la sagesse, il supprime les obstacles

P1040183Le prince indien Siddhārtha Gautama est plus connu sous le nom de  Bouddha, l’Eveillé

P1040225Médaillon de Bouddha

P1040222P1040228P1040234Trois statues de Bouddha assis en position du lotus

P1040233Bouddha saluant ici le printemps …

P1040220Ce Bouddha couché sur le flanc droit, soutenant sa tête de la main, est une représentation de Bouddha lors de sa dernière maladie, sur le point d’entrer dans le parinirvâna.

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Après l’Inde et l’Asie du sud-est, la Chine …

 

P1040219Deux lions gardiens chinois (appelés 獅 –shi- en chinois), aussi dénommés lions ou chiens de Fo en Europe, surveillent une entrée. Ces animaux protecteurs existent depuis la dynastie Han, aux premiers temps de la Chine impériale (IIIe siècle av. J.C.).

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P1040240Bouddha chinois épanoui au sourire rayonnant

P1040229Deux très jeunes bonzes ?

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Porteur d’eau et pêcheurs chinois

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P1040356Un dernier bouddha géant au large sourire


Et pour finir, le salut d’un paon

 

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Aujourd’hui – Février … à la une

Du vert dans la ville

 

« Il y a quatre grandes questions : d’où venons-nous ?  qui sommes-nous ? où allons-nous ? et qu’est qu’on va manger ce soir ? » 1 Un article précédent traitait des forêts urbaines (http://jardinsdepan.fr/blog/aujourdhui-decembre), l’idée de villes vertes et productives de plantes dédiées à l’alimentation est de plus en plus répandue, les citadins pourraient ainsi se nourrir eux-même, en tout ou partie. Plusieurs associations y réfléchissent, voici quelques sites :

  • Un site anglophone : http://www.architectureandfood.com/. L’architecte anglais Oscar Rodriguez y présente ses projets installant des serres agricoles sur les toits et les murs londoniens.

Oscar Rodriguez - Serres londoniennes Oscar Rodriguez - Serres londoniennes 2

Oscar Rodriguez – BIA04 : The Cube

  • Un site multi-langue sur les avantages de la végétalisation urbaine, dont plusieurs articles sur son action face aux risques d’incendie : http://www.biotope-city.net/

Edouard François - Eden bio ParisEdouard François architecte – Eden bio à Paris

Urbainculteurs -toits-jardins

  • Le site de l’architecte Luc Schuiten qui mène, depuis près de 40 ans, une recherche sur des maisons bioclimatiques, rêve d’habitarbres ; ces logements organiques en osmose avec le végétal. Pour les chancres urbains, il construit des jardins verticaux issus du même imaginaire poétique : http://www.vegetalcity.net/

Luc Schuiten - Ville résiliante 2050

Luc Schuiten – Ville résiliante 2050

Luc Schuiten - Arbre de lévitationLuc Schuiten – Arbre de lévitation

Luc Schuiten vous présente, entre autres,  un projet de construction de logements intégrés dans l’environnement urbain pour les sans-abri, Archihuman. Vous pouvez télécharger directement ce projet en PDF : http://luc.schuiten.be/archihuman/Archi%20Human%20Project%20WSP.pdf

ville comestible

Le Cube

  • Un architecte  parisien, Vincent Callebaut Architectures, présente un  projet vert pour la ville du Caire : « The Gate Residence ». La construction de ce complexe multi-usage commencera dans 6 mois et se terminera en 2019. http://vincent.callebaut.org/page1-img-thegate.html

Vincent Callebaut - Gate résidence Le Caire


Paysage Actualités de février propose un dossier sur le futur parisien, « Vers une métropole désirable », voici 5 visions paysagères pour un Grand Paris

Capture

 


Geste d’or pour un aménagement paysager

Hôpital Rothschild - Atelier GaudinHôpital Rothschild – Atelier Gaudin

Le Concours du Geste d’Or et son jury indépendant ont pour double objectif de recenser et de faire connaître les chantiers exemplaires concernant le patrimoine bâti existant ; quant au Label du Geste d’or [il] développe des normes spécifiques et distingue des qualités particulières : il s’agit de considérer l’acte de bâtir dans sa vocation patrimoniale, écologique et humaniste. 2 Pour la première fois, en 2014, le palmarès du Concours récompense le patrimoine contemporain et le paysage en décernant le Geste d’or à l‘aménagement paysager de l’hôpital Rothschild, dans le XIIème arrondissement de Paris.

http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/actualite/27059080-le-premier-geste-d-or-paysager-recompense-un-hopital-ouvert


 

Au Mali, des lampes solaires mobiles, faite de matériaux récupérés, éclairent des villages sans courant

Mali lampe solairehttp://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20140525.AFP8052/au-mali-des-lampes-solaires-mobiles-eclairent-des-villages-sans-courant.html


1 Woody Allen, Hannah et ses sœurs, 1986. 

2 http://www.gestedor.fr/

… des jardins médiévaux

Les jardins médiévaux n’ avaient pas tous les mêmes fonctions, quatre types principaux se distinguent

Les jardins de fermes et villages cultivés par les paysans pour leurs besoins ou ceux de leur seigneur, les espaces verts à l’entour des demeures seigneuriales conçus pour le loisir des nobles et de leurs familiers,  les jardins  des cloitres,  monastères, abbayes,  églises et autres commanderies chargés de fournir, aux moines, promenades et plantes utiles et enfin les jardins à l’intérieur des villes qui se développent et se multiplient avec l’essor urbain (à son apogée au XIIIe siècle), ces jardins urbains sont attestés entre autres par la mention fréquente de courtil et maison.

Roman de la Rose - Maitre Bernger de HorheimBergner von Horheim, Codex Manesse (début XIVe siècle)

Rustican - Pierre de Crescent2Profits champetres - Pier de Crescenzi, Maître de Marguerite d'York 1470 New York

A gauche, Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Couple dans un jardin d’agrément – 1373, BNF Arsenal.
A droite, Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Jardin en ville – enluminé par le Maître de Marguerite d’York, 1480, New York.

Diversité d’usage, mais aussi diversité temporelle : ces âges que nous appelons moyenâgeux s’étalent sur une dizaine de siècles et connaissent bien des changements. Le Haut moyen-âge portait encore nettement la marque gallo-romaine ; les espaces jardinés des grandes villas, parcs des demeures patriciennes, petits enclos paysans de la fin de l’Empire romain se sont inscrits durablement dans les paysages ruraux et urbains, malgré les désordres et  ravages des grandes invasions. Ces temps plus ou moins obscurs sont bien éloignés de ceux de la fin du Moyen-âge, ceux de la Renaissance, dont cinq siècles (seulement ?) nous séparent, et qui se sont ouverts sur d’autres horizons, les jardins se sont épanouis, comme l’espace terrestre découvert s’est alors agrandi du Nouveau monde et la flore connue en Europe s’est enrichie d’espèces et variétés de plantes venues des territoires lointains d’Outre-Atlantique et d’Asie.

Pour nous permettre de ‘visiter’ ces jardins, les archéologues relèvent les traces matérielles laissées par les jardiniers du passé, tandis que les historiens ont à leur disposition des textes et des images, et que les botanistes retrouvent et conservent les espèces végétales anciennes. Grâce à ces travaux de plus en plus nombreux, des jardiniers et paysagistes peuvent se consacrer à recréer quelques uns de ces jardins historiques, prestigieux ou modestes, fidèlement ou librement. Le parc du château de la Roche Jagu en est un exemple ; après sa destruction due à la tempête de 1987, le domaine de plus de 70 hectares put être totalement redessiné, à partir de 1992, par l’architecte-paysagiste Bertrand Paulet. Celui-ci tenait à intégrer les jardins dans le paysage naturel et bocager alentour et restaurer certaines pièces du jardin (comme les bassins à rouir le lin) retrouvées par ouï-dire des gens du lieu dépositaires de souvenirs utiles, grâce aussi aux documents conservés et à la mise à jour du terrain après la tempête. http://www.larochejagu.fr/

La Roche Jagu

La Roche-Jagu (22), été 2004

Un jardin médiéval, parmi d’autres, à visiter :  celui du Musée de St Antoine l’Abbaye-Isère, http://www.musee-saint-antoine.fr/826-jardins.htm.

Malgré leurs différences, tous les jardins médiévaux partageaient des traits communs.
  • Ils étaient toujours clos , Hortus conclusus, le terme provient de la Bible, précisément du Cantique des cantiques (4, 12) :
    Hortus conclusus soror mea, sponsa ;
    Hortus conclusus, fons signatus.
    Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée,

    Un jardin fermé, une fontaine scellée.
    Le poème poursuit la comparaison :
    Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers,
    Avec les fruits les plus excellents,
    Les troènes avec le nard;
    Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome,
    Avec tous les arbres qui donnent l’encens;
    La myrrhe et l’aloès,
    Avec tous les principaux aromates;
    Une fontaine des jardins,
    Une source d’eaux vives,
    Des ruisseaux du Liban.

La clôture pouvait être muraille  de pierre, mur de briques, palissade de bois, plessis et treillis de bois mort et de bois vif, haies végétales denses.

X Tacuinum sanitatis - tressage - RouenTacuinum sanitatis - Spinachie - Vienne

Le clos et la porte du jardin :
Tacuinum sanitanis,
BNF Paris 9333 (TSP2) – Récolte de chou
Tacuinum sanitanis, manuscrit viennois (TSV) – Cueillette d’épinards

  • Leur architecture était généralement construite sur un plan régulier, centré, souvent en croix. Plusieurs espaces étaient individualisés, présents dans chaque jardin : le potager ou hortus pour nourrir les uns et les autres « ; le jardin des simples ou herbarius pour se soigner (dans les monastères, il se trouvait à proximité de l’apothicairerie) ; le verger ou viridarium, protégé de charmilles et petits buis, était planté d’arbres fruitiers, mais pas exclusivement, d’arbustes et de fleurs bouquetières (dans certaines abbayes, le verger sert aussi de cimetière). Dans les jardins de maisons religieuses s’ajoutait  à ces 3 jardins, un autre type d’espace, le jardin de cloître, l’hortus conclusus. Situé au centre des bâtiments conventuels, dessiné sur un plan carré divisé en quatre parties par des allées, avec généralement un point d’eau centré, et ceint d’un promenoir couvert, c’était pour les clercs le reflet du Paradis. Dans les jardins des demeures seigneuriales, c’étaient les préaux et prés fleuris, qui se devaient de rappeler l’Eden, l’hortus deliciarum, le jardin des délices. Animés de petites chambres, délimitées par les berceaux et claies où s’étalaient la vigne en treille et les rosiers parfumés 1, auxquels se joignaient les effluves des lavandes et oeillets, ces espaces s’égayaient  de fontaines indispensables, et assez souvent de volières, de paons et d’autres animaux parfois rares et exotiques. Ces lieux aristocratiques n’avaient d’autre fonction, au Bas moyen-âge,  que de permettre de s’ébattre et se réjouir, en toute courtoisie. Typiques des jardins d’agrément, les bancs et banquettes engazonnées, avec ou sans soubassement de briques, permettaient aux couples de deviser.

Rustican, Banquette verte et jardin d'agrément - Pierre de Crescent, 1470, BNFGuillaume de Lorris et Jean de Meun - Le roman de la Rose

A gauche : Pierre de Crescens, Rustican ou Livre des profits champêtres, Couple sur une banquette – 1373, BNF Arsenal.
A droite : Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la Rose – manuscrit d’Engelbert de Nassau, fin XVe siècle,  British Library  Harley MS 4425, f.12v. détail.

  • Les parcelles cultivées étaient le plus souvent découpées en damiers ou présentaient des planches carrés ou circulaires de quelques m2, ces surfaces étaient ceintes de plessis et surélevées, avant d’être plantées ; ce système présente l’avantage de mieux réchauffer la terre, de drainer le sol sans l’assécher et de limiter l’intrusion d’animaux indésirables. Les jardins utilisaient largement les plessis : technique pratiquée sur des haies vives en fendant les troncs des arbustes – noisetiers, chataigniers – près du sol, puis en les inclinant et les tressant ; autres alternatives de plessage : tressage de bois vert souple comme les jeunes pousses de saule ou encore tressage de bois mort. Ces plessis étaient utilisés pour clore, isoler, dessiner les platebandes, former des supports, arches et tonnelles.

Plessis saule vert croisé

La-Roche-Jagu-fevrier-2011-006

La Roche-Jagu (22), printemps 2011

Tacuinum sanitatis - Salvia - CatanatenseTacuinum sanitatis - Agrestum, Verjus - BNF Latin 9333 -

Tacuinum sanitanis, B. Casanatense à Rome (TSC) – Carré de sauge Tacuinum sanitanis, BNF Paris 9333 (TSP2) – Verjus pressé à l’ombre d’une vigne palissée

  • Enfin, les mêmes plantes étaient cultivées dans tous ces jardins, en tenant compte bien sûr des impératifs climatiques qui en interdisaient certaines, comme aujourd’hui.

Les plantes des jardins médiévaux

  • Une partie importante des végétaux utilisés au Moyen-âge est regroupée sous le terme générique d’herbes. Les herbes ce sont aussi bien les plantes médicinales et les plantes condimentaires, que les plantes alimentaires consommées crues ou cuites. Les herbes destinées à être cuites sont les plantes potagères, stricto sensu, c’est à dire celles qui cuisent au pot : olera (olus au singulier) utilisé jusqu’au Xe siècle, puis potherbes ; ensuite les ierbes, herbages, ortillage, courtillage, verdures et racines désignent toutes les plantes consommables, cuites ou non. Le terme lesgum ( légume à partir de 1575, nom alors exclusivement féminin) vient du latin legumen (de legere = cueillir), il était réservé aux actuelles légumineuses (plantes à gousse). Les plantes médicinales ont été d’abord nommées en latin, simplicis medicinae ou simplicis herbae, puis l’expression a été francisée en simples médecines (remède simple) ou simples, récoltées telles quelles dans la nature (Hildegarde de Bingen se méfiaient des plantes sauvages), ou mieux dans le jardin ou achetées chez les herbiers (herboristes) et épiciers. Les simples étaient à la base de la pharmacopée médiévale qui opposait celles-ci aux compositae (mélanges composés) fournies   par les apothicaires et autres triacleurs (vendant des thériaques ou panacées, c’est à dire des remèdes sensés être  efficaces contre un très grand nombre de maladies à la fois). Le terme drogue (dérivé de l’ancien anglais driggen signifiant sécher) apparait au XIVe siècle pour désigner tout remède, fait référence aux plantes séchées.
  • Certaines plantes nommées dans les textes d’époque sont utilisées dans l’alimentation pour leurs grains : Avena sativa = avoine (abandonnée au bétail au XIIe siècle), Fagopyrum esculentum = sarrasin, Hordeum vulgare = orge (la première céréale cultivée au Néolithique, matière première de bouillie, sucre d’orge, sirop d’orgeat,  cervoises et bières), Panicum miliaceum = millet, Secale cereale = seigle (introduit au Ve siècle) et les blés (Triticum aestivum = froment, Triticum monococcum = engrain, Triticum spelta = épeautre, Triticum turgidum = amidonnier) ; le riz (Oryza sativa) est connu, généralement importé d’Asie, mais l’Italie puis le sud de la France en cultive à la fin de la période médiévale.
  • D’autres plantes sont cultivées pour leurs gousses et autres fruits : Fasioli = doliques ou mougettes (proche du haricot), Lentes = lentilles, Faba = fève, Pisos = pois et Cicera = pois chiche ; Cucumeres = concombres, Cucurbite = gourde (courge), Melones dulces = melons et pastèques, Melongiana = aubergine . Par contre on ne connait pas encore les plantes natives du continent américain comme le maïs, les pomme de terre et tomate, le haricot vert, les citrouille et potiron introduits progressivement aux XVIe et XVIIe siècles.

Tacuinum sanitatis - Cicera, Pois chiche - VienneTacuinum sanitatis - Faba, Fève - BNF Latin 9333 - 47Tacuinum sanitatis - Favioli - BNF Latin 9333 - fol. 48vTacuinum sanitatis - Cucurbite - VienneTacuinum sanitatis - Melones - ParisTacuinum sanitatis - Melongiana, Aubergine - Vienna 2644 folio 31v

Tacuinum sanitanis BNF Paris 9333 (TSP2), sauf la 6e illustration extraite de l’exemplaire conservé à Vienne (TSV) – Cicera, Faba, Fasioli, Cucurbite, Melones dulces, et Melongiana

  • Les plantes appelées verdures sont cultivées pour leurs feuilles et pousses consommées crues ou cuites : arroche, Blete = blette (amaranthe) et chénopode (toutes trois proches de l’épinard), Sparagus = asperge, aurone (feuille au parfum citronné, qui aromatise la bière), cardon (entre chardon et artichaut),  chicorée, Caules onata = chou, Lactuce = laitue, maceron (proche du céleri-branche), mauve, nasitord (cresson alénois), roquette.

Tacuinum sanitatis - Asparagus, Asperge - Paris Tacuinum sanitatis - Blette - RouenTacuinum sanitatis - Caules onati - RouenTacuinum sanitatis - Lactuce - Rouen

Tacuinum sanitanis BNF Paris 1673 (TSP1)Sparagus ; Tacuinum sanitanis manuscrit de Rouen (TSR)Blete , Caulis onata et Lactuce

  • Les racines (mot désignant d’abord les causes, utilisé à partir de 1155 dans le sens de bulbes et racines alimentaires) citées par les textes médiévaux sont nombreuses : ail, ciboule et ciboulette, échalote, oignon et Porri = poireau ; ache (céleri), bardane (feuille en salade et racine comme le salsifis), bette (ancêtre des betteraves), chervis (racine au goût proche de la patate douce), chou-rave (navet), Pastinace = carotte, chervis (proche des panais) et panais, radis noir.

Tacuinum sanitatis - Pastinace, Carotte - Casanatense Tacuinum sanitatis - Pori - Vienne

Tacuinum sanitanis, B. Casanatense à Rome (TSC) Pastinace ; Tacuinum sanitanis, manuscrit viennois (TSV) – Porri

  • Les condimentaires et aromatiques sont précieuses car largement consommées et utilisées également pour soigner : ammi (cumin d’Ethiopie), Aneti = aneth, anis, balsamite (proche des menthes), carvi, cataire, cerfeuil, coriandre, cumin, estragon, fenouil, fenugrec, guimauve, livèche, Maiorana = marjolaine, menthes douce, pouliot  et sauvage, moutarde, nigelle (cumin noir), origan, persil, romarin, rose, sarriette, sauge, sclarée (sauge).

Tacuinum sanitatis - Aneti, Aneth - VienneTacuinum sanitatis - Maiorana - Vienne

Tacuinum sanitatis de Vienne (TSV) Aneti, Maiorana

  • Et encore quelques autres plantes, à usage hygiénique (la saponaire donne un savon), textile (chanvre, lin et ortie), tinctorial (Carthamus tinctorius ou carthame pour les jaune vif à rouge, Crocus sativa ou safran pour un jaune d’or précieux, Isatis tinctoria ou guède ou pastel pour ses tons bleus, Reseda luteola ou gaude pour des jaunes solides, Rubia tinctoria ou garance pour le rouge), médicinal, bouquetier et ornemental : acanthe, achillée, ancolie, arnica, asaret, aspérule, bleuet, camomille, chélidoine, consoude, digitale, épurge, iris, joubarbe, lis, Mandragora = mandragore, pavot, potentille, pulmonaire, Ruta = rue, sabine, santoline, saxifrage, scille, souci, tanaisie, valériane et bien d’autres encore qui sont souvent devenues aujourd’hui nos ‘mauvaises herbes’.

  Tacuinum sanitatis - Fructus Mandragora - Vienne            Tacuinum sanitatis - Ruta, rue - Paris

Tacuinum sanitatis de Vienne (TSV) Mandragora ; Tacuinum sanitatis de la BNF-Paris, 1673 (TSP1)Ruta

  • Sous les Carolingiens, les fruitiers indispensables sont : amandier, châtaignier, noyer, noisetier, pin pour les fruits secs ; cerisier,  figuier, pêcher, pommier, poirier, prunier, mais aussi cognassier, mûrier, néflier et sorbier et le laurier pour ses feuilles, sans oublier la vigne et les petits fruits rouges. Voici quelques arbres fruitiers dont les illustrations sont extraites du manuscrit Tacuinum sanitanis conservé à la  BNF – Paris sous la cote 9333 (TSP2) :

Tacuinum sanitatis - Amiggdale dulces, Amande douce - BNF Latin 9333 - 15vTacuinum sanitatis - Avelane, Noisette - BNF Latin 9333 - 14v

Amigdale dulces = amande douce & Avelane = noisette

Tacuinum sanitatis - Castance, Chataigne - BNF Latin 9333 - 14Tacuinum sanitatis - Nucce, Noix - BNF Latin 9333 - 13

Castane = châtaigne & Nuces = noix

Tacuinum sanitatis - Cerosa acerosa - BNF Latin 9333 - fol. 9Tacuinum sanitatis - Cerosa dulce, Cerise - BNF Latin 9333 - 8v

Cerosa acerosa = cerise aigre & Cerosa dulce = cerise douce

Tacuinum sanitatis - Mala - BNF Latin 9333 - 6Tacuinum sanitatis - Pira - BNF Latin 9333 - 3v

Mala = pomme & Pira = poire

Tacuinum sanitatis - Granata acerosa - BNF Latin 9333 - fol. 4Tacuinum sanitatis - Juiube - BNF Latin 9333 - 12v

Granata acerosa = grenade & Juiube = jujube

Tacuinum sanitatis - Musse, Banane - BNF Latin 9333 - fol. fol. 17vTacuinum sanitatis - Nabach i cedum, Citron - BNF Latin 9333 - fol. 8

Musse = banane & Nabach i cedum = cédrat

Tacuinum sanitatis - Olive - BNF Latin 9333 - 13vTacuinum sanitatis - Sicomiro mora - BNF Latin 9333 - 7

Olive & Sicomiro mora = figuier


Les jardins et végétaux du Moyen-âge nous sont connus par des sources archéologiques et historiques, dont une iconographie d’autant plus riche qu’elle est tardive.

  • Le plan de l’abbaye de St Gall (exécuté entre 816 et 820) précise les affectations des différents bâtiments et jardins prévus, jusqu’au nom des plantes à y cultiver. Les jardins y sont de trois types : les trois jardins de cloitre au cœur des bâtiments conventuels (le grand cloitre des moines et les deux plus petits des novices et de l’infirmerie) sont dessinés sur un même plan carré divisé en quatre parties et ceint d’une promenade couverte ; le verger ou viridarium sert aussi de cimetière ; le jardin des simples ou herbarius, à proximité de l’apothicairerie, est divisé en dix plate-bandes,  et le potager ou hortus est desservi par une allée centrale délimitant deux rangées de neuf plate-bandes chacune.

St Gall cloitre des moines

  • Le  Capitulare de villis vel curtis imperii (Capitulaire des villas de la cour impériale) 2 contient 3 capitules (articles), les 43, 62 et 70, qui listent une centaine de plantes dont la culture est ordonnée dans les tous les jardins du futur empereur, soit  73 herbes, 16 arbres fruitiers, 3 plantes textiles et 2 plantes tinctoriales.

Capitulare-de-villis-vel-curtis-imperii

  • De cultura hottorum (De la culture des jardins), de l’abbé de Reichenau (en Souabe) Walafrid Strabon (808-849), est un poème de 444 vers, consacré à 24 plantes médicinales cultivées à l’abbaye.
  • Le livre des subtilités des créatures divines (aussi connu sous le titre Physica) est un traité de l’abbesse bénédictine d’origine franconienne Hildegarde de Bingen (1098-1179). Cet ouvrage traite de 230 plantes, 14 éléments, 63 arbres, 26 pierres, 36 poissons, 72 oiseaux, 45 bêtes sauvages, 8 reptiles et 8 métaux, associant à chacun ses natures (froid, chaud, sec, …), bénéfices et nocivités.
  • Circa instans ou Liber de simplici medicina (Le livre des simples médecines) de Matthaeus Platearius, issu d’une famille de médecins de Salerne, a été rédigé au XIIe siècle, il regroupe les plantes médicinales connues alors, avec une notice sur leur emploi. Il nous a été transmis par une copie manuscrite du siècle suivant (Ms. 3113 de la Bibliothèque Ste Geneviève de Paris), en latin, qui devint la référence obligée des herbiers (herboristes)  parisiens pendant des siècles.

            Platearius, Le livre des simples médecines, Fraise, vers 1480, BnF, 12322 fol. 153Platearius, Le livre des simples médecines, Gimgembre, vers 1480, BnF, 12322 fol. 183

Platearius, Le livre des simples médecines, Fraise & Gingembre, vers 1480, BnF, 12322 fol. 153 & 183.

  • Le dominicain Albert le Grand reprend les traités d’Aristote et décrit 400 simples en énumérant leurs propriétés médicinales dans son De Vegetabilibus rédigé au plus tard en 1260.
  • Les Tacuinum sanitatis (tableaux de santé en latin médiéval) , sont des manuscrits occidentaux inspirés par le Taqwim as-sihha d’Abu’l Hasan Ibn Butlan, médecin chrétien vivant à Bagdad, au XIe siècle ; le traité original, rédigé en arabe, sans illustration, comportait 280 articles, il fut l’objet de 17 traductions en latin ne comportant plus en moyenne que 200 articles. Ces ouvrages regroupaient des conseils pour garder une bonne santé, grâce en particulier à une alimentation réfléchie, où les végétaux tenaient une place importante. Plusieurs versions furent illustrées, la première probablement à initiative du duc de Milan Jean Galéas Visconti,  il n’en subsiste aujourd’hui que 6.  3
  • Le Rustican ou Livre des profits champêtres de Pierre de Crescens a été copié et recopié ; un exemplaire de 1373 se trouve aujourd’hui à la BNF-Arsenal ; un autre, enluminé par le Maître de Marguerite d’York, daté de 1480 est conservé à New York.

Rustican, cultures - Pierre de Crescent, 1470, BNF

Pierre de Crescent, Rustican – BNF

  • Le Ménagier de Paris est un livre manuscrit daté de 1393 et attribué à un bourgeois parisien désireux de faire connaître à sa jeune femme comment être une bonne épouse et bien tenir sa maison. Il contient des recettes de cuisine, des conseils de jardinage et de chasse, des leçons d’économie domestique et de savoir-vivre.
  • Les très nombreuses Heures parmi lesquelles, les célèbres Très Riches Heures du duc de Berry (Paul, Jean et Herman de Limbourg, 1411-1416, Chantilly-musée Condé), mais aussi les Heures de Marie de Bourgogne, les Heures de Jeanne de Navarre, et les Heures d’Anne de Bretagne 4 présentent des scènes de jardin renseignant sur la période du Bas moyen-âge.

©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽdaLes Très Riches Heures du duc de Berry – Calendrier : avril.

Grandes Heures Anne de Bretagne, Evangile de Jean - enl. Jean Bourdichon, 1503-1508, BNF

Grandes Heures Anne de Bretagne, Evangile de Jean – enluminure de Jean Bourdichon, 1503-1508, BNF

  • La Théséide (manuscrit 2617, ONB, Vienne) est le seul manuscrit enluminé du texte de Boccace, traduit et copié vers 1460 et 1470, dans l’entourage de René d’Anjou ; ces miniatures sont attribuées à Barthélemy d’Eyck et au Maître du Boccace de Genève, la feuille 53 représentant Émilie au jardin est une illustration fréquemment utilisée pour évoquer les jardins médiévaux.

Théséide - Boccace ill. Barthelemy d'Eyck - VienneBoccace, La Théséide, manuscrit 2617, ONB, Vienne

  • Le Livre des Echecs Amoureux d’Evrard de Conty, (BNF, ms. fr. 143) enluminé par Robinet Testard (1475-1523).

Le jardin symbolique

Evrard de Conty, Echecs amoureux, Jardin de Deduit, enluminure de Robinet Testard –   vers 1497, BNF-Paris

  • Le Roman de la Rose (de Jean Renart – début XIIIe siècle – suivi de l’œuvre du même titre de Guillaume de Lorris et Jean de Meung) a connu un grand succès littéraire, et a été maintes fois recopié et illustré : plus de 300 manuscrits en sont conservés dont ceux de la BNF (près d’une centaine dont 12786, 378), ceux d’Oxford (Bodleian Library, dont Ms. Douce 195 qui rassemble 125 enluminures de Robinet Testard et le manuscrit conservé à la British library, Harley MS 4425 daté autour de 1500 et qui contient 92 grandes miniatures attribuées au Maitre des livres de prières d’Engelbert II de Nassau. Il existe aussi sept incunables imprimés avant 1500 : à Genève vers 1481, puis 2 à Lyon dans les années 1480 et 4 à Paris dans les années 1490, une édition lyonnaise de 1503 est illustrée avec 140 gravures sur bois. http://romandelarose.org/App.html?locale=fr

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 Guillaume de Lorris et Jean de Meung, Le roman de la Rose, enluminure de Robinet Testard, Oxford Ms. Douce 195.

  • Les verdures étaient l’un des noms de ces tapisseries aussi appelées millefleurs et ayant pour cadre des jardins. Les plus célèbres sont les 6 tapisseries formant la tenture de la Dame à la licorne. Crocus, giroflée, iris florentin, lys de la Madone, muguet, narcisse, pâquerette, pensée, pervenche, pivoine, primevère, renoncule et violette, printaniers, y côtoient jasmin, lupin, marguerite, œillet, rose et souci, estivaux, sous le couvert de chêne, houx, oranger et pin parasol.

La Dame à la licorne0La Dame à la licorne4

La Dame à la Licorne : le Goût (Cl. 10831, détail 3) & l’Ouïe (Cl. 10833, détail 2) http://www.musee-moyenage.fr/collection/oeuvre/la-dame-a-la-licorne.html.


1 Comme la rose de Damas (propable parent du rosier cent-feuilles ou rose de mai, Rosa × centifolia) rapportée des Croisades et avec elle, les roses de Chypre, de Crète, de Pylos, de Rhodes et du Mt Bernion en Macédoine.

2 Le dernier exemplaire de ce manuscrit est conservé dans la bibliothèque de Wolfenbüttel (Allemagne) ; cette ordonnance  a été probablement rédigée par Alcuin à la demande de  Charlemagne (entre 770 et 800, d’après Marc Bloch, Revue historique, t. 143, 1923, p.40-56) et édictée à l’intention des  gouverneurs des domaines royaux. http://www.marcbloch.fr/articles.html

3 Deux versions sont conservées à la BNF à Paris, l’une de 103 feuillets, d’origine lombarde, datant de 1380-1390, sous la cote 1673 (abrégé pour les illustrations présentées ici par TSP1), et l’autre d’origine rhénane datée de 1445-1451, cote 9333 (TSP2) ; une version de 86 feuillets, exécutée entre 1380 et 1400 probablement en Vénétie, se trouve à Liège ; celle, comportant 109 feuillets, réalisée par deux enlumineurs lombards vers 1390-1400 pour la famille Cerruti de Vérone est depuis 1936 propriété de la Bibliothèque Nationale d’Autriche à Vienne (TSV) ; une autre version de la même région et période, faite de 107 feuillets, se trouve à la Biblioteca Casanatense à Rome sous le titre Theatrum sanitanis (TSC) ; la version la plus tardive, datant de 1450 environ, est visible pour partie à la Bibliothèque municipale de Rouen (TSR) et pour l’autre part propriété d’un collectionneur privé.

4 La publication d’un ouvrage à partir de cette source est prévue pour février 2015 : Michèle BilimoffPromenade dans les jardins disparus : les plantes au Moyen-Age d’après les Grandes Heures d’Anne de Bretagne (BNF337) – Ouest France

Au jardin, cet hiver

Vous avez un jardin, voici quelques pratiques à mettre en œuvre dès aujourd’hui, pour l’entretenir plus écologiquement cet été, et en plus c’est gratuit ou presque …

 

Récupérer l’eau de pluie : c’est économique et écologique, et de plus cette eau est la mieux adaptée pour les plantes (pas de chlore, moins de calcaire, etc.) Installez ou faites installer un récupérateur dès maintenant.

Faire son propre compost, c’est facile. Il provient de déchets végétaux qui se décomposent pendant 6 mois à 1 an et se transforment progressivement en un terreau riche en substances organiques. Le compost s’utilise en le mélangeant avec la terre franche du terrain pour enrichir le sol au moment des plantations, plus besoin d’engrais.
• Il se fera plus vite et mieux si les déchets sont de petite taille : casser les bois en petits morceaux.
• Il sera bien équilibré s’il est composé de 50 % de déchets ligneux (déchets de taille, petites branches, écorces, sciures, etc.) et 50 % de déchets verts (feuilles, déchets de tonte, épluchures, etc.). Éviter les branches trop grosses, les résineux (cyprès, thuya, etc…) et le liseron.
• Il sera sain si vous écartez les végétaux atteints de maladies ou porteurs de parasites (l’idéal est de détruire dans un incinérateur de jardin ces plantes infectées, les cendres sont saines et peuvent alors rejoindre le bac à compost ou être utilisées seules).
Saint-Brieuc Agglo propose aux habitants un kit de compostage (guide sur la pratique du compostage, composteur 400L, bioseau pour les déchets récupérés dans la cuisine et mélangeur) avec composteur en plastique 100% recyclé, au prix attractif de 15 € (adressez-vous directement à votre mairie). Un autre modèle de composteur, en bois, est également proposé pour 20€ (uniquement vendu lors des ateliers compostage, s’informer au 0 810 121 600).
http://www.saintbrieuc-agglo.fr/fileadmin/memo_compostage_individuel.pdf

Récupérer vos déchets de tonte et vos feuilles mortes pour en faire un paillis naturel protecteur et nourrissant. Les paillis dégradables sont des matériaux organiques comme la paille, le gazon, les feuilles mortes, les copeaux de bois ou le carton. Ils jouent un rôle protecteur face aux intempéries et en se dégradant, ils enrichissent le sol en minéraux (les paillis de gazon et feuilles apportent de l’azote), favorisent la micro-faune du sol et attirent les vers de terre, auxiliaires précieux du jardinier.

Remplacer insecticides et autres traitements chimiques par des recettes naturelles :
• Les nichoirs et un peu de nourriture attirent les oiseaux pendant l’hiver ; au printemps et en été, ils seront là et se nourriront d’insectes et de larves indésirables. Les rouges-gorges sont friands de vers et les grives ont le bec dur face aux escargots dont elles se régalent.
• De même un abri à insectes permet à ceux-ci de passer la saison froide à l’abri de feuilles mortes, pailles et brindilles et d’être prêts à dévorer les parasites des plantes dès les premiers rayons printaniers :  chrysopes, coccinelles et syrphes (au stade adulte et plus encore au stade larvaire) s’attaquent aux acariens, cochenilles et pucerons phytophages (qui se nourrissent au détriment des plantes).
• C’est aussi le moment de faire ou faire faire les traitements d’hiver sur vos arbres. En appliquant ces produits biologiques, notamment des huiles organiques, il est possible d’éliminer les formes hivernantes des insectes indésirables (œufs d’hiver).

Aujourd’hui – Janvier … à la une

L’école nationale supérieure de paysage de Versailles-Marseille rend hommage à son ancien élève et maître, le paysagiste Louis Maunoury

http://www.ecole-paysage.fr/site/ensp_fr/Deces-de-Louis-Maunoury.htm

Le paysagiste Louis Maunoury est décédé 17 novembre 2014. Diplômé de l’ENSP en 1981, il avait enseigné à plusieurs reprises à l’école. Son travail de diplôme « la mort en ce jardin », travail extrêmement marquant, résonne aujourd’hui d’une manière presque bouleversante. On lui doit plusieurs réalisations majeures, dont le jardin d’Eole à Brest, avec l’artiste Nils Udo. Gilles Clément a écrit ceci de lui : « Le travail de Louis Maunoury combine l’art de la scénographie avec les contraintes du site et les éléments du programme que suggère toujours un espace livré au public. Les tensions, les rythmes, les scansions provoquées par le pincement des perspectives et des points précisément choisis pour agrandir la profondeur de champ ou l’interrompre, font l’objet d’une recherche précise et raffinée. Cet entêtement à la construction bien tempérée pourrait correspondre à un engagement classique de la mise en espace d’un jardin si le choix des espèces, leurs contrastes dans les agencements, le rapport des plages de lumière et d’ombre, la précision des formes inventives, ne venaient à tout moment contredire la calme évidence des paysages pour en faire des territoires poétiques, délicatement subversifs. Au-delà d’un traitement de l’espace public, cette manière d’opérer, quoique tributaire d’un savoir technique, s’apparente directement à l’art. Dans l’ensemble multiple que constitue le monde paysage en Europe et ailleurs, il faudra bien un jour que l’on y reconnaisse la part entière de l’artiste. Louis Maunoury, de mon point de vue, entre dans cette catégorie, c’est un artiste ».

La Fédération française du paysage fait également un résumé de la carrière et de l’apport à l’art paysager de Louis Maunoury :  http://www.f-f-p.org/fr/actualites/5/1390/

Parc d'Eole Brest Maunoury

Parc d'Eole Brest - cascade - Maunoury

Parc d’Eole au cœur de  Brest

http://www.brest.fr/ecologie-urbaine/les-espaces-verts/le-parc-deole.html

Le 29 octobre 2014, c’était Michel Corajoud qui disparaissait   : http://www.ecole-paysage.fr/site/ensp_fr/Disparition-de-Michel-Corajoud.htm

Corajoud-parc-Gerland-17

Le pard Gerland à Lyon – http://corajoudmichel.nerim.net/


En accueillant une gigantesque serre équatoriale, l’aéroport de Singapour se mue en site touristique

Un article de John Sapporo pour Le Moniteur.fr, publié le 09/12/2014 :

Aéroport de Singapour - Amén paysager PWC
http://www.lemoniteur.fr/181-chantiers/article/actualite/26656140-en-accueillant-une-gigantesque-serre-equatoriale-l-aeroport-de-singapour-se-mue-en-site-touristique


Le PEM de La Baule-Escoublac en concours

Le Pôle d’échanges multimodal de La Baule-Escoublac qui doit beaucoup à son aménagement paysager est en concours avec 24 autres réalisations pour le Prix Départemental d’Architecture, d’Urbanisme et d’Aménagement de Loire-Atlantique 2014. Ce parc relais de 203 places et gare routière 7 quais, au Nord et au Sud de la gare de La Baule, bénéficie d’espaces reconfigurés avec quelques édicules dans la continuité du paysage balnéaire de La Baule et de l’architecture balnéo-ferroviaire des années 20. Le projet se développe autour de la pinède : canopée de pins, sols ocres, parvis de granit clair. Cette écriture légère fait contrepoint à la masse de granit imposante de la gare, et annonce sans doute la plage… Maître d’ouvrage : Cap Atlantique – Conception : RICHEZ & ASSOCIÉS Architecture, Urbanisme et Paysage, Paris – Date d’achèvement : 2010 – Surface :  18.000 m² – Coût : 4 M€. http://www.architectureprixpublic.fr/portfolio/pole-dechanges-multimodal-de-la-gare-la-baule-escoublac/

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 La Victoire du Paysage vient d’être attribuée à la Promenade du Paillon à Nice.

Les anciens Grand Prix du Paysage (décerné chaque année paire, de 1990 à 2000, par le gouvernement à «un paysagiste concepteur de nationalité française dont il consacre soit l’ensemble des réalisations, soit une œuvre exceptionnelle ou exemplaire, soit sa contribution au développement des idées, des concepts dans le domaine du paysage») et Trophée du Paysage (décerné chaque année impaire, de 1989 à 2001, par le gouvernement à un paysagiste débutant et ses partenaires pour la conception d’une opération exemplaire réalisée depuis au moins 3 ans) ont été remplacés de 2005 à 2007 par un Prix du Paysage unique et annuel (récompensant une réalisation exemplaire) auquel a succédé le Grand Prix national du paysage. En 2000, la Convention européenne du paysage ou Convention de Florence  (en vigueur depuis 2004) a été à l’origine du Prix du paysage du Conseil de l’Europe décerné pour la première fois en 2009, puis en 2011 et 2013.
http://www.coe.int/t/dg4/cultureheritage/heritage/landscape/Publications/LandscapeAwards_fr.pdf
Depuis 2008, ce sont les professionnels du végétal représentés par Val’hor qui ont lancé un nouveau concours : les Victoires du paysage. Pour leur quatrième édition, le 11 décembre 2014 à Paris, 31 prix ont été remis dont la Victoire.
http://lesvictoiresdupaysage.com/site/les-victoires-du-paysage-2014;jsessionid=8HzXA6WKitp3tE!br0E5Mj7K.gl3?pg0=site

Le Grand Prix du Paysage a été remis à : Jacques Simon (1990), Michel Corajoud (1992), Allain Provost et Jacques Sgard (1994), Bernard Lassus (1996), Gilles Clément  (1998), et Isabelle Auricoste (2000).
Une mention spéciale du jury du Trophée du Paysage a salué, en 1991, le travail du paysagiste Louis Maunoury pour le Jardin d’Éole à Brest , réalisé avec la participation de l’artiste Nils Udo.
http://www.brest.fr/ecologie-urbaine/les-espaces-verts/le-parc-deole.html
Le Prix du Paysage a distingué successivement : le parc Saint-Pierre à Amiens par Jacqueline Osty en 2005, le parc de la Deûle à Lille par Jacques Simon et JNC international SA (Jean-Noël Capart, Yves Hubert) en 2006, le parc des Cormailles à Ivry-sur-Seine par l’Agence Ter (Henri Bava, Michel Hoessler, Olivier Philippe) en 2007.
Le Grand Prix national du paysage a couronné le Port aux Cerises de l’Agence Latitude Nord (Laurence Vacherot et Gilles Vexlard) en 2009 et en 2012 c’est la réalisation costarmoricaine du Grand Pré à Langueux, de la paysagiste Laure Planchais, qui a été choisie.

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Le premier Prix du paysage du Conseil de l’Europe (2008-2009) a été décernée au parc de la Deûle à Lille (déjà mentionné plus haut), le dernier prix européen (2012-2013) a été attribué à la préservation écologique de la vallée fluviale de Szprotawa, en Pologne. Le jury européen a salué le projet présenté par la France en 2013 en termes élogieux : Le Parc du Grand Pré occupe 12 hectares entre ville et nature. Il montre comme résultat un lieu de convivialité qui redonne une cohérence à un territoire morcelé. Il ouvre des connexions avec les villages et les espaces avoisinants. Ce parc autorise des utilisations récréatives multiples et permet de développer une pédagogie au service de la promotion du développement durable. Le projet se veut l’expression d’une nouvelle qualité urbaine et a changé l’image de « cité dortoir » de Langueux. Il vise à produire des espaces de rencontre propices aux échanges et à la mixité sociale. Pour tout savoir sur le Grand pré de Langueux : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Grand_Prix_National_du_Paysage_2012.pdf

Cette année 2014, c’est la Promenade du Paillon à Nice, une longue coulée verte au cœur d’un tissu urbain dense, qui a été distinguée par la Victoire du paysage. L’aménagement paysager a été conçu par les paysagistes Christine et Michel Péna dont l’agence Péna et Peña a aussi assuré la maîtrise d’œuvre de cette réalisation qui occupe 12 hectares.
Site de l’agence : http://www.penapaysages.com/
La promenade
longue  de 1,2 km qui conduit du théâtre à la mer est un voyage botanique à travers les continents avec traversée d’un miroir d’eau et d’un plateau des brumes et rencontre d’un bestiaire marin.

Nice-coulée-verte Promenade du Paillon NicePromenade du Paillon Nice - Campus Nice-matin

 http://www.nice.fr/fr/parcs-et-jardins/la-promenade-du-paillon  http://www2.nice.fr/expression/30/ pages 8 à 11
&
http://www.lemoniteur.fr/129-evenement/article/actualite/26710759-paysage-nice-decroche-la-victoire-des-victoires


Aujourd’hui – … Forêts urbaines

Forêts urbaines

Une forêt de 400 m de long au dessus de la Tamise …

 

Garden Bridge London (Crédit Arup)Garden bridge London - coupeGarden Bridge – London (Crédit Arup)

Le district londonien de Westminster city a donné son accord à la construction du pont végétalisé, Garden Bridge, projet de l’architecte Thomas Heatherwick, assisté des ingénieurs du bureau d’études Arup et  du  paysagiste Dan Pearson. L’ouvrage, long de 400 mètres, enjambera la Tamise sous le couvert d’une bande de forêt. Les arbres et plantes ont été choisis pour leur particulière résistance à cet environnement ; la profondeur et la nature des sols étudiés pour permettre la bonne croissance des racines et donc la stabilité des végétaux, renforcée par les ancrages et supports nécessaires ; un système d’irrigation a été étudié avec attention et intégré dès la conception. Ce qui sera peut-être l’icône de Londres au XXIe siècle doit être financé à hauteur de 175 millions de livres et devrait être ouvert au public en 2018 : http://www.gardenbridgetrust.org/assets/prospectus.pdf


Comment transformer un seul arbre en toute une forêt :

 

Miroir aux cerisiers japonais© Shigetomo Mizuno – Mirrors café par Bandesign (Gifu, Japon)

A Gifu, l’agence Bandesign a imaginé Mirrors, un café dont la façade en miroirs crée un mirage de forêt de cerisiers. Extérieur et intérieur jouent sur les sensations visuelles liées aux arbres implantées sur la parcelle et en bordure de voirie.

Les deux pavillons qui composent le café conçu par l’agence japonaise Bandesign forment un angle dont les façades sont revêtues de miroirs étincelants. Face à ces miroirs, une rangée de cerisiers, bordant la voirie et un canal, crée un motif qui se démultiplie par réfraction. Au printemps, lors de la floraison des cerisiers, l’impression d’être au cœur de la nature est accentuée par l’éclat immaculé du gravier blanc disposé au sol au pied du bâtiment. A l’intérieur du café, l’enchevêtrement visible des poutres de bois sombre au plafond fait naître la sensation d’être assis sous des branchages. Les murs sont peints dans les tons de la végétation : rouge comme les fleurs des 3 camélias présents sur la parcelle qui fleurissent un peu avant les cerisiers et vert comme le feuillage.

Source : « Mirrors café in Gifu by Bandesign » – Urdesign – 26/11/2014 – Article en anglais, remarqué par Le moniteur : http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/insolite/26765564-japon-miroirs-aux-cerisiers-pour-un-cafe


Potagers et vergers envahissent murs et toits des métropoles.

Frame, la brasserie de l’hôtel Pullman (Paris-15e), dispose depuis peu, sur son toit, d’un potager quasi bio de 600 m2, utilisable en direct par le restaurant. Le maitre d’œuvre en a été l’entreprise Topager spécialisée dans l’implantation de potagers urbains et refuges de biodiversité en ville en particulier sur les toits (et avec garantie décennale), comme à AgroParisTech où se déploie un potager scientifique. http://topager.com

Topager-20-5© Topager (tous droits réservés).

Au Canada, à Montréal exactement, Les Fermes Lufa ont construit en 2011 un prototype de ferme urbaine de 3000m2. Une ferme originale car le fondateur, Mohammed Hage, a eu l’idée de bâtir une immense serre pour abriter un jardin potager sur le toit d’un édifice à bureaux du quartier Ahuntsic-Cartierville. Récupération de l’eau pluviale, ainsi que récupération des eaux d’irrigation à 100% et méthodes de culture hydroponiques  sont à la base du projet avec une lutte contre maladies et ravageurs exclusivement biologique. La première unité est capable de subvenir à l’alimentation de 2 000 personnes. Une deuxième ferme a été inaugurée en 2013 à Laval (Canada). Site de l’entreprise : https://montreal.lufa.com/fr/ et un reportage sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=m-8LQgOTC94.

Lufa_Farms_First_Greenhouse_ConstructionLocal, frais, responsable, c’est le slogan des Fermes Lufa (ici, la première ferme en construction).

Aux USA, c’est Gotham greens qui a conçu deux serres, implantées sur les toits de deux immeubles new-yorkais, offrant plus de 3000 m² de surface agricole et produisant 300 tonnes de légumes frais en plein Brooklyn. Quant aux architectes de Spark, ils ont proposé à l’état de Singapour, qui importe 90% de sa nourriture, une résidence pour personnes retraitées  âgées, la Home Farm, qui serait aussi une exploitation agricole intensive. L’immeuble à toitures maraîchères et façades aménagées pour la culture hydroponique disposerait ainsi de 7500 m², complétés par 5800 m² en pleine-terre  au rez-de-chaussée, de surfaces de production de fruits et légumes (soit près de 36 tonnes par mois) et il serait susceptible d’offrir un emploi à temps partiel à près de 300 personnes. Site de l’agence : http://www.sparkarchitects.com/work/homefarm#1

Spark-HomeFarmProjet Spark : Home Farm.

A la une, un projet pour la ville de Beyrouth (Liban) : Beirut Wonder Forest.  http://www.archileb.com/article.php?id=503

Dernier point positif, les végétaux ont un impact très positif en matière d’isolation thermique et phonique des bâtiments, de plus, l’air vicié et chaud évacué en hiver peut chauffer d’éventuelles serres.

 

Mon beau sapin, roi des fôrets

SAPIN : Arbre conifère résineux de la famille des Pinacées et du genre des Abies, à tronc droit et élevé, à écorce grisâtre et écailleuse, à branches plongeantes, à aiguilles persistantes, dont le fruit est un cône dressé et dont on rencontre de nombreuses variétés en moyenne montagne. L’espèce la plus répandue en Europe occidentale est le sapin blanc, appelé aussi sapin pectiné ou sapin des Vosges (Abies alba).

Le sapin de Noël a pendant longtemps été non pas un sapin mais un épicéa, l’épicea commun (Picea alba), aujourd’hui celui-ci est concurrencé par le sapin de Nordmann (Abies nordmanniana) moins parfumé, mais plus résistant à la chaleur des logements.

Sapin vosgien

Sapin vosgien.

Abies alba - ThoméPicea abies - Thomé

Abies alba & Picea abies – Planches Thomé.

Les arbres sont divisés en deux grandes catégories : les feuillus et les conifères. Le terme conifère vient du latin : conus signifiant cône et fere signifiant qui porte ; les conifères sont littéralement des porteurs de cônes, référence au mode de fructification de tout ce groupe d’arbres. Leurs graines sont principalement portées par des écailles regroupées en cônes (ou strobyles) qui ne sont pas de vrais fruits au sens botanique du terme. Leurs feuilles sont en majorité persistantes et se présentent sous forme d’écailles ou d’aiguilles pouvant avoir toutes les nuances de vert et aller jusqu’au jaune et au bleu. Leurs ports sont plutôt réguliers et souvent coniques.

Les conifères se divisent en FAMILLES subdivisées en / Genres / dont voici les principales :

  1. ARAUCARIACÉES / Araucaria & Agathis / persistants, aux écailles ± larges, piquantes et aux gros cônes.
  2. CUPRESSACÉES / Calocedrus, Chamaecyparis, Cupressus, XCupressocyparis, Juniperus, Microbiota, Platycladus, Thuja, Thujopsis / persistants, aux petites feuilles en écailles, en général sans bourgeons résineux, cônes < 5 cm ou petites « baies ».
  3. GINKGOACÉES / Ginkgo biloba / groupe fossile avec un seul survivant, caduc.
    Mary Emily Eaton, Ginkgo biloba (arbre aux écus)

    Ginkgo biloba (arbre aux écus), planche botanique de Mary Emily Eaton (illustratrice anglaise ayant travaillé pour le New York Botanical Garden de 1911 à 1932).

  4. PINACÉES / Abies, Cedrus, Larix, Picea, Pinus, Pseudotsuga, Tsuga / tous persistants sauf Larix et Pseudolarix ; aux aiguilles ± longues (1 à 25 cm) à disposition variable, cônes ligneux moyens à gros (5-50 cm).
    Larix decidua - Thomé

    Larix decidua (mélèze), planche botanique de Otto Wilhelm Thomé (botaniste et illustrateur allemand, auteur de la célèbre Flore d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse en texte et en image pour l’école et la maison,  1ère édition de 1885 en 4 tomes avec 571 planches illustrées, 2ème édition de 1903 augmentée de 8 tomes  en collaboration avec Walter Migula).
  5. TAXACÉES / Taxus, Torreya / aiguilles persistantes en 2 rangées (3 à 6 cm), graine unique renfermée dans une arille (cupule charnue).
  6. TAXODIACÉES / Athrotaxis, Cryptomeria, Cunninghamia, Glyptostrobus, Metasequoïa, Sciadopitys, Sequoïa, Sequoïadendron,  Taxodium /  2 groupes : à écailles en alène &  à aiguilles plates en arête de poisson ; cône ligneux 1,5 à 8 cm ; quelques très grands arbres*.

* Les liens renvoient à des photographies de l’article ‘Couleurs de Décembre‘, consacré aux conifères : pour voir l’article entier, http://jardinsdepan.fr/blog/couleurs-de-decembre-2/


 

Famille : Pinacées
Genre : Abies
Espèces : 46 espèces, dont Abies alba (le sapin blanc).

Le sapin blanc, ou Abies alba, est un conifère résineux périalpin, qui croît entre  400 et 1800 m d’altitude. Haut de 50 m, à port conique étroit, son tronc est cylindrique à écorce crevassée et sombre, il a  des rameaux lisses d’un gris argent aux bourgeons bruns. Ses aiguilles persistantes de 15 à 30 mm de long sont isolées et opposées.  Il fleurit d’avril à mai, c’est une espèce monoïque (c’est à dire qu’un seul plant porte des fleurs femelles et des fleurs mâles ; c’est le contraire de dioïque, plant qui ne porte que des fleurs d’un seul genre, femelle ou mâle). Ses cônes de 10 à 15 cm sont érigés (comme tous les sapins ) et jaunes.

Le sapin de Nordmann est une espèce très proche du sapin blanc : ses aiguilles plates, d’un vert foncé brillant, avec deux lignes claires en face inférieure, ne diffèrent de celles du sapin blanc que par une longueur un peu supérieure (2 à 3,5 cm) et leur extrémité tronquée, ainsi que par ses cônes cylindriques, brun-rougeâtre, légèrement plus gros (4 à 5 cm de diamètre) et plus arrondis. Ses graines ailées sont également un peu plus grosses.

Famille : Pinacées
Genre : Picea
Espèces : une cinquantaine selon certains, mais probablement seulement 16-18 espèces , dont Picea abies (épicéa commun).

L’épicéa est un conifère résineux d’une hauteur moyenne de 50 m, à port conique souvent étroit. Les aiguilles sont disposées tout autour du rameau de couleur orangé, les aiguilles sont d’un vert plus ou moins bleuté selon les espèces. La fleur de couleur rose est suivie par un cône pendant, ce caractère permet de différencier les Picea des Abies dont les cônes sont dressés (avec certaines exceptions car il existe des cultivars de Picea décoratifs aux cônes érigés). Une autre clé de détermination entre le genre Picea et le genre Abies consiste à arracher une aiguille d’un rameau : la présence d’un lambeau d’écorce à sa base indique un Picea, alors qu’une marque ronde sur le rameau désigne un Abies. 


Le sapin de Noël

Mon beau sapin,
Roi des forêts
Que j’aime ta verdure.
Quand par l’hiver
Bois et guérêts
Sont dépouillés
De leurs attraits
Mon beau sapin,
Roi des forêts
Tu gardes ta parure.

Toi que Noël
Planta chez nous
Au saint anniversaire
Joli sapin,
Comme ils sont doux
Et tes bonbons
Et tes joujoux
Toi que Noël
Planta chez nous
Par les mains de ma mère

Mon beau sapin,
Tes verts sommets
Et leur fidèle ombrage
De la foi qui ne ment jamais
De la constance et de la paix
Mon beau sapin,
Tes verts sommets
M’offrent la douce image.

Tomi Ungerer - llustration pour la chanson Mon beau sapin

Tomi Ungerer, Sans titre, illustration pour la chanson « O Tannenbaum », Das große Liederbuch, 1975. Lavis d’encres de couleur et rehauts de crayons de couleur gras sur papier calque 35,5 x 28 cm. Extrait du livret édité par Les Musées de la ville de Strasbourg ouvrable et téléchargeable : UNGERER_LIVRET_VISITE.pdf

Dans la plupart des mythologies, entre autres européennes et amérindiennes, les arbres sont associés à des forces divines. Ils mettent en communication les différentes parties du monde, permettant, comme les racines profondément ancrées dans les profondeurs du sol, de passer de la surface de la Terre à ses entrailles, aussi bien que de s’élever vers les espaces aériens, comme les branches qui se tendent vers le ciel et la lumière. Ils sont le lien entre les divinités chtoniennes et  les divinités ouraniennes. Dans l’Antiquité gréco-latine et au Moyen-âge, les arbres symbolisent en plus le cycle des saisons, celui de la vie humaine et le renouveau. Les arbres au feuillage persistant sont  particulièrement associés à l’idée de vie éternelle, dans nombre de religions polythéistes, où ils étaient anciennement décorés et liés à des rites centrés sur l’idée du temps qui passe.

Ce thème se retrouve dans le calendrier,  le solstice d’hiver y est un temps très fort.
Pour les Romains, il marquait la fin des Saturnales, dédiées à Saturne, un dieu fort inquiétant (comme le chantait Georges Brassens) qui préside aux choses du temps et ainsi à la germination des graines enfouies, mais aussi un père cruel dévoreur de ses propres enfants.

Fresque de Pompéi - Saturne

Fresque de Pompéi, 1er siècle av.JC – ‘Saturne’.

Jusqu’au IIIe siècle, un culte était rendu à Mithra, à cette même date du 25 décembre, pour commémorer sa naissance divine, Natalis Invicti (naissance du soleil invaincu). Apparu sous l’aspect d’un nouveau-né, jaillissant du rocher,  fils d’Anahid, sa mère toujours vierge, il fait regagner les jours sur les nuits.
En  Scandinavie, fin décembre, les fêtes de Yule célébraient le retour de la terre vers le soleil, et  un sapin devant la maison était décoré de torches et rubans. Julenisse était un lutin nain protecteur, vivant dans les greniers, invisible de tous sauf des chats.
Les Celtes célébraient le Nouvel An autour du 1er novembre (Samhain ou Samonios) par des fêtes fortement associées à la mort,  le solstice d’hiver était associé, lui, à la renaissance, du soleil, de la nature, d’un nouveau cycle. Le 24 décembre était un enfantement, et si le chêne était l’arbre druidique par excellence, c’est l’épicéa qui représentait cette (re)naissance.

Carte postale - God Yul

Carte postale – ‘God Yul’.

C’est au IVe siècle, que l’institution chrétienne choisit à son tour cette date du 25 décembre pour la Nativité et Saint Colomban serait le premier chrétien à avoir fait un sapin de Noël. Le moine irlandais, responsable de l’évangélisation des royaumes mérovingiens, a fondé en 590 le monastère de Luxeuil au pied des Vosges. Là, il aurait, au soir de Noël, emmené quelques moines au sommet de la montagne ; à un vieux sapin, objet de culte païen, les religieux auraient accroché leurs lanternes attirant ainsi les  gens du lieu, à qui le saint aurait conté la naissance de Jésus, en convertissant un grand nombre.  Il faut attendre plusieurs siècles, pour retrouver traces d’un sapin de Noël et c’est du Nord scandinave que la tradition s’en répandrait, par l’Allemagne, où elle s’impose au cours du XVIIe siècle. A moins qu’elle ne vienne d’Alsace,  les actes de la ville de Sélestat faisant mention, en 1546, de l’autorisation de couper des arbres verts pour Noël. Dans un texte sur les us et coutumes strasbourgeoises, de 1605, il est noté qu’on y élève, dans les maisons, des sapins garnis de pommes et sucreries. Strasbourg organise un marché de Noël, le ‘Christkindelsmärik’, depuis 1570 et la place Kléber accueille toujours le sapin géant de Noël.

Sapin de la Place Kléber à Strasbourg

 Le traditionnel sapin de la Place Kléber à Strasbourg.

Quoiqu’il en soit, les familles protestantes adoptent rapidement le sapin, tandis que les catholiques lui préfèrent la crèche. En 1738, l’épouse de Louis XV, la reine Marie Leszczynska, fille de Stanislas, ancien roi de Pologne, devenu duc de Lorraine, aurait installé le premier sapin de Noël au château de Versailles, initiant son adoption par l’aristocratie européenne au cours du XVIIIe siècle.

Nattier - Marie Leczinska

Jean-Marc Nattier, Marie Leczynska, reine de France, lisant la Bible, 1748.

La guerre de 1870 a entrainé l’expatriation de nombreux alsaciens, qui diffusent ainsi leur tradition des sapins de Noël richement décorés dans les milieux plus modestes. En 1858, un souffleur de verre de Goetzenbruck eut l’idée de remplacer les pommes absentes cette année-là par des fruits de verre ; le village de Meisenthal, entre Alsace et Lorraine, déjà réputé pour ses verres optiques, s’est alors fait une spécialité se souffler les boules de Noël appelées à un beau succès de part le monde. Dès les XVII-XVIIIe siècles, les colons néerlandais et allemands nouvellement installés en Amérique du nord y ont exporté l’usage du sapin de Noël décoré, ainsi que la légende de Saint Nicolas

Boules de Noël

L’actuelle ligne traditionnelle des Verreries Meisenthal. http://ciav-meisenthal.fr/

Nicolas, évêque de Myre de 300 à 345, aurait ressuscité trois petits enfants, tués et découpés en morceaux par un méchant charcutier qui les avait placés au saloir. Devenu Saint et le protecteur des écoliers, il est fêté chaque 6 décembre en Europe du Nord et de l’Est, où la coutume veut qu’un personnage à la longue barbe blanche, portant cape et chasuble, coiffé de la mitre et tenant la crosse épiscopale, aille dans chaque maison offrir friandises et jouets aux enfants sages. Au XVIe siècle, la légende s’enrichit du personnage du père Fouettard (le boucher de la légende pour certains) punissant les enfants désobéissants.

Psautier cistercien, XIIIe, St Nicolas et les trois enfants

Psautier cistercien, XIIIe – ‘St Nicolas et les trois enfants’.

Anonyme, Heures de Marguerite d'Orléans, XVe - St Nicolas

Anonyme, Heures de Marguerite d’Orléans, XVe – ‘St Nicolas’.

Jean Bourdichon, Grandes heures d'Anne de Bretagne, XVIe - Miracle des trois enfants

Jean Bourdichon, Grandes heures d’Anne de Bretagne, XVIe – ‘Miracle des trois enfants’.

Image d'Epinal, Saint Nicolas

Image d’Epinal, ‘Saint Nicolas’.

L’histoire traverse l’Atlantique  avec les immigrés hollandais ; un 24 décembre 1822, Clément Clarke Moore,  pasteur new-yorkais, écrit pour ses enfants, A visit of St Nicholas,  publié l’année suivante. St Nicolas n’y visite plus les enfants le 6 mais le 24 décembre, et la fête des enfants finit par se confondre avec la célébration de Noël. En 1860, Thomas Nast, illustrateur du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, représente un Santa Claus qui tient autant du lutin scandinave que de l’évêque de Myre. Vêtu d’un costume de drap rouge, ceinturé et orné de fourrure blanche, botté, Santa Claus a acquis ses caractéristiques actuelles : petit bonhomme rondouillard et jovial, à la grosse barbe blanche, il habite au pôle Nord et se déplace dans un traineau volant tiré par huit rennes, quand il ne descend pas par les cheminées, pour aller déposer des cadeaux au pied des sapins illuminés. Ce nouveau Père Noël s’impose peu à peu dans la littérature et les illustrations américaines, entre autres grâce aux publicités de Coca Cola qui diffusent largement le mythe, avant que celui-ci ne franchisse de nouveau l’Atlantique, envahissant, au cours du XXe siècle, le continent européen qui ne reconnut plus son vieux Saint Nicolas …

Thomas Nast - Santa

Thomas Nast – ‘Santa’, Harper’s Illustrated Weekly, 1860.

Norman Rockwell - TSEP de 1939-12-16 - Santa at the Map

Norman Rockwell – Couverture de The Saturday Evening Post du 16 décembre 1939 – ‘Santa at the Map’.

CocaCola-SantaClaus

Coca Cola – ‘Santa Claus’.

St Nicolas fut si peu reconnu dans le Père Noël que l’Église catholique le rejeta violemment, donnant lieu à un fait divers relaté dans le journal France-Soir du 24 décembre 1951 :

DEVANT LES ENFANTS DES PATRONAGES
LE PÈRE NOËL A ÉTÉ BRÛLÉ SUR LE PARVIS DE LA
CATHÉDRALE DE DIJON
Dijon, 24 décembre (dép. France-Soir.)

« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie.
Dimanche à trois heures de l’après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d’innocents une faute dont s’étaient rendus coupable ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.
À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel :
Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le mensonge, 250 enfants, groupés devant la porte principale de la cathédrale de Dijon, ont brûlé le Père Noël.
Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard.
Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur.
L’exécution du Père Noël sur le parvis de la cathédrale a été diversement appréciée par la population et a provoqué de vifs commentaires même chez les catholiques.
D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues par ses organisateurs. L’affaire partage la ville en deux camps.
Dijon attend la résurrection du Père Noël, assassiné hier sur le parvis de la cathédrale. Il ressuscitera ce soir, à dix-huit heures, à l’Hôtel de Ville. Un communiqué officiel a annoncé, en effet, qu’il convoquait, comme chaque année, les enfants de Dijon place de la Libération et qu’il leur parlerait du haut des toits de l’Hôtel de Ville où il circulera sous les feux des projecteurs.
Le chanoine Kir, député-maire de Dijon, se serait abstenu de prendre parti dans cette délicate affaire. »

Pour ceux que l’anthropologie intéresse, voici un lien vous permettant de lire ou télécharger l’étude de Claude Lévi Strauss, suite à ce  fait divers, Le Père Noël supplicié, éditée par les Temps Modernes en 1952 et consacrée au mythique personnage qui vivrait au Pôle Nord …

http://classiques.uqac.ca/classiques/levi_strauss_claude/pere_noel_supplicie/pere_noel_supplicie.html.

Joyeuses fêtes de Noël !

Couleurs de décembre

– 20 décembre 2014 –

Parc des Eaux minérales à St Brieuc

 

2014-12-20 Parc des Eaux min - Araucaria (1)2014-12-20 Parc des Eaux min - Araucaria (3'')Désespoir des singes (Araucaria aracana)


– 18 décembre 2014 –

Parc du Thabor à Rennes

Calocedrus decurrens-port

Cèdre blanc, cèdre à encens (Calocedrus decurrens)

Calocedrus decurrens-écailles

Cèdre blanc, cèdre à encens (Calocedrus decurrens)

Calocedrus decurrens 'Aureavariegata'-écailles2

Calocedrus decurrens ‘Aureavariegata’

2014-12-18 Thabor - Chamaecyparis nootkatensis 'Grayswood pilla'Cyprès de Nootka (Chamaecyparis nootkatensis) ‘Grayswood pillar’

2014-12-18 Thabor - Chamaecyparis nootkatensis 'Grayswood pillar'- feuillage

Cyprès de Nootka (Chamaecyparis nootkatensis) ‘Grayswood pillar’

Cupressus macrocarpa - port

Cyprès de Lambert, cyprès de Monterey (Cupressus macrocarpa)

Cupressus macrocarpa - cônes murs

Cyprès de Lambert, cyprès de Monterey (Cupressus macrocarpa) – cônes femelles

Cupressus macrocarpa - cônes mâles

Cyprès de Lambert, cyprès de Monterey (Cupressus macrocarpa) – cônes mâles

Thuja occidentalis - port

Thuya du Canada (Thuja occidentalis)

Thuja occidentalis - cônes femelles (gros jaune) & mâles (petit marron)

Thuya du Canada (Thuja occidentalis) – cônes femelles (gros jaune) & mâles (petit marron)

Abies cephalonica -portSapin de Céphalonie (Abies cephalonica)

Abies cephalonica -aiguillesSapin de Céphalonie (Abies cephalonica)

Picea pungens 'Koster' - aiguilles

Sapin de Céphalonie (Abies cephalonica)Abies concolor-portSapin du Colorado (Abies concolor)

Abies concolor-aiguilles&bourgeonsSapin du Colorado (Abies concolor)

Cedrus atlantica 'Glauca'-port2

Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) ‘Glauca’

Cedrus atlantica 'Glauca'-aiguilles

Cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) ‘Glauca’

Larix kaempferi-portMélèze (Larix)

Picea pungens-port

Sapin bleu (Picea pungens) ‘Koster’

Picea pungens-aiguilles2

Sapin bleu (Picea pungens) ‘Koster’

Picea smithiana-cône

Sapin bleu (Picea pungens) ‘Koster’

Picea smithiana-portEpicéa pleureur de l’Himalaya (Picea smithiana)

Picea smithiana-aiguilleEpicéa pleureur de l’Himalaya (Picea smithiana)

Pinus nigra laricio - portPin laricio de Corse (Pinus nigra ssp. laricio)

Pinus nigra laricio - aiguilles & cones

Pin laricio de Corse (Pinus nigra ssp. laricio)

Pinus pinea - portPin parasol (Pinus pinea)

Pinus pinea - bourgeonPin parasol (Pinus pinea)

Pseudotsuga menziesii - port'

Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii)

Pseudotsuga menziesii-aiguilles&cônes

Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii)

Tsuga canadensis(gauche)&Pseudotsuga menziesii(droite)

Sapin du Canada, pruche (Tsuga canadensis)

Tsuga canadensis-cône

Sapin du Canada, pruche (Tsuga canadensis)

2014-12-18 Thabor - TopiairesIfs (Taxus baccata) formés en topiaires

2014-12-18 Thabor - Torreya grandis - port

Torreya grandis

2014-12-18 Thabor - Torreya grandis - écorce

Torreya grandis

2014-12-18 Thabor - Torreya grandis - feuillage

Torreya grandis

2014-12-18 Thabor - Sequoiadendron giganteum '

Sequoia géant (Sequoidendron giganteum)

Sequoiadendron giganteum (groupe de 3)Sequoia géant (Sequoidendron giganteum)

Sequoiadendron giganteum (groupe de 3) - écaillesSequoia géant (Sequoidendron giganteum)

Canard (3)

Vous avez dit « Mauvaises herbes » ? … la suite …

 

L’emblème floral de la France est composé de trois fleurs, ce sont trois fleurs des champs, aux couleurs du drapeau national : le bleuet, la marguerite et le coquelicot. Les voici associées à d’autres plantes sauvages qui risquent de s’installer dans votre jardin et peuvent y mériter une petite place pour la beauté toute simple de leurs fleurs (et d’autres qualités, gustatives ou médicinales,  éventuellement) :

– le bleuet  ou centaurée (Centaurea montana) : une vivace aux fleurs bleues dont les vertus sont digestives et diurétiques. Il représentait symboliquement les troupes françaises pendant la guerre de 1914-1918, alors que les Anglais associaient le coquelicot à leurs soldats et les Allemands le myosotis.

Centaurea montana - Flore Bonnier   Centaurea montana – Flore Bonnier

– la camomille romaine (Chamaemelum nobile) et allemande (Matricaria chamomilla) : des annuelles qui se resèment et donnent des fleurs ressemblant à de petites marguerites, qui ont plusieurs usages, tisane aromatique et calmante, soin des cheveux blonds, etc.

Chamaemelum nobile - Flore BonnierMatricaria chamomilla

Chamaemelum nobile & Matricaria chamomilla – Flore Bonnier

la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia) : une vivace basse tapissante, à fleurs en clochette, bleutées.

Campanula rotundifolia - Flore Bonnier   Campanula rotundifolia – Flore Bonnier

– les chardons (Carduus nutans & Cirsium arvense) : vivaces un peu agressives avec leurs piquants, mais leurs fleurs violacées ne manquent pas de charme. Apparentés de très près aux artichauts.

Carduus nutans - Flore Bonnier Cirsium arvense - Flore Bonnier

Carduus nutans & Cirsium arvense – Flore Bonnier

– la chélidoine (Chelidonium majus) : plante vivace aux fleurs jaunes, son latex jaune-orangé passe pour éliminer les verrues (toxique en usage interne).

Chelidonium majus - Flore Bonnier  Chelidonium majus – Bonnier

la digitale (Digitalis purpurea) :  une bisannuelle aux grappes de fleurs colorées en clochette.  La plante contient de la digitaline, utilisée comme tonicardiaque, mais toxique à certaines doses, elle était autrefois considérée comme magique. Les gants de Notre-Dame symbolise l’inconstance.
Digitalis purpurea - Flore BonnierDigitalis purpurea – Bonnier

– la giroflée (Erysimum cheiri) : une bisannuelle aux grappes de fleurs de jaune à rouge violacée qui éclosent tôt, dès le printemps, attirant les insectes pollinisateurs. Ne pas consommer (légèrement toxique), la plante est utilisée en parfumerie.

Erysimum cheiri - Flore Bonnier   Erysimum cheiri – Bonnier

– la marguerite (Leucanthemum vulgare) : une vivace assez haute aux fleurs estivales, en capitule caractéristique. Les feuilles jeunes se consomment en salade ; les fleurs séchées préparées en infusion sont calmantes, digestives et astringentes.

Leucanthemum vulgare - Flore Bonnier  Leucanthemum vulgare – Bonnier

– la mauve musquée (Malva moschata): une vivace gracieuse qui fleurit blanc ou rose en été, ses fleurs sont comestibles.

Malva moschata - Flore Bonnier   Malva moschata – Flore Bonnier

– le myosotis des champs (Myosotis arvensis = Myosotis intermedia) : plante bisannuelle (parfois annuelle) à petites fleurs, se resemant facilement et donnant au printemps de jolis tapis bleus. Il représente symboliquement le souvenir, d’où son surnom français Ne m’oublie pas, qui est son nom en allemand (Vergissmeinnicht), et aussi en anglais (forget-me-not).

Myosotis arvensis ou intermedia - Flore BonnierMyosotis intermedia – Bonnier

l’onagre : une grande bisannuelle aux fleurs jaunes, dont la racine est comestible, tout comme les feuilles au goût légèrement piquant ; la plante est utilisée en cosmétique et comme calmant de la toux et sédatif.

Oenothera biennis (onagre) - Flore Thomé   Oenothera biennis – Flore Thomé

l’oxalide (Oxalis acetosella): un bulbe vivace aux feuilles en trèfle, aux petites fleurs blanches. Très aigre, à manger tel quel ou utile pour réaliser des limonades sans citron.

Oxalis acetosella - Flore Thomé   Oxalis acetosella – Flore Thomé

la pâquerette (Bellis perennis) : une petite vivace aux fleurs printanières ressemblant à de petites marguerites. Fleurs et feuilles sont utilisées en infusion pour lutter contre l’hypertension et l’artériosclérose. Elle s’effeuille comme la marguerite.

Bellis perennis - Flore Bonnier Bellis perennis – Bonnier

– le pavot (Papaver rhoeas) : une annuelle bien connue, à la fragile corolle rouge vif, sujet apprécié des peintres impressionnistes. Sa fleur contient, comme tous les pavots, des alcaloïdes aux pouvoirs narcotiques, d’où son utilisation en tisane favorisant le sommeil. Il est aussi employé contre la toux et pour parfumer pains et pâtisseries, en particulier en Lorraine. Il symbolise la consolation.

Papaver rhoeas - Köhler–s Medizinal Pflanzen   Papaver rhoeas – Köhler’s Pflanzen

– la pensée sauvage (Viola tricolor) et la violette (Viola odorata) : deux petites plantes (annuelles ou vivaces selon le climat) aux allures délicates, qui se resèment facilement et fleurissent jaune et/ou violet au début du printemps. Les pensées ont quatre pétales vers le haut et un vers le bas, alors que les violettes ont deux pétales vers le haut et trois vers le bas. Leurs fleurs comestibles ont un goût très légèrement sucré, plus prononcé chez la violette . A utiliser en tisane pour diminuer la fièvre, calmer les nerfs et la toux et  en pommade pour améliorer acné, eczéma et peau sèche. Symbole de modestie, fleur emblème de Toulouse et de Parme (en Italie), la violette est aussi réputée en parfumerie qu’en confiserie, c’était d’ailleurs le parfum de glace préféré de l’impératrice Sissi.

Viola odorata - Planche BonnierViola tricolor - Planche BonnierViola odorata & Viola tricolor– Planche Bonnier

– la renoncule (Ranunculus bulbosus) : c’est le bouton d’or, plante bulbeuse tapissante aux fleurs jaune vif et brillant. Il peut irriter la gorge et les intestins.

Ranunculus bulbosus - Flore Bonnier   Ranunculus bulbosus – Bonnier

– la sauge officinale et sauge des prés :  deux plantes, annuelle ou vivace selon le climat, à  fleur labiée bleu à pourpre. Herbes aromatiques condimentaires et médicinales elles sont utilisées depuis l’Antiquité, entre autres comme antiseptique, contre l’asthme et les verrues. Les petites graines de l’espèce Salvia hispanica (le chia mexicain) sont aussi nutritives et peuvent être associées à des céréales (boulgour).

Salvia officinalis - Flore BonnierSalvia pratensis - Flore Bonnier

Salvia officinalis & S. pratensis – Flore Bonnier

– le trèfle blanc (Trifolium repens) : vivace aux feuilles trilobées typiques et aux inflorescences blanches, parfois rosées, au parfum et goût agréable. Excellent fourrage pour l’élevage et engrais vert pour les jardins.

Trifolium repens - Planche Thomé  Trifolium repens – Planche Thomé

  la valériane (Valeriana officinalis) : une plante vivace aux couronnes de fleurs blanches ou roses qui s’installent souvent dans les joints creux des murs. Appelée herbe aux chats de part son attrait sur ces félins qu’elle rendrait euphoriques, elle a au contraire une action calmante et sédative sur les humains.

Valeriana officinalis - Flore Thomé   Valeriana officinalis – Flore Thomé

– la véronique des champs (Veronica arvensis) :  petite vivace persistante,  grêle, rampante et velue, aux petites fleurs bleues, qui s’installe dans les moindres fissures. L’espèce V. officinalis était au Moyen-âge utilisée  en application sur les plaies des lépreux.

Veronica arvensisVeronica officinalis - Flore Bonnier

Veronica arvensis & V. officinalis – Flore Bonnier


 Moins élégantes, mais très utiles, voici quelques autres sauvageonnes à consommer sans modération :

— la cardamine (Cardamine pratensis) : plante annuelle, ressemblant au cresson en plus piquant (récolter les jeunes feuilles et rosettes de mars à mai, à consommer cru pour garder la vitamine C, ou en soupes).

Cardamine pratensis - Flore Thomé   Cardamine pratensis – Flore Thomé

– le chénopode blanc (Chenopodium album) : de la famille des épinards, il est savoureux et nutritif ( cueillir les jeunes feuilles et tiges de mai à juin ; feuilles à consommer crues ou cuites ; les jeunes tiges ressemblent à des asperges). Se resème très (trop ?) facilement.

Chenopodium album - Flore Bonnier Chenopodium album – Bonnier

– la moutarde des champs ou sénevé (Sinapsis arvensis) : plante annuelle velue aux fleurs jaunes. Ses feuilles jeunes peuvent être consommées et ses graines moulues donner une moutarde.

Sinapis arvensis - Flore Bonnier Sinapis arvensis – Flore Bonnier

la grande ortie (Urtica dioica, vivace de 0,50-1 m) et l’ortie brûlante (Urtica urens, annuelle de moins de 50 cm) font partie des plantes médicinales les plus utiles. Riches en protéines, fer et vitamines, elles sont, entre autres, utilisées contre l’asthénie et l’anémie. Leurs feuilles se consomment cuites. Leurs fibres servent depuis longtemps à fabriquer tissus et cordes. Au jardin, le purin d’ortie est un engrais vert et agit aussi comme pesticide. Un seul inconvénient : leurs poils urticants …

Urtica dioica - Flore BonnierUrtica urens - Flore Bonnier

Urtica dioica & U. urens – Flore Bonnier

– le pissenlit (Taraxacum officinalis) : plante vivace à la fleur jaune  et aux graines ailées (akène) bien connues. Ses feuilles se mangent en salade.

Taraxacum officinalis - Planche Thomé   Taraxacum officinalis – Planche Thomé

– le pourpier (Portulaca oleracea) : petite annuelle rampante aux feuilles grasses. Elle produit des omega-3, vitamine E et minéraux et contient, comme l’épinard et le chénopode, de l’acide oxalique.

Portulaca oleracea - Planche Thomé   Portulaca oleracea – Planche Thomé

→ La peinture à la Une : Claude MonetLes coquelicots, 1873 – Paris, Musée d’Orsay.


Regroupement par famille botanique des plantes citées ci-dessus
 Amaranthacées
Chenopodium album (Chénopode blanc)
Astéracées
Bellis perennis (pâquerette)
Chamaemelum nobile (camomille romaine)
Carduus nutans (chardon)
Centaurea montana (bleuet)
Cirsium arvense (chardon des champs)
Erysimum cheiri (giroflée)
Leucanthemum vulgare (marguerite)
Matricaria chamomilla (camomille allemande)
Taraxacum officinalis (pissenlit)
Boraginacées
Myosotis arvensis (myosotis)
Brassicacées (ex. crucifères)
Cardamine pratensis (cardamine)
Sinapsis arvensis (moutarde des champs, sénevé)
Fabacées
Trifolium repens (trèfle blanc)
Labiacées
Salvia officinalis (sauge officinale)
Salvia pratensis (sauge des prés)
Malvacées
Malva moschata (mauve)
Onagracées
Oenothera biennis (onagre)
Oxalidacées
Oxalis acetosella (oxalide)
Papavéracées
Chelidonium majus (chélidoine)
Papaver rhoeas (coquelicot)
Portulacacées
Portulaca oleracea  (pourpier)
Ranunculacées
Ranunculus bulbosus (renoncule bouton d’or)
Sphenocleacées
Campanula rotundifolia (campanule)
 Scrophulariacées
Digitalis purpurea (digitale)
Veronica arvensis (véronique des champs)
Veronica officinalis (véronique officinale)
Urticacées
Urtica dioique (grande ortie)
Urtica urens (ortie brulante)
Valérianacées
Valeriana officinalis (valériane)
Violacées
Viola odorata (violette)
Viola tricolor (pensée)

 

La dame aux camélias

Camélia : Arbuste ornemental, classé dans les plantes de terre de bruyère, à feuilles persistantes d’un vert foncé et luisant, remarquable par la beauté de ses fleurs le plus souvent blanches, roses ou rouges. Différentes espèces et variétés donnent des floraisons d’automne, d’hiver et/ou de printemps.

Famille : Théacées
Genre : Camellia
Espèces : entre 100 et 250 espèces  (dont les plus fréquentes en plantes ornementales sont Camellia japonica, Camellia sasanqua, Camellia sinensis) et une multitude de cultivars.

Une espèce botanique est une plante qui provient du milieu naturel sans intervention humaine. Un cultivar est une plante obtenue en culture, généralement par sélection.


Floraison : de début septembre à début juin
Port : dressé et parfois également étalé
Hauteur : jusqu’à 4-5 m en conditions idéales
Diamètre : jusqu’à 5 m
Sol : humifère, bien drainé, frais et acide (PH : 5,5 à 6,5)
Besoin en eau : important en été
Exposition : mi-ombragée voire ombragée (pour la plupart), soleil (pour les C. sasanqua)
Rusticité : jusqu’à – 15°C, mais les boutons et fleurs peuvent souffrir du gel dès – 2°C (pour la plupart).

Camellia japonica - dessin botanique Camellia sasanqua Camellia sinensis - Köhler s Medizinal Pflanzen

Camellia japonica, Camellia sasanqua, Camellia sinensis – planches botaniques anciennes.


Origines, étymologie  et usages

Originaire des régions côtières d’Asie orientale et méridionale (Japon, Corée, Chine, Taïwan, Indonésie … ), le Camellia est connu depuis le IVe siècle des Chinois qui l’appellent Cha. Au Japon, il est nommé Tsubaki (‘arbre aux feuilles luisantes’). Au XVIe siècle dans l’île de Honshu, à Higo (aujourd’hui Kumamoto), des samouraïs choisirent pour emblème les camélias locaux,  issus probablement de Camellia japonica croisés avec la sous-espèce rusticana. A cause du caractère insulaire du milieu, quelques types variétaux peu nombreux se dessinèrent : les Camellia Higo étaient nés, trapus et ramifiés, faciles à former en bonzaïs, aux fleurs simples (5 à 9 pétales) et rondes, de couleurs lumineuses, aux étamines nombreuses (200 minimum) et bien visibles formant une couronne centrale. Une liste officielle de 107 Higo a été établie en 1982.

Il a été introduit en Europe au Portugal et en Espagne, à partir du XVIe siècle. Il n’est décrit qu’en 1712 par Engelbert Kaempfer. Deux plants japonais (probablement des C. japonica et C. sasanqua ) ont été baptisés ‘Camellia’ par  Carl von Linné, en 1753, en hommage à Joseph Kamel (1661-1706), jésuite moravien et botaniste responsable de la découverte de la flore des Philippines.  C’est l’impératrice Joséphine de Beauharnais qui en a lancé la mode en France. La plante est introduite à Nantes en 1806 grâce à Abraham Ferdinand Favre qui l’acclimate en extérieur. Deux orthographes coexistent aujourd’hui : Camellia pour les botanistes et Camélia préféré par Alexandre Dumas dans son roman, La dame aux camélias,  et admis depuis par l’Académie française.

Le camélia connaît une vogue marquée toute la première moitié du XIXe siècle, fleur-phare des ’boutonnières’ d’alors, il s’installe comme plante ornementale indispensable dans la plupart des parcs et des jardins d’agrément … quand sa culture est possible (toute la moitié Ouest de la France bénéficie de bonnes conditions pour la culture du camélia, à la différence de l’Est au climat trop contrasté, et où la plantation est à réserver à des endroits bien abrités). Le camélia suscite nombre de collections et études comme celle de l’abbé Berlèse, un botaniste horticulteur italien, qui possédait une collection de plus de 300 espèces et cultivars et en a rédigé une iconographie. De nouvelles variétés peuvent être encore découvertes : le Camellia granthamiana ne l’a été qu’ en 1955. Les camélias ont la vie longue, certains pieds ont plus de 500 ans, voire 1000 ans .
D’abord cultivé à Angers et Nantes, la production française actuelle est surtout finistérienne.

Les camélias ne sont pourtant pas tous cultivés pour l’attrait esthétique de leurs fleurs. Nombreux camélias sont destinés à la production d’huile : les espèces C. crapnelliana (haut de 10 m, feuille vert foncé, vernissée de 20 cm de long, fleur blanche de 11 cm de diamètre, fruit rond de 8-10 cm de diamètre), C. gigantocarpa, C. oleifera (7m, port dressé, feuille 11,5 x 5 cm, fleur blanche de 7 cm de diamètre, parfumée, graine riche en huile), C. sasanqua, C. yuhsienensis (arbuste de 3 m, feuille de 11x 5,5 cm, grappe de fleurs blanches de 9,5 cm de diamètre, très abondantes et fortement parfumées, 300 litres d’huile à l’hectare). Ces huiles sont riches en acides gras et participent aussi bien à des utilisations nutritionnelles, que cosmétiques ou encore à la production de biocarburants et matières premières chimiques.

hokusai le premier the

Le premier thé de l’annéeKatsushika Hokusai  (1760 – 1849)

La production la plus importante est bien sûr celle des thés, car les théiers sont en fait des Camellia sinensis var sinensis ou Camellia sinensis var assamica ou bien encore des Camellia irrawadiensis. Les plantations sont principalement chinoises et indiennes. La qualité de la récolte (le grade des thés noirs) dépend de la cueillette : un thé ‘flowery orange pekoe‘ correspond au prélèvement sur chaque rameau du bouton et de 2 jeunes feuilles, ‘orange pekoe’ bouton éclos et 2 feuilles , ‘pekoe’ feuilles moins fines, pekoe souchong‘ feuilles moins fines et feuilles basses, et en bas de l’échelle ‘souchong’ feuilles basses. Les boutons et feuilles du théier sont ensuite séchées et le plus souvent oxydées, c’est ainsi qu’on obtient le thé noir, sinon le thé reste du thé vert.  On parle, selon le degré d‘oxydation,  de thé vert, jaune, blanc,  bleu ou rouge. Les feuilles peuvent être roulées ou brisées : ‘Gunpowder’ ou ‘Broken Tea‘. Le ‘Flowering teaest fait de feuilles enroulées autour d’une ou plusieurs fleurs. La boisson, riche en théine (substance très proche de la caféine) est obtenue par infusion de ces feuilles et peut servir de remède. C’est, après l’eau, le liquide le plus bu au monde ; à l’origine d’un véritable cérémonial dans plusieurs pays orientaux, dont bien sûr le Japon, il est aussi essentiel au tea-time anglo-saxon. Aujourd’hui, les thés sont classés par crus comme les vins. En phytothérapie, le thé, stimulant la sécrétion d’adrénaline, soigne l’embonpoint et la fatigue.


Le camélia hors du jardin …

Comment ne pas évoquer Alexandre Dumas fils et son célèbre roman La Dame aux camélias ? Il lui fut inspiré par son amour malheureux pour la belle Marie Duplessis (née Alphonsine Plessis à Nonant-le-Pin en 1824 et décédée à 23 ans à Paris), courtisane adulée, Dumas fit son portrait littéraire sous le nom de Marguerite Gautier, lui-même étant l’Armand Duval du roman :

On n’avait jamais vu à Marguerite d’autres fleurs que des camélias. Aussi chez Madame Barjon, sa fleuriste, avait-on fini par la surnommer la Dame aux camélias, et ce surnom lui était resté. […]  
A. Dumas
Fils
, La Dame aux camélias,1848.

Marie Duplessis, par Édouard ViénotMarie Duplessis, portrait d’Édouard Viénot (1804-1872).

Les amoureux sont victimes des préjugés moraux et sociaux de l’époque, en la personne du père d’Armand qui fait tout pour éloigner la jeune fille de son fils. Celle-ci se sacrifie par amour et meurt seule, atteinte de tuberculose. Le succès du roman conduisit son auteur à en faire une pièce jouée en 1852, et, l’année suivante, Verdi s’en inspira pour écrire l’opéra La Traviata, où  Marie devient Violetta Valery. De nombreuses adaptations se sont succédées sur la scène et les écrans. En 1981, Mauro Bolognini réalisa un film nommé La Dame aux camélias, où il mit en scène Isabelle Huppert, non pour jouer Marguerite, mais bien Alphonsine Plessis,  et tenter de peindre la femme cachée derrière le personnage. En 2001, le film de Baz Luhrmann avec Nicole Kidman et Ewan McGregor, Moulin rouge, s’en inspire librement.
Alfons_Mucha_-_1896_-_La_Dame_aux_Camélias_-_Sarah_BernhardtAffiche d’Alfons Mucha (1860–1939) pour La Dame aux camélias jouée par Sarah Bernardt, 1896.

Camélia - série Fleurs d'Edo - Kitagawa Utamaro - vers 1803, MFA-Boston

Camélia,  série Fleurs d’EdoKitagawa Utamaro, vers 1803, MFA-Boston.


Le camélia au jardin …

Utilisations paysagères : en sujet isolé, massif, palissé, haie libre ou taillée et même couvre-sol pour quelques uns (Camellia hiemalis ‘Shôwa-no-sakae’ ) . Les camélias peuvent étaler leur floraison sur 8 mois de fin septembre à début juin : dans l’ordre chronologique, C. sasanqua, puis C. x vernalis, C. x hiemalis et C. japonica. Les variétés et cultivars, très nombreux, offrent tous les tons du blanc au rouge sombre, ainsi que quelques jaunes, plus ou moins crème (le premier  japonica jaune, ‘ Gwenneth Morey’ a été obtenu en Australie en 1965, suivi par d’autres comme C. ‘Jury’s Yellow’ ).
Associations : on peut associer les Camellia japonica et sasanqua, avec d’autres plantes de terre de bruyère comme les andromèdes, bruyères, érables japonais, hortensias, rhododendrons, ainsi que des cornouillers, viornes, kerria ; penser aussi aux bulbes et aux héllébores et pivoines arbustives ou non.

Plantation : creuser une fosse cubique de 60 cm d’arête minimum, placer des graviers au fond pour faciliter le drainage et planter (si possible à l’automne) dans une terre de jardin mélangée à du terreau et à de la terre de bruyère (1/3 chacun) sans enterrer le collet. Si votre terre est très calcaire, utiliser un feutre isolant et augmenter la proportion de terre de bruyère et terreau (jusqu’à 100% éventuellement). Penser en choisissant leurs emplacements que les camélias redoutent le froid intense, le vent desséchant et le soleil de midi. Pailler réduira les besoins en eau. Certains camélias supportent bien la culture en pot quand celle en pleine terre est impossible (le cultivar ‘Quintessence’ y est tout à fait adapté).
Entretien : apport de fertilisant adapté (*
). La taille est possible, si utile, pour former un jeune pied ou rajeunir un vieux sujet, mais tout à fait facultative, choisir alors la période qui suit immédiatement la floraison. Les camélias forment leurs boutons floraux durant la période printemps-été.

(*) Le site de la Société Bretonne du Camellia fait un point extrêmement précis sur les engrais et paillages adaptés aux différents camélias : http://camellia-sbc.com/index.php?numlien=22

Reproduction : semis, boutures semi-aoûtées en fin d’été et marcottes.
Maladies et parasites :
chlorose (jaunissement des feuilles, seules les nervures restent vertes) : traitement anti-chlorose à base de fer ou … de vieux clous et boites en fer enterrés à la base du camélia.
puceron, cochenille : traitement préventif (avant le débourrement des bourgeons) ou curatif à base d’huile blanche ou d’une préparation maison (pour 1 l d’eau :1 cuillère à café de savon noir + 1 cuillère à café d’huile de colza +1 cuillère à café d’alcool à 90°C)
, en dernier recours insecticides à base d’imidaclopride. Favoriser les prédateurs naturels  (coccinelles et petites guêpes du genre Metaphycus  et Diversinervus elegans).
otiorhynque (feuilles grignotées sur les bords) : les responsables sont les larves qui se nourrissent la nuit, elles ont un prédateur, le nématode, Heterorhabditis bacteriophora, à introduire dans l’eau d’arrosage. Bêcher au pied pour mettre à jour les larves appréciées des musaraignes. L’odeur du marc de café les fait fuir, à utiliser en paillage.
fumagine (sorte de suie noire) : champignon se développant sur le miellat secrété par des pucerons et cochenilles, pulvériser une solution de savon noir.
autres maladies cryptogamiques possibles :
Botrytis (feutrage gris), Ciborinia camelliae (responsable du Flower Blight), Glomerella cingulata, Monochaetia camelliae, Pestalozzia guepini (qui entraine une défoliation complète de la plante), Phytophtora, Sclerotinia cameliae (qui provoque le dessèchement des fleurs). Certaines sont bénignes et cèdent aux traitements à base de cuivre et de soufre, d’autres sont redoutables, difficiles à éliminer et nécessitent le recours à des fongicides de synthèse. Eliminer tous les débris végétaux, sources de contamination, désinfecter les outils.


Selon la classification phyllogénétique (fondée sur l’étude de la molécule d’ADN) APG III, le genre Camellia fait partie du clade angiospermes, du clade dicotylédones vraies (car il possède 3 ouvertures au niveau du grain de pollen), du clade astéridées, de l‘ordre des éricales, et de la famille des théacées . 

Les Camellia ont tous des feuilles alternes, lancéolées à elliptiques, aux bords légèrement dentés, vert moyen à foncé, lustrées.


Quelques cultivars

Critères internationaux de reconnaissance :
Taille des fleurs : fleur très petite < 6 cm , fleur petite 50 à 7,5 cm, fleur moyenne7,5 à 10 cm, fleur grande 10 cm à 13 cm, fleur très grande > 13 cm.
Parfum : o légèrement odorant ,  O très odorant.
Période de floraison : Pr précoce, Ms milieu de saison, T tardive.
Types de fleurs : simple, semi-double,  anémoniforme, péoniforme,  roséiforme, imbriquée.
Couleur (varie en fonction de la qualité de l’environnement) : Blanc , Rose , Rouge , Multicolore.
Rusticité : R* gélif, R** gel léger, R*** rustique (-18°C), R**** très rustique (-20° -25°C ).

Camellia 'Quintescence'Camélia à fleur simple ‘Quintessence’

Camellia 'Freedom bell'
Camélia à fleur semi-double en clochette ‘Freedom bell’

Camellia 'Mère Teresa' 2014-04-01Camélia à fleur anémoniforme ‘Mère Teresa’

Camelia 2013-04-02 - fleur
Camélia à fleur péoniforme ‘Anticipation’

Camellia 'Kerguelen'
Camélia à fleur imbriquée ‘Kerguelen’

CameliaMontage réalisé à partir des photos de la Société bretonne des caméllias.

Anticipation et Anticipation variegated : hybride de C. saluenensis x C. japonica ‘Leviathan’ de 1959, fleur grande, péoniforme, rouge foncé, unie ou panachée, mi-saison, florifère, croissance assez rapide, port dressé en colonne, peut faire des haies hautes.
Cinnamon Cindy : hybride de C. japonica ‘Ken’yotai’ x C. lutchuensis, obtenu en 1967 ; feuille vert clair, petite fleur semi-double blanche à blanc rosé ; hâtif à mi-saison, florifère, vigoureux, port en colonne, peut être palissé, convient bien pour faire des haies, parfum de cannelle.
Donation : un des premiers williamsii, hybride de C. saluenensis x C. japonica ‘Masayoshi’, obtenu avant 1941, grande fleur semi-double rose clair veinée, mi-saison à tardif, très florifère, longue floraison, rustique et vigoureux, dressé et buissonnant, supporte le soleil et la mi-ombre.
Kerguélen : sport de C. japonica ‘Nuccio’s Cameo’, très érigé et vigoureux, feuillage panaché tricolore , grandes fleurs imbriquées rose clair.
Madame Lourmand : semis de C. japonica, obtenu en France en 1910, feuillage sombre, grande fleur simple, blanc pur, ne « rouillant » pas facilement, hâtif à mi-saison, longue floraison, port trapu, dressé, large.
Mark Alan : semis de C. japonica, obtenu en 1957, grande fleur semi-double, pétales et pétaloïdes allongés et pointus, rouge vif, hâtif à mi-saison, florifère, port dressé, buissonnant, dense.
Night Rider : hybride de ‘Ruby Bells’ (C. saluenensis x C. japonica ‘Fuyajo’) x C. japonica ‘Kuro-tsubaki’, de 1980, fleurs petites, semi-doubles, pourpre très foncé, tardif, port dressé, petites feuilles, jeunes pousses rouge pourpre.
Okan : C. japonica de Higo, mutation de ‘Higo-yamato-nishiki’, obtenu avant la constitution de la liste officielle des Higo en 1982, feuillage foncé, fleur moyenne simple blanche à bordure rouge, environ 160 étamines en touffe évasée, mi-saison à tardif, croissance lente, port compact et étalé, quelques branches pleureuses, peut faire d’excellents bonsaïs.
Tulip Time : hybride de C. saluenensis x C. japonica de 1978, fleur moyenne simple rose clair, en forme de tulipe à pétales allongés et pointus, mi-saison, florifère, grande aptitude au palissage, vigoureux, pousse vite.


Quelques variétés botaniques de camélias

 

Camellia botaniquesDans l’ordre de droite à gauche et de haut en bas (montage réalisé principalement à partir des photos de la Société bretonne des caméllias) :
Ligne 1, Camellia japonica rusticana, C. reticulata, C. saluenensis, C. nitidissima,
L2, C. crapnelliana, C. oleifera, C. sasanqua, C. grijsii,
L3, C. maliflora, C. miyagii, C. yuhsienensis, C. granthamiana,
L4, C. yunnanensis, C. irrawadiensis, C. sinensis, C. crassipes,
L5, C. cuspidata, C. forrestii, C. fraterna, C. longicarpa,
L6, C. lutchuensis, C. transarisanensis, C. transnokoensis, C. tsaii .

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C. x hiemalis : probable hybride naturel de C. sasanqua x C. japonica, fleurit en hiver, fleur simple ou semi-double, blanche à rose vif pourpré, de 5 à 7 cm de diamètre, feuille elliptique de 7 cm par 4, cultivars généralement bas avec de longues pousses pouvant former des couvre-sol ou être palissés.

Camellia japonica var. japonica & rusticanaCamellia japonica
C. japonica : jusqu’à 10 m de haut, fleur de 5 à 7 pétales rouges, à étamines saillantes soudées à la base. Il présente une grande variabilité génétique, et a donné de nombreux cultivars, c’est le camélia le plus hybridé et répandu. Sans parfum, au XIXe siècle, plusieurs cultivars actuels ont acquis une senteur comme ‘Kramer’s Suprême’,  ‘Fragrant Star‘, ‘Fragrant Pink’ ou ‘Cinnamon Cindy’.

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C. reticulata : arbre jusqu’à 15 m, port érigé très souple, feuillage aéré, feuilles 11x 4 cm, fleurs roses, 10 cm de diamètre, hybridations anciennes. Emblème de la province chinoise du Yunnan.

C. saluenensis : arbuste jusqu’à 6 m, port érigé et dense, feuille vert foncé luisante, de 5,5 x 2,5 cm, fleurs blanches à rose vif, semi-tubulaires, jusqu’à 10 cm de diamètre, hybridations avec C. japonica (hybrides C. x williamsii”), C. cuspidata, C. hongkongensis, etc.

C. sasanqua, arbre de 5 à 10 m, port érigé buissonnant, feuilles jusqu’à 6 x 3 cm, fleurs simples, blanches, roses ou rouges, jusqu’à 7,5 cm de diamètre, parfumées, fleurit dès septembre, hybridation avec C. japonica (= C. x vernalis) et C. reticulata. C’est le camélia qui supporte le mieux chaleur et soleil et le plus précoce (camélia d’automne).

C. sinensis : arbuste/petit arbre 6-8 m, feuilles de 16 cm de long pour la variété assamica, et 12 cm pour la variété sinensis, fortement dentées, fleurs petites, 3,5 cm de diamètre, blanches, odorantes, 1 cultivar à fleurs roses et au feuillage foncé (‘Benibanacha’), plusieurs sélections (‘Kholkida’).

C. x vernalis : probable hybride naturel de C. sasanqua x C. japonica, fleurit jusqu’au début du printemps, fleur simple ou semi-double, blanche à blanc rosé, grandes feuilles, cultivars généralement dressés et pouvant former des haies.

C. transnokoensis : variété originaire de Taïwan, à port dressé souple, cultivars mesurant 1,20 m de haut pour 1 m de large à 10 ans ; végétation  dense, feuilles elliptiques jusqu’à 8 cm de long, vert sombre, fleurs petites simples, blanches et parfumées de décembre à mars.

C. tsaii : petite variété à port souple à pleureur, fleurs petites blanches en février-mars, peu rustique. Idéal en pot.



Sites internets :

Parcs et jardins de Nantes : http://www.jardins.nantes.fr/N/Plante/Collection/Camellia/Camellia.asp

Société Bretonne du Camellia : http://camellia-sbc.com

Camellias.pics : http://www.camellias.pics/index.php

… l’espace clos du jardin

Qu’est ce qu’un jardin exactement? La définition du Littré en fait  un espace clos d’ordinaire, planté de végétaux utiles ou d’agrément.

L’étymologie le relie à un radical indo-européen signifiant« enclore », ce qui le rattache essentiellement à la notion de clôture, le jardin est tout d’abord un lieu fermé, protégé et donc protecteur. La nature n’y est pas laissée à elle-même, elle y est apprivoisée, humanisée, et même quand on n’y cultive que des plantes utiles, c’est avec beaucoup plus de soin que dans les champs et prés ; le jardinage, ce n’est pas l’agriculture. Leurs jardins, depuis les premiers temps, au Néolithique, les hommes les ont voulus  très près de leur habitation, à l’entour – surtout à la campagne – ou au milieu, comme les atriums des villes antiques, mais aussi les riads actuels du Maghreb, pour mieux les surveiller, pour mieux s’y protéger, pour mieux en profiter.

Atrium de villa gallo-romaine - Vaison la Romaine

Vestiges de l’atrium d’une villa gallo-romaine – Vaison la Romaine

Riad - Kasbah Tizimi - Erfoud

Riad – Kasbah Tizimi – Erfoud

Au moyen-âge, deux termes coexistaient pour signifier « jardin » : le savant « hortus » et dès le XIIIe siècle le plus populaire « jardin ».
Les deux termes ont en fait une origine commune par deux voies différentes.
En effet, les termes latins « hortus » (=jardin), « chors/chortis » évoluant en bas-latin vers « curtis » (=cour de ferme), et les termes français contenant « horti- », comme horticole, horticulture, hortensia et hortillonnages (1 ), et aussi « cour », « chœur », « cohorte »  et « exhorter »  sont de même radical issu de l’indo-européen « g’herdъ » (=enclore).
De cette racine sont aussi issus le grec ancien « χόρτος »  (se lit khórtos = ronde, enceinte, lieu entouré de haie), et le germanique  « gards » (= maison), d’où l’allemand « Garten » (=jardin),
et ses équivalents en islandais  « gort », en lituanien « gardas », en anglais « garden » et « yard », mais aussi notre français « jardin » proche de l’espagnol  « jardin », du  portugais « jardim », de l’italien « giardino ». L‘ancien slave « grad » (=ville), Le roumain « gard » (=clôture), le tchèque « hrad » (=château), le russe « gorod » (=ville), le sanscrit « गृह »  (se lit grha = maison), sont également issus de cette même racine .

Plan de l'abbaye de St Gall, 816-830, St Gall, StiftsbibliothekPlan de l’abbaye de St Gall (816-830, Suisse, St Gall, Stiftsbibliothek) un des documents les plus anciens sur les espaces verts  monastiques au Moyen-âge : le cloitre, le jardin médicinal ( hortus medicus, herbularius ou erbarium), le  jardin vivrier (hortus conclusus) et le cimetière. Le site officiel en anglais ou en allemand : http://www.stgallplan.org/en/index_plan.html.

Abbaye de Daoulas - Finistère

Hortus conclusus – Abbaye de Daoulas – Finistère. Pour en savoir plus sur ce jardin : http://www.cdp29.fr/fr/presentation-daoulas

Jardin medieval de Dignac (Charente)

Jardin médiéval de Dignac (Charente). Pour en savoir plus sur ce jardin : http://dignac.pagesperso-orange.fr/


(1 )  A Amiens, les maraichers ont longtemps gardé la dénomination médiévale d’hortillons  et  les jardins consacrés à la culture maraîchère celui d’hortillonnages, toujours en usage aujourd’hui ; un site leur est consacré : http://www.hortillonnages-amiens.fr/.

Vous avez dit « Mauvaises herbes » ?

Vous  entretenez vous-même votre jardin, mais le désherbage n’est pas ce que vous préférez … Les désherbants chimiques facilitent grandement le travail, mais ils polluent votre sol et les eaux souterraines sont contaminées, ils peuvent aussi toucher et abimer pelouse et plantes proches de la zone traitée (*) .  Vous cherchez des solutions plus naturelles …

Les alternatives :
– arracher à la main, bien sûr!

Ce sera plus facile si vous arrachez les jeunes plants à leur apparition, ils sont moins enracinés et ils n’ont pas eu le temps de proliférer en se ressemant ou en drageonnant. Désherber quand la terre est humide simplifie l’opération. Des griffes, couteaux et gouges (contre les longues racines pivotantes) aideront votre travail.

– sarcler et biner autour de vos plantes.

Choisir les jours ensoleillés et le matin qui permettra de faire « griller » les indésirables abandonnées sur le sol. Le binage présente en plus l’avantage d’améliorer la qualité de la terre et son humidification. Les bons outils sont : sarcloirs, binettes, scarificateurs manuels et serfouettes.

– utiliser un outillage mécanique.

Si vous avez une surface importante, ces engins vous permettront de désherber plus vite et avec moins de fatigue : scarificateur, motobineuse, motoculteur, et – réservée aux grands espaces – houe rotative attelée à un tracteur.

– vous offrir un désherbeur thermique.

Ces outils ont pour but de provoquer un « coup de chaud », un violent choc thermique qui entraine, à partir de 70°C, l’éclatement des cellules végétales et une dénaturation des protéines, d’où l’affaissement rapide de la plante, suivi en 2 – 3 jours de son dessèchement . Trois types de désherbeurs coexistent : le désherbage thermique à flamme directe (un brûleur alimenté par du gaz), le désherbage thermique à infrarouge (alimenté par du gaz ou électrique) et le désherbage thermique à l’eau chaude ou à la vapeur, c’est le procédé le plus utilisé par les professionnels. L’efficacité des désherbeurs proposés au grand public est liée à plusieurs facteurs : agir le plus tôt possible (au stade plantule dans l’idéal), sur des plantes sèches (l’humidité ralentirait l’action), et ne rester que quelques secondes seulement sur la plante. Le désherbage thermique peut être utilisé sur toutes surfaces exceptées celles qui craignent la chaleur comme les revêtements synthétiques, les paillages, etc. Ils sont cependant plus particulièrement adaptés à des surfaces dures, petites ou moyennes.

– utiliser les remèdes de grand-mère.

L’eau de cuisson encore chaude (celle des pommes de terre est particulièrement utile), le gros sel, le vinaigre et le bicarbonate de soude, saupoudrés sans excès (pour ne pas stériliser les sols), sur les « mauvaises herbes », qui altèrent la netteté de votre gazon ou se sont installées dans vos allées, terrasses et au pied de vos murs, sont de vieilles solutions naturelles, économiques et souvent bien assez efficaces !
Contre les mousses et les algues, un moyen plus naturel que le sulfate de fer, en particulier dans les pelouses, consiste à modifier le Ph du sol en épandant sur le gazon de la chaux ou plus économique encore des cendres de bois.

– priver de lumière la végétation en place pour désherber totalement un espace.

Des bâches noires, des cartons ou de vieux revêtements de sol seront posés sur la surface à traiter, ils étoufferont les plantes à détruire, et au bout de quelques semaines vous pourrez semer ou planter sur un sol prêt à cela.

– soigner votre pelouse.

Les gazons bien entretenus sont plus solides et touffus, les mauvaises herbes ont moins de place pour se développer. Pour cela nourrissez-les avec des engrais (naturels) adaptés, pensez à les scarifier à l’automne et au printemps, cela aérera le sol, soignez ensuite le ramassage des résidus (le feutrage composé de déchets de tonte, mousses et feuilles mortes). Il est recommandé de scarifier deux fois par an, pas plus.

– planter des vivaces couvre-sol.

En recouvrant le sol, les plantes couvre-sol gêneront la germination spontanées des plantes indésirables et égayeront vos massifs. Plus la végétation est dense, moins il y a de travail …

– pailler vos massifs.

Les différents paillages (BRF, copeaux de bois, paillettes de chanvre, lin, éclats d’ardoise, brique concassée, etc) sont de très bons moyens de limiter la germination des « mauvaises graines » et également de maintenir l’humidité du sol ; les paillis végétaux protègent aussi du froid et du chaud en faisant écran aux changements de température, les couches de feuilles mortes que vous avez ramasser (si elles sont saines) peuvent ainsi servir à réchauffer les plantes fragiles pendant l’hiver. Pensez aussi à en faire du compost qui servira au printemps.
Profitez de vos promenades en bord de mer pour ramasser des algues, c’est un paillage gratuit, nourrissant pour vos plantes dont on dit qu’il favorise aussi la bonne santé en renforçant leur immunité.

– enfin ne pas oublier que ce qu’on nommait « mauvaises herbes » et qu’on préfère aujourd’hui appeler « adventices », ce sont avant tout des plantes sauvages qui ne nuisent pas aux « bonnes plantes», si elles ne sont pas trop proches.

La nature des mauvaises herbes permet de deviner les qualités de votre terre.

Plantes indicatrices de sols acides (sableux ou humifères) : bruyère, digitale, fougère aigle, genêt, mousse, oseille, pâquerette, prêle, giroflée, véronique.

Bellis perennis (paquerette)                                         Digitalis purpurea (digitale)

Bellis perennis (pâquerette) & Digitalis purpurea (digitale).

Equisetum arvense (prêle des champs)                                   Erysimum (=Cheiranthus) cheiri  (giroflée des murailles)

Equisetum arvense (prêle des champs) & Erysimum (=Cheiranthus) cheiri (giroflée des murailles).

Rumex arifolius (oseille)                             Veronica arvensis

Rumex arifolius (oseille) & Veronica arvensis (véronique).

Plantes des sols calcaires : bleuet, campanule,  coquelicot, chicorée, sauge.

Campanula rotundifolia (campanule à feuilles rondes) & Erythraea  centaurium (centaurée)                           Cichorium intybus (chicorée sauvage)

Campanula rotundifolia (campanule à feuilles rondes) & Cichorium intybus (chicorée sauvage).

Delphinium consolida (pied d'alouette) & Centaurea cyanus (bleuet)                                    Paver rhoeas (coquelicot)

Centaurea cyanus (bleuet) & Papaver rhoeas (coquelicot).

  Salvia pratensis (sauge des prés)                                Salvia sylvestris (sauge sauvage)

Sauges : Salvia pratensis (sauge des prés) & Salvia sylvestris (sauge sauvage).

Plantes des sols argileux : chardon, liseron, plantain, renoncule, pissenlit.

Carduus crispus (chardon crépu)                      Cirsium arvense (chardon des champs)

Chardons : Carduus crispus (chardon crépu), Cirsium arvense (chardon des champs).

Convolvulus arvensis (liseron des champs)                                 Plantago lanceolata

Convolvulus arvensis (liseron des champs), & Plantago lanceolata (plantain).

Ranunculus bulbosus (renoncule)                                  Pissenlit officinal (Famille des composées) Plante herbacée vivace

Ranunculus bulbosus (renoncule), & Taraxacum officinalis (pissenlit).

Certaines adventices sont très utiles pour améliorer les sols (humus équilibré et enrichi) : le lamier rouge, le mouron blanc et d’autres nitrophiles (= qui aiment l’azote) absorbent l’azote en trop dans un terrain ; la  giroflée des murailles ou ravenelle (annuelle de la famille des Brassicacées) prélève dans le sous-sol de la potasse, que les autres végétaux ne savent pas utiliser, et la libère en se décomposant. D’autres plantes sauvages sont très décoratives et pas bien différentes de celles qui se trouvent en jardinerie (achillée, campanule, coucou, coquelicot, digitale, mauve, etc.), ou intéressantes gustativement (soupe d’ortie, d’oseille, salade de pissenlit avec ou sans lardons, etc. ), plusieurs « grands chefs » mettent actuellement les plantes sauvages à l’honneur dans leurs plats. Toutes ces plantes rejetées de nos jardins sont en fait indispensables à la pharmacopée (c’est la « phytothérapie », tisanes de menthe sauvage, serpolet, etc.) Et en leur laissant une petite place dans votre jardin, vous y favorisez l’équilibre naturel.

(*) Il existe, depuis 2010, des désherbants portant l’étiquette éco-responsable : Naturen® de Fertiligène et Finalsan® de Neudorff. Le premier n’est guère plus que du vinaigre blanc (vendu plus cher). Le second s’affiche naturel et biodégradable et il est bien à base d’acide pélargonique (un extrait de géranium), mais il contient aussi une matière d’origine chimique, l’hydrazide maléique ; il est donc plus écologique que d’autres, mais pas totalement. 

Aujourd’hui – Novembre

Architecture écologique et végétaux, un couple de plus en plus affiché :

http://www.lemoniteur.fr/150-performance-energetique/article/actualite/26451099-une-ecole-coiffee-d-un-turban-vegetal-pour-affronter-le-climat-equatorial

En fait, l’idée n’est pas si neuve  … mais elle reste toujours aussi intéressante :

Village viking - Iles FéroéReconstitution d’un habitat viking – Iles Féroé

Camille Muller - A ParisJardin créé par Camille Muller – Éco-jardin expérimental : la maison sous la forêt à  Paris. http://camillemuller.com/ecologie/

Prieuré de St-Benoît- du-Sault, Gilles Clément laisse la nature se développer selon son bon vouloir.

Gilles Clément laisse la nature s’exprimer au Prieuré de St-Benoît- du-Sault. http://www.gillesclement.com/